Cinquante-huit. C’est le nombre d’agents de l’Education nationale qui n’auront pas eu la chance de pouvoir survivre à la saison scolaire 2018/2019. Dépourvues de solutions, se sentant abandonnées dans l’exercice de leur métier, ces personnes issues du corps enseignant n’ont pas hésité à se donner la mort en de tragiques circonstances face à l’inextricable.

Le chiffre, publié pour la première fois, dès la semaine dernière, par le ministère de l’Education nationale, fait froid dans le dos. Et traduit une situation devenue de plus en plus explosive dans les écoles, collèges et lycées de l’Hexagone.

Jusque-là, on entendait tout et son contraire sur le taux de suicides survenant dans la sphère de ces professionnels de l’enseignement. Mais, avec la révélation de cette statistique officielle, le doute n’est plus permis quant à l’état délétère qui prévaut à l’heure actuelle au sein de notre système pédagogique national.

D’autant que les choses ne sont pas en phase d’amélioration pour le nouvel exercice en cours. Depuis le début de l’année scolaire 2019/2020, onze personnes ont choisi de quitter ce monde alors qu’elles n’en pouvaient plus.

Les personnels de l’Education nationale paient ainsi un lourd tribut à cette recrudescence d’incivilités et de laxisme qui perdure depuis longtemps dans notre pays.       

Dans les faits, ces informations ont été délivrées à la suite d’une réunion de travail d’un CHSCT extraordinaire qui s’est tenue à Paris le mercredi 06 novembre. Depuis longtemps, professeurs et directeurs d’établissements scolaires demandaient un état des lieux réel et pertinent sur l’un des sujets encore tabou dans le milieu de l’Education nationale : la souffrance au travail des personnels.

Il aura fallu une goutte d’eau de trop dans cet univers où jusque-là l’omerta était de rigueur pour que les digues se rompent et que se déversent enfin des éléments explicatifs autour d’un contexte social très alarmiste.

 

Un nouveau suicide de directrice d’école de trop en octobre…

 

Le suicide de la directrice d’un établissement scolaire à Pantin début octobre aura fait rompre les vannes de ce silence si assourdissant. Ne pouvant plus ignorer ce que beaucoup craignaient en vérité, le ministère de l’Education nationale a pris soin de réaliser une étude précise et détaillée sur le taux de suicide survenant dans la filière enseignante.

Les chiffres, annoncés par les services techniques du ministère, ont par ailleurs été corroborés par l’Observatoire national du suicide en France. On sait aujourd’hui que le taux de mortalité des agents de l’Education nationale s’élève à 5,85 pour 100 000. Sachant que ces derniers représentent un million de personnes qui travaillent au sein des milliers d’établissements scolaires répartis aux quatre coins de l’Hexagone.

A titre de comparaison, mais cela ne se veut pas plus rassurant quant à l’analyse de la statistique, le taux moyen de suicide parmi la population française représente 16,7 pour 100 000 en 2019.

Quel est le profil de ces personnes qui attentent à leur vie face à l’inéluctable ? La plupart du temps, ce ne sont pas de jeunes diplômés de l’enseignement qui mettent fin à leur existence mais bel et bien des professionnels très expérimentés.

Selon les renseignements qui circulent depuis dans la sphère médiatique sur les résultats de cette étude, on sait que sur les cinquante-huit décès par suicide, trente-sept étaient des hommes et vingt-et-une personnes étaient des femmes. Toutes les victimes ne sont pas nécessairement des enseignants. Plusieurs conseillers principaux d’éducation ainsi que des personnels de direction sont malheureusement passés de vie à trépas de manière irrémédiable.

Enfin, et pour être tout à fait complet sur ce triste dossier, l’étude a révélé que les tranches d’âge les plus élevées (45-54 ans) et (55-64 ans) étaient les plus concernées par ces gestes désespérés.

Quant à la période où surviennent ces suicides, elles enregistrent des pics importants aux mois d’août, en septembre et en novembre.

