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Le débat sur la suppression de l’ENA est lancé. On a ouvert les vannes, bien françaises, du discours qui permet aux flots des opinions de se déverser dans la presse et sur les ondes. En avant le bla-bla récurrent ! Parmi les opinions sur l’ENA (Ecole nationale de l’Administration), il y en a une absolument merveilleuse qui nous est assénée comme une litote : « Cette école que le monde nous envie… ». Pas moins… et pas plus ! Car, on ne peut pas aller plus haut dans la sotte vanité…

TRIBUNE : Effectivement, nous avons vraiment matière à pérorer. Voyons la réalité française depuis 1974 : lors de l’élection de Valéry Giscard d’Estaing, il y avait 700 000 demandeurs d’emploi. Le dernier budget de l’État était alors en équilibre ; quant à la dette de la France, elle était nulle ou insignifiante. Oui, mais maintenant ?

Le nombre de chômeurs toutes catégories confondues excède les 5 millions de personnes, sans oublier tous ceux qui passent à la trappe des statistiques. La dette de la France atteint 2 200 milliards d’euros tandis que les prélèvements de l’État ont dépassé les mille milliards d’euros. Bref : la France peut prétendre au titre peu glorieux de champion du monde des prélèvements.

En l’espace de quarante ans, le pays a perdu trois millions d’emplois industriels. Le chômage des jeunes s’élève à 23 % et plusieurs centaines de milliers de jeunes sortent du système scolaire sans la moindre qualification tandis qu’un tiers des élèves qui entrent en sixième ne maîtrisent pas la lecture ! Dans le classement Pisa sur l’éducation (une référence dans le domaine), la France se situe parmi les plus mauvais élèves de l’Europe.

Ne parlons pas de la précarité ! Elle ne cesse de progresser : 80 % des nouveaux contrats pour les jeunes sont des CDD. La pauvreté touche neuf millions de personnes et elle se répercute de génération en génération.

Pourtant, ironie du sort, la classe dirigeante de la sphère politique et la haute administration sont issues depuis longue date de l’ENA, « cette école que le monde nous envie ». Il doit y avoir une erreur quelque part !

« Maintenant, je suis tranquille après l’obtention du concours d’admission… »

La critique essentielle faite à l’ENA repose sur ce constat : 70 % de ses élèves sont issus de milieux privilégiés. 10 % possèdent des origines paysannes et 6 % sont enfants d’ouvriers. Il est clair que les classes sociales sont endogènes depuis l’Antiquité. Seule la IIIème République, à ses débuts, a commencé d’inverser ce phénomène : c’est la grande époque « des hussards noirs de la République ».

Mais on passe à côté de l’essentiel. On se trompe totalement de diagnostic, on ne voit pas l’évidence.

La question est la suivante : on considère en France que les aptitudes scolaires sont la quintessence de l’homme, de l’existence, de la vie. On adoube des jeunes gens de 23 ans comme on adoubait autrefois des chevaliers, à vie. À la veille de la Révolution, Beaumarchais faisait dire par Figaro au Comte Almaviva : « Vous ne vous êtes donnés que la peine de naître… ». Avec l’ENA, on a légèrement changé le discours : « Vous ne vous êtes donnés que la peine de passer un concours. Maintenant à vous toutes les places pendant quarante ans, c’est-à-dire une carrière… ».

La Chine s’est éveillée. Mais pendant des siècles, elle a sombré dans la décadence. Beaucoup d’historiens et de sociologues attribuent cette déchéance au système mandarinal. Les mandarins passaient un concours très difficile. Il fallait, entre autres, connaître les 60 000 signes de l’écriture chinoise.

Puis les mandarins occupaient tous les postes à la Cour de l’empereur. Sur ce modèle on a créé le mandarinat français qui a pris la forme de l’ENA.

Un homme politique dit un jour à Jean-Jacques Servan-Schreiber qui proposait de changer ce système de castes par les concours : « Finalement, tu as raison. Quand j’ai réussi « l’épreuve d’admission », je me suis dit : « Maintenant je suis tranquille ! ».

