La claque ! D’une majorité absolue et écrasante obtenue lors de la première mandature, la majorité présidentielle se retrouve amputée de bon nombre de ses parlementaires à l’issue des deux tours des législatives. Une élection qui, décidément, n’est nullement comparable aux précédentes.

Ce scrutin aura vu in fine la poussée inexorable et prévisible des souverainistes et des réfractaires de tout poil aux quatre coins de l’Hexagone. Y compris dans des bastions jusque-là historiques tenus par les représentants des anciennes forces en présence, socialistes et droite républicaine réunies, aujourd’hui condamnées à jouer les seconds couteaux afin de ne pas se faire oublier. De manière définitive…

Serait-ce une surprise en soi ? Que nenni ! Tous les indicateurs le mentionnaient, sondages à l’appui, depuis très longtemps. La France allait basculer en ce printemps 2022 vers l’inconnu. Pour le meilleur ou pour le pire ?

 

 

Pas de fastes superfétatoires après le succès à la présidentielle…

 

L’épisode des Gilets jaunes, l’érosion constante du pouvoir d’achat, la crise de confiance envers les politiques, l’envolée inflationniste des prix, la multitude d’affaires juridiques touchant des décideurs et de grands « moralisateurs » de la chose publique, la volonté devenue systématique du changement à tout crin…sont autant de facteurs qui expliquent en partie ce grand chambardement qui vient de frapper le pays. Une onde de choc, façon tsunami à la puissance dix qui devrait se propager durablement et dont on ne maîtrise absolument pas les effets à venir…

L’exécutif élyséen doit bien l’admettre : les résultats dont le verdict est tombé lourdement au soir de ce 19 juin ne sont pas ceux escomptés initialement. Surtout après le succès du Président de la République qui a su renouveler son bail cinq années supplémentaires au Château.

Une reconduction qui n’aura pas été si euphorique que cela. Loin s’en faut ! Une victoire à la Pyrrhus d’Emmanuel MACRON obtenue avec la plus petite des marges de manœuvre sur la rivale de toujours, l’inoxydable Marine LE PEN, en embuscade lors de ces présidentielles. D’ailleurs, le locataire de l’Elysée le pressentait-il intérieurement ? Il n’y eut pas de fastes superfétatoires au Trocadéro dès que les résultats de son succès furent connus. L’anticipation d’un semi-échec pour les législatives ?

 

 

Un scrutin dont l’objectif a été modifié par Jean-Luc MELENCHON…

 

Comment convaincre alors celles et ceux qui ne se rendent plus aux urnes ?  Un vrai dilemme ! Celles et ceux qui forment aujourd’hui, et de très loin, le premier parti de France, un bataillon imperméable à toutes les promesses électorales, sorte de litotes répétitives et récurrentes à rejeter au fond des oubliettes : celui des abstentionnistes !

Ah que de belles promesses, faites ici ou là, pour tenter de s’accaparer coûte que coûte du précieux sésame que le citoyen français possède encore parmi ses rares libertés pour faire entendre sa voix au nom de la démocratie et qu’il peut brandir telle une menace de sanction dans l’isoloir : son bulletin de vote !

On aura entendu tout et son contraire parmi les innombrables propositions constituant les professions de foi (certaines émises dans la plus grande tradition fantaisiste) de tous les partis engagés dans la course. Même Jean-Luc MELENCHON, jamais en reste pour occuper le devant de la scène et prendre trois longueurs d’avance médiatiques sur ses concurrents, avait modifié les objectifs de ce scrutin, le transformant en un « plébiscite » naturel en sa faveur pour qu’il devienne le futur Premier ministre de l’Etat !

