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Elle se prénomme Anna. Blonde comme les blés des plaines de l’Est, avec un petit sourire triste au coin des lèvres. Originaire de Biélorussie, la jeune femme exerce le métier de journaliste. Une antinomie absolue avec le pays dont elle est native où ne règne plus, depuis fort longtemps, la liberté de la presse et le droit à l’expression. Pourtant, Anna rencontre la relève générationnelle de notre société dans le cadre d’un programme pédagogique concocté par la Maison des Journalistes et le CLEMI. Etape auxerroise convaincante au lycée de Saint-Joseph…

 

AUXERRE : Pense-t-elle encore à Minsk souvent ? Y-a-t-elle des attaches familiales ? Obtient-elle des nouvelles de ses amis, restés là-bas, dans ce pays totalitaire à la solde aveugle de Moscou ?

Depuis le 24 février, Anna S. (la jeune femme, par crainte, ne souhaite pas communiquer son patronyme) suit l’évolution des évènements ukrainiens avec le plus grand intérêt. Logique, lorsque l’on sait qu’autrefois, juste avant son exil de Russie en 2014, elle exerçait la profession de directrice de photographie pour le compte de l’agence de presse, « RIA Novosti » à Moscou. Une enseigne qui allait bientôt se transformer en « Russia Today ». Le canal préféré des propagandistes les plus exacerbés agissant pour le Kremlin.

Il y a bientôt un an, lors de l’éclatement de la guerre – la fameuse « opération militaire spéciale » -, Anna couvrait les évènements depuis Moscou pour le compte de la chaîne britannique, « Sky News ». Quelques jours plus tard, sa présence sur le sol russe se mua en qualité de persona non grata et l’obligea à quitter précipitamment la capitale moscovite, au vu de son passé et de sa position journalistique. N’avait-elle pas couvert des sujets « indésirables » à charge contre les autorités russes ?

 

Une intervention déployée dans le cadre du concept « Renvoyé Spécial »…

 

Traversant la frontière avec la Lettonie à pied, Anna, après moult péripéties, parvint après quelques semaines de repos dans ce pays balte et dès la réception de son visa, à arriver en France.      

Un périple dont elle a apporté les brûlants souvenirs émotionnels aux élèves d’une classe de seconde du groupe scolaire Saint-Joseph-la-Salle à Auxerre. Dans le cadre de leur projet éducatif, consacré à l’international, et profitant des rencontres organisées chaque année par la Maison des Journalistes et le CLEMI, l’établissement privé a pu accueillir la photographe reporter lors d’un atelier de deux heures des plus passionnantes.

L’objectif de ce dispositif, appelé « Renvoyé spécial » - un clin d’œil à la fameuse émission investigatrice de France Télévisions - est de sensibiliser les lycéens à la liberté d’expression et au pluralisme dans les médias par la rencontre avec des journalistes réfugiés politique en France. Cette rencontre a été organisée par leur professeure-documentaliste, Isabelle POISSON.

En début d’année scolaire, les élèves ont également pu voir et travaillé avec Mme CARO, leur professeure d’histoire-géographie, sur l’exposition « Tous Migrants » au CDI. Celle-ci retrace le parcours complexe des migrants à travers des dessins de presse du monde entier, des raisons du départ au processus d’intégration dans un nouveau pays, en passant par les obstacles rencontrés durant leur voyage.

 

 

Un soutien collectif qui fait chaud au cœur…

 

Ce travail s’est donc poursuivi avec l’intervention d’Anna S. qui a évoqué son expérience de journaliste en tant que productrice, et de son travail sur le terrain. Elle devait insister sur le rôle des médias, la manipulation des informations et la liberté d’expression.

Au terme de cette présentation de belle facture, les élèves ont vivement applaudi  l’intervention faite en français, langue que la jeune femme apprend depuis le mois de juin, remerciant l’oratrice pour son « discours très intéressant et enrichissant », et « lui souhaitant du courage, et de retrouver une vie normale ». De quoi lui redonner un peu de baume au cœur dans sa vie de réfugiée politique…

 

Thierry BRET

 

Dans un passé pas si lointain que cela, on a toujours reproché à la France d’avoir une « guerre de retard ». Une formule qui nous sied très bien, par ailleurs, dans bon nombre de domaines ! La pratique de l’alternance en ce qui concerne l’apprentissage, le développement de nos technologies sur certains secteurs de pointe, la gestion des crises qu’elle soit sanitaire ou sociale dans les avancées à concevoir pour améliorer le bien-être des personnes au travail, en matière de fiscalité, d’environnement, de sport ou d’éducation, que sais-je encore ?!

