Les « tuber » se faisant rares dans les sous-bois de notre territoire, la seconde manifestation portée par la Confrérie de la truffe de Bourgogne de Noyers n’aura finalement pas lieu dimanche 24 novembre. La faute à la canicule persistante et au cruel manque d’eau…

NOYERS-SUR-SEREIN : On connaissait la célèbre formule cinématographique : « pas de bras, pas de chocolat » ! Les scénaristes un brin inventifs peuvent y ajouter une nouvelle locution dans leur verbiage scénique : « trop de chaleur tue les tuber ! ».

Cela a été le cas cet automne en terre de l’Yonne où la magnifique pépite de Bourgogne n’a pu s’épanouir à sa juste valeur du fait de l’absence chronique de cette humidité salvatrice.

Conséquence évidente : le deuxième marché aux truffes qui a fait les grandes heures, d’ordinaire, de la fameuse localité au décorum médiéval a été purement et simplement annulé. Il devait se dérouler ce dimanche 24 novembre.

La précédente animation, programmée au début de ce mois, fut maintenue. Mais, l’erratique présence des célèbres champignons sur les stands ne combla pas les épicuriens et autres fins gourmets, appréciateurs de la savoureuse substance si olfactive. 

En un laps de temps record, les quelques kilos de la précieuse substance furent écoulés à des prix très onéreux qui auraient pu faire frôler d’apoplexie n’importe quel consommateur non initié aux vertus gustatives de ce noble trésor de nos sous-sols.

En parfaite sagesse, les organisateurs ont pris soin de mettre la clé sous le paillasson pour ce second round en accointance avec les experts es qualité.  Les trufficulteurs et leurs aficionados devront donc s’armer de patience en espérant que les conditions automnales en 2020 soient davantage propices à pouvoir satisfaire leur désir de découverte.

 

Considérée par bon nombre d’observateurs comme l’une des clés de voûte de la colonne vertébrale écologique à Auxerre, l’élue en charge des transports, de la mobilité et des déplacements doux depuis 2014 prend enfin sa destinée à son propre compte. En rompant de manière irréversible le fil d’Ariane qui l’unissait jusque-là à l’autre figure de proue de la formation verte, Denis ROYCOURT. Tête de liste d’un projet favorable au renouvellement en 2020, la jeune femme s’éloigne ainsi un peu plus des clivages générationnels ordinaires, ouvrant grande la porte à d’autres composantes de la vie politique locale…vers un concept participatif.

AUXERRE : « Du rififi chez les Verts ! ». Le dialoguiste Michel AUDIARD aurait pu trouver sans trop forcer son talent épistolaire cette formule de circonstance pour qualifier le séisme qui vient de secouer le landerneau de la vie politique auxerroise au terme de la dernière quinzaine.

Le divorce, de facto, est consommé entre les deux ténors de la pensée écologique locale, Maud NAVARRE et Denis ROYCOURT.

Cette rupture engendre des conséquences inéluctables pour le devenir de ces deux personnalités du sérail. Et sans doute avec des perspectives à géométrie variable en guise de projection selon les cas.

Coupée du cordon ombilical qui la reliait depuis longtemps au pilier historique de l’écologie sur le bassin de l’Auxerrois, Maud NAVARRE n’a guère eu le temps d’ergoter depuis sa prise de décision bien mûrie.

La douzaine de personnes, constituant son arrière-ban, qui l’accompagnaient à la conférence de presse donnée en début de semaine pour valider l’acte de candidature officiel de sa présence aux municipales, représentent une garde prétorienne aux prétentions de colistiers.

 

Une étincelle qui s’est muée en incendie…

 

Visiblement, le feu couvait depuis plusieurs semaines entre les deux têtes pensantes des forces écologiques pour l’obtention du leadership. D’où deux visions, radicalement opposées, qui ne cessaient de croître au fil des jours.  

Partisane d’une écologie « ouverte » ne se résumant plus à de vieux schémas tactiques et stériles, Maud NAVARRE ne se reconnaissait plus dans la précédente équipe où sa partition s’embuait. Celle qu’elle devait jouer aux côtés de Denis ROYCOURT où la jeune femme avait le sentiment d’être obstruée.

Lasse, la déléguée à la Communauté d’agglomération de l’Auxerrois a préféré claquer la porte. Pour ne plus la rouvrir. Désireuse désormais d’incarner l’écologie moderniste, celle qui se place au centre de l’intérêt prioritaire de ses concitoyens ; celle qui se veut plus participative à la concertation, sans tourner le dos aux enjeux essentiels imputables à l’économie et à la qualité de vie.