 

 

Trop d’austérité et de fermeté tuent l’empathie que veulent les Français…

 

Comment faire comprendre aux Françaises et aux Français qu’une nouvelle ère commence, que de nouveaux caps viennent d’être franchis (il suffit de regarder la conjoncture internationale et ses innombrables ramifications d’ordre économiques, environnementales et sociétales) pour s’en convaincre, que l’on désire les écouter davantage après le résultat si mitigé de la présidentielle, en proposant une « nouvelle politique », et « une nouvelle forme de gouvernance » dixit Emmanuel MACRON qui suppose de la consultation participative et citoyenne alors que dans le même temps, on nomme une super technocrate dont les compétences ne sont certes pas discutables mais qui gère ses dossiers avec austérité et fermeté sans l’once d’une quelconque empathie à Matignon ?

On appelle cela un double effet de langage entre la réalité des actes et les désirs vers lesquels on aimerait tendre. Oui mais voilà, un mois et demi après cette nomination qui conforte l’incompréhension de cette stratégie, les Français, loin d’être veaux comme le prétendait au contraire le Général de GAULLE jadis, n’ont pas suivi la ligne présidentielle les 12 et 19 juin.

 

 

Une noria de conséquences qui rend la France ingouvernable…

 

Conséquence : jamais les abstentionnistes n’ont été aussi nombreux à bouder les bureaux de vote parce que ne croyant plus à ces belles paroles surfaites et sans grand intérêt que leur bassinent en boucle au quotidien les chaînes audio en continue.

Conséquence : il s’en est fallu d’un cheveu que la NUPES (Nouvelle Union Populaire Ecologiste et Sociale) ne réussisse son tour de force façon coup de poker en plaçant le maximum de députés à ses couleurs très disparates dans l’hémicycle. D’ailleurs, dès le lendemain de l’élection, les premières divergences éclataient quant à savoir si chacun conservait sa préférence partisane selon son groupe politique ou non !

Conséquence : alors que le débat sur l’inclusion de la proportionnelle figure toujours aux calendes grecques des priorités politiques, le Rassemblement National est sorti triomphant et pétri de pouvoir en envoyant 89 de ses représentants dont certains sont néophytes à la chose publique siégés sur les bancs de l’illustre Palais Bourbon. Sans que cette proportionnelle soit mise en application. On suppose que le score des souverainistes aurait pu être encore plus important dans le cas contraire !

Conséquence : la France apparaît plus que jamais ingouvernable entre toutes ces composantes qui vont s’affronter comme des harpies dès les premières séances dans l’hémicycle afin de trouver l’improbable consensus.

Dernier élément en date : en choisissant de conforter Elisabeth BORNE à son poste de cheffe de gouvernement, qui demeurera invariable quant à la politique définie pour le pays, Emmanuel MACRON apporte enfin une réponse claire et nette aux Français malgré le verdict des suffrages. Il restera « jupitérien » !

 

Thierry BRET

 

Ça y est ! Le conflit russo-ukrainien risque désormais d’enflammer l’Europe. Une possibilité, que personne hélas, ne peut plus écarter. Le jeu des alliances peut faire dégénérer très vite cette confrontation localisée en Troisième Guerre mondiale. Pour l’instant, la Chine et l’Inde se limitent à des accords économiques. L’embrasement de la planète ne se cantonne pas aux seules batailles du Donbass…

 

TRIBUNE: La Chine a prévenu : personne ne pourra l’empêcher de reprendre Taïwan, qui historiquement, est une province chinoise. Joe BIDEN veut jouer les troubles fêtes. Il a annoncé début juin que les Etats-Unis aideraient les insulaires si leur intégrité territoriale était menacée.

Plus à l’ouest, rien ne va plus entre Téhéran et Tel-Aviv. Israël répète depuis longtemps : « Nous ne permettrons pas à l’Iran de posséder la bombe atomique ». Des menaces de conflit nucléaire sont donc prégnantes. La volonté d’avoir la bombe atomique remonte au temps du shah. Les mollahs n’ont fait que suivre le mouvement. Deux inconnus demeurent, toutefois : Israël reste malgré tout divisé sur une intervention musclée. Quant à l’attitude des Etats-Unis, elle demeure incertaine. Le gouvernement de Joe BIDEN prolonge les positions d’OBAMA, à savoir ne pas permettre aux Israéliens d’intervenir directement et militairement. En contrepartie, ils renforcent l’armement de l’Etat hébreu en missiles anti-missiles.

