Croyez-vous un seul instant que le maître du Kremlin ait choisi la carte de l’apaisement et ait proposé enfin un premier tour de table sérieux autour de négociations constructives pour se sortir du mauvais pas dans lequel il s’est fourré ? Alors que le huitième mois de « guerre » - il faut oublier désormais la rhétorique simplificatrice d’opération spéciale ! – est à portée de fusil, les forces militaires de la Russie connaissent une situation jusque-là tout à fait inattendues : la reculade. Un sacré revers !

Mises à mal à l’Est, au Centre et au Sud de l’Ukraine, les armées du « général en chef », Vladimir POUTINE – il limoge à tour de bras ses généraux qu’il juge inexpérimentés dont celui de la logistique et du recrutement ce jour  – a décidé de reprendre les rênes des opérations sur le terrain. Sans pour autant se rendre sur place, contrairement à son ennemi juré, le médiatique Volodymir ZELENSKY. Il ne faut pas pousser, tout de même !

Pourtant, les signes ne trompent pas. Les observateurs et autres exégètes de la géopolitique sont formels : en l’état, la Russie ne pourra pas gagner ce conflit dans lequel elle s’empêtre depuis le 24 février. Alors que « l’opération spéciale » ne devait durer que quelques jours, selon les experts moscovites qui prévoyaient une réédition de l’état ukrainien en moins de quatre jours…

 

 

Des Russes acculés au bord du précipice…

 

Pressés par les Occidentaux et surtout les Américains qui commencent à perdre patience, sanctionnés par les mesures de rétorsion économiques efficaces, tancés par les « alliés » de circonstance d’en finir au plus vite avec cet épisode belliqueux sorti tout droit d’une autre période en exigeant un cessez-le-feu (l’Inde et la Chine), les Russes se trouvent acculés dans ce jeu de dupes aux accents dramatiques.

Il n’y a encore que l’Iran, confronté à une très belle pagaille populaire après la mort scandaleuse d’une malheureuse jeune femme qui avait mal porté son voile, la Corée du Nord – un modèle de vertu parmi toutes les autocraties de la planète comme chacun  le sait !-, et la Syrie, pays où se maintient sur le fil le boucher de Damas, AL ASSAD, qui osent encore soutenir mordicus l’ex pays des Soviets. Même Cuba semble avoir choisi de surfer sur la vague de l’éloignement – ses côtes sont situées trop près de celles de chez l’Oncle Sam ! – tandis que le Belarus demeure étrangement silencieux alors LOUKACHENKO restera toujours le sombre pantin de l’ex-dirigeant du KGB !

Il est vrai que la physionomie de cette partie sanglante engagée sur la terre d’Ukraine s’est considérablement modifiée depuis l’été. Non seulement, la population est plus que jamais mobilisée pour bouter hors de ses frontières l’envahisseur indésirable. Mais en outre, les livraisons d’armes en provenance de l’Occident (Etats-Unis, Grande-Bretagne, et un peu la France par ailleurs) se sont accentuées pour rééquilibrer dans un premier temps les débats sur le registre de la confrontation directe, avant de pencher en faveur des occupés.

 

 

 

Des référendums d’annexion, une manière de déféquer sur le droit international et l’ONU !

 

Promise depuis des semaines par Kiev, la contre-offensive – les contre offensives devraient-on dire – se sont multipliées sur de nombreux points de friction avec les forces russes, créant certes des dégâts inéluctables de part en part parmi les troupes, mais faisant inexorablement reculer les hommes de Moscou de plus en plus près de leurs frontières originelles. Ils en oublient leurs armes et munitions au passage. Certains désertent et fuient leurs bataillons ; d’autres se rallient à la cause ukrainienne. Y compris chez les représentants du commandement.

Tout cela aurait pu (aurait dû ?) calmer la tempérance et les ardeurs volcaniques du maître du Kremlin, en vérité, et le ramener peut-être à des choses moins hostiles. Or, que voit-on depuis cette semaine que beaucoup qualifient de tournant ?