Manque dans ces explicatifs les zones géographiques où sont répertoriés ces suicides et la proportion de décès en fonction des trois grandes catégories d’enseignement, élémentaire, primaire et secondaire.

Interrogée sur cette épineuse question, une ancienne professeure de l’enseignement professionnel, aujourd’hui retraitée, évoque les difficultés récurrentes subies par le corps enseignant dans les collèges.

 

Refondre le système éducatif en y englobant parents et élèves…

 

Brimades, insultes, menaces et parfois des coups représentent le quotidien de bon nombre d’enseignants de la part d’élèves de moins en moins apeurés par le système et réfractaires aux principes déontologiques du civisme mais aussi de la part de leurs parents qui enfoncent le clou.

Peu soutenues par leur hiérarchie (ce sont les enseignants eux-mêmes qui l’affirment), et évoluant dans un cadre qui nécessiterait de remettre tout à plat depuis des lustres, certaines personnes, les plus fragilisées au plan physique et mentale, craquent et ne peuvent plus faire face à la situation.

La seule porte de sortie qui se présente à elles, est alors de faire le grand saut vers un inconnu mortifère. Il serait peut-être urgent, au-delà de la publication de simples chiffres, de procéder à une refonte complète du système, en y intégrant parents d’élèves et élèves, pour que cesse de manière définitive ce triste carnage.

Le prix du savoir et de la connaissance à transmettre aux plus jeunes générations ne doit pas s’effectuer au prix du sang versé…

Thierry BRET

 

   

La discussion visant à travailler sur le projet électoral et l’équilibre de la future liste municipale aura tourné court. Une vingtaine de minutes, à peine, entre le chef de file du mouvement des démocrates, investi par la majorité présidentielle, et l’édile d’Auxerre, Guy FEREZ, candidat à sa succession, soutenu par La République en Marche. Une entrevue suffisamment longue, néanmoins, pour que le divorce entre ces deux ténors de la politique auxerroise ne soit consommé. De manière irrévocable ?

AUXERRE : Le torchon brûle entre Guy FEREZ, maire de la capitale de l’Yonne, et son adjoint chargé des finances et du budget, Pascal HENRIAT. Et ce n’est pas la rencontre, brève mais supposée tendue, entre les deux hommes il y a peu qui aura changé quelque chose à la situation.

Au terme de ces vingt minutes de faux dialogue, il n’y aura eu ni propositions sérieuses ni réel consensus sur la ligne à adopter et le choix des hommes dans le cadre stratégique des prochaines municipales.

Provoquant une conférence de presse ce vendredi 08 novembre, le chef de file du MoDem de l’Yonne, ayant reçu au préalable l’investiture de la majorité présidentielle pour entamer des discussions avec Guy FEREZ, a fait part de sa profonde amertume et de sa réelle déception. Avant de se prononcer sur ses choix.

« Devant le refus de dialoguer de Guy FEREZ, j’ai compris que ce dernier ne souhaitait plus que l’on travaille ensemble… ».

Un camouflet auquel Pascal HENRIAT a désiré faire face. La réaction de l’intéressé ne s’est donc pas fait attendre. Le responsable du mouvement des démocrates de l’Yonne a annoncé son retrait sine die de la course aux municipales 2020. Lui qui occupait jusque-là un poste névralgique au sein de l’organigramme auxerrois depuis 2014. Les finances et le budget.

« Je ne ferai aucunement parti de la prochaine liste des municipales aux côtés du maire sortant, devait-il déclarer avec véhémence, Guy FEREZ est venu me chercher il y a six ans pour barrer la route à Guillaume LARRIVE ; je lui donne aujourd’hui mon bon de sortie en assumant le travail mené avec lui. Mais, en revendiquant désormais mon statut d’homme libre… ».

 

Un contexte kafkaïen difficilement compréhensible…

 

Nonobstant, le représentant du centrisme dans l’Yonne qui siège au Département conserve sa fonction au sein de l’équipe municipale actuelle jusqu’au terme de son mandat. Soit en mars 2020.