Va-t-on surmonter le tsunami mondial ? Celui que représentent les technologies nouvelles et résister simultanément, à la formidable poussée industrielle et commerciale venue d’Extrême-Orient et, à l’Ouest, aux Américains dotés des GAFA, de Microsoft, de la Silicon Valley, d’une jeunesse qui ne vit que pour et par les start-up ?  

Avec des mandarins français qui peuvent se dire après avoir passé un concours : « Maintenant, je suis tranquille ! ». Il est temps en effet de se poser la bonne question…

Emmanuel RACINE

 

 

Depuis l’accession au pouvoir du président américain Donald TRUMP, nous ne sommes plus à un paradoxe près dans l’analyse de sa gouvernance. Lui qui prônait lors de sa véhémente campagne électorale son désir viscéral de se recentrer uniquement sur le nombril du monde, c’est-à-dire son pays (le slogan « America First »), adopte depuis quelques semaines une tangente des plus surprenantes. Celle de reprendre la posture du gendarme du monde que le pays avait cautionné depuis si longtemps.

Un rôle que le milliardaire présidentiel ne souhaitait plus endosser au grand dam des Européens en manque de crédibilité à l’international. Pourtant, cette nouvelle volte-face de l’auguste pensionnaire de la Maison Blanche est loin d’être dénuée d’intérêt stratégique. On l’a bien compris après plus de deux années de mandature. Donald TRUMP aime faire usage de la force diplomatique pour arriver à ses fins. Et à surtout à ses moyens.

La poigne de fer dans le gant d’airain qu’il est devenu au fil de toutes ces années de gouvernance professionnelle et politique lui confère désormais une certaine aura. Voire une stature unique en soi.

Qu’on en juge ! Alors que l’homme d’Etat a été vilipendé par bon nombre d’observateurs et de médias au premier jour de son intronisation à Washington, 45 % de ses concitoyens lui offrent un plébiscite en termes de popularité et d’efficacité comme rarement n’en ont eu jusque-là des présidents américains !

Là où beaucoup de ses confrères politiques ont pêché par couardise, lui a su renverser la vapeur et redonner son lustre à la première puissance mondiale qui n’en demandait pas tant. Nous sommes très éloignés en effet de la piteuse période où les atermoiements de Gérald FORD ou de Jimmy CARTER ont terni la fonction présidentielle. Même les frasques de Bill CLINTON prêtaient à sourire lorsque l’affaire Monika rattrapa le chef de file des Démocrates.

Avec le caricatural et excessif président américain, rien de tout cela ne vient plomber la cote de confiance auprès des électeurs américains. Certes, ce sont ses fidèles parmi les plus fidèles qui applaudissent des deux mains leur soutien au bouillant président. Mais, vu de l’Hexagone, bon nombre de prétendants politiques à l’Elysée aimeraient obtenir des résultats similaires en matière d’opinion favorable.

Adepte d’un protectionnisme sans fard, Donald TRUMP privilégie la réussite exponentielle des Etats-Unis. La seule à ses yeux, même s’il accorde parfois un peu de condescendance du bout des lèvres et de lest aux Alliés européens (et encore pas à tous !).

Mais, depuis quelques mois, une autre tactique semble s’esquisser dans son imaginaire débridé. Bien sûr, la stratégie consiste toujours à faire croître la puissance hégémonique de ce pays continent. A l’image de ce rôle de gendarme mondial que les Etats-Unis exercent aux yeux de la planète. Dès lors, quelques nations devraient tout de même se méfier de cette remise en selle de l’ogre des Rocheuses. Les cibles se concentrent autour d’un trio de pays. Celui-ci n’intègre absolument pas le panel relationnel et amical qu’entretiennent les USA avec certaines contrées.

Le Venezuela avec le régime autocratique et conspué de Nicolas MADURO se situe dans la ligne de mire du bouillonnant voisin. Une intervention militaire pour déloger le dictateur en perte de vitesse se pose aujourd’hui parmi les éventualités plausibles.