Primo, que Vladimir POUTINE ne lâchera pas un pouce de terrain. Secundo, qu’il se fiche comme de sa première liquette de ces femmes et de ces hommes qu’il envoie se faire massacrer sur un front de guerre où les Occidentaux estiment à plus de 80 000 unités russes les pertes, en disparition ou blessures graves. Sans parler des mutilations qui ne sont pas loin de faire penser à celles subies par les « gueules cassées » de la Première Guerre mondiale.

Tertio, en choisissant le principe en force de référendums d’annexion, dans quatre zones plus ou moins sous contrôle russe, avec le bout du canon sur les tempes des hypothétiques votants, il outrepasse le droit international et la charte des Nations Unies protégeant la souveraineté des états en déféquant dessus !

Quant à l’antépénultième menace d’utilisation des armes non conventionnelles et à vocation stratégique obtenue avec le nucléaire sur l’Occident, cela représente la cerise sur le gâteau dans ce jeu médiocre et abject de poker menteur où le président russe qui excelle est devenu le tsar !

 

     

La fuite en avant d’un peuple excédé par la tyrannie…

 

Reste enfin la mobilisation. Partielle, dans les mots. Mais, quasi générale dans les faits, puisque depuis quarante-huit heures, c’est l’hallali pour les hommes russes âgés de 18 à 65 ans, invités à devenir sans leur consentement de la chair à canon de premier choix pour satisfaire les desideratas funestes d’un quarteron d’irresponsables se faisant appelés « hommes politiques » ! Quelle honte !

Une mobilisation qui provoque son lot (encore trop faible) d’indignation, de révolte, de contestation dans le pays. Pendant ce temps-là, les coups de matraque sont assénés sur les têtes des manifestants et objecteurs de conscience arrêtés tandis que les files d’attente s’allongent dans les aéroports pour tenter de déguerpir de cette dictature qui en a pris tous les aspects les plus ordinaires. Comme chez le voisin de la Corée du Nord.

Aux frontières terrestres, ce sont les « montagnes russes » et des heures d’angoisse et de patience pour les néo-mobilisés qui fuient au Kazakhstan, en Arménie, en Géorgie, en Ouzbékistan, et même vers la lointaine Mongolie.

La Finlande a dû suspendre les arrivées massives de ces familles russes inquiètes à ses frontières. Tandis que l’Allemagne est prête à accueillir les déserteurs, piste que l’Union européenne étudie pour leur donner asile et sécurité. Même l’Ukraine, par « QR Code » interposé, s’adresse aux soldats russes pour qu’ils déposent les armes et aient la vie sauve en rejoignant la liberté !

Et si guerre honnie de tous et stupide à l’envie se terminait faute de combattants russes ?! Ce serait un sacré pied de nez pour un POUTINE jusqu’au-boutiste…

 

Thierry BRET

 

 

 

Pendant longtemps, les économistes de tout bord ont cru que chômage et inflation étaient une situation impossible. Ils ont dû créer un mot pour caractériser cette situation : la stagflation. Cependant, la stagflation reste heureusement, un moment exceptionnel. Alors, le choix est simple : soit on opte pour une diminution de l’inflation aux prix du chômage, soit on jugule le chômage au détriment de l’inflation. Les dirigeants occidentaux redoutent l’inflation (guerre oblige) bien plus que le chômage…

 

TRIBUNE : La BCE relève ses taux directeurs de 0,75 %. De l’inédit depuis onze ans ! Tous les spécialistes s’attendaient à cette décision même si beaucoup la conteste. Nous sommes loin d’une augmentation de 20 % des taux de la Réserve Fédérale Américaine, lors du premier crack pétrolier des années 1970. Les conséquences du relèvement des taux sont nombreuses et peuvent être douloureuses pour les états, les entreprises et les citoyens lambda. Jusqu’ici, les taux de la BCE (Banque Centrale Européenne) étaient inférieurs à 1 %, voire même négatifs. Ces taux passent désormais à 1,25 % et 1,50 %.

Quelles sont les conséquences pour les états ? La hausse des taux directeurs risque de creuser l’écart entre les dettes publiques des états européens. La dette sera plus chère pour les pays fortement endettés, et c’est le cas de la France avec plus de 2 900 milliards d’endettement global. La charge d’intérêts de la dette est de 38 milliards avant relèvement des taux. L’Etat devra freiner ses dépenses et ses investissements, donc moins de croissance, et plus de chômage.