Toutefois, Pascal HENRIAT assume pleinement le travail qu’il a mené auprès du maire actuel. « Je ne suis pas en désaccord avec le bilan de Guy FEREZ, concède-t-il, ce que je n’admets pas résulte de l’absence de concertation qu’il y a eu pour bâtir le projet de la nouvelle mandature… ».

N’accordant plus sa confiance à l’ancien maire socialiste d’Auxerre, Pascal HENRIAT se dit ne plus être en sérénité avec lui-même pour poursuivre l’aventure. 

Vu de l’extérieur, le contexte semble très kafkaïen. Démontrant ainsi toute la complexité de l’appareil politique qui auréole l’univers de La République en Marche depuis plusieurs mois. D’un côté, Guy FEREZ, qui a officiellement quitté sa formation originelle le Parti socialiste en juin 2019, a reçu le soutien des instances suprêmes du parti présidentiel pour mener à son terme la bataille auxerroise. L’entrevue avec le délégué national de LREM au printemps, Stanislas GUERINI, nous le remémore.

Dans le même temps, le leader du MoDem, Pascal HENRIAT, était désigné par le bureau exécutif de ce même organe politique pour mener à bien des tractations orales avec le maire sortant. Tout en veillant à ce que la représentation des idées dans le projet, devant être en cohérence avec les dix engagements éthiques de l’élu local progressiste, permette une représentation juste et équilibrée des équipes au sein de la future liste municipale et de l’agglomération. La lettre de mission à l’estampille de LREM sera datée du 26 septembre.

On connaît la suite : les attaches prises par le destinataire de cette missive, Pascal HENRIAT, avec Guy FEREZ afin d’engager des discussions sérieuses devant aboutir à un consensus n’ont pas eu les résultats escomptés pour le représentant du MoDem.

 

 

Des appels du pied qui resteront lettres mortes…

 

Pour autant, une question demeure : cette fin de non-recevoir exclut-elle définitivement du jeu des municipales le responsable centriste de l’Yonne ?

Les appels du pied d’autres candidats pourraient peut-être infléchir la position de Pascal HENRIAT. Pour l’heure, lui, affirme le contraire.

« C’est vrai que sur de nombreux points, Crescent MARAULT présente des idées qui ne sont guère éloignées des miennes. Comme moi, il a soutenu Alain JUPPE et Emmanuel MACRON aux dernières présidentielles. Comme moi, il est centriste. Mais, je n’oublie que c’est le représentant de la droite dure, Guillaume LARRIVE, des Républicains, qu’il l’a adoubé pour cette campagne électorale. Donc, je ne le suivrais pas. Quant aux Verts, on les a poussés à bout dans le mandat actuel alors qu’il n’y a jamais eu en six ans la moindre critique au sein de l’équipe municipale. J’approuve leur candidature ; ils ont eu raison de s’émanciper de la tutelle actuelle… ».

Quant à l’évocation de sa propre candidature en 2020, Pascal HENRIAT balaie la suggestion d’un revers de la main.

« Beaucoup me l’ont demandé, ajoute-t-il, j’y ai moi-même pensé. Mais, j’ai une vie professionnelle et je ne souhaite pas la mettre en difficulté. En outre, je ne voulais pas rajouter de candidats supplémentaires à cette élection qui en est déjà bien fournie… ».

Préférant se retirer de la vie politique auxerroise, Pascal HENRIAT qui est aussi l’un des acteurs clés de l’opposition au Conseil départemental, n’en demeurera pas moins attentif aux programmes des uns et des autres. Histoire de donner à un moment précis ses consignes de vote pour tel ou tel candidat.

Mais, attention, prévient-il solennel : « je ne suis pas à vendre ni moi ni les représentants du MoDem même s’il y aura des tentatives de l’équipe actuelle de débauchage… ».

Se disant au service de la politique au sens noble du terme plutôt qu’au service d’un politique qui en incarnerait le rôle, Pascal HENRIAT ne met pas un genou à terre, en acceptant n’importe quelle compromission.  

A 58 ans, mature et aguerri à la chose politique, le leader du MoDem ne veut prêter allégeance à qui que ce soit. Se contentant d’exercer un droit de retrait, en homme libre, qui lui permettra peut-être de mieux rebondir ultérieurement ?

