C’est une équipe de rassemblement. Rajeunie et renouvelée, certes à 64 % mais également experte. Elle bénéficie de la présence de « poids lourds » du cénacle politique auxerrois, déjà très aguerris aux affaires. Ouverte tout en se teintant de modernisme, la liste conduite par Guy FEREZ se projette à la conquête d’un quatrième mandat successif pour l’édile d’Auxerre. Aujourd’hui, sans étiquette. Un pari qui était osé après avoir quitté le Parti socialiste. Libre de ses mouvements politiques, le maire-candidat ne regrette rien avant d’aborder sa (peut-être) ultime campagne électorale, avec le gain intérieur de davantage de sérénité…

AUXERRE : Placé sur le devant d’un demi-cercle qui accueille autour de lui l’ensemble de ses trente-huit colistiers, Guy FEREZ évoque les composantes de sa liste, baptisée « Un Nouvel équilibre pour Auxerre ». Tel un « sage » ayant pris de la hauteur vis-à-vis de la chose politique. Celle qu’il connaît et pratique pourtant depuis tant d’années.

Satisfait d’avoir pu enfin briser les chaînes qui le liaient à sa famille politique (PS) (« on se sent nettement mieux quand il n’y a plus d’attache officielle »), le président de l’Agglomération de l’Auxerrois et Conseiller régional se sentirait presque libre comme l’air. Un bien-être intérieur et communicateur qui lui fait pousser des ailes !

Car cette fois-ci, pour ce futur tour de piste qui se nomme les municipales, le personnage public qui pilote la destinée de la Ville depuis 2001 désire mettre toute la gomme. Et lâcher les gaz, en vérité, en s’appuyant sur une « Dream team » de luxe dont il a pris soin de composer durant plusieurs mois les arcanes, méthodiquement, avec sa garde prétorienne.

D’ailleurs, dès les premières minutes de son long monologue qui lui permet d’exposer dûment sa stratégie, Guy FEREZ ne parle pas de « projet de ville », mais plutôt de « vision de ville ». S’inscrivant ainsi dans la durée.

« Etre capable d’embrasser le long terme, c’est se donner la volonté de se projeter dans le temps et de relever les défis qui se présentent à nous…. ».

Dans l’intérêt des citoyens, il va s’en dire qui expriment de l’attente à ses dires.

 

 

 

Cinq axes prioritaires qui forment l’ossature du programme…

 

Le programme de « Nouvel équilibre », quant à lui, est d’ores et déjà arrêté. Même s’il n’a pas été dévoilé dans le moindre de ses détails (ce n’était pas encore ni le lieu ni le moment choisi), le candidat à sa propre succession en déflorera néanmoins les orientations stratégiques principales.

Ce projet construit en totale voie de convergence avec les diverses représentativités politiques de la liste (La République en Marche, MoDem, Parti radical, Agir La Droite constructive, Nouveau Centre, Parti socialiste, représentants de la société civile…) se décline en cinq axiomes majeurs.

Devant s’appuyer sur des politiques publiques fortes, ces thèmes concernent les aménagements de la ville et ses constructions (« bâtir, c’est mon dada », plaisante Guy FEREZ), le développement durable (« je préfère parler d’écologie urbaine »), la vitalité de la ville à travers le sport, les loisirs et la culture (édification d’une maison des associations), sûreté et solidarité et enfin, le renfort de la politique de santé.

« Je désire que la Ville soit l’amie des seniors, confie Guy FEREZ, cela nous renvoie également à un cahier des charges qui va optimiser à l’avenir l’accessibilité des personnes victimes de handicap en leur donnant l’accès aux activités… ».

D’ailleurs, s’il devait émettre un regret sur le bilan de son mandat actuel, c’est à l’instant !

« Nous avons pris de gros retards au niveau de l’enfance et de la petite enfance, concède-t-il, et ce n’est pas normal. Je vous annonce d’ores et déjà la construction d’une nouvelle école dans le quartier des Piedalloues… ».

Voilà un peu plus de grain moudre, côté projets ! Une deuxième graine tombera quelques minutes plus tard de la bouche du maire : « Le site du collège Bienvenu Martin, aujourd’hui en friche, va devenir un campus de l’enfance destiné à accueillir des centres loisirs, halte-garderie et crèche… ».