Les banques se financent auprès de la BCE, c’est de l’argent plus cher avec une répercussion immédiate sur les taux des crédits accordés aux entreprises. Les entreprises vont donc limiter leurs investissements, limiter la production et voir le chômage augmenté.

Pour les particuliers, c’est la même relation de causes à effets que pour les entreprises. Les crédits sont plus chers. Donc, il y a moins de crédits immobiliers et de crédits à la consommation. Un effet supplémentaire : avec moins de demandes de biens et de services, nous aurons une baisse des prix. C’est l’aspect positif pour l’inflation.

 

 

Nous allons droit dans le mur de la stagflation…

 

La mesure phare décidée par l’Europe, pour maîtriser l’inflation, c’est bien par ricochet, le chômage ! Contrairement aux Etats-Unis, nous avons tardé pour ajuster nos taux directeurs à une inflation qui n’est plus maitrisée. La BCE prévoit une progression de l’inflation pour quelques mois encore. Avec une croissance en diminution, voire pour certains une récession prévisible, et donc une augmentation du chômage, c’est la stagflation qui se profile désormais.

Ne pas faire de choix aurait été pire, et de toute façon, n’importe quelle solution proposée, n’étant puisée que dans les archives de l’histoire économique, sans invention de l’avenir, sera inévitablement critiquée. La patience reste l’apanage des plus riches. Pour les autres, il faut craindre des crises sociales où la violence ne sera hélas pas exclue…

Dans son ouvrage « La théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie », KEYNES propose une solution avec humour mais beaucoup de cynisme : « Si la trésorerie  (la BCE pour nous) était disposée à emplir de billets de banque des vieilles bouteilles, à les enfouir à des profondeurs convenables dans des mines désaffectées qui seraient ensuite comblées avec des détritus urbains, et à autoriser l'entreprise privée à extraire de nouveau les billets, suivant les principes éprouvés du laissez-faire, le chômage pourrait disparaître et, compte tenu des répercussions, il est probable que le revenu réel de la communauté de même que sa richesse en capital seraient sensiblement plus élevés qu’ils ne le
sont réellement… ».

Attention, Monsieur KEYNES, le laissez-faire peut provoquer des émeutes et des morts…

 

Jean-Paul ALLOU

 

 

Ils ont le moral dans les chaussettes.  Et des souliers de plomb à porter lourdement dans leur quotidien. D’ailleurs, ce ne sont pas les derniers atermoiements de la classe politique se rapportant à la probable crise énergétique qui va tout balayer sur son passage qui va leur redonner le sourire.

Les chefs d’entreprises sont dans la tourmente en cette période de rentrée des classes. C’est inéluctable au vu des très mauvaises nouvelles qui ne cessent de s’amonceler autour d’eux. A commencer par les hausses imprévisibles des coûts de l’énergie qui remettent à mal bon nombre d’ambitions et de désirs de conquêtes de parts de marché.

A la peine pour assurer leurs recrutements dans de saines conditions, fautes de combattants sérieux et motivés, les patrons ont la gueule de bois d’un lendemain de cuite qui aurait duré beaucoup plus longtemps que prévu.

Une soupe à la grimace qui, certes, ne date pas d’hier puisque les effets sournois de la crise sanitaire se sont fait ressentir sur leurs potentialités économiques depuis le début des années 2020. Mais, c’est un fait : cela perdure avec une ténacité constante.

 

Quatre dépôts de bilan toutes les heures en France…

 

Quand on pense que quatre entrepreneurs mettent la clé sous le paillasson toutes les heures dans l’Hexagone pour ne plus jamais rouvrir leur unité de production, on se pince fortement le bras pour se dire que l’on ne rêve pas.

Plutôt que de parler de progrès social, de croissance et de perspectives heureuses, la plupart des dirigeants de société rasent désormais les murs de leurs bureaux, en croisant les doigts et en espérant que l’avis de tempête qui souffle au-dessus de leurs têtes ne va s’abattre sur eux. Un avis de tempête de type vigilance orange vif, qui vire petit à petit vers le rouge vermillon aux dires de certains.