 

Neuf réunions publiques pour évoquer les enjeux territoriaux et les perspectives de l’une des contrées icaunaises les plus denses en nombre de communes (57) : c’est ce que propose dès ce vendredi soir sous la forme de discussions ouvertes la Communauté de communes à ses concitoyens à Saint-Fargeau. L’initiative est novatrice et se veut interactive. Elle a surtout le mérite de permettre à toutes les strates de la population de pouvoir s’y exprimer avant que ne surviennent les échéances municipales. La résultante de ces causeries pourrait donner du grain à moudre aux futurs édiles…

TOUCY: Trois items essentiels serviront de lignes conductrices à cette déclinaison territoriale novatrice, ressemblant à s’y méprendre à une résurgence de « Grands Débats » locaux voulus par la gouvernance communautaire.

Si la place de la solidarité, via l’accès aux droits (emploi, fragilité, solidarité…), sera l’un d’entre eux, il ne sera pas question d’occulter de ces discussions impromptues le bien-vivre sur ce secteur occidental de notre département.

Mais, dès ce soir, les habitants de la Puisaye-Forterre sont invités à se rendre en nombre à la salle du conseil de Saint-Fargeau. Avant que ne soit dupliquées deux autres séances, prévues les 12 et 19 novembre respectivement à Toucy et à Ouanne, sur le thème commun.

Pour cette entrée en matière, de ce « diagnostic territorial », le chargé de mission opérationnel sur ce projet, Julien BOUISSOU, l’a souhaitée constructive sur le sujet suivant : la manière de grandir sur cette zone géographique.

Par ce thème, parents et chefs de famille devraient évoquer des questions liées à l’offre de garde sur le territoire et d’accompagnement dans la parentalité.

Naturellement, bon nombre d’élus communautaires participeront à ces exercices oratoires novateurs, devant permettre à chacun de s’interroger sur les moyens existants (une sorte d’audit en quelque sorte) avant de se pencher sur les solutions envisageables si ces mêmes moyens faisaient défaut.

Menée avec deux de ses partenaires, la CAF de l’Yonne et la MSA (Mutualité Sociale agricole), cette concertation déclinée en neuf sessions représente une excellente opportunité pour les élus communautaires de mieux cerner les attentes de la population. Et surtout de se doter d’une vision globale, utile et fort précieuse, pour celles et ceux qui remettraient le couvert lors des prochaines municipales des 15 et 22 mars.

 

 

Profiter d’une première expérience sur les ordures ménagères…

 

Dire que la formule est à 100 % novatrice ne relève pas de l’exactitude, à proprement parler. En 2018, l’organisme institutionnel qui préside à la destinée de ce territoire avait déjà sollicité les avis et commentaires de ses administrés en les invitant à une demi-douzaine de réunions publiques sur un tout autre thème : la gestion des ordures ménagères.

Partant de ce postulat où rien ne vaut la libre circulation de la parole, la gouvernance communautaire a décidé de réitérer ce qui fut un premier succès de communication citoyenne. D’ailleurs, en janvier, le rendu de ces différentes réunions sera effectué sur le même principe participatif.

Nonobstant, les thèmes abordés par cette étude de pure sociologie ouvrent davantage le champ des réflexions des participants. Il en résultera aussi des pistes de réflexion économiques.

In fine, il sera question de compiler l’ensemble des éléments informatifs à l’aide d’un livre blanc. Avec en toile de fond, des éléments indispensables que ne pourront ignorer les élus qu’ils soient candidats ou non à leur propre réélection.

Pour que la mayonnaise prenne et qu’elle soit savoureuse au palais, il s’agira d’être concis, attractif et construit durant ces échanges que l’on peut imaginer nourris.

C’est là que le rôle de Julien BOUISSOU sera déterminant dans son rôle de « Monsieur Loyal » où il aura la lourde tâche de ne pas perdre ses brebis sur des circonvolutions orales qui pourraient les éloigner des trois thématiques préalablement définies.