Et bien désormais, il nous faudra ôter cette phrase si caractéristique de notre mode de fonctionnement de la bouche ! Car, l’Hexagone vient de prendre un virage à 360 degrés, vendredi, en choisissant d’avoir une « guerre d’avance » !

L’auteur de l’expression n’est autre que le Président de la République lui-même, Emmanuel MACRON qui présentait ses vœux aux Armées du côté de Mont-de-Marsan dans ce joli département que sont les Landes. Un territoire qui a toujours été le fief de la force militaire et des parachutistes !

Préparer la guerre pour mieux maintenir la paix ? C’est en quelque sorte le fond de la pensée du locataire de l’Elysée en ce début d’année. A sa décharge, l’actualité lui donnerait presque raison et ce, depuis bientôt un an, avec le retour de la guerre sur le continent européen, dans son versant oriental. Il faut dire que la Nation repart de loin.

Fini le temps de la conscription, exit la présence de militaires Français chez nos voisins d’Outre-Rhin – ces derniers après avoir expiés leurs fautes durant soixante-dix ans ne représentent plus un danger notoire pour notre pays tandis que nos liens de profondes amitiés se sont renforcés au fil des décennies -, adieu les fameux « trois jours » que les moins de trente-cinq ans ne peuvent pas connaître : la France militaire présente un visage singulier désormais, aux antipodes de ce que nous autres, les plus anciens de la société, ont pu observer entre 1960 et 1990.

 

 

L’Europe de 2023 ressemble curieusement à celle de 1938…

 

Après le Mur de Berlin, l’ouverture à un semblant de démocratisation chez les Russes « la Glasnost » et l’occidentalisation affirmée des ex-pays du bloc de l’Est : fallait-il conserver les forces armées en l’état ? La réponse ne se fit pas prier parmi les gouvernances de l’époque au nom des sacro-saintes économies budgétaires à réaliser : ce fut non !

Sans tomber dans le côté « glamour » et « hippie » des années « Peace & Love », la France, à l’instar des pays occidentaux, humaient en l’appréciant tels des pinsons annonciateurs du printemps cet air de renouveau après des périodes sombres de « guerre froide » entre les deux blocs qui comptaient les points via leurs services d’espionnage respectifs.

Tout cela, cependant, n’altérait nullement nos échanges et relations – hypocrites ? – de bon voisinage en termes de commerce, de rencontres culturelles, de découvertes touristiques, de pratiques sportives de haut niveau. Bref, la planète ne souffrait plus de ces miasmes belliqueux à outrance que l’on avait pu constater par le passé et le nucléaire était assorti à la seule problématique domestique. L’adopter dans le processus civil pour mieux se chauffer !

De cela, il n’est manifestement plus question, comme chacun le sait y compris celles et ceux qui pratiquent encore la politique de l’autruche en feignant de ne pas savoir la tête plongée dans le sable, depuis le 24 février 2022. La donne a changé. Les cartes sur la table ne sont les plus mêmes. La géopolitique qui n’est pas une science exacte car hyper évolutive et peu fiable nous démontre que l’on peut vivre en ce début du XXIème siècle à l’heure du bitcoin et des crypto-monnaies et des véhicules à hydrogène comme au temps sinistre des années 1930/1940 du siècle dernier.

 

 

Avec la peur au ventre quand on évoque l’avenir…

 

De quoi demain sera-t-il fait ? Bien malin, celui qui peut y répondre avec exactitude et réalisme aujourd’hui, alors qu’à date, un ancien président de la République russe, le pro-occidental Dmitri MEDVEDEV autant de sa splendeur au Kremlin mais ça c’était avant, ne manque jamais depuis une occasion de « l’ouvrir » publiquement pour asséner des inepties et des menaces lourdes de conséquences à répétition avec l’arsenal nucléaire à l’appui ! Ses cibles préférées ne sont-elles pas la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ! Que dire des Etats-Unis, le « Grand Satan » dont il faudrait éliminer l’existence par le feu de l’Apocalypse !