 

Un chef d’orchestre qui va distribuer les partitions…

 

Il faudra encore s’armer d’un peu de patience pour en savoir davantage sur le catalogue de préconisations concrètes et estimées financièrement que le maire sortant proposera aux électeurs.

Pour l’heure, Guy FEREZ, en chef d’orchestre qu’il est, n’a pas défini les rôles de chacun de ses « instrumentistes » munis de leur partition. Une chose apparaît comme une évidence : il mettra en face de chaque dossier celles et ceux de ses colistiers qui ont les compétences requises.

Quant à l’éclectisme politique de sa liste, il en explique le fondement sur le principe harmonieux du travail et de la capacité à gérer des projets collectivement. Sans le recours à des recettes miracles hypothétiques qui laisseraient la part au pur hasard.

Déjà en 2008 et 2014, Guy FEREZ avait fait appel à des partis progressifs (MoDem, Nouveau Centre…) pour former sa liste.

Aujourd’hui, l’homme aux multiples étiquettes (c’est lui qui l’affirme) ne semble nullement usé par l’activité politique.

« J’adore les différences, et conduire cette liste mosaïque de par sa coloration me va à ravir… ».

Comme aux premiers jours de sa longue carrière d’homme public, Guy FEREZ se lance dans ce nouveau challenge, avec envie et passion.

« Et surtout sans narcissisme, je pense d’ailleurs que je ne l’ai jamais été assez ! », conclut-il dans un dernier sourire…

 

 

Lamentables. Honteuses. Les explications fournies par le prêtre défroqué, Bernard PREYNAT, qui pratique l’art de la surenchère dans le prétoire à propos de ses actes de pédophilie créent un profond malaise pour les observateurs de notre société, dite bien-pensante.

Comment ce prélat, mis en examen pour des abus sexuels sur de jeunes scouts de sa paroisse lyonnaise dans les années 1990, a pu exercer sa mission au sein de l’Eglise catholique de France sans l’ombre d’une inquiétude alors que, visiblement au détour des témoignages à faire froid dans le dos, tout le monde savait ce qui se tramait parmi son entourage ?

Ce n’est, certes, pas le mystère de la Passion ! Mais, l’homme a forcément bénéficié de cette protection quasi séculaire qui prévaut dans cette sphère très hermétique du monde ecclésiastique. Une loi qui n’a rien de divine et qui se nomme tout bonnement l’omerta.

Ce silence pesant et pénible pour des milliers de victimes en France et de par le monde qui n’en peuvent plus aujourd’hui de souffrir dans leur corps et dans leur âme. Les digues se brisent ; les vannes s’ouvrent, et ce torrent de boues nauséabondes afflue sur le devant de la scène médiatique à grand renfort de pathos et de compassion.

L’ex-curé PREYNAT qui devient au fil des jours de ce procès l’emblème du mal incarné n’est malheureusement pas le seul de ces serviteurs de Dieu à s’être livré à la pire des tentations. Celui de la chair mais du mauvais côté de la lorgnette qui nécessite son lot de pénitences et de prières afin de conjurer ce fléau le soir venu, seul dans sa chambre.

 

L’intransigeance du pape contre les auteurs de ces crimes…

 

Le pape François a pris conscience depuis quelque temps des ravages pernicieux et pervers qui secouent les rangs de ses fidèles représentants aux quatre coins du globe. Il est le premier des souverains pontifes à prendre réellement ce dossier à la hauteur de son traitement, un dossier jusque-là tabou et impie, pour tenter de l’éradiquer de l’ordre religieux du catholicisme.

On ne peut que s’en féliciter et lui prodiguer des louanges. Car, il faut être fort mentalement et courageux pour essayer de bousculer les dogmes si bien établis dans cette caste complexe et impitoyable, adepte du silence et des secrets. Et de ses pratiques « occultes »…

Il aura fallu toute la persévérance des familles pour que, enfin, soit révélée à la surface du monde ces actes odieux qui ont brisé tant d’existences. Combien de meurtrissures intérieures, combien de maladies psychologiques et psychosomatiques qui sont se déclarées après de tels méfaits ?

Le pape François a fait de cette nouvelle année 2020 sa priorité pour exorciser ce cancer qui ronge l’Eglise depuis tant de siècles.