 

 

Seule ne compte que la qualité de la vie des habitants de la Puisaye-Forterre…

 

Le concept spécifique de l’animation, testé pour la première fois en terre de l’Yonne, aura nécessité un investissement de 15 000 euros, pour sa partie diagnostic.

Un moindre mal budgétaire pour sublimer ces neuf rencontres publiques qui ne doivent pas ressembler à de énièmes discussions de plus qui n’auraient d’autres issues que de fléchir au niveau de leur intérêt et de faire flop sur les attendus espérés.

La photographie finale de cette étude sociologique ne sera dévoilée qu’aux premiers jours du printemps, sans doute après les municipales afin de ne pas politiser ce qui ne doit pas l’être.

Seule l’amélioration de la qualité de vie des habitants de Puisaye-Forterre compte dans cette démarche analytique et rien d’autre, visiblement…

Chacun est donc invité à converger vers ces séances orales publiques où les arguments et autres suggestions créatives ne manqueront pas de s’amonceler  dans les besaces béantes des élus. A eux de profiter de l’aubaine !

 

Pour toute information et calendrier :

Tel : 03.86.41.57.72.

Mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

Suspendu aux décisions prises par les différents exécutifs de notre territoire depuis bientôt trois ans, l’établissement scolaire vient de rendre son ultime soupir. Après moult péripéties et atermoiements dans le microcosme icaunais. Le préfet de l’Yonne Patrice LATRON a donc déposé son paraphe ce lundi 04 novembre au bas d’un document qui clôt définitivement le dossier. Le collège auxerrois qui ne pouvait subir d’importants travaux de réhabilitation cesse ainsi de fonctionner…

AUXERRE : Il n’y aura pas eu d’autres sursis pour l’établissement secondaire auxerrois. Alors que le Conseil départemental de l’Yonne avait confirmé en septembre lors de sa session son choix de ne pas procéder à des travaux de réhabilitation, jugés trop importants, le préfet Patrice LATRON a finalement tranché sur le sujet de manière inéluctable. Une décision prise après en avoir informé les autorités académiques, il va de soi.

Trois ans après l’ouverture de ce dossier, et plusieurs épisodes d’intenses réflexions menées auprès des enseignants, parents d’élèves, élus locaux et autres responsables de l’Education nationale, la suppression de ce collège du paysage éducatif local devenait petit à petit la seule issue envisageable, au vue de l’état de santé de l’édifice.

L’incident majeur, survenu en décembre 2018, rappela à tous les observateurs que cette vétusté pouvait être préjudiciable pour la sécurité des élèves. Ce souci fit craindre d’autres désordres techniques. Résigné, le chef d’établissement procéda alors à la fermeture partielle du site éducatif.

Dès l’automne suivant, l’ensemble des effectifs du collège devait être réparti sur d’autres structures présentes dans le secteur. Selon les capacités d’accueil respectives des collèges concernés.

 

Une fermeture demandée depuis 2017 par le Département…

 

Depuis deux ans, le président du Conseil départemental, Patrick GENDRAUD, sollicitait le préfet pour lui demander la fermeture du collège. Compte tenu que les travaux de réhabilitation pour le rendre viable nécessitaient des investissements beaucoup trop lourds à supporter.

Plusieurs consultations, souhaitées par le préfet de l’Yonne, furent alors proposées avant que le représentant de l’Etat ne prenne sa décision. D’une part, Bienvenu Martin était classé en réseau d’éducation prioritaire et accueillait des équipes enseignantes motivées et efficaces. D’autre part, aucun problème technique et sécuritaire n’avait été décelé jusque-là. Même si l’état extérieur des bâtiments nécessitât des travaux.

On connaît la suite et le fait divers qui aurait pu avoir des incidences plus alarmistes au mois de décembre.

Destinataire d’un nouveau courrier émanant de Patrick GENDRAUD le 04 octobre dernier, où le chef de file du Département renouvelait sa demande de fermer l’établissement au préfet, Patrice LATRON ne pouvait y répondre qu’en prenant soin d’officialiser à son tour cette fermeture.

