L’opus est volumineux. Près de deux cents pages en format A 4. Il est le fruit d’un travail de très longue haleine de la part de son auteur, Jacques GILET. Compulser la substantifique moelle de rencontres initiées lors de trente années de voyages aux quatre coins de l’Europe, avec un unique objectif : nourrir l’intellect des élus de l’Yonne. « Ils ont fait le tour de l’Europe » est un pavé référentiel que les élus se doivent de consulter…

 

CHAMPIGNELLES : Ce n’est pas une institution. C’est encore mieux que cela ! S’inscrivant dans le marbre, le rendez-vous est devenu au fil du temps un véritable monument que les élus du territoire, toujours plus nombreux, honorent avec bienveillance chaque saison à pareille époque. Sauf en 2020 quand la crise sanitaire a déréglé de façon temporaire fort heureusement le joli mécanisme si bien huilé depuis 1990.

Voilà donc trente ans que les élus de Puisaye-Forterre se forment. Et participent à un séjour immersif à l’étranger, ou à défaut dans une contrée de l’Hexagone, leur servant de terrain de jeu appréciable pour mieux appréhender une problématique à résoudre. Un voyage d’étude en quelque sorte qui a su faire des émules petit à petit. D’autres secteurs de l’Yonne y envoient désormais leurs élus. Quand ce n’est pas les départements limitrophes !

Alors, à la veille de la nouvelle édition de ces fameux « Entretiens  de Champignelles», symboles de cette institution territoriale qui ne cesse de s’interroger en permanence sur les items essentiels à sa bonne fonctionnalité au cours d’un mandat, le père spirituel de ces rencontres Jacques GILET, maire honoraire de cette localité, a conçu un recueil. A base d’analyses personnelles. D’anecdotes historiques. De coupures de presse, aussi, qui traduisent le reflet de ce que sont ces échanges à travers les médias.  

 

 

La Forterre intègrera le concept dans les années 2000…

 

Le postulat de cette aventure qui n’a toujours pas trouvé d’équivalence parmi les autres EPCI de notre territoire, c’est la formation. Les élus en redemandent à chaque nouvelle session afin de parfaire leurs connaissances sur tel ou tel sujet. D’ordre institutionnel, on s’en doute, mais aussi sociétal, économique, culturel, pratico-pratique. Preuve qu’à l’époque, en 1990, les élus de ce territoire implanté à l’ouest d’Auxerre en réclamaient encore plus : les premiers « Entretiens » se sont ouverts sur le budget et le fonctionnement d’une mairie. Jean-Pierre SOISSON, alors ministre du Travail, avait ouvert le bal de ce rendez-vous qui aura vu succéder depuis une kyrielle de hauts personnages de l’Etat et de parlementaires.

Sous l’impulsion de l’élu de Courson-les-Carrières Jean-Claude DENOS, la Forterre rejoindra le concept une décennie plus tard. Exit les trente-cinq participants de la première édition ! Grâce à un élargissement sectoriel progressif, les « Entretiens » ont dû revoir leur mode opératoire et leur logistique en accueillant plus de cent cinquante élus et directeurs de service par la suite. Plus qu’un simple succès, ce fut un véritable plébiscite !

Le Portugal fut la première des destinations à l’international en 1999. En toile de fond comme angle de réflexion : les crédits européens. Des souvenirs oubliables pour Jacques GILET qui en a encore les pupilles brillantes à l’évocation de ces moments mémorables.

Ensuite, cela s’enchaînera très vite avec l’Italie, l’Espagne, la Grèce, Malte, la Hongrie, etc.

Préfacé par Jean-Pierre SOISSON, le document offre une galerie émotionnelle évidente, chapitre après chapitre, au nombre de trente. Comme autant de rendez-vous annuels, en somme, et de séjours pédagogiques à l’étranger bien qu’une vingtaine de pays seulement furent visités par ces élus locaux en quête de renseignements et de découvertes inspirantes.