L’un des premiers puissants à choir de son piédestal aura été Mgr BARBARIN. Son Eminence cardinale ne pouvait ignorer les fautes commises par sa brebis galeuse dans ce diocèse de Lyon, pourtant l’un des berceaux historiques du catholicisme, en sa qualité de Primat des Gaules.

Condamné en mars 2019 à une peine d’emprisonnement d’une durée de six mois avec sursis, pour ne pas avoir dénoncé les crimes sexuels de plusieurs de ses prêtres, le cardinal de France n’aura d’autres choix que de porter connaissance à son illustre pontife sa démission.

Un geste de repentir suffisant pour engendrer le pardon de ces bourreaux ? Pas si sûr dans l’esprit des familles et des proches de ces petites victimes, réunies aujourd’hui dans un comité de défense, baptisé sobrement « La Parole perdue ».

Traduire devant ses juges l’ex-diocésain lyonnais correspond à une véritable souffrance vécue minute par minute et à chaque parole de leur bourreau par ces jeunes gens qui ont subi attouchements et gestes équivoques sur leur intimité.

Mais, pouvait-il en être autrement pour faire ressurgir à la surface la lie de notre société et ses secrets d’alcôves ?

Il est grand temps que l’Eglise fasse une purge drastique parmi ses disciplines qui ne respectent rien.  

Il semblerait que les dernières affaires en date aient ébranlé un peu plus le dôme de la basilique Saint-Pierre-de-Rome. Du haut de son Saint-Siège, le pape François n’absoudra pas les auteurs de ces crimes pour les fautes malveillantes qu’ils ont commis envers ces enfants.

La chasse aux sorcières dans les rangs du clergé ne fait que commencer assurément car désormais toutes ces personnes ayant eu à subir des maltraitances physiques et morales parlent.

En vérité, Dieu, seul, sera faire lors du Jugement dernier le tri entre le bon grain et l’ivraie…

Thierry BRET

 

Drôle de manière d’appréhender la nouvelle année. Au lieu de proposer les traditionnelles séances de vœux, coutumières également entre chefs d’Etat, avec candeur et bienveillance, les Etats-Unis et l’Iran ont choisi de se distinguer par missiles interposés !

Plongeant la planète Terre qui venait à peine de se remettre des fastes du sempiternel réveillon dans une profonde stupeur. Etions-nous au bord du gouffre qui nous menait tout droit à la déflagration d’un troisième conflit mondial majeur ?

Il ne s’en est donc fallu d’un rien, un cheveu peut-être, pour que 2020 démarre en apothéose, version musclée et militaire. Celles et ceux qui avaient la gueule de bois n’ont pas eu besoin d’aspirine pour se remettre la tête à l’endroit et dans le sens du vent.

A grands renforts de gesticulations médiatiques, le sémillant président américain aura multiplié les messages lapidaires sur Tweeter pour justifier la mise en scène de cette nouvelle poussée de fièvre entre les deux ennemis héréditaires.

Il est vrai que les relations entre les Etats-Unis et l’Iran sont loin d’être simples depuis 1979. Quarante ans d’invectives, d’insultes, de tensions, de chausse-trappes et de coups fourrés !

Prises d’otages, bombardements de milices sur des terrains de chasse appropriés, rupture de relations diplomatiques, gel des intérêts financiers, inscription sur la liste noire du terrorisme d’état… : il ne manque plus dans cette vaste panoplie de soubresauts permanents et chaotiques que l’affrontement direct qui n’ait été encore inscrit à l’ordre du jour de ces sympathiques réjouissances. Preuves de la bêtise humaine…

Les Etats-Unis, et surtout son président actuel, en rêve depuis le premier jour où il s’est assis dans son fauteuil du bureau ovale. Même si depuis, la tendance vers l’apaisement circonstancié (la paix des braves ?) semble avoir pris enfin le dessus. Pour combien de temps ?

L’Iran l’a craint beaucoup cette confrontation guerrière. On a beau posséder l’une des plus impressionnantes forces militaires du Moyen-Orient, après Israël (l’Etat hébreu possède l’arme nucléaire par rapport à son rival historique) ; qu’est-ce que cela représente réellement vu l’armada démesurée de la première puissance mondiale !