 

 

Des luttes d’influence entre voisins au Moyen-Orient et en Afrique…

 

Dans la foulée, il est possible que la Turquie et l’Egypte souhaitent, elles aussi, avoir leur propre arsenal nucléaire. De quoi attiser les passions (et surtout les tensions) en y impliquant l’Occident et Israël !

Le Moyen-Orient est confronté, d’une part, à une forme inédite de lutte d’influence entre les puissances régionales – l’Arabie saoudite, l’Iran et la Turquie – et, d’autre part, aux activités des acteurs non étatiques impliqués dans la guerre en Syrie et en Irak. Ce nouveau rapport de force a engendré un dilemme de sécurité. Par ailleurs, les crises et les conflits en Irak, en Syrie et au Yémen ont provoqué une situation chaotique. Le conflit israélo-palestinien reste, quant à lui, une poudrière qui n’est pas prête de se calmer.

 

 

L’Afrique, enfin, est le continent qui a connu, depuis les cinquante dernières années, le nombre le plus important de conflits, avec un bilan que certains estiment à près de dix millions de morts. Il s’agit plus de luttes entre états que de guerres civiles. Les territoires revendiqués par les uns et défendus par les autres sont souvent riches en ressources naturelles. Vient s’ajouter la lutte armée des terroristes islamistes.

 

 

Les Etats-Unis au bord de la guerre civile ?

 

Actuellement, de nombreux spécialistes annoncent une guerre civile aux Etats-Unis d’ici deux à trois ans maximum. L’assaut du Capitole par les Républicains, après la défaite de Donald TRUMP aux élections présidentielles, démontre la violence des rapports entre Démocrates et Républicains.

La possibilité de supprimer le droit à l’avortement pour les états, ajoute de l’huile sur le feu. Les états américains sont prêts : certains vont interdire aux femmes la possibilité d’avorter tandis que d’autres vont instaurer la double peine.

Les femmes qui se feraient avorter dans un autre état se verront punies par la justice dès leur retour chez elles ! La loi fédérale américaine va permettre ainsi la privation d’une liberté fondamentale. Ce n’était pas arrivé depuis 130 ans : encourager la discrimination raciale !

Les Américains risquent de s’affronter sur fond de crise économique et financière, avec un président qui se mêle de tout et donne des leçons de démocratie à qui veut l’entendre au reste du monde.

Faire du vélo lui sied nettement mieux, même si sa dernière sortie lui a causé une entorse !

 

Jean-Paul ALLOU

 

 

 

On n’a pas fini d’additionner le nombre de chômeurs, issus de la filière de l’automobile, sur le Vieux continent. Surtout après le virage catégorique qui a été pris il y a quelques jours par le Parlement européen. Une décision nette et sans bavure, et sans l’ombre d’une consultation citoyenne bien entendu, qui si elle contente les férus du tout électrique à outrance – en général celles et ceux qui ne mettent jamais les pieds dans un habitacle automobile de leur existence -, ne satisfait nullement les utilisateurs journaliers de la motorisation thermique.

Les faits sont très simples. Dès 2035, la vente de véhicules neufs équipés d’un moteur thermique sera à jamais proscrite de l’Union européenne.

Une décision arbitraire de la part d’élus et technocrates européens zélés, plus habitués à se mouvoir en avions et en trains pour se rendre à Bruxelles et à Strasbourg, qui engendre des conséquences sans doute très mal maîtrisées par leurs auteurs à l’avenir.

La première d’entre elles est naturellement d’ordre économique, vu sous le prisme social de l’emploi. Plus de 2,6 millions de salariés européens exercent leurs activités professionnelles quotidiennes dans ce secteur, qui fut hier encore l’un des fleurons industriels du savoir-faire de notre continent en termes d’exportations et de chiffre d’affaires.