 

Thierry BRET

 

 

Monsieur le Premier ministre, que peut-on lire sur le fronton de n’importe quelle mairie de l’Hexagone ? Trois mots ayant un sens très lourd de signification.

La liberté, c’est le fondement même de toute démocratie qui se respecte. Celle qui nous est si chère et à laquelle nous tenons tant bien que mal à préserver les vertus objectives comme les prunelles clairvoyantes de nos yeux.

La fraternité, essence même (et sans jeu de mot au vu du contexte socio-économique ambiant) de tout ce qui nous unit. Elle devrait être en cela une pratique régalienne journalière envers chacun des citoyens de cet Etat dont nous sommes si fiers, la France.

Or, au vu des incivilités quotidiennes, des injustices permanentes et des insultes à répétition qui se répandent sans filtre sur les réseaux sociaux et dans la rue, nous en sommes très loin, en effet.

L’égalité, enfin. C’est le creuset primordial de notre système dit « civilisé » qui se doit d’accorder autant de droits et de chances aux uns et aux autres, sans distinction de races, de couleurs de peau, de sexes, de pensées philosophique et religieuses, d’appartenances politiques, de son âge ou de lieux de résidence. Qu’on soit ancré à la campagne ou à vivre dans les zones urbaines.

Bref, voilà le sel nourricier de ce qui fait la République française ! Celle qui rayonne à travers le monde depuis des lustres et qui a même su exporter son éthique et sa déontologie morales vers d’autres contrées réparties çà et là sur le globe. En Afrique, au Moyen-Orient, vers l’Asie et dans les Amériques.

Or, la décision prise cette semaine par votre gouvernement (elle en est une parmi tant d’autres malheureusement et quel que soit la couleur du partie qui gouverne l’Hexagone depuis si longtemps) ignore allègrement le dernier volet référentiel de cette célèbre trilogie ornementant les frontons des bâtiments publics.

 

 

Pourquoi avoir « cocufié » plus de trente millions de consommateurs ?

 

Le principe de l’égalité a été mis à mal et balayé comme peau de chagrin, avec les applaudissements nourris de certains de vos supporters qui en approuvent son application. Créer une indemnité inflation (à la bonne heure !), équivalente à cent euros (c’est tellement peu !) mais destinés aux seuls 38 millions de Françaises et de Français bénéficiaires selon des critères bien tranchés à la virgule près ne pouvait effectivement faire que des…mécontents au final !

C’est logique, après tout, dans un état qui accueille une population forte de 67,39 millions d’habitants selon le dernier recensement.

Bien sûr, si l’initiative de cette indemnité a le mérite d’exister, et coûte à notre pays près de 3,8 milliards d’euros grâce à nos impôts, une question basique se pose tout de même sur le fond et les principes existentiels de notre constitution : pourquoi avoir cocufié près de trente millions de nos compatriotes qui la méritaient tout autant ?

Alors que bon nombre de représentants de la société civile, d’experts en économie, de responsables associatifs défendant les intérêts bec et ongles des usagers de la route et des consommateurs que nous sommes TOUS selon les sacro-saints principes de cette Egalité nationale, appelaient à traiter ENFIN la véritable problématique inflationniste des prix des carburants (et des énergies) en étudiant posément les causes à leurs sources, voilà que la réponse nous a été donnée par une simple rustine posée sur une jambe de bois !

 

 

Les Français ne veulent pas l’aumône mais de vraies solutions…

 

Autant dire pas grand-chose, en vérité. Cela ne satisfait pas les plus pauvres d’entre nous qui attendaient beaucoup plus, évidemment ! Cela désole les classes moyennes qui pour certains d’entre eux à deux euros près n’y auront pas droit (comme à l’accoutumée) alors que leur budget carburant les condamne à donner un tour de vis supplémentaire à la ceinture, les rapprochant de la zone de paupérisation.