 

Personne n’a envie de se serrer la main dans ce feuilleton à répétition…

 

Alors, voilà. Comme des gamins qui se chamaillent dans une cour de récréation pour récupérer un vieux stylo bille usagé, de temps à autre, nos dirigeants aiment se provoquer et jouer à se faire peur.

C’est le cas de Donald TRUMP et du guide suprême de la Révolution, Ali KHOMENEI. Ils se détestent royalement, ces deux-là ! Mais, ils ont ce point commun propre à celles et ceux qui détiennent le pouvoir : ils veulent préserver leur avenir. Comment ? En pratiquant le jeu de la surenchère diplomatique qui possède toujours des retombées en matière de politique intérieure.

Comme il a aimé le faire avec son « grand ami de toujours » (mais seulement depuis plusieurs mois en vérité et encore !) le Nord-coréen KIM JONG-UN, le résident de la Maison Blanche entretient des rapports tendus avec ses interlocuteurs. Soufflant le chaud et le froid, selon la température ambiante.

S’il a voulu se rapprocher de pas mal de dirigeants, parfois peu recommandables du globe (Brésil), Donald TRUMP éprouve toujours une réticence viscérale à tendre la main à son homologue iranien. Il est vrai que ce dernier ne sort pas non plus les mains de ses poches pour lui rendre la politesse.

Lors de sa conférence de presse, accordée après la série d’explosions d’une douzaine de missiles en partance de Téhéran et qui n’auraient provoqué qu’un léger envol de poussière sur le sol irakien, Donald TRUMP a claironné haut et fort qu’il était prêt à faire la paix avec tous ceux qui le désiraient.

Balayant ainsi son image de milliardaire « bad boy » impétueux qui n’a que faire des conseils de ses proches collaborateurs.

Oui mais voilà : comment se réconcilier, même en façade le temps d’une série de clichés immortels, avec le pire de ses ennemis en sachant qu’une nouvelle palanquée de sanctions économiques vont s’abattre en rafale sur l’économie d’un pays déjà exsangue dans les prochaines semaines.

Complexe équation que les dirigeants de l’Iran ne peuvent décemment ni résoudre ni accepter sous peine de perdre la face vis-à-vis d’une population qui crie déjà aux abois contre la corruption.

Peut-être aurait-il fallu que Donald TRUMP esquisse un geste, même symbolique, pour montrer sa bonne foi envers Téhéran ? Ou du moins qu’il lâche quelques miettes d’un saupoudrage substantiel, toujours bonnes à prendre en période de disette.

Si paix, il devait y avoir entre ces deux états qui pourraient être responsables dans le cas de dégâts collatéraux d’une catastrophe aérienne sans précédent après la destruction du Boeing 737 ukrainien survenue à l’aéroport de Téhéran, elle ne se ferait que de manière unilatérale et aux conditions drastiques émises par l’Aigle américain.

Autant dire qu’il risque d’y avoir encore de la friture dans les relations tendues entre ces deux nations qui aiment se faire peur. Et nous inquiéter…

Thierry BRET       

 

Le président du Conseil départemental de l’Yonne a souhaité remettre les points sur les « i » publiquement en sermonnant un certain nombre de journalistes présents à une conférence de presse. L’objet de son courroux : la persistance d’informations mensongères qui circulent à l’heure actuelle sur les réseaux sociaux…

AUXERRE : La colère. Profonde, intérieure, sourde mais encore contenue. De celle qui oblige cependant à faire part de certaines vérités. Sans concession. Avant même que ne débute un rendez-vous programmé avec les représentants de la presse. Ce n’est pas dans les habitudes coutumières du responsable de l’exécutif départemental que de s’affranchir de la procédure protocolaire liée à cet exercice. Mais, là, Patrick GENDRAUD aura dérogé à la règle.

Personnalité affable, d’ordinaire bienveillante avec les journalistes, de précieux relais d’opinion avec lesquels il entretient des relations orientées plutôt vers le beau fixe, Patrick GENDRAUD a choisi une posture différente. En montrant les crocs.

Il semble bien que cette fois-ci l’ancien maire de Chablis ait eu un peu plus de mal à digérer toute une série d’allégations qui circule à son endroit sur certains blogs de la sphère numérique. Ces fameux réseaux sociaux qui bruissent de mille rumeurs et autant d’arguties sans que les faits affichés soient par ailleurs vérifiés.