La pléthore d’enseignes, connues et reconnues aux quatre coins de la planète, l’atteste : l’Europe de l’automobile, c’est de la valeur ajoutée pour ses constructeurs, de la visibilité internationale, de l’innovation, de la performance et du business. Mais, voilà, le « c’est » va inexorablement se transformer en « c’était » !

 

 

Des centaines de milliers d’emplois sur la sellette : quid de ces salariés ?

 

La réalisation des véhicules électriques nécessite des chaînes de montage allégées par rapport à celles existantes pour fabriquer des modèles thermiques. Question liminaire que tout à chacun est en droit de se poser : comment va s’effectuer cette reconversion dans les années à venir ? Avec le corollaire inéluctable que, sans doute les élus et technocrates européens ont dû volontairement occulter de leurs votes au Parlement, quid de l’employabilité de ces salariés, condamnés aux licenciements massifs et devant pointer au chômage en croisant les doigts pour espérer rebondir ? Quid de la sous-traitance industrielle de l’automobile, tellement malmenée après la crise de la COVID, qu’elle en est déjà obligée de fermer les portes de certaines usines. Et sur ce registre, l’Yonne en sait quelque chose !  

Sachant que celles et ceux qui ont dépassé la ligne rouge de la cinquantaine dans leurs entreprises respectives seront justes bons à « aller aux plotes » et survivre comme ils le pourront !

PFA, la Plateforme de l’automobile, - celle-ci rassemble tous les acteurs de la filière en France - estime de son côté que « cent mille emplois sur les quatre cent mille que compte le secteur » seraient proprement menacés de disparaître à cause de cette révolution technologique qui privilégie nettement plus le matériel que l’humain.

 

 

L’Europe de l’exemplarité « électrique » mais à quels prix en termes d’emplois ?

 

Avec en toile de fond, et il ne faudrait pas l’omettre la protection environnementale, certes. Une sauvegarde de la nature – prioritaire pour le devenir de la Terre, c’est sûr  – mais qui a bon dos pour liquider sans crier gare des milliers d’emplois et jetés des salariés vers la précarité ; une préservation qui est plutôt malmenée dans le contexte international actuel dont se moquent éperdument comme de leur première chemise la plupart des états de cette planète ! Notamment les pays émergents mais aussi les Etats-Unis, la Chine, l’Inde ou la Russie qui avec ses 60 000 obus journaliers s’abattant sur le Donbass se « contrefout » de polluer l’atmosphère que nous respirons !

A contrario, l’Europe de la « moralisation » et des « valeurs » va devenir, une fois que le Conseil européen se sera aligné – ce qui est une évidence – sur les décisions prononcées par le Parlement, le seul et unique continent du globe à éradiquer la présence sur son sol de toute automobile alimentée par un moteur thermique. La belle affaire au plan de l’exemplarité. Mais à quels prix sur le volet strictement humain ?

En outre, on le sait déjà : la fabrication de ces véhicules électriques et de ses principaux composants dont les batteries se fera…hors d’Europe dans l’attente de créer les unités de production dans nos pays. Notre industrie ne peut y pourvoir à l’heure actuelle. On ne rattrape pas des années de déshérence industrielle en claquant des doigts !

 

 

Des véhicules électriques loin d’être « vert » à fabriquer !

 

Quant aux composants nécessaires à la conception de ces véhicules, parlons-en ! Selon Michel KOZEL, ancien responsable d’ECTI 89 – une association de cadres seniors qui interviennent dans les entreprises et les conseillent - : « Si une automobile électrique n’émet pas de gaz à effet de serre lors de son utilisation, il faut en revanche évaluer tout le processus jusqu’à son élimination. S’ils ont été améliorés, les moteurs thermiques peuvent l’être encore en termes de consommation et d’émission de particules fines, grâce notamment aux pots catalytiques… ». 