Quant aux plus riches, hormis de payer des taxes à tout crin et d’entretenir tout le système financier du pays, ils ont toujours la possibilité de s’exiler ailleurs. Et d’investir dans des pays comme la Scandinavie, à titre d’exemples, où les mesures incitatives prises envers la vulgarisation des véhicules hybrides et électriques (puisque le fond du problème de la progression galopante des carburants se situe à ce degré) sont largement encouragées par les états qui se basent sur de véritables politiques tarifaires sans chausse-trappes !  

Au-delà de la mesure proprement électoraliste à six mois des présidentielles (personne n’est dupe), qui parmi ces 67,39 millions de Français peut croire que cette indemnité inflation de cent euros, une sorte d’aumône distribuée à la va-vite et à votre bon cœur Messieurs/dames, résoudra les difficultés financières persistantes des fins de mois. Et profiter réellement à la hausse du pouvoir d’achat en berne !

Pourquoi la jeune mère de famille, vivant seule avec ses trois enfants, gagnant péniblement ses 2 008 euros nets par mois ne pourrait-elle prétendre à cette ressource que l’on voudrait nous vendre comme quasi providentielle ?

Pourquoi ce couple de retraités au patrimoine immobilier conséquent et recevant chacun 1 800 euros nets de retraite, ne bougeant plus de surcroît, seront gratifiés de deux cents euros in fine ?

Où se situe la logique des choses, dans cette prise de décision totalement arbitraire et inégalitaire ?!  

Pour contenter tout le monde et être dans la compassion de celles et ceux que l’on gouverne et qui vous élise (il ne faut pas l’oublier !), il aurait fallu : soit baisser de quelques points les taxes (60 %) prises sur le litre de carburant. Soit réinstaurer le principe de la TIPP cher à Laurent FIABUS. Soit rogner un peu sur les marges mirifiques des distributeurs d’énergies fossiles qui se moquent éperdument des problèmes existentiels de ceux qui les consomment.

Voilà, Monsieur le Premier ministre, ce qui aurait permis de respecter les principes égalitaires et solidaires entre les Français. De toutes conditions et de toutes origines…

 

Thierry BRET

 

 

Cette fois, ça y est ! Les véhicules hybrides ont vu leur nombre d’immatriculations dépassé celui des automobiles à motorisation thermique en Europe. Au troisième trimestre 2021, il s’est commercialisé plus de voitures hydrides que de véhicules alimentés au diesel. Grâce à l’explosion des commandes observées dans les pays de l’Europe scandinave et centrale…

 

PARIS : Cela devait bien arriver tôt ou tard. Un basculement du marché, inéluctable et prévisible. Les véhicules à propulsion thermique (dont le diesel) sont désormais devancés par les modèles hydrides au niveau des ventes. Dans le seul laps de temps de la période estivale, la progression s’est élevée de près de 70 %. Ne serait-ce que dans les pays de l’Europe centrale.  

Dans un communiqué de presse publié ce vendredi 23 octobre, l’Association des Constructeurs (ACEA) a fait part de cette nouvelle qui n’a rien d’inattendue auprès des rédactions. Les automobiles hydrides ont donc la cote en ayant doublé leurs chiffres de vente depuis un an en Italie, en Suède, au Danemark, en Autriche ou encore en Allemagne (+ 62,7 %).

 

 

A date, Stockholm fait figure de référence dans l’Union européenne ainsi que le reste du pays scandinave en étant la contrée la plus électrique en matière de mobilité. Atteignant 25 % de parts de marché de son parc de véhicules neufs. Toutefois, la Norvège demeure très loin devant au niveau mondial avec près de 72 % de véhicules électriques.

Il est bon de rappeler que les tarifs pratiqués sur ces voitures de la nouvelle génération ne sont pas aussi prohibitifs que ceux usités en France. La France ? Parlons-en !

Elle n’a enregistré qu’une progression de 34,6 % en l’espace d’un an. Loin, très loin, de son voisin d’Outre-Rhin qui en a vendu plus du double dans le même intervalle ! Pourtant, ces modèles y sont largement subventionnés.