« On peut accepter la polémique dans notre quotidien : cela fait partie de la règle du jeu lorsque l’on évolue dans les milieux politiques et médiatiques, devait préciser un brin contrarié le président du Département, mais en aucun cas, on ne doit subir et propager ce que j’appelle de la diffamation et de la suspicion gratuites… ».

 

Un agacement qui se transforme en colère noire…

 

Le ton change. Le courroux se formalise dans le timbre de voix du responsable politique qui sort de sa coutumière réserve. D’ailleurs, Patrick GENDRAUD n’en dira pas plus sur les faits précis qui l’ont fait sortir de ses gonds.

Affecté, l’orateur n’apprécie pas, mais alors pas du tout, ce qui se répand à l’heure actuelle sur la toile par messages ciblés au cyanure.

La mise au point sera de courte durée. Les trois journalistes présents parmi l’assistance, et conviés à annoncer le lancement de la souscription publique en faveur de la réhabilitation du château de MAULNES, prendront bonne note de la teneur de la critique. En sont-ils d’ailleurs les réels destinataires ? Pas si sûr !

La réaction à chaud du responsable de l’exécutif icaunais aura surpris. Y compris celles des personnalités de son sérail et de sa garde rapprochée qui assistaient à cet évènement. L’orage terminé, les choses ont pu reprendre leurs cours de manière naturelle.

L’épisode, à classer parmi les anecdotes de ces petites choses qui composent notre existence, prouve que les hommes politiques ne sont pas insensibles à ce que l’on peut écrire sur eux. Et qu’il est donc impérieux de ne relater que la vérité…

 

Dans le genre, gag de l’année (celle qui vient de s’écouler), la palme de l’irrésistible camouflet revient immanquablement à Carlos GHOSN ! Il aura fallu attendre les ultimes heures du 31 décembre 2019 pour connaître un nouvel épisode de l’interminable feuilleton juridique mettant en scène l’ancien PDG du fusionnel groupe automobile, RENAULT/NISSAN

Et cette fois-ci, l’emblématique homme d’affaires a su tirer enfin les marrons du feu en sa faveur. La nouvelle aura fait le tour de la planète en très peu de temps avec son lot de questionnements incrédules. Carlos GHOSN s’est libéré du joug qui lui était imposé depuis des mois par l’un des systèmes carcéraux les plus autoritaires de la planète : celui du Japon afin de trouver refuge au…Liban !

La poudre d’escampette en guise de cadeau de Noël ou d’étrennes de nouvelle année : l’ex-président-directeur-général de la puissante firme automobile ne pouvait rêver mieux !

Une fois le soufflé retombé, on est en droit néanmoins de se poser quelques interrogations sur la manière dont s’est réalisée cette fuite en avant ; celle d’un homme pris dans la nasse de la justice nippone réputée si intransigeante.

Bien sûr, Carlos GHOSN vivait en résidence surveillée et non pas dans l’une des geôles poussiéreuses d’une quelconque maison d’arrêt de Tokyo. Bien sûr, ce n’était pas un quidam obscur qui était dans l’attente d’un rendu de justice pour espérer sortir de ce purgatoire dans lequel il s’était fourré de manière bien involontaire et contre son gré.

Même si sa détention en surveillance remontait déjà à plusieurs mois dans cet appartement confortable et cossu de la mégalopole asiatique, Carlos GHOSN jouissait d’une relative semi-liberté, rejoint par son épouse qui, et on ne pourra jamais la blâmer, représentait un point d’ancrage capital pouvant l’amener à l’espérance.

Lui qui s’est toujours élevé contre ce procès en mauvaise intention qui lui était réservé et ourdi par on ne sait quel obscur consortium politico-industriel a enfin pris sa revanche sur la destinée qui se traçait devant lui ; et avec quel éclat !

 

Un émule d’Arsène LUPIN dans l’art de la carambouille…

 

Au nez et à la barbe de ses surveillants qui aujourd’hui doivent passer de mauvais quarts d’heure face à leurs inquisiteurs qui aimeraient connaître toutes les ficelles de cette évasion, qui aurait plu à l’imaginaire débridé de Maurice LEBLANC, le père d’Arsène LUPIN !