Cette semaine, un autre de ces dirigeants, celui qui est le diplomate le plus connaisseur de l’Occident où ses enfants vivent encore et y ont fait leurs études, le ministre des Affaires étrangères Sergeï LAVROV ne nous a-t-il pas comparé, nous autres Occidentaux, aux « nazis » de la pire espèce, « pourfendeurs de Russes, prêts à la Solution finale… ». Celle qui a provoqué l’Holocauste et ses millions de victimes juives qui doivent se retourner dans leurs tombes – celles et ceux qui en possèdent une, ce qui est moins sûr au vu des circonstances dramatiques de leur disparition - ; des paroles ignobles et honteuses qui sont inaudibles dans les oreilles de nos amis Russes, qui ont combattu le nazisme, le vrai, ce qui est pour eux, insupportable…

Face à cette course inexorable vers l’incompréhensible et la dramaturgie épique, digne du théâtre grec antique, Emmanuel MACRON a décidé de renforcer la dissuasion, d’augmenter la réserve opérationnelle et de gonfler les budgets.

Plus de 400 milliards d’euros vont ainsi être consacrés à l’enveloppe des armées (terre, air, mer) dans le cadre de la future loi de programmation couvrant la période de 2024/2030. Soit une progression d’un tiers, par rapport au précédent budget. D’aucuns diront que cette manne financière n’est pas suffisante pour rattraper le retard occasionné par des années de profondes léthargies et de réelles « naïveté ». Mais, comme le précise l’adage, « mieux vaut tard que jamais » !

 

 

Les forces armées se transforment pour gagner en performance et efficacité…

 

Fait marquant de cette décision présidentielle : les efforts particuliers qui vont être portés sur la cyber-sécurité, le renseignement – la France est bien trop dépendante des Etats-Unis sur ce point – et même le spatial, car demain, les conflits du futur se joueront aussi plus près des étoiles.

Le conflit en Ukraine auquel nous contribuons en livrant des armes, les fameux Caesar, sans être cobelligérant aura tout de même démontré quelques faiblesses dans le dispositif militaire français. Le chef de l’Etat, lucide, a décidé de changer de braquet.

« Nous sommes dans une logique de transformation de nos forces armées, devait-il expliquer dans les Landes, afin d’être plus efficaces et performants… ».

Devant les menaces qui se présentent à nous, avec le retour de la guerre conventionnelle à deux mille kilomètres de nos frontières, il était grand temps de reprendre l’initiative comme l’ont fait la plupart des pays de l’Union européenne, y compris l’Allemagne qui a su faire table rase de ses tabous historiques en injectant plus de cent milliards d’euros à la modernisation de son armement.   

« Si vis pacem, para bellum » écrivait jadis Jules CESAR, auteur de la « Guerre des Gaules ». « Si tu veux la paix, prépare la guerre » après la traduction de cette locution latine. Jamais cette petite phrase n’aura été aussi lourde de vérité et de conséquence en ces périodes troubles de cette année 2023 qui débute, déjà constellée de nuages noirs dans le ciel…

 

Thierry BRET

 

 

 

L’évènement ne passe pas inaperçu parmi la caste exponentielle des initiés de l’univers crypto. De l’Hexagone comme de l’Europe, d’ailleurs. Puisque les organisateurs, les dirigeants de la société MUGI – le siège social est implanté à Toucy dans l’Yonne et commercialise la marque METIS MINING – s’attendent à une convergence identitaire internationale de la part des suiveurs de cette opération, première du genre, accueillie dans l’antre d’AUXERREXPO. En provenance de Belgique, du Luxembourg, d’Espagne, d’Italie, voire de l’île Maurice, les amateurs de crypto-monnaies se donnent rendez-vous le 21 janvier pour la grand-messe du CRYPTOx’R !

 

AUXERRE : « Il s’agira surtout de démystifier et de vulgariser ce que sont les crypto-monnaies et leurs intérêts pour les celles et ceux qui s’intéressent aux actifs numériques… ». Ainsi s’exprime Maxime CHERY, l’une des pierres angulaires de la jeune structure « MUGI METIS MINING », start-up qui se développe à la vitesse grand « V » autour de solutions matérielles adossées à l’écosystème des « blockchains » et portée sur les fonts baptismaux depuis juin 2019 sur le territoire de l’Yonne.

