A vos lucarnes cathodiques ce jeudi soir à partir de 21 heures sur l’une des chaînes de France Télévisions, France 2. Objectif : y regarder le magazine d’investigations animé par la journaliste Elise LUCET, « Envoyé Spécial ». C’est dans l’une des villes les plus orientales de l’Yonne, meurtrie d’avoir perdu sa superbe industrielle que le média national a choisi de poser ses jalons. Surtout que le rebond économique est dans l’air…

 

TONNERRE : On arrête de dîner ou de faire la vaisselle, de s’occuper de ses animaux domestiques, sa progéniture ou de préparer son pitch pour la réunion de demain. Et on se plante sans faute devant l’écran de la télévision du salon ou sur celui de l’ordinateur à partir de 21 heures ce jeudi soir !

Ne pas en perdre une miette, en vérité ! Car, l’évènement est assez rarissime pour que l’on s’y intéresse de près. La fameuse émission « Envoyé Spécial » qui pratique le journalisme d’investigation avec ses lettres de noblesse consacrera l’un de ses reportages à la situation économique de…Tonnerre.

Eh oui, vous avez bien lu ! Alors, oublions tous les préjugés inhérents à cette agglomération qui possède du potentiel et dont le tissu industriel a fondu comme neige au soleil après l’effondrement de l’usine de magnétoscopes THOMSON en 2004.

Présente ce lundi 27 avril au plus près du terrain, Elise LUCET a pris soin de s’immerger auprès de celles et de ceux qui entreprennent et veulent porter haut et clair des projets pérennes. Une visite chez CREASUP, au magasin TISSLAINE, avant de profiter d’un radieux soleil au bord de la fosse Dionne.

Histoire de s’apercevoir que la ville qui donna naissance au chevalier d’Eon a décidé de reprendre sa destinée en main en étant dépositaire de réelles ambitions pour l’avenir.

Une histoire qui va être narrée par la journaliste et qui ne se résume plus au chômage, à la précarité, et aux petits commerces en apnée entre deux eaux.

 

 

En savoir plus :

Magazine « Envoyé Spécial »

A voir sur France 2 ce jeudi 28 avril à 21h10.

 

Thierry BRET

 

Il est utopique de croire qu’il suffirait de traverser la rue de manière machinale pour dénicher le job de ses rêves ! Loin de la métaphore médiatique, usitée en son temps par la présidence de la République, ce serait donc illusoire de penser cela, au premier degré.

Même si l’embellie observée depuis plusieurs mois sur le volet de l’employabilité s’avère exacte, tout n’est pas aussi simple que cela dans l’Hexagone. A commencer par le recrutement, lui-même, qui représente un cap liminaire essentiel pour tenter d’accroître les effectifs dans les entreprises en s’appuyant sur de réelles compétences.

Du travail, il y en a en France. Presque à la pelle. Ce n’est un secret de Polichinelle pour personne. D’ailleurs, les premiers à le rappeler avec moult campagnes de communication et d’animations sur le terrain sont les collaborateurs de Pôle Emploi, l’opérateur public de référence en la matière.

La dernière enquête fournie par ses soins se rapportant aux « besoins en main d’œuvre » des entreprises de notre territoire le stipule, chiffres et analyses à l’appui. Les intentions d’embauche sont en forte augmentation aux quatre coins du pays, et la région de prédilection qui nous est chère, cette Bourgogne Franche-Comté qui demeure l’une des contrées les plus industrielles de France, ne l’oublions pas, ne s’exonère pas de ses perspectives très encourageantes.

L’argument, celui de la réduction du chômage, aura été l’une des énièmes sources de contradiction lors du récent débat de l’entre-deux tour entre les ultimes prétendants à la chaire de l’Elysée. L’une arguant que jamais le chômage n’avait atteint de tels sommets de progression dans notre pays ; l’autre se satisfaisant de la baisse considérable de celui-ci et de sa parfaite maîtrise, promettant le retour au plein emploi en cas de réélection.