Il y a belle lurette que les Etats-Unis cherchent à reprendre la main sur le continent sud-américain, tant au plan économique que politique. Un putsch à la sauce américaine ne serait donc pas exclu. L’axe mené avec le nouveau partenaire brésilien ressemble à un étau impitoyable dans lequel le Venezuela ne peut tenir indéfiniment sans y laisser son âme et son espérance.

Le sentiment d’amitié qui prévaut avec le nouveau camarade de jeu du président américain en Corée du Nord ressemble (cela n’est pas surprenant) à une véritable mascarade. Qui pourrait accorder sa confiance à l’imprévisible Kim JONG-UN ?

Le récent échec des négociations visant à dénucléariser la péninsule relance les perspectives d’un avis de tempête de force dix dans cette partie du globe. Une amitié qui n’aura été qu’un feu de paille, en vérité !

Reste l’épine dorsale de cette politique belliqueuse envers les ennemis de toujours. Le nébuleux dossier iranien. Donald TRUMP ne se contente pas de balayer d’un revers de la main les traités, portant là aussi sur le nucléaire, signés par son prédécesseur.

Il expédie carrément la cavalerie lourde, c’est-à-dire toute une armada de feu et de puissance navale au large des côtes du pays des mollahs. Prévenant déjà à qui mieux-mieux les états voisins (Irak) qu’ils pourraient subir des dommages collatéraux en cas de frappes punitives. Les ressortissants américains et les européens ont été priés de préparer leurs valises cette semaine sans coup férir !

Incontestablement, sur l’échiquier complexe des relations internationales, les Etats-Unis éprouvent une irrésistible envie de revenir au premier plan. Et de montrer les muscles envers ceux qui marchent de travers selon leur éthique alors que l’Europe frileuse et engluée dans ses traditionnelles disparités fait encore le dos rond.

C’est sans doute cela qui établit toute la différence entre un état devenu la première puissance mondiale et un assemblage de pays aux multiples contrastes qui cherche tant bien que mal à perdurer sous le couvert d’une union factice…

Thierry BRET

  

   

  

Le président de la délégation de Côte d’Or pour la Chambre des Métiers et de l’Artisanat est aux anges. Et ce n’est pas un vain mot que de le dire ! Régis PENNECOT vient, en effet, d’être désigné par le réseau national de la chambre consulaire en qualité de coordinateur national pour le dispositif « Chantiers de France ». Un consortium de compétences et d’excellence qui a été initié le 18 avril dernier par le ministère du Travail. Ce groupement interviendra dans le cadre de la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris, et de manière plus élargie, à la rénovation du patrimoine national…

PARIS : Vaste projet que celui de la reconstruction d’une partie de l’édifice religieux qui a été consumé par les flammes au soir du sinistre 15 avril 2019. Comme devait le stipuler le président de la République lors de son discours à brûle pourpoint, l’Etat allait se mobiliser vaille que vaille en réunissant toutes les compétences requises et les spécialistes de l’artisanat dans la réhabilitation de ce site chargé d’histoire.

Depuis le 18 avril, un consortium d’exégètes en la matière, « Chantiers de France », existe. Il a été constitué à la demande de Muriel PENICAUD, la ministre du Travail. Cette dernière a nommé le président du Comité français des Olympiades des Métiers, Michel GUISEMBERT, référent de ce projet.

C’est ensuite que le réseau des Chambres de Métiers et de l’Artisanat est entré en lice dans cet exercice d’implication volontaire. L’organisme a désigné l’un des siens, l’élu bourguignon Régis PENNECOT pour devenir le coordinateur national de ce dispositif, « Chantiers de France ».

Investi en sa qualité de trésorier au sein de l’institution nationale, le maître artisan, originaire de Varanges en Côte d’Or, préside en tant qu’élu la délégation départementale de la chambre consulaire.