Toutefois, le lieu devrait bénéficier d’une cure de jouvence à définir dès que possible. L’Etat accompagnera par ailleurs le projet, une présence éducative, voulue par le Département et la Ville, indispensable à rétablir sur ce qui fut jusque-là un établissement scolaire offrant de bons résultats pédagogiques. Ce ne serait en somme qu’un moindre mal pour ne pas oublier qu’en cet endroit, on donnait libre cours au savoir.

 

Asseoir ses idées au plus près du terrain en essayant d’éradiquer les préjugés les plus tenaces. L’option, retenue par le RN, s’avèrera-t-elle payante d’ici quelques mois dans la plupart des villes de l’Hexagone ? A l’instar de Fréjus, Béziers, Henin Beaumont, Beaucaire ou Villers-Cotterêts, devenues des symboles de cette stratégie de conquête. Voulant améliorer le cadre de vie où ils seront élus, les ténors du Rassemblement national déroulent un autre axiome pour tenter de convaincre les électeurs de choisir leur parti aux municipales : un programme d’intérêt général basé sur la baisse de la fiscalité. Un pari que Pascal ROI relève en qualité de candidat à Auxerre…

AUXERRE : A quelles prétentions peuvent raisonnablement espérer les représentants du Rassemblement national dans la capitale de l’Yonne au soir du premier tour des municipales ? A deux mois du lancement de la campagne officielle, l’extrême-droite dispose-t-elle des moyens nécessaires pour enlever la préfecture de ce département de Bourgogne et chambouler ainsi le paysage politique local ?

Peu d’observateurs y croient, en vérité. Même si le RN a renforcé sa présence sur ce territoire. Notamment dans sa partie la plus septentrionale.

Pourtant, à l’analyse des dernières échéances électorales, celles des Européennes du mois de mai, le parti de Marine LE PEN a encore amélioré son score dans l’Hexagone, de manière très significative. Enregistrant 23,34 % des suffrages exprimés devant La République en Marche et Europe Ecologie Les Verts.

Cependant, les municipales ne focalisent pas les mêmes centres d’intérêt auprès des électeurs. Et chacun sait que les scrutins d’envergure nationale, voire internationale, n’accouchent pas forcément de résultats similaires, ramenés au prisme territorial.

En outre, il ne faut pas omettre que le FN, devenu entre-temps le Rassemblement national, n’a jamais obtenu de scores très nets et retentissants à Auxerre. A contrario de ceux qui ne cessent de croître au nord du département.

Bref, le pari de victoire est donc un tantinet risqué pour le successeur de Julien GUIBERT, parti depuis sous d’autres cieux, à l’assaut des électeurs de la Nièvre.

 

Le volet sécuritaire en guise de priorité absolue…

 

Celui qui hérite désormais du flambeau de leader auxerrois se nomme Pascal ROI. Qui est-il précisément ? Juste un néophyte en politique puisqu’il n’est adhérent que depuis février 2017 au sein de son mouvement de prédilection. Or, ce dernier prétend aujourd’hui incarner sur son nom la seule alternative envisageable au macronisme local à Auxerre.

Agé de 52 ans, il exerce une activité professionnelle dans le milieu de l’industrie. Le candidat à l’écharpe tricolore s’abstient de tout écart dans son existence. Un choix de vie qui lui offre une photographie vierge de toute aspérité plutôt déroutante en guise de curriculum vitae. Pascal ROI ne fume pas, ne consomme pas d’alcool, et se définit comme un végan pratiquant. Il le dit ouvertement lors de ses conférences de presse.

Adepte du cyclisme, il pratique le tir dans sa discipline sportive à ses moments perdus et demeure au fil des ans un inconditionnel supporter de l’emblématique club de football auxerrois. Parmi ses autres passions notoires, le postulant au titre de maire se dit féru d’informatique.

 

 

 

Pour autant, sera-ce suffisant pour faire la différence lors des deux tours d’un scrutin qui s’annonce plus que jamais complexe dans le microcosme auxerrois ?