Avec ses quatre autres acolytes dont la très communicante Fanny VIAUT (COMMUNIK & VOUS), le jeune homme à la tête bien remplie dirige un concept ultra novateur, faisant figure de véritable « OVNI » dans le landerneau entrepreneurial icaunais qui a pourtant reçu l’appui de plusieurs organismes tels la BPI ou la Région Bourgogne Franche-Comté. La French Tech apporte elle aussi sa contribution financière en guise de soutien à la pérennisation de ce modèle économique vertueux qui possède déjà son lot d’indécrottables aficionados.

METIS MINING est le nom de code de cette société novatrice, voire révolutionnaire. Une enseigne devenue emblématique, dont la renommée a largement dépassé les frontières du territoire le plus septentrional de Bourgogne.

Une grande première dans l’Yonne soutenue par la Ville d’Auxerre…

 

Les observateurs devraient s’en apercevoir à l’heure « H » ce samedi sous le coup de 14 heures au parc des expositions auxerrois. Le cofondateur de la start-up a décidé de réunir les passionnés de bitcoin et de cryptos lors d’un salon placé sous le sceau de la vulgarisation et de l’explication de texte, histoire de raccrocher aux wagons toutes celles et tous ceux qui voudraient en connaître davantage sur cet écosystème en pleine expansion. Tel un univers parallèle qui n’aurait pas fini sa croissance avant d’atteindre son plein zénith…

Si cet écosystème des crypto-actifs peut sembler être de l’hébreu, voire de l’araméen, pour le commun des mortels, ce rendez-vous, baptisé « CRYPTOx’R » tombe à point nommé pour en vulgariser l’essentiel. Une manifestation d’envergure hexagonale, mais pas que, qui pose donc ses jalons à Auxerre mérite que l’on s’y intéresse de près d’autant que les amateurs de crypto-monnaies sont beaucoup plus nombreux en France qu’on ne peut le penser !

 

 

Les férus de « NFT », de finances décentralisées, de « tokenisation » devraient y trouver leur compte- c’est le cas de le dire !- au vu du plateau de spécialistes et d’esthètes en la matière qui feront le déplacement en terre de l’Yonne, capitale nationale le temps d’une journée de rencontres et d’échanges instructifs. Mais que l’on ne s’y méprenne pas, le principe fondamental de ce rendez-vous à haute valeur ajoutée pour l’Auxerrois – l’Agglomération a apporté son soutien à la réception de cet évènementiel – sera la vulgarisation à outrance destinée aux néophytes, béotiens et autres « ignares » de la spécialité ! Une initiative rare en province, se plaît à le préciser le très pédagogue, Maxime CHERY.

Cinq grandes tables rondes seront proposées lors de ce salon. Une trentaine d’intervenants, experts en la matière, y participeront pour éclairer de leur lumière un public en quête d’informations.

 

 

 

En savoir plus :

 

Salon CRYPTOx’R

Samedi 21 janvier 2023

Parc des Expositions AUEXRREXPO

1 rue des Plaines de l’Yonne à Auxerre

A partir de 14 heures jusqu’à tard dans la soirée.

Entrée : 30 euros, tarif étudiant 15 euros.

Programme

14h00 – ouverture des portes

14h30 – mot de bienvenue de Maxime CHÉRY, cofondateur & CEO de Mètis, et des élus de la Communauté d’agglomération de l’Auxerrois

15h00 – 15h45 – Table ronde sur les protocoles Blockchain, BTC & co… Pour comprendre l’essentiel à cet écosystème et des technologies mobilisées

16h00 – 16h45 – Table ronde sur le Mining et la transition énergétique. Les actifs numériques, freins ou accélérateurs de la transition énergétique ?

17h00 – 17h45 – Table ronde sur la régulation. Fantasmes & controverses : cryptomonnaies, blanchiment et régulation…

18h00 – 18h45 – Table ronde sur la Finance Décentralisée (DEFI) & les NFT. Finance décentralisée (DEFI) versus centralisée (CEFI), un nouveau paradigme ?

19h00 – 19h45 – Table ronde sur l’univers des Metaverses et du Gaming. Du jeu vidéo aux metaverses : espaces des innovations futures ?

20h00 – mot de clôture

20h30 – Cocktail offert à tous les participants et visiteurs

 

Thierry BRET

 

Ca y est, le sort en est jeté ! Comme le stipule la formule latine, locution coutumière des aventures de l’irréductible gaulois, « Astérix », contre l’envahisseur romain : « Alea jacta est » !