Faisant référence le plus souvent à sa sincérité et à la crédibilité de son engagement, Maud la « combattante » se forge une identité novatrice articulée autour d’un programme qui prend corps où la place de la gouvernance concertée sera primordiale.

 

En attendant le soutien de Julien BAYOU ?

 

D’ailleurs, celles et ceux qui la côtoient savent qu’elle n’est pas une adepte de la langue de bois. La candidature de Maud NAVARRE n’a d’autre vocation que de la hisser au firmament de ce long parcours électoral, c’est-à-dire dans le fauteuil de maire au soir du second tour du scrutin, le 22 mars 2020.

Face à ce nouvel émiettement qui ne peut que conforter indirectement le maire sortant, Guy FEREZ, dans son rôle de grandissime favori à sa propre réélection, Maud NAVARRE répond avec la réplique facile : « je sais que Denis ROYCOURT est suffisamment intelligent pour savoir adopter l’attitude nécessaire pour que cela ne se produise pas… ».

Tirant un trait définitif sur le semblant de binôme qui l’avait conduite à partager le ticket avec son ancien partenaire idéologique. Et en lui faisant porter le chapeau de la responsabilité de sa propre candidature. Finement ciselée !

Se revendiquant de son appartenance à part entière au sein d’Europe Ecologie Les Verts, la jeune femme pourra peut-être compter sur le soutien du délégué national, Julien BAYOU, lui-même en campagne et qui devrait succéder à David CORMAND à la tête du parti d’ici peu après le vote favorable de sa motion ?

Pour entendre le son de la voix du leader écologiste, il faudra s’armer encore d’un peu de patience. Avant que ce dernier ne se prononce et ne donne son quitus à la nouvelle liste qui ne possède pas encore de patronyme.

 

 

Les composantes hétéroclites d’une liste d’ouverture…

 

A 34 ans, cette journaliste de profession et sociologue de formation entend placer les urgences écologistes parmi ses grandes priorités. S’appuyant sur l’expertise de colistiers, à forte majorité « verte », mais pas seulement.

Ainsi, Ziani FARAH est de l’aventure. La sémillante figure du Nouveau Centre n’a pas hésité à la rejoindre dans cette joute qui se préfigure à l’horizon face au maire sortant. Tranchante, la jeune femme explique le besoin de renouvellement que les Auxerrois attendent avec une certaine impatience.

« Les Auxerrois veulent un rajeunissement de leur classe politique. Et pourquoi pas, une femme élue maire ? ».

On notera aussi la présence de Simon LAURENT, figure emblématique du développement durable et porte-parole du précédent duo écologiste aujourd’hui obsolète.

« Le directeur de la communication a suivi mes valeurs, c’est pourquoi il s’est rallié à mes convictions, concède Maud NAVARRE.

Mais, l’une des surprises les plus singulières de ce nouveau team en piste pour la gloire réside en la personne de Daniel DELVERT, membre d’AGIR La Droite constructive.

Toutefois, un bémol vient immédiatement dans ses propos : ce dernier qui se dit toujours membre à part entière de la formation du centre droit de Franck RIESTER, a fait son choix de manière tout à fait indépendante.

« Il n’y a plus lieu d’avoir des clivages gauche/droite, explique-t-il, on est tous sur la même planète. Il est urgent de trouver des solutions pour la sauver. Et puis, le problème n’est pas l’âge des candidats, mais l’usure à se renouveler avec des projets innovants… ».

Rejetant les allégations comme quoi elle aurait refusé toute médiation pouvant encore sauver l’accord passé avec Denis ROYCOURT, Maud NAVARRE semble faire table rase du passé, ne fixant que l’horizon droit devant elle.

« Je suis là pour porter un vrai projet de l’écologie participative pour Auxerre et ses habitants, conclut-elle, j’ai déjà reçu beaucoup de messages de sympathie de personnes qui vont se rallier à ma cause et qui ne veulent plus de la politique actuelle ni de ses représentants… ».

La mère de famille emprunte sereine la longue route la menant vers les municipales, bien ancrée dans ses certitudes, tout en fougue et pleine d’allant. Munie de plusieurs jokers dans son jeu : celui de la féminité, de la jeunesse, de la nouveauté dans son approche de la politique, voire de quelques judicieuses surprises de dernière minute qui pourraient encore sortir du sac.

Telle une colonne vertébrale solide qui supporte un ensemble d’éléments composé de multiples arborescences, Maud NAVARRE entre dans « sa » campagne…

 

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