C’est simple : tous les indicateurs économiques de référence, tous les voyants servant de révélateur permettant d’évaluer l’état de santé des secteurs d’activité de notre pays clignotent dangereusement vers le rouge. Tels que l’avaient prédit bon nombre d’observateurs au début de l’année 2022.

Du fait de l’impact et des conséquences par effet ricochet de la crise sanitaire. Mais, c’était sans compter sur les retombées catastrophiques de la crise engendrée par le conflit se jouant à l’est de l’Europe, entre la Russie et l’Ukraine. Une guerre d’un autre âge entraînant son lot de répercussions inflationnistes (et très spéculatives), sans omettre les risques de pénuries des matières premières, y compris énergétiques.

 

 

Déjà près de 20 000 entreprises dans la case des pertes…

 

Le bilan observé à l’issue du premier semestre 2022 n’est pas bon. En l’espace de six mois, les faillites d’entreprises ont été évaluées à près de 20 000, plus exactement à 18 519 entités passées dans la case des pertes plutôt que des profits.

Attention : ceci n’est pas un épiphénomène. Car, les perspectives du dernier trimestre 2022 ne s’annoncent pas bonnes du tout.

Les premiers touchés sont les dirigeants de PME/PMI. Certains se disent au fond du trou. Obligés de revendre leurs biens immobiliers, afin de tenter de sauver les meubles s’ils en sont encore capables. D’autres essaient en vain de renégocier leurs crédits. Pas si simple quand le robinet financier s’assèche au niveau des recettes et que plus rien ne rentre en trésorerie. A cela, le remboursement des prêts garantis par l’Etat, les fameux PGE dont il faudra bien honorer les traites tombe au plus mauvais moment. Tout comme l’URSAFF qui réclame son dû ! Sans oublier les impôts !  

La situation vire donc au cauchemar. Y compris pour les représentants des chambres consulaires – c’est le cas typiquement en Bourgogne Franche-Comté – qui craignent le pire dans les semaines à venir, tout secteur confondu. Les organismes sont à l’écoute du moindre soubresaut, qui soit précurseur d’un tsunami pouvant emporter des pans entiers de l’économie de proximité avec lui.

 

 

Le recrutement : une gabegie innommable pour les DRH !

 

Que faire avec une inflation qui avoisine les 10 % ? Comment agir lorsqu’il y a pénurie sur les matières premières ; ce qui engendre des délais d’approvisionnement incompressibles ? Comment répercuter les coûts des tarifs de l’énergie qui risquent de s’envoler littéralement dans les semaines à venir ? On parle en effet de plus 15 à 20 % de hausse pour le gaz, d’autant sur la partie électricité…

Pendant ce temps-là, quatre salariés démissionnent de leurs postes toutes les minutes en France, apportant certes de la flexibilité et de la facilité d’embauche à celles et ceux en recherche de jobs depuis longtemps – le seul revers de la médaille positif de cette conjoncture incroyable ! – mais sans aucune garantie de résultats pour les chefs d’entreprise qui peinent à les remplacer, faute de candidats motivés de la part des futurs prétendants à l’emploi !

 

 

Quatre jeunes entreprises sur dix échouent avant le cap des cinq ans…

 

Que dire, enfin, des néophytes de l’entrepreneuriat. Celles et ceux qui ont eu le courage, le mental et cette volonté de faire face au contexte difficile en créant leur propre unité de production après parfois un parcours erratique, ponctué de licenciements secs et de chômage long. Ils ne surfent pas sur la béatitude ni l’aisance pour accomplir leurs missions : apporter de la valeur ajoutée à leur territoire en y développant de l’emploi.

Aujourd’hui, le couperet tombe dans la continuité de ce qui a été écrit auparavant : quatre jeunes entreprises sur dix ne dépassent pas le delta temporel des cinq ans. Entraînant, au-delà de ces échecs, de la frustration, de la fragilité, de l’incompréhension, de l’isolement, de la déprime. Voire plus grave encore…

Au plan catégoriel, ils et elles qui représentent injustement les maillons faibles de notre économie parce que finalement peu soutenus par les pouvoirs publics sont issus de l’artisanat, de l’hôtellerie-restauration, du commerce, des services, de la logistique…

Quant au positionnement géographique où cet état de fait se vit à plein régime, on le retrouve dans les Hauts-de-France, la Bretagne, la Normandie et…une fois encore en Bourgogne Franche-Comté, une région devenue très sensible pour le développement économique ayant connu une nette régression au cours de ces dernières années ainsi qu’une baisse de sa démographie.