Dirigeant d’entreprise (la menuiserie familiale qui se développe aujourd’hui à travers sa neuvième génération), Régis PENNECOT travaille régulièrement pour les monuments patrimoniaux avec ses huit salariés et ses deux apprentis. Sa société intervient sur de très nombreux chantiers de rénovation de sites historiques : les Hospices de Beaune, des églises classées, des édifices du secteur sauvegardé de la ville de Dijon.

Une ouverture vers le développement de l’apprentissage…

Sa désignation ne représente pas une surprise. Le 18 avril, le président du réseau national des Chambres de Métiers et de l’Artisanat, Bernard STALTER, avait présenté au gouvernement une série de propositions permettant l’accès aux marchés de restauration du patrimoine pour les artisans. L’objectif étant également de sensibiliser et orienter les jeunes vers les métiers de bâtisseurs. En triplant, notamment le nombre de place réservé à l’apprentissage.

Ces suggestions ont été accueillies avec beaucoup d’intérêt par le gouvernement. Elles intégreront les missions essentielles du nouveau coordinateur national dès qu’il sera opérationnel à son poste.

Fort de 112 centres de formation par l’apprentissage, le réseau des Chambres de Métiers et de l’Artisanat souhaite apporter sa pierre à ce chantier d’envergure d’une forte portée symbolique. Outre la nomination de Régis PENNECOT, un interlocuteur privilégié sera identifié dans chaque territoire de France pour travailler en harmonie avec les Régions. Il s’agira d’encourager la formation professionnelle, et tout spécifiquement l’apprentissage à développer sur l’ensemble de l’Hexagone.

Définitivement adoptée par le Parlement le 11 avril, la loi PACTE (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) prévoit de relever les seuils de nomination des commissaires aux comptes dans les sociétés. Ce rehaussement en deçà desquels une structure commerciale ne serait plus tenue de désigner un commissaire aux comptes risque de porter un coup fatal à la filière du droit et du chiffre. Désormais en vigueur, ce texte législatif ne peut plus faire machine arrière. Dommage, car d’autres pays européens se sont montrés très perplexes quant à l’adoption d’une telle mesure. Ils ont déjà pris en compte les effets néfastes que ce relèvement des seuils pouvait provoquer pour la filière. Si tant est que les choses évoluent, les trois quarts des commissaires aux comptes de l’Hexagone, soit 10 000 professionnels, auront alors disparu…

PARIS : Cela fait des mois que les commissaires aux comptes suivaient avec une certaine anxiété les débats autour de l’adoption de la loi PACTE. Et pour la grande majorité d’entre eux, ils avaient la boule au ventre quand ils pensaient à leur devenir.

Le texte de loi envisageait notamment de réformer les conditions de leur nomination dans les entreprises.

Déjà amendé par le Sénat, le texte a été adopté en seconde lecture par l’Assemblée nationale en avril. Alors que les sénateurs insistaient sur une entrée applicative du texte à compter de 2021 seulement, les députés ont été beaucoup prompts pour le rendre tangible dès à présent. Le texte est donc applicable dès 2019, ce qui veut dire dans les faits qu’il concerne les exercices sociaux à compter du 01er janvier 2020.

Dans l’absolu, le nouveau seuil retenu pour enclencher l’intervention d’un commissaire aux comptes dans une SARL ou une SAS n’est plus de deux à trois millions d’euros de chiffre d’affaires, mais dorénavant élevé à huit millions d’euros. Un sérieux écart qui a engendré une vive consternation de la part des professionnels de la filière.

Le déclin, voire la mort assurée à terme…

Au niveau national, les trois quarts des mandats de commissariat aux comptes devraient disparaître des effectifs. La menace plane au-dessus des emplois induits. Offrant de sombres perspectives pour la filière. A ce propos, la Chambre professionnelle des experts-comptables estime à dix mille le nombre de postes à supprimer à brève échéance. Plusieurs grands cabinets annoncent la mise en place de plans de licenciement massifs. Mais, c’est en province que cet insidieux tsunami risque d’avoir le plus d’impact.