Quant aux véhicules électriques, tout n’est pas aussi « vert » qu’on nous le présente à grand renfort de publicités, non plus ! Il faut noter que des particules fines sont produites par l’usure des pneumatiques, des plaquettes de freins, et l’abrasion du bitume des chaussées. Du fait du poids des batteries – elles sont conçues en Asie et supposent un bilan carbone important afin de les acheminer vers l’Europe -, la voiture électrique use davantage les pneus ce qui engendre une augmentation de particules de carbone !

Pour être tout à fait complet sur le sujet, sachez que du cuivre est aussi utilisé dans un véhicule électrique. Avec une extraction minière qui exige beaucoup d’électricité et qui est le fait, le plus souvent dans les pays producteurs à l’instar de la Colombie, d’une centrale thermique alimentée par du charbon ! Or, ce même minerai arrivant tout droit d’un pays « voisin » de l’état andin : la Nouvelle-Zélande !

Enfin, le cobalt, autre élément indispensable à l’électrique, est extrait en République Démocratique du Congo par des enfants – ils seraient plus de 25 000 ! – à trimer sang et eau dans des conditions inhumaines et impitoyables. Mais, de cela, tout le monde s’en moque, y compris les « bobos écolo citadins » qui se gargarisent d’améliorer chaque jour leur environnement immédiat via l’électrique ! Et encore, pour celles et ceux qui possèdent une voiture, ce qui est rare à Paris !   

Ce dernier élément, sur l’exploitation des enfants dans les mines, aurait-il également ému les élus et technocrates européens lors de leur choix pour imposer le tout électrique en 2035 ?!

 

Thierry BRET

 

Et si « l’après COVID » était une chance à saisir pour nous permettre de changer de modèle économique et faire du monde d’après un monde meilleur ? C’est en substance le message qu’a souhaité faire passer l’économiste Philippe DESSERTINE lors d’une conférence organisée à la Maison de l’Entreprise, sous l’égide de l’UIMM, du MEDEF et de la Fédération française du Bâtiment de l’Yonne…

 

AUXERRE : A la fois professeur des Universités, directeur de l’Institut des Hautes Finances, membre du Haut Conseil des Finances Publiques, économiste de renom, Philippe DESSERTINE fait partie de ces experts régulièrement invités dans les médias pour commenter l’actualité. Un large public était donc présent dans l’amphithéâtre de la Maison de l’Entreprise et n’a pas boudé son plaisir à écouter près de deux heures durant un conférencier passé maître dans l’art de vulgariser cette science qu’est l’économie. Avec le sentiment, comme l’a rappelé dans son message d’introduction Claude VAUCOULOUX, délégué général de l’UIMM et du MEDEF, « que dans quelques minutes, l’on aura tous l’impression d’être devenu agrégé d’économie et de sciences de gestion ! ».

 

Philippe DESSERTINE prévient : le pire est à venir…


Philippe DESSERTINE sait manier l’oxymore comme personne et n’hésite pas d’emblée, à qualifier de « catastrophe providentielle » la situation économique dans laquelle le monde évolue aujourd’hui. Le tableau dressé n’est pourtant pas des plus réjouissants : une pandémie, des confinements successifs, une reprise ingérable faute de pouvoir s’approvisionner et embaucher, la guerre aux portes de l’Europe avec pour finir, une crise alimentaire qui s’installe. Et selon l’auteur du « Grand basculement », le pire est à venir : « les pâtes et l’huile qui augmentent, c’est une chose, mais la vraie crise alimentaire, c’est le risque de début de famine tout près de chez nous et cela va très vite nous concerner car quand les gens meurent de faim, ils partent sur les routes… ».

Augurant d’un exode massif de populations, notamment du continent africain, bien supérieur à ce que l’on connaît aujourd’hui.

 

 

Quand le cash se transforme en poussière dans les poches…

 

A ces questions de survie se rajoute une inflation galopante que l’on n’avait pas connue depuis plusieurs décennies et un changement de paradigme insoupçonné : « on ne se rend pas compte à quel point nous sommes démunis face à ce qui nous arrive, avec le risque de faire énormément d’erreurs si on continue à fonctionner comme il y a six mois. Non seulement, nous ne sommes plus dans le même contexte, mais il est inversé. Depuis 35 ans, nous sommes habitués à placer le cash, mais avec une inflation à 5 ou 10 %, votre cash se transforme en poussière dans vos poches… ».