Or, si l’on se fie aux commentaires avisés du BIT (Bureau International du Travail), organisme d’évaluations statistiques faisant foi dans le giron des spécialistes de la sociologie, les derniers indicateurs en notre possession illustrent bien la courbe descendante du chômage en France constatée au quatrième trimestre 2021, plaçant le taux à 7,4 % en France.

 

 

Plus de 105 000 projets d’embauche sur la seule région Bourgogne Franche-Comté…

 

Bref, du quasi jamais vu dans le pays de Molière depuis plus de quatre décennies et un réel motif d’espérance pour tous ces jeunes, sortis du milieu scolaire de s’intégrer plus facilement dans la vie active. Ce qui est loin d’être une mince affaire, convenons-en !

Primo, la crise sanitaire et sa progressive éradication pourraient bientôt n’être plus qu’un lointain souvenir parmi les consciences.

Deux années après le début de la pandémie, qui aura vu éclore un véritable tsunami dans l’approche professionnelle de nos concitoyens avec le développement du télétravail, un changement de mentalité évident quant au poids de la valeur travail dans notre société, et la perte par milliers de postes qui se sont évaporés dans la nature – 144 000 suppressions d’emploi pour la seule filière de l’hôtellerie-restauration -, il est logique de remonter à la surface. Tel un nageur ayant touché le fond de la piscine.

 

 

Secundo, des pans entiers de l’activité économique (le tourisme, la culture, les loisirs, les métiers de bouche, les services…) renaissent de leurs cendres comme un Phénix qui se serait brûlé les ailes.

Un exemple concret qui justifierait cet élan d’optimisme ? Les chiffres publiés par cette enquête émanant de Pôle Emploi. Interrogées au terme de l’année 2021, les entreprises de Bourgogne Franche-Comté et de l’Yonne font montre d’un réel optimisme avec plus de 105 000 projets d’embauche qui sont annoncés en 2022. Soit un regain de + 11,8 % par rapport à l’année antérieure.

Et, naturellement, ce sont les acteurs économiques qui évoluent sur les secteurs des services qui sont les plus recruteurs en ce début d’année, avec 50 % des embauches annoncées, ne serait-ce que pour le seul territoire de l’Yonne, versus 53 % en Bourgogne Franche-Comté.

 

 

Des postes à pouvoir en pagaille mais pas de candidats à mettre en face…

 

On nagerait presque dans le bonheur, à la lecture de ces éléments analytiques, précis et complets sur les réelles intentions d’embauche des entrepreneurs de la région. Aux services, il est judicieux d’y adjoindre les fonctions liées à la vente, au tourisme, mais aussi les métiers des filières de l’agriculture, de l’industrie, voire les postes à pourvoir dans les secteurs du social et du médico-social. Un ersatz de plein emploi évoqué par cette feuille de route ?

Oui mais, aussi paradoxal que cela puisse paraître à l’énoncé du problème, il y a un sérieux hic ! Comme toute médaille qui possède son revers, les louables intentions d’embauche en cascade programmées sur 2022 révèlent aussi que les failles dans le recrutement sont profondes et inquiètent les chefs d’entreprise. 60 % de ces patrons sondés pour les besoins de ce panel jugent délicats, pour ne pas dire plus, ces actes de recrutement. Un comble alors qu’il n’y a jamais eu autant de jobs à pourvoir en France et des aides qui sont distribuées par l’Etat via les plans de relance et à la formation. Ne parlons pas du million de postes à décrocher dès à présent dans l’industrie et dans la filière de l’agriculture !

Question qui nous turlupine donc l’esprit : mais où sont passés les postulants à toutes ces offres qui s’accumulent chez Pôle Emploi ?

 

 

Justement, le spécialiste du marché de l’emploi en France ne reste pas les deux pieds dans le même sabot. Loin s’en faut !

Si le site national de l’opérateur (www.pole-emploi.fr) accueille plus de 42 millions de visites par mois, si les 900 agences de proximité en France reçoivent les personnes en quête du Graal, il est bon de rappeler que différents outils existent pour accompagner les entreprises dans leurs projets de recrutement. Les actions de formation préparatoires à l’emploi s’additionnent aux opérations spécifiques, à l’instar de « Tous Mobilisés » qui se déclinent chaque semaine dans les agences afin de promouvoir des métiers et leurs formations en présence des employeurs. Dernier concept judicieux, en date : l’immersion du demandeur d’emploi au sein d’une entreprise pour lui faire découvrir un métier ou valider un projet professionnel.