Il est de bon ton aujourd’hui de vouloir parler d’attractivité à tout crin sur notre territoire, et cela est fort louable que de vouloir accueillir de nouvelles entreprises sur notre sol. Gageons simplement à ne pas oublier celles qui existent déjà et dont l’avenir est menacé définitivement de disparition…

 

Thierry BRET

 

 

Forcément, il s’attendait à une réunion quelque peu conflictuelle, voire houleuse avec les élus de l’Yonne. Le président de la Commission transports et mobilité de la Région BFC Michel NEUGNOT le sait très bien : dès que l’on aborde le délicat problème de la mobilité – surtout quand celle-ci se décline sous son aspect ferroviaire ! -, on touche du doigt le nerf à vif du problème. « C’est comme si on s’attaquait à la montagne mais avec des points de vue différents, confiait-il au terme d’un long exposé à Auxerre. Une montagne qui a accouché d’une souris selon ses opposants ?

 

AUXERRE : Il n’aura cessé de le marteler durant toute son intervention face à une assistance parfois hostile, à l’écoute patiente dans l’hémicycle de l’hôtel du Département où il proposait cette rencontre informative sur le nouveau cadencement des trains dans l’Yonne : la Région Bourgogne Franche-Comté traite de manière globale le sujet des mobilités. L’un de ses nombreux domaines de compétences, par ailleurs.

Effectuant le déplacement depuis Dijon, le vice-président de l’organe institutionnel régional et président de la Commission des transports et des mobilités n’est donc pas venu en terre icaunaise pour y rencontrer les édiles concernés par le devenir des liaisons ferroviaires les mains vides.

« Nous avons une réponse à apporter sur le territoire septentrional de la Bourgogne parce que la desserte nord de l’Yonne n’est pas satisfaisante dans son mode de fonctionnement actuel. C’est d’ailleurs la seule que l’on n’ait pas encore travaillé sur notre territoire, non pas par manque de volonté mais parce qu’elle est en lien direct avec l’Ile-de-France… ».

 

 

Un accord historique avec l’Ile-de-France et voté unanimement à la Région…

 

 

Une desserte spécifique et plus complexe qui représente bon an mal an dix mille voyages (l’équivalent de cinq mille usagers effectuant des allers/retours entre l’Yonne et la capitale) alors que la région francilienne traite dix millions de passagers.

En avril 2021, le Conseil régional statuait par un scrutin l’accord historique porté par Marie-Guite DUFAY, présidente de l’exécutif BFC, et son homologue, Valérie PECRESSE, à la tête de l’Ile-de-France.

« Un vote qui est revenu unanime de la part des élus de l’assemblée régionale, souligne avec malice Michel NEUGNOT, même si certains contestent aujourd’hui le contenu de cet accord alors qu’ils l’ont voté ! »

De quoi provoquer quelques éruptions cutanées et verbales lors de la séance explicative où Michel NEUGNOT ne se sera pas privé de tancer le président du groupe régional du Rassemblement National, Julien ODOUL, opposé au projet évoqué par l’élu socialiste.

Pédagogue, prenant le temps de dérouler tout le cheminement de la mobilité nécessaire à sa compréhension en l’expliquant, Michel NEUGNOT et l’équipe de techniciens qui l’accompagnaient se seront parfois heurtés à l’impatience manifeste de certains élus icaunais, pressés d’en savoir davantage sur les phases évolutives et concrètes de cet épineux dossier.

 

Des budgets conséquents pour améliorer les dessertes…

 

« Il était nécessaire de dévoiler les différentes étapes qui ont mené à ce processus depuis quatre ans, renchérit Michel NEUGNOT, un travail réalisé en concertation avec les services de SNCF Réseau et d’Ile-de-France Mobilités, des structures qui ont œuvré d’arrache-pied pour arriver au dispositif qui a été présenté ce jour… ».