Une inflation née du décalage entre la richesse produite par l’économie et la monnaie que l’on met en face, avec aujourd’hui un PIB (Produit Intérieur Brut) mondial de l’ordre de 92 milliards de dollars conjugué à une dette mondiale à 250 milliards de dollars : « dans toute l’histoire, on n’avait jamais connu un pareil décalage… ».

La baisse des intérêts mise en place depuis plusieurs années n’est pas du goût de l’orateur : « un truc de dingue ! C’est donner le signal pour créer de plus en plus de monnaie et par conséquence de plus en plus de dette ! Exactement l’inverse de ce qu’il faudrait faire… ». La peur de la monnaie entrainant les gens vers des valeurs refuges comme l’or, la pierre, voire la terre agricole, « mais c’est super dangereux pour vos entreprises et industries car ils arrêtent d’investir monétairement ».

 

 

Un emprunt « vert » à l’identique de l’emprunt GISCARD !


Autre élément contributif à l’inflation : la pénurie, née d’une reprise trop rapide, à l’heure de « l’après COVID » : « on a eu un tel redémarrage que l’on se retrouve avec de la rareté partout, à commencer par l’énergie… ». Oubliée l’époque pas si lointaine où faute d’activité et de planète endormie, le pétrole se vendait à des cours négatifs ! A ce choc externe qu’est la pénurie, se rajoute une pénurie de main d’œuvre, difficilement compréhensible pour un pays comme la France, imprégné depuis longtemps de la question du chômage : « la filière hydrogène, ce sont 200 000 emplois titre Les Echos, mais on n’a pas les talents, on n’a pas les gens ! ».

Avec à la clé un autre choc externe inflationniste renforcé par l’augmentation annoncée des salaires et des pensions : « attention, nous sommes lancés dans un processus infernal sans savoir où ça va s’arrêter ! ». Ironisant au passage sur le premier « emprunt vert » émis par la France, il y a quelques jours : « un emprunt à taux variable ! Quelle super idée, alors que commence l’inflation. C’est le retour de « l’emprunt Giscard » indexé sur l’or, un truc génial ! ». Appelant demain à changer de logiciel, pour redonner un nouveau souffle à l’économie : « la photocopieuse a billets peut fonctionner, mais du vrai argent, avec des richesses en face, on n’en a plus, on est à sec ! ».

 

 

L’humain sait tirer profit de la science…


Philippe DESSERTINE l’avait promis en préambule : avant que tout le monde n’aille se jeter dans l’Yonne ou sorte la corde pour se pendre, il conclurait son propos par quelques réflexions positives !

Il n’est pas certain qu’évoquer le dérèglement climatique soit propice à rassurer l’auditoire, mais l’économiste y voit matière à une « révolution scientifique » sans pareil : « depuis deux décennies, le cerveau humain s’est remis en marche et tous les scientifiques s’accordent à dire que les progrès que nous sommes en train de faire sont fous ! Vous ne pouvez pas être pessimiste quand on vous dit ça… ».

Ce changement de modèle qu’il appelle de ses vœux naîtra-t-il de la possibilité acquise par les humains à « dompter » les données massives ou « Big Data » ? Le conférencier en est convaincu, et y voit même la source d’un nouveau modèle économique : « la science contient toujours le pire mais heureusement, l’humain jusqu’à maintenant, a su surtout en tirer le meilleur… ».

La DATA, au cœur de la réflexion économique mais aussi de l’activité de service : « en clair, le PIB mondial aujourd’hui, c’est 75 % de services pour 20 % d’industrie et plus les humains vieillissent, plus ils ont besoin de services… ».