 

Thierry BRET

 

 

 

Cocorico : que la semaine fut joyeuse pour la « Belle Endormie » auxerroise qui est sortie du bois de sa léthargie profonde pour se donner, enfin, ce bol d’air nécessaire, propre à ses réelles ambitions ! Se plaçant derechef sous le feu nourri des projecteurs médiatiques, une fois n’est pas coutume.

Alors non, il ne s’agit pas d’un énième rebondissement parmi les innombrables affaires de mœurs qui se vont venus ponctuer au fil de toutes ces années l’actualité de la capitale de l’Yonne. Avec ses vérités, ses mensonges et surtout ses mystères.

Pas davantage d’un quelconque et sordide faits divers, façon carambolage meurtrier sur l’autoroute du Soleil, dont aiment se répandre en y faisant leurs choux gras certains médias spécialisés, un tantinet trop voyeuristes et friands d’hémoglobine.

Ni d’une hypothétique et prestigieuse victoire de l’un des clubs de football emblématique du cru dont on attend toujours le retour parmi l’élite tel le « Messie » depuis si longtemps !

Non, il s’agit de toute autre chose à laquelle nous n’avions pas été habitués, nous autres résidents de ce département, parent pauvre de l’économie, parfois oublié des grands projets structurels de la relance.

 

 

La paternité d’un tel projet : tout le monde s’en moque !

 

Auxerre a su monopoliser l’intérêt des suiveurs de l’Hexagone (« Le Monde », « France Info », « Reuters »…), au beau milieu de cette semaine bénie des dieux, par son audace et son innovation technologiques. Sur un registre où on ne l’attendait pas forcément : le devenir économique via la transition énergétique.

Grâce à l’inauguration du plus grand site de production et de distribution d’hydrogène renouvelable de France ! Un concept évalué à plus de 8 millions d’euros pour l’exécution de sa première phase, excusez du peu ! On sait déjà qu’il y en aura d’autres.

Pilote, le projet s’inscrit dans le cadre du plan air-climat-énergie territorial et politique volontariste menée par l’agglomération en faveur de cette fameuse transition énergétique, devenue le fil d’Ariane obligatoire pour tenter de résoudre l’inéluctable équation de la survie de notre espèce, à terme, sur cette planète.

Alors, qu’importe de savoir peu ou prou à qui revient la réelle paternité de ce projet novateur et qui permet pour une fois de positionner Auxerre et le département de l’Yonne sur une orbite très favorable !  

A l’annonce de ce rendez-vous venant acter la fonctionnalité de ce nouvel écosystème qui prend forme, décliné par son cérémonial protocolaire usuel, les réseaux sociaux comme à leur habitude y sont allés de bon cœur avec leurs écrits critiques, incisifs, acerbes et revendicateurs.

« Non, la gouvernance actuelle de l’agglomération de l’Auxerrois, conduite par son président Crescent MARAULT, n’y est pour rien dans l’aboutissement de ce projet… aura-t-on pu lire sur certains messages. Ou encore : « Oui, c’est sous la mandature précédente, celle de Guy FEREZ que ce dossier s’est construit et a été porté sur les fonts baptismaux de sa réussite… ».

Quelle importance, en vérité, que ces considérations purement stériles d’une quelconque paternité politicienne (in fine, tout le monde s’en fout seul le résultat compte !) sur un sujet aussi capital qui nous concerne tous : la préservation de la planète à travers des initiatives innovantes qui tiennent la route.

L’essentiel se situe ailleurs. Dans la réalisation d’économies pour améliorer l’ordinaire de nos concitoyens en déliquescence avec leur pouvoir d’achat. Dans la préservation de cet environnement dont nous devrions être tous défenseurs !

 

 

Seul l’intérêt général doit animer l’ensemble des discussions…

 

Alors, sans sombrer dans une vision utopiste de notre existence à la sauce de bas étage façon « Bisounours », aujourd’hui, le combat qui doit animer celles et ceux qui prennent la parole est le suivant : il se nomme l’intérêt général et la pérennité de notre planète.