Et le vice-président de la Région d’ajouter sur ce qu’il considère comme un travail « colossal » : « aucune région qui jouxte l’Ile-de-France n’a essayé de travailler le sujet comme nous le faisons ! »

Partant du simple postulat que la régularité des trains – du matériel à la limite de la vétusté – est mauvaise et peu adaptée aux flux actuels, la Région a donc décidé de mettre les pieds dans le plat en rectifiant tout cela. Injectant au passage une enveloppe de 300 millions d’euros à l’achat de matériel roulant de nouvelle génération. Dont un train six caisses qui sera doublé en deux unités et qui offrira une capacité optimale pour accueillir davantage de passagers pour treize millions d’euros.

 

 

Pas de perte de temps malgré les ruptures de charge…

 

L’idée d’accroître le nombre de trains sur cette desserte est devenue une évidence pour les services techniques de la Région. Un bénéfice pour le nord de l’Yonne, c’est-à-dire le Sénonais, mais pas que puisque la capitale départementale, Auxerre, sera impactée par cette stratégie. Légitime pour Michel NEUGNOT qui tresse des lauriers à la nouvelle cité de l’hydrogène…

S’inspirant du modèle suisse – Michel NEUGNOT participait encore à une réunion à Neufchâtel il y a quarante-huit heures -, l’élu régional en a tiré les enseignements nécessaires en se référant à la méthode des ruptures de charge.

Concrètement, les voyageurs passent d’un moyen de transport à un autre. C’est ce qui va être proposé dans la nouvelle configuration ferroviaire déclinée dans l’Yonne avec des nœuds d’interconnexion entre plusieurs trains depuis les gares de Sens et de Laroche-Migennes.

Des changements pour les usagers qui ne grèveraient pas trop leur timing parfois serré – cinq minutes de battement pour embarquer dans le nouveau train après l’échange – et qui permettrait in fine de se rendre avec plus de rapidité vers Dijon et Lyon pour la partie sud.

Un travail lent et de fourmi qui commence, selon Michel NEUGNOT. Un travail où toute la lumière n’avait pu se faire jusque-là faute d’avoir réuni l’ensemble des éléments informatifs. Du pur réalisme, aux yeux de l’élu régional, qui évoquera ensuite les transports par car – et non par « bus » puisque ce terme ne s’emploie uniquement pour le transport collectif urbain ! – en version interurbaine, faisant office en parallèle de transport scolaire.

« Nous nous sommes aperçus que sur les trois lignes qui étaient soumises à la nouvelle concurrence, il n’y avait que des scolaires dedans, hormis deux à trois passagers supplémentaires. On s’est dit qu’il valait mieux privilégier le tout scolaire dans ces cars et que l’on remette uniquement du car en correspondance avec les gares, notamment sur Sens, sur Avallon et sur Tonnerre. Pour faire en sorte que des voyageurs puissent prendre le car, ensuite le train le matin et le soir. Chose qui n’était pas possible auparavant… ».

En effet, les temps de parcours de ces lignes adaptées aux circuits scolaires étaient très consommatrices en temps. A titre d’exemple, pour effectuer un trajet de 55 kilomètres, il fallait compter près de deux heures de transport ! Pas étonnant qu’il n’y avait plus un passager à bord de ces cars serpentant la contrée icaunaise !

 

 

L’élu régional n’est pas venu annoncer la suppression de trains…

 

Puis, s’intéressant à la fréquentation actuelle, les équipes techniques de la Région se sont penchées sur la question. Qu’ont-ils constaté ? Réponse de Michel NEUGNOT :

« On a des trains qui sont omnibus sur l’Ile-de-France où l’essentiel des utilisateurs à 90 % voyagent dans la région francilienne. Ca semblait intelligent de les laisser en Ile-de-France et de procéder à une rupture de charge à Montereau (Seine-et-Marne), dans un temps maîtrisé et avec du nouveau matériel aux capacités de vitesse plus performantes pour les autres… ».

Evidemment, l’aspect financier fut abordé par le représentant de l’exécutif régional.