Lorsqu’il commente en l’analysant le bilan du maire sortant, Guy FEREZ, l’orateur n’est pas tendre dans ses propos. Lui qui est habitué à viser des cibles par sa pratique sportive se complait à adresser des flèches assassines sur l’édile auxerrois en matière de sécurité, la problématique prioritaire à résoudre au plus vite.

Ce sujet envahit très vite son discours : hausse de la consommation de stupéfiants, recrudescence des vols, progression du nombre de cas de harcèlements sexuels dans les hauts d’Auxerre, incivilités croissantes dans les rues…Les reproches faits à l’ancienne équipe pleuvent sans discontinuer dans la bouche du néo-candidat.

 

Faire barrage aux candidats Macron-compatibles…

 

Pascal ROI détaille brièvement ce que pourrait être la philosophie de sa mandature s’il était élu. Lui qui souhaite être à l’écoute constante des administrés. Il aspire à redonner au maintien du lien social ses lettres de noblesse. En toile de fond, respecter le contribuable lorsqu’il évoque la surcharge fiscale de 13 % qui s’est abattue sur les habitants de la capitale de l’Yonne au cours de ces cinq dernières années. Le dynamisme économique du centre-ville intègre ses priorités. Sans que l’on en sache davantage pour le moment sur les moyens stratégiques pour y parvenir.

Il faudra donc s’armer encore d’un peu de patience pour connaître avec moult précisions le contenu du programme que le Rassemblement national préconisera à Auxerre.

D’autant que la liste du RN est loin d’être ficelée. Pascal ROI en appelle aux bonnes volontés. A celles et à ceux qui désirent un rassemblement local et communal pour soutenir sa démarche élective et le rejoindre. Seul credo inéluctable à respecter dans cette feuille de route : avoir à cœur de défendre les valeurs de la proximité et de la sécurité.

Encore inconnu dans le sérail politique icaunais, Pascal ROI a pour leitmotiv d’apaiser la ville et de la vider de ses tensions perpétuelles palpables dans certains quartiers.

« Les Auxerrois ont besoin de se sentir bien chez eux, clame-t-il haut et fort, déplorant au passage une situation délicate vécue dans les hauts d’Auxerre.

Côté sécuritaire, le porte-étendard du RN insiste sur cet impérieux besoin de renforcer la présence des patrouilles de police dans les rues, d’installer davantage de caméras de surveillance, de nouer enfin des liens maximaux entre la Ville et les forces de l’ordre.

A propos de ces items, le représentant du parti « bleu marine » rappelle que sa formation politique sait appliquer cela depuis longtemps en France avec succès.

Sur un domaine purement politique, Pascal ROI se présente surtout pour contrer tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à l’idéologie présidentielle.

« L’ensemble des candidatures qui se font jour à Auxerre à l’heure actuelle montrent une véritable allégeance à Emmanuel MACRON, explique-t-il, je veux représenter une autre alternative à cette vision réductrice… ».

Si un tiers de la liste RN est d’ores et déjà constitué, le chef de file de l’extrême-droite auxerroise poursuit néanmoins ses investigations afin de boucler dans les meilleurs délais la feuille de route représentative de son parti. Son désir serait de surfer sur la déferlante des Européennes et ses scores très élevés. Seule incertitude dans la balance : une absence de notoriété locale.

Fort de ce constat, Pascal ROI peut-il aborder ces futures joutes avec le plein de capital-confiance ?

Lui ne s’en inquiète pas outre mesure. Il répond sans ambages à la question : « tout est possible en prenant en compte la réalité sociologique et les résultats déjà obtenus par le Rassemblement national dans l’Yonne… ».

Dès lors, l’objectif se veut simple pour le nouveau venu dans le paysage politique auxerrois : être mobilisé auprès des électeurs de la droite et de la droite dure pour décrédibiliser l’existant en coupant l’herbe sous les pieds d’autres prétendants.

Un sacré combat en perspective pour ce challenger qui aura pour colistière une retraitée de 69 ans, Sylvia TROUDE-SAUVAL. Mais, qui est loin d’être gagné pour autant…

 

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