« Ce projet ne signe pas la fin de l’audit légal, précise Marc DEMONTEIX, président de la Chambre départementale des experts-comptables et des commissaires aux comptes de l’Yonne, en revanche, c’est assurément le déclin assuré, voire la mort programmée du commissariat aux comptes dévolu d’ordinaire aux petits cabinets… ».

En supprimant le commissaire aux comptes, le gouvernement rectifie la donne de la vérification dans les entreprises.

« C’est la présence d’un professionnel investi d’une mission légale de certification, pour laquelle il engage sa responsabilité, qui n’est plus assurée, ajoute l’expert-comptable icaunais. Rappelons que le commissaire aux comptes est un gage de sécurité pour le fournisseur qui sait pouvoir se fier à des comptes certifiés pour maintenir une relation d’affaires. Il est aussi un gage de sécurité pour le salarié qui est rassuré sur la qualité de l’information financière qui est donnée sur son entreprise. Il est surtout un gage de sécurité pour le banquier qui peut s’appuyer sur des bilans certifiés pour analyser son risque. Et il est enfin un gage de sécurité pour le chef d’entreprise qui sait au quotidien nouer un dialogue confiant et constructif avec son auditeur… ».

Au-delà de la défense d’intérêts catégoriels, c’est au nom de la défense de leur utilité publique que les représentants de la filière ont tenté vainement de se battre au cours de ces dernières semaines. Avec un très faible retentissement, aux yeux de l’opinion publique, des médias et des politiques. Ce fut le cas en août 2018 où la profession descendit dans les rues de la capitale afin d’y faire part de son courroux et de ses inquiétudes. Seul un millier d’entre s’était à l’époque mobilisés. Un chiffre au demeurant trop restrictif et ridicule en matière de poids pour que le gouvernement daigne changer le moindre alinéa à son projet de loi…

Son tour de France imposé par la campagne électorale des européennes lui a permis de faire une étape de quelques heures sur les terres de l’Yonne. Dans la capitale de ce département qu’il avait déjà visité il y a quelques mois en venant à la rencontre de Gilets jaunes. A Auxerre, l’ancien édile de Yerres s’est livré à un exercice oratoire passionné dont il a le secret. Un discours se revendiquant du gaullisme favorable à une Europe des nations libres et fières de l’être. Nicolas DUPONT-AIGNAN a renvoyé derrière la balustrade d’un simple revers de la main la politique européenne actuelle. Celle qui, selon lui, dénature les objectifs et les intérêts communs. Le chef de file de Debout La France (DLF) ne suggère pas de sortir de l’Union, a contrario du Rassemblement national. Il désire repenser l’institution et lui proposer une autre alternative…

AUXERRE : « L’Europe telle que nous la connaissons aujourd’hui doit faire peau neuve et être remplacée par un mode opératoire qui protège la souveraineté des états membres... ».

Cette phrase, c’est en substance le credo auquel s’attache viscéralement Nicolas DUPONT-AIGNAN. Le stratège politique du souverainisme le distille au gré de sa campagne qu’il mène tambour battant au détour de nombreux déplacements.

Une seule journée vécue sur le sol bourguignon se transforme déjà en un périple incompressible au niveau du timing où il doit se dispatcher entre l’Yonne, la Nièvre et la Saône-et-Loire. Un rythme soutenu, difficile à tenir certes, mais qui reste à la hauteur des ambitions de ce quinquagénaire de la politique, au profil de jeune homme et au sourire largement affiché.

Face à la presse, Nicolas DUPONT-AIGNAN n’apparaît pas comme le chantre de la langue de bois. N’éludant aucune interrogation, le député français déroule son programme. Celui qu’il a construit pour sortir le Vieux Continent de l’ornière.

« Faire maigrir le poids de Bruxelles qui est devenu une institution obèse est la priorité, clame-t-il haut et fort, chaque pays doit retrouver ses droits et ses frontières… ».

« Que l’Europe s’arrête de se mêler de nos affaires… »

Tirant à boulet rouge sur le mécanisme fonctionnel de la Commission européenne, le patron de Debout La France souhaite son coup d’arrêt. Définitif en l’état.