Alors, où se situe vraiment le problème de cette pénurie de recrutements, hormis celui de l’employabilité des seniors (selon les codes de l’INSEE dès l’âge de 45 ans en France) rejetée de manière quasi systématique par les entrepreneurs pour d’autres raisons que celles de la qualification et du manque d’expérience ?

La France de 2022, au sortir de la crise sanitaire, aurait-elle déplacé la valeur travail vers les oubliettes de l’existence ? Pour ne rendre vertueux que les principes de l’oisiveté ?!

 

Thierry BRET

 

 

 

Prévisible depuis cinq ans, le scénario révélé au soir du premier tour de scrutin de la présidentielle n’est donc pas une surprise en soi. Tous les pronostiqueurs s’accordaient à penser depuis plusieurs mois que les résultats issus des urnes le 10 avril traduiraient forcément une opposition nette entre cette France au double visage qui prévaut en ce début de vingt-et-unième siècle, les souverainistes du Rassemblement National, ardents défenseurs du patriotisme hexagonal et de la sécurité renforcée d’un côté face aux partisans de la modération, du libéralisme et de l’unité européenne de l’autre incarnés par La République en Marche.

Une France que tout oppose dans les faits et que le futur Président de la République se devra de réconcilier vaille que vaille et dans un souci unificateur dès le 25 avril au matin. Ce sera son chantier initial. Un labeur dur de surcroît et loin d’être facile à  réaliser compte tenu des écarts abyssaux qui existent au niveau idéologique entre ces diverses strates de la population française.

 

 

Un match retour nettement plus serré qu’en 2017…

 

Dans les faits, cette confrontation du deuxième tour présente une affiche qui nous est déjà connue. Celle de 2017 où Marine LE PEN et Emmanuel MACRON s’étaient déjà affrontés à grands coups d’arguments contradictoires pour gagner la suprématie des suffrages. Avec à son épicentre, le fameux débat télévisé où Marine LE PEN commit des impairs, qualifiés de « débutante » en matière de communication et de gestuelles, qui lui furent fatals quelques jours plus tard dans les bureaux de vote.

On se souvient du score de cette première manche qui tourna en faveur radicale de l’actuel locataire de l’Elysée : 66,10 % contre 33,90 % !

Une évidence qui n’est un secret de Polichinelle pour personne : il n’en sera pas de même pour le match retour survenant un quinquennat plus tard. Les informations délivrées par les instituts de sondage qui tâtent au quotidien le pouls du terrain (bien que de nombreux Français n’aient jamais été intégrés dans le moindre panel interrogatif ne serait-ce qu’une fois dans leur existence !) tendent vers ce resserrement inexorable et ténu devant offrir le résultat final, aujourd’hui indécis selon les marges d’erreur de ces fameux sondages. Même dans le cas d’une abstention record de la jeune génération et des déçus de la politique qui s’envolerait vers des pics immémoriaux !

 

 

Une affiche que ne voulait pas bon nombre de Français…

 

En cela, force est de constater que les promesses faites par le candidat de l’époque 2017, soit Emmanuel MACRON, de réduire à la portion congrue les formations de l’extrême de l’espace hexagonal se sont montrées totalement infructueuses.

Pire : les fractures sociales, technologiques, sécuritaires et celles du pouvoir d’achat, galvanisant aujourd’hui les esprits souverainistes des partis à la gauche de la gauche (LFI, Lutte Ouvrière, NPA) et à la droite de la droite (Rassemblement National, Debout la France, Reconquête !), se sont lourdement accentuées.

Provoquant des ondes de choc profondes dans notre société qui sont venues happer les illusions de plus d’un de nos concitoyens au cours de cette dernière mandature.