« Quand on parle de tarifs, cela permettra avec ce nouveau système que les usagers aient des avantages financiers, ajoute l’orateur, parce qu’ils auront un temps très court de frais de transport sur la partie Bourgogne Franche-Comté, avec le Pass Navigo qu’ils ont déjà en possession, et cela réduira d’environ 150 euros la facture ! ».

Tout reposera sur le degré de temps que l’on souhaitera consacrer à son transport. Un vrai compromis au niveau du choix, comme l’a qualifié Michel NEUGNOT.

« Ceux qui veulent aller plus vite bénéficieront de davantage de trains mais ils auront un coût supplémentaire, le coût actuel. Et puis, ceux qui veulent bien prendre dix minutes et changer de train en pratiquant cette rupture de charge, pourront économiser de 150 ou 180 euros suivant la distance qu'ils parcourent…. ».

Jamais à court de pirouettes humoristiques – « Quand Michel NEUGNOT vient dans l’Yonne, c’est pour annoncer la suppression des trains ! » -, l’élu régional aura au contraire confirmé le maintien des dessertes de l’Avallonnais, celles de Clamecy ou de Corbigny. Un vrai soulagement pour certains élus de ce secteur présents dans la salle du Conseil départemental.

« Nous ne demandons pas aux élus que nous rencontrons d’être d’accord ou pas sur ces prises de décision, on demande simplement aux élus qu’ils nous comprennent ! On expliquera, on innovera, on se trompera et on rectifiera ! C’est ça le projet démocratique que nous portons, Marie-Guite DUFAY et moi-même par délégation. L’essentiel est d’expliquer comment on doit travailler ensemble… ».

Au vu des réactions des élus de l’opposition régionale (à découvrir dans un prochain article) au terme de cette explication de texte, il n’est pas si sûr que ces représentants politiques aient envie de le faire et suivre les décisions à la lettre de la Région sur ce très lourd dossier. Une « montagne à multiples facettes », en somme, qui aurait seulement accouché d’une souris après cette rencontre côté conviction ?

 

Thierry BRET

 

 

Elle semblait éternelle, la reine ! Faite pour que son règne interminable dure encore bon nombre d’années sur son vaste royaume. Un petit bout de femme à la droiture exemplaire et au caractère bien trempé à qui on ne la fait pas !

Le moindre de ses gestes, la plus anodine de ses paroles, le plus infime de ses actes étaient observés, soupesés, analysés, interprétés et commentés par l’ensemble des observateurs de la planète.

Pas un jour, pas une heure, sans que les médias, les sociologues, les philosophes, les politiques, les économistes, mais aussi les spécialistes des têtes couronnées et de « jet set » nous abreuvent de leurs théories fumeuses et de leurs commentaires plus ou moins avisés sur l’existence de ce personnage atypique qui accéda au trône en 1952. C’était un 06 février dans la froideur d’un hiver londonien…

 

 

La boussole de toute une nation…

 

Une « people », Elizabeth II ? Une star à sa manière ? Oui, sans l’ombre d’un doute, elle qui a fait la une de toutes les couvertures des magazines aux quatre coins du globe depuis plus de neuf décennies. Elle qui a su inspirer bon nombre de réalisateurs, de romanciers, de musiciens, de peintres, d’artistes. Elle qui fut un modèle de vertu et une boussole pour un peuple qui lui était voué corps et âme, même dans les moments les plus difficiles où la monarchie trembla plusieurs fois sur ses bases.

Elle qui avait aussi un « royal humour » so british, n’hésitant pas à s’auto-parodier aux côtés de Daniel CRAIG dans un court remake de James Bond à l’occasion de l’ouverture des Jeux Olympiques de Londres il y a dix ans !

Elle qui aura posé lors de son ultime jubilé, au printemps dernier, en compagnie de la mascotte anglaise, l’ours « Paddington » - une institution Outre-Manche ! – en disant face caméra en prenant le fameux « cup of tea » au-revoir (ou adieu ?) à la compagnie !  