Que l’actuelle gouvernance de la place auxerroise ait assuré la continuité d’un projet pensé et réfléchi sous un autre mandat se nomme la continuité démocratique. C’est le lot de toutes les sociétés dites civilisées qui se donnent rendez-vous à dates régulières lors d’élections ouvertes à tous.  

Que l’ancienne mandature soit saluée pour la prise d’initiatives intellectuelles et logistiques ayant permis pas à pas d’échafauder ce qui devient aujourd’hui une référence hexagonale est légitime. On ne peut que la remercier.

Car, comme le précise l’adage, c’est dans le passé et son analyse que l’on y puise les éléments référentiels du présent, nous permettant de mieux préparer l’avenir !

Alors, opposer les uns aux autres au nom de seules idéologies politiques et contradictoires, tels deux potaches se battant dans la cour d’école pour récupérer l’unique pelle sur le tas de sable pour y construire son château, est dénué de tout fondement.

Surtout face à l’ampleur d’une telle construction géométrique à effet gigogne (un véritable écosystème) qui devrait demain apporter ses fruits avec à la clé de l’emploi, l’implantation de nouvelles entreprises y compris au Pôle environnemental, des économies d’énergie non substantielles à réaliser, le développement de plateformes multimodales en matière de mobilité, la création de nouvelles filières professionnelles étayant les envies de carrière des générations futures. La liste est loin d’être limitative…

Celles et ceux de toutes obédiences et opinions qui servent la cause de l’intérêt général se reconnaîtront car ils savent de quoi il en retourne exactement devant ces grands enjeux de demain. Les autres, aigris de nature et réfractaires à tout et à son contraire, doivent aussi admettre que « là où l’hydro « gêne », il y a du plaisir » !

 

Thierry BRET

 

L’homme ne laissait pas indifférent. On l’aimait. On le détestait. C’était selon ses appétences. Certains l’enviaient. D’autres le jalousaient. Une chose est sûre : le personnage était unique dans son genre. Un style de fonceur et d’acrobate très agile, bien à part dans le microcosme des people qui font (et défont) le monde. En  particulier, ceux de l’économie et du pouvoir.

Avec sa gouaille imitable (les « Guignols de l’info », ses mimiques, ses colères, ses envolées lyriques sur les plateaux de télévision, ses coups de gueule. Mais, aussi ses moments de joie et ses larges rires. Son émotivité, aussi, et sa pudeur touchante lors de précieuses victoires sur le sort qui s’est finalement acharné sur ce Français d’origine modeste ayant tout conquis dans son existence au seul nom de la réussite. A force de pugnacité, diront les uns. Par voies de roublardises, renchériront les autres !

Pourtant, depuis son départ définitif vers d’autres cieux, l’unanimité s’est faite évidence. Dans ce paysage sociétal de la France du XXIème siècle à la ramasse, Bernard TAPIE nous manquera.

Parce qu’il incarnait le succès absolu, obtenu parfois à la limite de la bande blanche qui, comme il se plaisait à dire « peut-être tutoyée ou franchie de temps à autre » ; parce que tout ce qu’il touchait avait l’apparence, croyait-on alors, de l’alchimie, transformant n’importe quelle matière en or pur. Au moins pour un temps. Avant que parfois on ne découvre le véritable miroir aux alouettes…

 

 

Un « dieu » adulé dans la cité phocéenne…

 

La ferveur des Marseillais n’est pas feinte ni usurpée, cependant. Dans la cité phocéenne où il repose désormais, l’ancien patron d’ADIDAS, de La Vie Claire, de WONDER, et autres structures, est considéré comme un dieu.

Etonnant pour une ville dont la réputation est souvent des plus sulfureuses en matière de repères liés à la réussite et à l’establishment. Surtout eu égard à un Parisien pur jus, l’ennemi héréditaire et juré !

Certes, il y a eu le football. Et cet Olympique de Marseille (celui de Didier DESCHAMPS et de Basile BOLI) qui demeure à date l’unique club de l’Hexagone à avoir brandi un jour la coupe d’Europe aux grandes oreilles. La coupe d’Europe des clubs champions.