Un constat sociétal qui a finalement débouché sur la confrontation qui se présente à nous le 24 avril que d’aucun espérait avec un esprit revanchard, que d’autres souhaitaient en imaginant bénéficier du sacro-saint « front républicain » (celui-ci se met petit à petit en place entre les deux tours avec son lot d’incertitudes du côté du report des voix des Républicains ou de La France Insoumise en faveur de l’actuel Président de la République) mais que beaucoup de nos compatriotes ne voulaient pas revivre, au bout du compte. Peut-être par dépit après par rapport à leurs propres analyses du bilan écoulé. Sans doute par envie de voir s’opposer, aussi, dans un souci de « dégagisme », d’autres visages de la politique nationale plus prompts à répondre à leurs aspirations quotidiennes.

 

 

Un verdict où l’abstention et les votes blancs pèseront dans la balance…

 

Aussi, ne devra-t-on pas être surpris de voir s’envoler le nombre de bulletins blancs dans les urnes, au soir de la journée dominicale prochaine si chère aux yeux des suiveurs de la vie politique française et des éditorialistes des chaînes en boucle qui ont de quoi se rassasier durant l’ultime semaine de campagne !

A l’instar des partisans de Jean-Luc MELENCHON (il aura loupé le coche de fort peu pour ne pas créer l’énorme surprise de cette élection), dont 37,65 % d’entre eux ont pris la décision après l’organisation d’une consultation officielle à la demande de leur leader charismatique de déposer un bulletin vierge de tout patronyme le 24 avril. Et encore, pourrait-on souffler en ironisant : ceux-là au moins iront quand même dans les isoloirs ! Ce qui ne sera peut-être pas le cas de tous, si le soleil est au-rendez- vous !

  

Thierry BRET

 

Le « Ségur de la Santé » est-il devenu la montagne qui a accouché d’une minuscule petite souris ? Ou la confirmation, une fois de plus, que rien n’évolue jamais dans le bon sens en ce bas monde !

Pourtant, en amont de l’initiative gouvernementale, tout semblait paver d’excellentes intentions. Reconsidérer, en les valorisant à juste titre, les personnels de la filière sanitaire mobilisés sur le pont de la lutte contre la pandémie durant près de vingt-quatre mois ne pouvait être que louable et très sympathique sur le papier. Surtout que cette reconsidération était synonyme de coups de pouce légitimes sur les salaires.

Oui, mais, à l’annonce du rendu de la copie définitive, l’effet de la douche écossaise éclaboussa celles et ceux de ces professionnels qui espéraient enfin bénéficier d’un petit quelque chose. Ce pécule supplémentaire, se présentant sous la forme d’une prime à hauteur de 183 euros, que certains allaient toucher, à défaut de tous les autres. Les honnis du système, les oubliés de la feuille de route ministérielle, sic !

 

 

La blessure dans l’amour propre des salariés et cadres du secteur est profonde…

 

Celles et ceux qui n’ont pu intégrer les cases de la bonne conscience gouvernementale, sous prétexte qu’ils n’étaient pas concernés par ladite mesure. Drôle de manière de faire valoir les droits à l’équité !

Partant d’un sentiment largement consensuel et partagé par beaucoup en amont, le gouvernement a donc trouvé le moyen de créer de la division, des doutes et des atermoiements, là où il ne devait pas y en avoir, auprès d’une frange de professionnels, notamment ceux qui évoluent sur le registre du pur médico-social et non pas de la santé, au sens étymologique du terme.

Un curieux sens disruptif de l’appréciation sémantique, en vérité, alors que la COVID lorsqu’elle s’est abattue sans crier gare sur telle ou telle personne en France lors de ses pics pandémiques successifs ne faisait pas le distinguo en matière d’interventions sanitaires d’urgence !

Alors, pourquoi cette nouvelle discorde au sein de ce corporatisme, largement éprouvé par deux années de délicates circonstances ? La revalorisation salariale et la reconnaissance pour l’ensemble des professionnels du secteur social et médico-social auraient dû estomper les nombreuses craintes de ces milliers de salariés et cadres de ce secteur du médico-social qui se sentent désormais délaissés. Voire blessés dans leur amour propre.