« Que l’on arrête de leur donner onze milliards d’euros chaque année, tance-t-il avec véhémence, et de nourrir un système qui affaiblie le continent, multiplie les normes et broie nos emplois. Il est important que certains pays européens adoptent des attitudes collaboratives majeures en matière d’entrepreneuriat, à l’instar du groupe AIRBUS qui a su relever le défi face à l’américain BOIENG, car il y a urgence…Notamment dans le domaine de la santé, de l’automobile ou du multimédia. Pourquoi la Chine a-t-elle réussi à avoir son indépendance face aux GAFA en créant ses propres outils et que l’Europe n’y parvient toujours pas ? ».

Rejetant l’Europe inquisitrice qui n’arrête pas de se mêler de nos affaires, le député de l’Essonne insiste lourdement sur le fait qu’il est bien le seul candidat à tenir ce discours. « Vous savez, ajoute-t-il, dans la vie, il y a les béats et les réfractaires. Je me classe bien volontiers parmi cette seconde catégorie… ».

Stratégiquement, Debout La France a su concrétiser une alliance européenne réaliste et convergente avec 23 autres formations, ayant la même sensibilité souverainiste.

« Nous ne sommes pas seuls a contrario du Rassemblement national, promet l’homme politique, cette alliance est bien réelle et nous permettra de peser d’un certain poids dans l’hémicycle… ».

Conspuant les listes émanant du Parti socialiste et des Républicains, Nicolas DUPONT-AIGNAN évoque alors les « mensonges » du candidat LR, François-Xavier BELLAMY.

« Il est temps de dire aux Français qu’il existe un subterfuge et une union sacrée entre ces deux partis. Le PS et LR ont tout voté d’un commun accord. Je dénonce ce fallacieux mensonge… ».

Haro sur les travers financiers de l’Union…

Incitant ses concitoyens à se rendre aux urnes le 26 mai (« s’abstenir, c’est apporter un suffrage supplémentaire à Emmanuel MACRON »), le chef de file du mouvement souverainiste ne supporte plus les travers financiers que certains pays de l’Union appliquent sans vergogne.

« L’Europe vient de financer un pont en Croatie à hauteur de 380 millions d’euros dont 80 % proviennent d’une dotation française, explique-t-il, trouvez-vous logique que ce sont les entreprises chinoises qui le construisent ? Quant aux Polonais, grands bénéficiaires des subsides de Bruxelles, ils équipent leur armée de l’air avec des hélicoptères fabriqués aux Etats-Unis. Ne parlons pas des travailleurs détachés qui ne paient pas les charges. Face à ces abus de concurrence déloyale, la France doit faire entendre sa voix et changer cela ! ».

Sous la présidence de Jacques CHIRAC, l’obole reversée par la France au titre de sa contribution participative à l’Union s’élevait à deux milliards d’euros. Depuis 2016, le chiffre s’est envolé, pour atteindre désormais des records historiques à onze milliards d’euros.

« Je veux rendre ce différentiel, soit ces neuf milliards d’euros, aux Français, affirme l’élu francilien, il nous faut harmoniser à la baisse ces dépenses somptuaires qui ne servent qu’à financer la concurrence déloyale. Imaginez le Luxembourg, modèle de l’évasion fiscale et pays le plus riche de l’Union européenne : chaque année, cet état perçoit 1,5 milliard d’euros d’aide ! On croit rêver ! ».

Sur le volet de l’industrie, Nicolas DUPONT-AIGNAN déplore que l’Hexagone, pépinière d’intelligence et de savoir-faire, ait perdu progressivement le leadership inhérent à cette branche capitale de l’économie. « Il est temps de recréer des projets qui auront de la constance face à l’hégémonie de la Chine et des Etats-Unis… ».

Ce sera la conclusion de son entrevue avec la presse. Avant qu’il ne remette en main propre un exemplaire de son ouvrage, « Résistance », aux journalistes présents, soucieux peut-être de bien marteler les messages de son programme…

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