Elle qui avait un faible pour les airs trépidants du groupe suédois ABBA et qui fit des BEATLES, des ROLLING STONES ou d’Elton JOHN – des machines à cash en devises pour le royaume – des pairs du pays en les anoblissant ! Mais, elle provoquait l’ire et la haine des punks et de leurs chefs de file comme les SEX PISTOLS avec leur version de « God save the Queen », un titre banni des ondes de la BBC…

 

L’épisode « Diana », un clou dans la chaussure…

 

Pourtant, la reine Elizabeth connut des périodes moins fastes. Ce fut le cas au mois d’août 1997, époque où disparut l’autre grande figure de la famille royale de ce Royaume désuni, retranché dans les palais de Buckingham et de Windsor : Diana SPENCER ! Celle par qui le « scandale » éclata avec un divorce à l’appui, condamnant à l’époque le prince Charles, désormais aujourd’hui Charles III, à vivre en paria et en responsable de la mort tragique de son ex-épouse, sous le pont de l’Alma, à Paris.

Ironie du sort, vingt-cinq ans après la disparition de celle qui fut la « reine » des cœurs pour toute une génération d’aficionados suivant les péripéties de la famille royale, Elizabeth II a rendu son dernier souffle à l’âge de 96 ans dans son château écossais de Balmoral. Loin des soubresauts de la ville, de façon paisible, en présence de ses enfants et petits-enfants tous réunis.

 

 

 

Un royaume entre tristesse et espérance…

 

Une onde de choc. Entre tristesse et espérance. Tristesse, parce ce que cette souveraine aura battu le record de longévité à la tête du royaume de Grande-Bretagne et de dirigeante du Commonwealth – une confédération de 56 états répartis sur les cinq continents, issus de la domination britannique du XVIIIème siècle – et que bon nombre d’entre nous n’étions pas encore nés que la fille de Georges VI exerçait déjà ses suprêmes fonctions dans le plus célèbre palais de l’Angleterre !

Soixante-dix-ans de pouvoir absolu pour ce monarque atypique (plus sept mois et quelques jours !) qui aura connu une dizaine de présidents français et une quinzaine de présidents américains ! Et toujours accompagnée de son fidèle (ce n’est pas si sûr selon les ragots de la presse people !) prince consort, Philip MOUNTBATTEN !

Espérance, parce que au-delà du deuil, long d’une douzaine de jours applicables à la perfide « Albion », l’avènement du prince Charles à la fonction royale soulève bien des envies parmi le peuple.

Un peuple bigarré, cosmopolite, pratiquant de multiples cultures et religions, devenu hostile à l’Europe et à ses mécanismes administratifs dont les lourdeurs en termes de fonctionnement interrogent, voire stigmatisent, sans pour autant rejeté l’atlantisme puisque incarnant les valeurs défensives de l’OTAN.

 

 

Un nouveau roi à l’empreinte écologique profonde…

 

Charles III ouvrira-t-il enfin les portes de la modernisation de cette monarchie séculaire parfois dépassée par les évènements ? Sera-t-il plus enclin à manifester ses sentiments à l’égard de ses sujets qui ont parfois critiqué l’attitude trop hautaine, distante et protocolaire de Sa Très Gracieuse Majesté qui appliquait à la perfection les codes enseignées jadis par ses doctes précepteurs ?

Sans doute, car à 73 ans, le roi Charles, affublé de sa femme aujourd’hui légitime – la très critiquée et peu populaire Camilla PARKER-BOWLES - a démontré par le passé qu’il était homme de conviction.

Ecologiste et grand défenseur dans l’âme des valeurs environnementales de la planète, s’opposant à toute exploitation du gaz de schiste que souhaiterait promouvoir l’ultra libérale Liz TRUSS, nouvelle pensionnaire du « 10 Downing Street » ! Entre c’est deux-là, cela promet dans les soupentes de la royauté, côté frictions.

Reste que les Français ont toujours apprécié la famille royale et ses vicissitudes, narrées avec régularité constante dans les tabloïds. Etrange pour un pays qui a osé trancher la tête de l’un de ses rois !

Ils seront sans doute des milliers à franchir le « Channel » pour assister aux funérailles de la reine disparue la semaine prochaine. Et à porter le deuil comme s’ils avaient perdu un proche parent.

Il est vrai qu’entre l’Angleterre et la France, c’est une très longue histoire d’amour et de passion qui dure depuis beaucoup plus longtemps que la Guerre de Cent ans ! Goodbye Her Majesty and long live the King !

 

Thierry BRET

 

 

 

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