 

 

Des collectifs se créent pour mieux se faire entendre et crier à l’injustice…

 

Auxiliaires de soins, éducateurs spécialisés, assistantes de direction, personnels administratifs, etc…autant de « rebus » de ce dispositif sociétal novateur sur le papier qui ne leur accordera in fine aucun droits et avantages supplémentaire. Pas même la moindre considération puisque ces personnes sont devenues les invisibles, voire les parias, du système. Les « NEETS » selon le sabir officiel et angliciste de l’INSEE qui catalogue ainsi les exclus du quotidien.

Dès lors, partout en France, se sont organisés à l’appel de ces personnes injustement laissées pour compte sur le bord du chemin des collectifs. Des structures non formelles pour mieux faire entendre leur voix qui regroupent toutes les composantes lésées par ce dispositif anti-fédérateur.

On y retrouve des présidents et directeurs généraux d’associations gestionnaires de centres médico-sociaux agissant sur l’Hexagone ; on y voit converger les professionnels de la filière eux-mêmes ; on y entend aussi les familles de ces enfants victimes de handicaps et de traumatismes, quand ce ne sont pas les personnes handicapées qui s’expriment elles-mêmes sur le sujet !

 

 

Une injustice qui se transforme en schisme entre les corporations…

 

Tous, en appellent à la justice sociale, à la reconnaissance de ces métiers indispensables à l’accompagnement de ces milliers d’enfants, adolescents et adultes ne pouvant se mouvoir ou raisonner seuls dans notre environnement si impitoyable pour les invalides.

Des collectifs qui éclosent çà et là pour pointer du doigt le mal-être des soignants, des aides-soignants, des personnels administratifs, des accompagnants.

Mal-être de l’existence ordinaire devant des conditions de travail de plus en plus précaires et complexes à appréhender, mais aussi mal-être face à la crise des vocations et des recrutements. Qui s’en étonnerait d’ailleurs puisque les métiers de ces filières (le secteur du social et du médico-social) sont payés aux dires de leurs acteurs investis de cette noble mission sociétale à coup de lance-pierre depuis tant d’années !

Bref, au lieu de jouer la carte de l’apaisement, le gouvernement a choisi de créer un schisme, une scission inutile qui n’avait pas lieu d’être dans ce monde si polyvalent et complémentaire de la santé et de son accompagnement en France.

Une différenciation incompréhensible entre le milieu du pur sanitaire, qui percevra bel et bien les accessits de ce Ségur et les autres, les « invisibles » du médico-social, rejetés aux calendes grecques de l’oubli.

Un triste constat qui dès lors mobilisent ces collectifs partout dans le pays autour d’une seule et unique réponse au niveau de l’engagement étatique : que ce dernier revoit sa feuille de route stratégique en assurant l’extension des propositions du Ségur à tous les métiers du secteur social et médico-social, sans aucune distinction.

Une étape obligatoire et nécessaire se rapportant à la revalorisation de ces professionnels qui exercent quotidiennement leur précieux savoir-faire dans l’ombre, au service des personnes vulnérables. Celles qui n’ont jamais voix au chapitre ou presque en ce jour d’élection…

 

Thierry BRET

 

 

Alep, Grozny, Marioupol…Une sinistre trilogie de villes défigurées pour toujours au dénominateur commun : la Russie. Où pour l’éternité, rien ne sera jamais plus comme avant. Pilonnages intensifs, destructions massives, réduction en poussières de milliers de bâtisses et d’immeubles, tueries de civils innocents qui ne demandaient rien à personne. Leurs seuls torts : être nés au mauvais endroit. Et surtout au mauvais moment, comme dans la chanson de CALOGERO…

Depuis le début de cette guerre impitoyable et impensable en 2022, à deux heures d’avion de l’Hexagone (ne l’oublions jamais !), cette cité portuaire bordant la mer d’Azov, et ô combien stratégique pour diverses raisons, subit les assauts incessants d’une artillerie russe, meurtrière, aveugle et sourde à toutes les suppliques.