L’amorce d’un phénomène où la DATA devient vecteur et entraîne une migration de valeurs dans tous les domaines et qui, contrairement à l’inflation, est source de richesses. L’outil digital permettant un fonctionnement diffèrent de tout ce que l’on a connu jusqu’alors : « d’un coup, la possibilité d’organiser la planète autrement existe : on arrête de rassembler les gens avec l’obligation de les concentrer soir et matin grâce au télétravail… ».

Un nouveau modèle économique synonyme d’une forme de nivellement, « avec beaucoup moins de hiérarchie dans les entreprises, où la monnaie n’est plus centralisée, où la décentralisation est le mot absolu… ».

 

 

L’Afrique, terre de promesses où la France est en retard…


Première démographie du monde à l’horizon du siècle prochain, l’Afrique sortira-t-elle grande gagnante de ce nouveau défi ? Philippe DESSERTINE y croit : « les plus grandes puissances sont celles où il y a du monde. L’Afrique nous intéresse, non pas pour ce qu’il y a dessous comme aujourd’hui, mais pour ce qu’il y a dessus ! L’important n’est plus d’exporter des minerais mais bien d’y créer des filières de spécialité mathématiques, de commencer à apprendre le codage, comme on a fait en Inde… ».

Rappelant que les Européens en la matière, préfèrent regarder dans le rétroviseur qu’aller de l’avant, « se faisant piquer toutes les places que l’on avait dans les pays africains par les Asiatiques... ». Juste un retard de cinquante ans : « en France, on ne sait pas coder ! ».

 

Dominique BERNERD

 

La haute technologie interfère de plus en plus dans le paysage de l’information afin d’améliorer et de multiplier les outils de communication. Pour le commun des mortels, les repères de la réalité deviennent de plus en plus flous. L’ère du virtuel nous donne une image tronquée de la vérité. Attention, croire que « virtuel », veut dire que cela n’existe pas serait une profonde erreur. Le virtuel n’est pas perceptible à l’œil nu, mais cela existe bien : c’est encore pire !

 

TRIBUNE : La guerre en Ukraine démontre que le nerf stratégique, c’est l’information des mouvements de l’ennemi : les satellites américains, les drones fournis à l’armée ukrainienne ont permis de donner des indications importantes sur les progressions de l’armée russe.

En plus, les drones sont porteurs de morts par bombes interposées. Volodymyr ZELENSKY, ancien acteur, a su exploiter, via les médias, une stratégie de communication très élaborée aux fins d’obtenir des aides financières, de la fourniture d’armes et au passage, de culpabiliser l’Occident sur des aides qui pourraient se raréfier…

 

 

Ubiquité et bilocation étaient réservées jusque-là aux saints !

 

Nous le voyons aussi avec les discours politiques de nos dirigeants. Ils bénéficient de consultants en communication : positions des mains, attitudes face aux caméras… Manipulations que tout cela ! Même les mots sont choisis : « Big Data » oblige. Le « Big Data », un objet polymorphe dont la définition varie selon les utilisateurs. Il s’agit surtout de stocker un nombre incommensurable de données sur une base numérique. Des mégas-données intégrant les 2,5 trillions d’octets de données quotidiennes que nous produisons.

Nos dirigeants, économiques et politiques, utilisent le « Big Data » aux fins de cibler des populations et de faire des propositions qui collent à des besoins clairement identifiés. La palme de l’intervention technologique dans une campagne revient à Jean-Luc MELENCHON : il fut le premier à utiliser la technique de l’hologramme pour apparaître dans plusieurs lieux en même temps. Jusqu’ici, le don d’ubiquité et la bilocation n’étaient réservés qu’aux saints…

Dans quelle salle l’ami Jean-Luc est-il réel ? Dans quelles autres salles est-il virtuel ? Nous savons que le référendum du « BREXIT » fut manipulé par des données issues du « Big Data ».