La France qui travaille, celle qui se lève tôt le matin pour nourrir tout le système économique de notre nation, celle qui ne compte pas ses heures ni ses déplacements pour trimer parfois comme un malade en quête d’un salaire digne de cette appellation, celle qui investit, qui entreprend et qui s’acquitte honorablement de ses impôts douloureux avec plus ou moins de bonheur, celle qui se projette sur l’avenir en suivant un méritoire cursus de l’alternance ou de l’apprentissage, celle qui n’ose s’arrêter enfin parce qu’elle n’arrive pas à joindre les deux bouts malgré le versement de sa pension, est donc au pied du mur !

Bing, le coup de règle métallique asséné par la Première ministre Elisabeth BORNE cette semaine sur le bout des doigts de cette France active et fière de l’être risque d’endolorir très longtemps les membres supérieurs de ces Français besogneux et dévoués à l’emploi qui espéraient tout de même autre chose comme porte de sortie qu’une simple rallonge systématique dans le temps de leur droit à prendre leur retraite !

Les « vœux » de la cheffe du gouvernement possèdent cette année tout particulièrement un horrible goût d’amertume en bouche ; des vœux anticipés le 31 décembre au soir par le Président de la République en personne qui lors du traditionnel exercice médiatique, sur le coup des vingt heures et durant une vingtaine de minutes longues comme un puits sans fond face caméra, a dû en dégoûter plus d’une et plus d’un à l’heure de sabler le champagne afin de célébrer le terme de l’année.

Une « annus horribilis » que cette édition 2022 in fine, comme aurait pu le résumer la regrettée reine de Grande-Bretagne !

 

Des vœux présidentiels qui n’avaient vraiment rien de festifs…

 

Cheval de bataille du chef de l’Etat – le projet avait connu moult soubresauts et des ratés technocratiques lors de la première mandature du fait de la COVID -, la réforme des retraites est donc venue s’inviter avec ses gros sabots de percheron lors de ces vœux cathodiques qui n’avaient absolument rien de festifs au moment de passer à la table du réveillon.

Une faute de goût et d’élégance que celle-là et de ses explications de texte au niveau de la communication inhérente à l’instant « t », où la crise énergétique, le conflit en Europe, le retour de la pandémie, la hausse inexorable des prix et cette volonté farouche de nous faire travailler plus pour en profiter moins se sont étalés sans demi-mesures lors de l’exercice oratoire du président entre les petits fours et les huîtres. Drôle de manière de souhaiter une belle année avec un tel programme de réjouissances à consommer sans modération ! Indigestion garantie…

Heureusement – sans doute l’avait-il oublié dans son inventaire à la Prévert version sinistrose – Emmanuel MACRON ne nous a pas rappelé la finale perdue de l’équipe de France de football face à l’Argentine que beaucoup dont Kylian MBAPPE ont toujours en travers de la gorge au vu de sa physionomie déconcertante au plan du jeu et de l’attitude provocatrice des futurs vainqueurs !

Certes, rien n’est encore fait dans la phase concrète en ce qui concerne l’application de ce programme des retraites, véritable purgatoire pour celles et ceux qui n’en peuvent plus de bosser sans fin.

Mais, sans se référer au sempiternel monde des « Bisounours » où règne une béatitude encore plus édifiante que sous les ors célestes du Vatican, il est vrai, à la décharge de notre gouvernance, que le système des retraites en l’état n’est plus viable à moyen terme.

 

 

Une cinquantaine de régimes spéciaux avec ses avantages en veux-tu en voilà, de profondes disparités se rapportant à l’âge des départs – pourquoi un conducteur de train quitte définitivement ses fonctions professionnelles à l’âge de 52 ans (oui, vous avez bien lu !) alors que dans le même temps le conducteur de transport en commun routier, les bus, doit attendre l’âge de 62 ans pour partir ? –, la multiplicité des caisses de retraite et leur complexité kafkaïenne où plus personne n’y comprend couic, les spécificités occasionnées par les carrières longues, les notions divergentes autour de la pénibilité, les carrières hachées avec période de chômage ou pas, le poids de l’alternance, des études, du service militaire – lorsque celui-ci existait encore ! -, les annuités pour les mères de famille, les congés parentaux, etc.