Mais, comme un revers à la médaille, il y a eu aussi son corollaire négatif avec la truculente affaire des matchs truqués, notamment cette fameuse rencontre face à Valenciennes qui ressembla à une pantalonnade à la Pagnol, digne de la trilogie marseillaise où Marius, Fanny et César auraient pu jouer les premiers rôles ! Quel talent de comédien, ce Bernard !

Beaucoup lui en ont voulu quand il s’est lancé dans la politique. Qui ne se souvient pas de ses joutes verbales pantagruéliques face à l’ogre Jean-Marie LE PEN que personne n’osait défier face caméra sur un plateau de télévision ?

Entier, enfonceur de portes ouvertes, cabot, impertinent, ayant toujours le dernier mot, Bernard TAPIE sera très vite happé par la machine élyséenne incarnée à l’époque par un autre spécialiste de la filouterie aguerrie aux chausse-trappes de la politique : François MITTERRAND.

Et face à ce « Dieu » tout puissant auréolé par la presse satirique du « Bébète Show » de Stéphane COLLARO qui en fera ses choux gras, il ne résistera pas !

 

 

Un modèle suivi par des générations d’entrepreneurs aujourd’hui orphelins…

 

Le polymorphe Bernard TAPIE qui fut chanteur à ses débuts avec un « y » dans le patronyme afin de le rendre plus anglais grâce à la prononciation, va multiplier les expériences et atteindre son paroxysme en devenant ministre. En partant de rien, le voilà sous les ors de l’Etat, arrivé à tout ! Sans jamais avoir eu à fréquenter l’ENA ou polytechnique !

On imagine aisément la tête de tous ces surdoués en col blanc et des accumulateurs de diplômes ! Un véritable camouflet dont ils auront du mal à digérer et qu’il leur faudra tout naturellement lavé, comme un affront sans fin.

La suite, pitoyable et synonyme de descente aux enfers, empruntant le chemin de la case prison sans avoir à toucher les 20 000 euros du Monopoly marquera le début de la fin. Par petits coups successifs. De plaintes en plaintes, de procès en procès, de déchéance en désillusion.

Certains de ses amis (les vrais qu’il devait compter sur les doigts de la main) ont exprimé leur colère après ce flux d’hommages, parfois tapageurs et hypocrites de la part de certains.

« On en voulait à Bernard TAPIE parce qu’il était fort, parce qu’il réussissait ce qu’il entreprenait, parce qu’il était courageux dans ses multiples combats (dont le dernier en date entamé il y a quatre ans contre la maladie), parce qu’il était volontaire et aimait prendre des risques… ».

Le parfait profil d’un self-made man qui aurait voulu être un artiste, en somme ! Un artiste, Bernard TAPIE, l’a été dans le business. Et même un modèle tel un chevalier blanc dans ce monde impitoyable de l’entrepreneuriat.

Ce monde que celles et ceux qui ne sont pas à leur compte ne peuvent pas connaître. Que celles et ceux qui n’effectuent pas leur soixante-dix heures a minima par semaine ne comprendront que couic. Que celles et ceux qui ne passent pas des nuits blanches en se demandant de quoi sera fait le lendemain, faute de contrats et de commandes, n’osent imaginer. La vraie vie imposée par le monde du travail, en somme !

Alors, oui, Bernard TAPIE était à bien des égards une « grande gueule » et gênait certains aux entournures par sa réussite flirtant souvent avec l’insolence. Mais, il possédait l’âme d’un guerrier, d’un patron, d’un novateur, d’un visionnaire, d’un gagneur qui aura su placer la France de l’économie et de l’entrepreneuriat sur le devant de la scène internationale.

Un pur autodidacte se hissant vers les sommets de la réussite en faisant rêver des générations de suiveurs. En vrai « anarchiste » des codes établis. Mais pour un résultat, au final, à la hauteur de son talent ! Qui pourra le remplacer ? Personne, c’’est une certitude…

Thierry BRET

 

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