 

 

Une prolifération de messages publicitaires envahissants…

 

La publicité développe des concepts de plus en plus politiques par les images fournies : on intègre des personnes de race noire et blanche, des femmes et des homosexuels…

Ici encore, les données numériques permettent de cibler à coup sûr le consommateur final. Personne ne peut dire que la publicité ne l’intéresse pas et qu’elle n’interfère en rien sur ses choix. Dans les années 80, une campagne d’affichage proposait un slogan original dans le métro : dans une station, toutes les affiches proposaient un panneau blanc avec un texte écrit en minuscule et entouré de noir. Il fallait s’approcher pour lire : vous voyez bien que la publicité, ça vous intéresse !

La masse d’infos que nous recevons, et encore plus dans les villes est phénoménal : messages radio, télé, affiches dans les rues, les transports en commun, à l’entrée des zones industrielles… Même si l’évaluation est difficile et contestée, nous sommes passés de 200 messages publicitaires chaque jour, dans les années 80,  à un chiffre compris entre 1 500 et 5 000 aujourd’hui !

 

 

Une avalanche de messages mais qui croire ?

 

Que dire des réseaux sociaux ? On ne compte pas moins de trente réseaux sociaux utilisés chaque jour dans le monde, et encore, on en crée chaque jour ! Dans le top 5 nous recensons : Facebook, You Tube, WhatsApp, Messenger et Instagram. Tik Tok a le vent en poupe et se classe en septième position.

A partir de ses réseaux non contrôlés pour beaucoup, nous avons assisté au développement des « fake news ». En conséquence, plus de fiabilité des informations qui sont données et manipulations évidentes ! Que croire et qui croire ?

L’information devient un concept disruptif qui confère aux décideurs la possibilité de tout manipuler : l’orientation d’un vote et des électeurs, les données sur un produit, l’action d’acheter…

Les émissions de télévisions donnent la place à des journalistes de plus en plus politisés. On l’aura constaté lors de la dernière présidentielle. Souvenons-nous de l’interview truquée de Fidel CASTRO par Patrick POIVRE d’ARVOR : le journaliste était au téléphone alors qu’il faisait croire qu’il était à Cuba !

Ou de France 2, qui voici quelques années, montrait un reportage sur les matchs disputés à Roland- Garros. Où on ne présentait que des images des cours de tennis niçois ! Les publicités que nous voyons en bordures de terrains lors des rencontres internationales sont virtuelles et spécifiques à chaque pays… et en 1981 le logo de France 2 intégrant l’image virtuelle de François MITTERRAND… 

Qui croire ? Que croire ? Pire encore, le message subliminal ! Les grandes surfaces distillent, par voix sonore, des messages du genre : « je suis honnête, donc je ne vole pas ». La technique consiste à intégrer sur un fond musical des messages intraduisibles à l’oreille. Tout le monde se défend de ce genre de manipulation car c’est interdit par la loi ! Et « croix de bois, croix de fer », ils jurent tous qu’il est hors de question d’orienter les clients vers tel ou tel produit !

 

 

La manipulation de l’information, un exercice pratiqué en permanence ?

 

Tous les grands dirigeants de ce monde ont manipulé l’information ! A commencer par Jules CESAR. La « Guerre des Gaules » n’est qu’une suite de rapports écrits par un général qui rêvait de devenir empereur ! En conséquence, Gergovie n’est qu’un glorieux repli stratégique… De toute façon, selon Astérix, Alésia, on ne connaît pas !

La véritable connaissance se fait par l’expérience et par une transmission fondée sur l’expérimentation : la révolution médiatique nous appauvrit en nous laissant l’illusion de la vie.

Lors de l’un de ses discours, Albert EINSTEIN avait déclaré « qu’entre la bombe atomique, la bombe de l’explosion démographique du tiers monde et la bombe de l’explosion de l’information, la pire des trois sera celle de l’information… ».

Bref, histoire de nous rassuré, il avait conclu : « je ne sais pas avec quoi nous ferons la troisième Guerre mondiale, mais la quatrième, nous la ferons avec des cailloux et des bâtons… ».

 

Jean-Paul ALLOU

 

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