Des missiles tombent du ciel indistinctement sur tous les lieux de vie, les écoles, les hôpitaux, les commerces, les usines, les musées, les théâtres…

 

Le théâtre de Marioupol est devenu un mausolée…

 

Celui de Marioupol, telle une gigantesque poupée de son éventrée, est coupé en deux, plaie béante et symbole éternel de cette ville martyre, désormais réduite à un tas de cendres et de gravats fumants. Du site privilégié pour accueillir les arts et la culture, il ne reste rien. Cet endroit s’est mué en un funeste mausolée, renfermant trois cents cadavres qui y gisent encore.

Des femmes et des enfants. Des vieillards et des malades. Des hommes valides leur apportant leur soutien et protection. Tous unis, aujourd’hui, dans la mort. L’au-delà comme seul salut...

Les efforts des Occidentaux pour les sortir de cette ornière fatale auront été vains. Leur bourreau ? L’inflexible dirigeant du Kremlin aura balayé du revers de la main la moindre exigence humaniste pour permettre la mise en place de corridors afin d’en extraire la population vers des cieux plus cléments.

 

 

A chaque demande faite, davantage de bombardements en guise de réponses pour exterminer la plus petite trace de vie. A chaque requête sollicitée, des scènes atroces diligentées par ces mercenaires venus des confins du Caucase, de la Tchétchénie, de l’Ossétie, voire de Syrie et même de Centrafrique ! Le nouvel ordre mondial revue et corrigée à la sauce russe, est acide et épicée, impérialiste et barbare. A proscrire coûte que coûte !

Malheureusement, ce qui se passe au sud de l’Ukraine, se multiplie par ailleurs. Le retrait des troupes russes, sorte de repli stratégique vers le Donbass pour mieux se focaliser sur l’est du territoire, permet d’observer d’autres méfaits de ces « bouchers » d’un autre temps.

 

 

Des charniers où des civils ont été délibérément massacrés…

 

En ce jour dominical, où nous autres Français se préparons à entamer l’ultime ligne de droite menant au premier tour du scrutin de la présidentielle, synonyme d’expression populaire et de liberté puisque incarnée par le bulletin de vote à déposer dans une simple urne, ce sont des nombreux charniers, pullulants de cadavres de pauvres victimes, qui ont été mis à jour.

A Boutcha, près de Kiev, où une fosse commune a reçu les dépouilles de trois cents personnes exécutées (sans doute froidement) par leurs tortionnaires, avant de prendre le large. Un Oradour-sur-Glane à l’ukrainienne ?

Dans une autre localité dite « libérée » de ces envahisseurs russes, une quinzaine de victimes jonchent le sol, abattus dans la rue, les mains dans le dos, entravées avec des cordes. Des exécutions, sommaires, pures et simples. Comme à Alep, comme à Grozny.

Ces actes de vile cruauté nous ramènent à des souvenirs de lecture, de films, d’images, de témoignages, de commémorations patriotiques.

Du temps de la Seconde Guerre mondiale qui a ravagé l’Europe avec ses vieux démons nationalistes et impérialistes. Ceux que vient de ressusciter en tout état de cause et depuis un mois Vladimir POUTINE en grand « conquérant » du nouvel ordre mondial !

Une enquête pour crimes de guerre est d’ores et déjà dans les tuyaux.

 

 

Traduire les auteurs de ces actes auprès des cours de justice internationale…

 

L’Union européenne et les Nations Unies ainsi que plusieurs ONG dont la Croix-Rouge Internationale qui a vu plusieurs de ses bâtiments fracassés par les obus russes à Marioupol ont décidé de rassembler les preuves nécessaires en vue de poursuivre devant les cours de justice internationales les auteurs de ces crimes contre l’humanité.

Le hic est le suivant : elles ne sont reconnues que par une petite quarantaine de pays dans le monde !

Autant dire une goutte d’eau infime diluée dans un océan d’hypocrisie et de laxisme. Mais, qui sait. Peut-être que l’opposition russe (elle existe y compris dans l’armée et se manifeste par bon nombre d’intellectuels et de représentants culturels issus de la diaspora) aura peut-être raison un jour ou l’autre de ce pouvoir tyrannique qui sévit à Moscou. Et bride les pensées.  

Le passé, on le sait, nous l’a toujours démontré : les dictateurs profitent très rarement des jours heureux de la vieillesse au fond de leur lit…

 

Thierry BRET

 

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