Comment un personnage aussi important que le patron franco-libanais a-t-il pu s’extraire avec une telle aisance de cette funeste situation et prendre un chemin de traverse pour quitter par les airs l’Empire du Soleil Levant ?

Privé de passeport, n’ayant droit à aucune visite officielle si ce n’est celle de son épouse, Carlos GHOSN tel un James BOND des temps modernes s’est donc retrouvé propulsé à des milliers de kilomètres de son lieu d’emprisonnement originel pour échouer à Beyrouth ? Et tout cela sans que les Japonais n’y voient quoi que ce soit ce départ à la sauvette !

Le PDG de RENAULT/NISSAN serait-il devenu un digne hériter de la célèbre tribu de sorciers de Poudlard ?! Se déplaçant dans les airs, muni de son « balais à turbo propulsion » !

Mais, n’est pas Harry POTTER qui veut ! Plus sérieusement, dire que des complicités sont venues gangréner le système pénitentiaire du Japon apparait déjà comme des faits avérés, c’est certain.

Dans les jours prochains, on devrait sans doute en savoir davantage sur les péripéties cocasses qui ont amené le PDG déchu à se sauver dare-dare de l’archipel nippon. Une chose est sûre : le vers était dans le fruit.

Et la rocambolesque évasion de Carlos GHOSN devait se fomenter avec beaucoup de minutie dans l’entourage proche de l’ex-homme d’affaires.

Le Liban s’est réveillé avec la stupéfaction d’avoir vécu un drôle de rêve le jour de l’An. Alors que le pays vit une crise sans précédent contre les élites qui sont accusées chaque jour de développer et entretenir la corruption dans leur sillage, la venue inopinée de l’enfant prodige de retour au bercail (Carlos GHOSN possède aussi un passeport libanais dans sa valise) provoque, on s’en doute, un malaise qui va crescendo depuis quarante-huit heures après ce tour de passe-passe.

Le peuple qui manifeste dans les rues au quotidien voit l’accueil du fugitif comme une antépénultième preuve de cette corruption qui s’affiche au grand jour et à tous les étages de la vie publique et politique.

 

Le Liban dans l’embarras, le Japon se fait hara-kiri…

 

Certes, le Liban n’extrade jamais ses ressortissants vers les autres pays. Mais, peut-être que le nouveau fait d’armes du toujours puissant ex-patron de la régie française pourrait inciter certaine frange de la population à encourager ce dispositif.

La France, autre pays d’origine du personnage encombrant qui a la chance de posséder toujours une carte dans son jeu, s’est déjà prononcée en assurant que s’il revenait à Paris, Carlos GHOSN ne serait pas renvoyé vers Tokyo. Des mots qui ont déjà provoqué l’ire de l’ambassadeur nippon en France.  

Quant à INTERPOL, le service international de la police, il a déjà fait connaître sa requête auprès des autorités libanaises pour que l’industriel de l’automobile leur soit livré illico. En vue d’un retour à la case départ sans pour autant toucher les 200 euros coutumiers du Monopoly ! Une démarche, faite sans doute en pure perte…

2020 démarre donc sur les chapeaux de roue avec cette actualité affriolante qui nous est servie par un as de la voiture hybride et électrique ! Prouvant ainsi toute la faiblesse et la naïveté d’un système carcéral, même très redouté vu de l’extérieur qui n’a plus que ses yeux pour pleurer et se faire hara-kiri !

Démontrant aussi que dans les affaires judiciaires, quelles qu'elles soient à l’échelle de la planète, il vaut mieux être riche et puissant que pauvre et situé au plus bas niveau de l’échelle pour pouvoir prétendre s’en sortir ! Encore du grain à moudre pour les Gilets jaunes s’ils étaient en manque d’arguments contestataires !

L’avenir nous dira ce qu’il est bon de faire dans pareille situation. Dans sa cellule de la Santé, peut-être que l’un des détenus attend son départ précipité vers les rivages de la Méditerranée en lieu et place d’un retour à la mairie de Levallois-Perret ! Serait-ce la grande résolution de Patrick BALKANY en cette décennie nouvelle ?

Thierry BRET

 

 

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