Un casse-tête chinois, en vérité, comme la France sait les inventer, ne serait-ce que pour y voir clair sur sa propre perspective de retraite bien en amont de pouvoir la prendre !

Ce n’est pas compliqué, il est presque nécessaire et recommandé, désormais, de s’adresser à des boîtes spécialisées afin de monter les dossiers préparatoires moyennant finances et un petit billet de 5 000 euros pour y parvenir !

 

 

Quid du serpent de mer de l’employabilité des seniors en France ?

 

En outre, réformer les retraites répond à un besoin viscéral de financer le système par répartition auquel sont attachés la plupart des Français. Mais, pas tous ! Les plus jeunes et les actifs paient pour les plus anciens et les retraités, et ainsi de suite depuis l’instauration de ce processus dans l’Hexagone. Logique, en somme, et est-ce véritablement équitable au fond ?

Elle est donc loin, la formulation chère à Nicolas SARKOZY, « il faut travailler plus, pour gagner plus », formule usitée à l’époque de son quinquennat pour vanter les mérites des heures supplémentaires.

Les temps changent et les paradigmes aussi, dorénavant il faut travailler plus pour profiter moins longtemps de son droit de retraite, de 60 ans à l’époque mitterrandienne à 64 ans sous l’ère d’Emmanuel MACRON une fois le texte voté dans les chambres hautes et basses du parlement. Avec, ne l’oublions la réelle projection de 67 ans, comme l’a déjà soutenu le patron du groupe « Horizons », Edouard PHILIPPE, à terme.

Bien sûr, on évoquera parmi les justificatifs de cette réforme l’allongement de l’espérance de vie – quand elle n’est pas occultée par des crises sanitaires successives entraînant un nombre inquiétant de disparitions chez les plus âgés comme ce fut le cas avec la COVID -, les progrès de la médecine – que dire de la raréfaction des praticiens dans les zones rurales où les urgentistes ne savent plus où donner de la tête ! -, l’effort volontariste des actifs qui doivent veiller par le fruit de leur travail et de leurs cotisations sociales à ce que les rouages du système ne se grippent pas (sans jeu de mot !) et profitent à tous, qu’il est nécessaire de revaloriser les pensions des retraités dont certains vivent en côtoyant la misère de très près dans leur quotidien (100 % d’accord pour accroître les revenus de ces personnes qui nous ont précédées !), etc. Autant d’arguments plausibles et lisibles sur le papier…

Mais, paradoxe, que faire pour solutionner ce serpent de mer qu’est devenue au fil des années l’employabilité des seniors – on l’est dans l’Hexagone et selon l’INSEE à partir de 45 ans ! – en constatant que toutes celles et ceux qui sont quinquagénaires et sexagénaires peinent de plus en plus à conserver leur emploi – quand ils en ont encore un ! - ?

La plupart de ces personnes rejoignent les rangs des demandeurs d’emploi de longue durée à la limite de la précarité et de l’indécence parce ce Pôle Emploi ne sait quoi en faire car les employeurs n’en veulent plus dans leurs entreprises…

La France est le pays européen qui utilise le moins la valeur ajoutée de ses seniors dans les entreprises a contrario des Scandinaves ou des Allemands, qui en facilitent le maintien dans le travail.

A quoi bon, alors, retarder le droit à la retraite de deux années supplémentaires si cela génère encore plus de dépenses à la société et à l’Etat par le biais des allocations chômage et du RSA pour les accompagner ? Il serait grand temps de résoudre enfin cette inéluctable problématique pour avancer avec davantage de sérénité…

 

Thierry BRET

 

 

Septembre 2001 au World Trade Center, attentats meurtriers de l’automne 2015 à Paris, élection du premier président noir à la Maison Blanche, mort de Georges BRASSENS ou de Jacques BREL…autant d’évènements de l’Histoire rentrés dans la mémoire collective où chacun se souvient de l’endroit où il était et de ce qu’il faisait à l’instant précis où l’information parvenait jusqu’à lui…

 

BILLET : Nous étions le 07 janvier, premier mercredi de l’année 2015, lendemain d’Epiphanie à la banalité froide et humide et jour de bouclage du journal où je travaillais alors. A peine le dernier papier envoyé à Dijon, je m’offrais un café et déflorais le cadeau reçu quelques jours avant pour Noël, un pavé de 200 pages au titre évocateur, « L’intégrale beauf », avec pour signature, un patronyme qui n’avait nul besoin de prénom : « CABU ». Il était 11h30, l’heure exacte où rue Nicolas Apert, dans le 11e arrondissement parisien, les frères KOUACHI abattaient douze personnes dans les locaux de « Charlie Hebdo », dont huit collaborateurs du journal, parmi lesquels le père du « Grand Duduche », CHARB, WOLINSKI, TIGNOUS et HONORÉ…

Je ne pris connaissance de la tragédie qu’une heure plus tard, à la hauteur du rond-point de Paris, allumant la radio de la voiture qui me ramenait à la maison pour déjeuner. Aujourd’hui encore, je ne peux passer par là sans penser à cet instant précis où s’écroulait un monde sous les balles de misérables obscurantistes aveuglés par la haine et l’ignorance…

 

 

A la manière de Georges Pérec, je me souviens…

 

Je me souviens de cette veillée le soir même à Auxerre, devant les marches de l’Hôtel de Ville, où dans un élan cathartique, toute une génération tentait de ne pas noyer dans les larmes le souvenir des dessinateurs qui avaient bercé leur jeunesse et les avaient accompagnés dans leur marche pour un avenir meilleur…

Je me souviens de Frédéric BOISSEAU, Franck BRINSOLARO, Elsa CAYAT, Bernard MARIS, Ahmed MERABET, Mustapha OURRAD, Michel RENAUD, Clarissa JEAN-PHILIPPE, Philippe BRAHAM, Yohan COHEN, Yoav HATTAB, François-Michel SAADA, tous tombés au « Champ d’horreur » ce jour-là et ceux qui suivirent …

Je me souviens de cette cérémonie plus « officielle » organisée le lendemain sur ces mêmes marches, comme un peu partout dans le département et dans toute la France. Un moment de recueillement rythmé par les émotions, les souvenirs, la fierté d’appartenir à un monde où la défense de la République et de la liberté de penser prenaient le pas sur les rivalités politiques. Communion éphémère autour de ces simples mots bordés de noir : « Je suis Charlie »…

Je me souviens de ce dimanche 11 janvier à Paris, jour de communion nationale où s’entremêlaient joie et chagrin, rires et larmes… Un dimanche de fraternité où plus d’un million de personnes défilait pour manifester leur attachement à la liberté et à la vie…

Je me souviens de ces chefs d’Etat venus de toute la planète, présents autour de François HOLLANDE lors de cette marche républicaine, parmi lesquels nombre d’autocrates bafouant dans leurs pays la liberté de la presse. « Charlie » un jour, « dictateur » toujours… !

Je me souviens de ce pigeon iconoclaste, « éclaboussant » d’une fiente « royaliste » le costume de notre Président à l’instant où il enlaçait pour le réconforter, l’urgentiste Patrick PELLOUX en larmes. Imaginant la rigolade que cela avait dû provoquer chez ceux partis quatre jours plus tôt, voir « là-haut » si Saint-Pierre savait rire de tout… 

 

 

A jamais la liberté d’écrire et de penser, à jamais la vie !

 

Je me souviens de ces dizaines de personnes attendant dès 07 h du matin le 14 janvier 2015, rue de la Draperie à Auxerre l’ouverture de la Maison de la Presse, pour tenter d’acquérir ce « numéro des survivants », premier opus de « Charlie Hebdo », paru après l’attentat. Parmi lesquels nombre de représentants de la bonne société auxerroise, pour qui la lecture de « Charlie Hebdo » devait être une première… Réalisant alors que pour le même prix, ils avaient de concert et à bon compte, comme aurait pu dire le regretté Pierre DESPROGES, « la nausée et les mains sales » !...  

Je me souviens aussi hélas, de ces propos entendus à une station-service l’après-midi de l’attentat, de la bouche d’une connaissance professionnelle, éleveur animalier de son état et fervent catholique pratiquant : « oui c’est triste, mais ils l’avaient quand même un peu cherché… ».

Reprenant ainsi, sans même le savoir, la dialectique employée par les frères KOUACHI et Amedy COULIBALY dans l’accomplissement de leurs crimes. Les armes ne sont pas seules meurtrières, il est des mots qui tuent aussi…

A jamais Charlie, à jamais la liberté de penser, d’écrire et dessiner, à jamais la vie !

 

Dominique BERNERD

 

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