A Angers, c’était l’une des délégations les plus importantes en nombre de personnes. Peut-être l’une des plus enthousiastes, aussi. Du 23 au 26 juin 2022, le club d’Auxerre accueillera au nom de la Fédération des Jeunes Chambres Economiques de Bourgogne Franche-Comté la 68ème Convention nationale en ses murs. L’occasion de faire briller la structure locale, l’une des plus dynamiques qui soit…

 

ANGERS : Ah, on les aura vus les représentants de la JCE d’Auxerre lors de ce congrès national 2021, organisé dans ce beau département du Maine-et-Loire ! On les aura entendus aussi puisque deux de ses membres, les frères BAILLY, Adrien et Clément, ont eu l’opportunité de prendre la parole du fait de leurs nouvelles responsabilités !

Le premier est le futur administrateur délégué aux évènements nationaux. Quant au second, il est le trésorier national délégué à la communication interne. Quoi qu’il en soit avec ces deux figures de proue aussi bien estimées dans le sérail de ce mouvement vrai incubateur de talents, la JCE Auxerre n’a pas de soucis à se faire quant à sa pérennité !

 

 

 

Tous les signaux sont donc au vert pour la structure icaunaise qui aura le privilège d’accueillir au mois de juin prochain, du 23 au 26, la 68ème Convention nationale en ses murs, sur les bords de l’Yonne.

Une manifestation que les ouailles du président Valentin MARTIN n’ont pas manquées de promouvoir au cours de ce week-end en Anjou ayant rassemblé près de 1 300 jeunes citoyens, venant de tout l’Hexagone.

Une chose est certaine : le nouveau président national Julien CALLON a fait part de sa hâte de se retrouver en Bourgogne septentrionale dès le printemps 2022. Les Auxerrois qui ont fière allure, aussi !

 

Thierry BRET

 

 

 

« Vous qui passez sans me voir ! ». C’est le titre d’une célèbre chanson du répertoire français. Mais, une chose est sûre : la plaque du souvenir de ce monsieur qui repose au cimetière Saint-Amâtre mérite que l’on se recueille sur sa tombe en ce jour de Toussaint ! De leurs côtés, les travaux du Rond-Point de Paris à Auxerre semblent persister : personne n’a encore pris l’initiative d’enlever le panneau signalétique indiquant la fermeture de ce carrefour important de la circulation…

 

BILLET

Lundi

 

Invité de l’assemblée territoriale du CERFRANCE BFC le 23 octobre dernier à Auxerrexpo, Nicolas BOUZOU a confessé être un « spécialiste » d’Eric ZEMMOUR, pour avoir débattu à sept reprises avec lui. Dépeignant un adversaire aisé à combattre car « frappant très fort mais dont les coups peuvent être facilement anticipés, à l’image de Philippe MARTINEZ avec qui je débats souvent aussi… ». Il n’est pas certain que le secrétaire général de la CGT apprécie l’assimilation de son nom avec le polémiste maurassien néo- candidat pas encore déclaré !

 

Mardi

 

Dans la série « Je ris de tout de peur d’avoir à en pleurer », l’on apprend qu’une paire de chaussures de sport portée par la légende du basket américain, Michael JORDAN, a été vendue ce dimanche à Las Vegas lors d’une vente organisée par Sotheby’s, pour la somme astronomique de 1 472 000 dollars ! Nul doute que l’acheteur ait « pris son pied » à remporter de telles enchères, au risque peut-être, de faire coup double et d’en perdre la tête…

 

Mercredi

Plus de cinq mois après le meurtre de Chahinez DAOUD, une mère de famille brûlée vive à 31 ans par son mari en Gironde, un rapport de l’IGPN conclut à des fautes et à des erreurs d’appréciation de la part de fonctionnaires de police auprès de qui s’était rendue la jeune femme pour porter plainte quelque semaines avant sa mort. Parmi eux, un gardien de la paix lui-même condamné à huit mois de prison avec sursis probatoire pour « violences intra-familiales ». Il sera, comme six autres de ses collègues, convoqué prochainement en conseil de discipline. Le directeur zonal de la sécurité publique du Sud-Ouest ayant pour sa part reçu un blâme… COLUCHE en son temps, avertissait : « au bout de 30 avertissements, on peut avoir un blâme. Et au bout de 30 blâmes, on passe en conseil de discipline et on peut être dégradé… ». Même pas drôle !

 

 

Jeudi

 

Aggravée par le changement climatique, la pire sécheresse enregistrée depuis 40 ans frappe le sud de Madagascar. Les années sans pluie se succèdent,  empêchant toute culture et contraignant les habitants à se nourrir de feuilles de cactus, voire de cuir tanné bouilli. Selon les chiffres de l’ONU, plus de 1,14 million de Malgaches souffriraient ainsi de la faim, rejoignant les 155 millions de personnes dans le monde en situation de crise alimentaire. Il est un virus qui tue plus aujourd’hui que celui de la COVID : c’est celui de la famine et toujours pas de « vaccin » à l’horizon !

 

Vendredi

 

Nous ne passerions plus en moyenne que 6 minutes seulement à rire par jour, là où nos parents dans les années 50, y consacraient trois fois plus de temps au quotidien. Alors même que le rire selon le milieu médical serait bénéfique pour la santé, abaissant la fréquence cardiaque et réduisant la tension artérielle. J’ai fait mienne la citation attribuée au dramaturge irlandais George Bernard SHAW : « Depuis que j’ai appris à rire de moi-même, je ne m’ennuie plus jamais ».

 

Samedi

 

Les travaux ayant rendu trois semaines durant le rond-point de Paris inaccessible, ont fait couler beaucoup d’encre et provoqué l’ire de nombreux Auxerrois ou automobilistes de passage. Huit jours après sa réouverture, un panneau installé Porte d’Egleny en interdit toujours l’accès ! Sage précaution sans doute, en attendant peut-être le début d’autres travaux à venir…

 

Dimanche

 

L’on tire toujours profit à arpenter les allées d’un cimetière. Si ce n’est pour le calme, et la sérénité, au moins pour le plaisir d’en ressortir par la grande porte sur ses deux jambes ! Avec le bonheur parfois de repartir plus serein et plus enjoué qu’en y entrant, lorsque l’humour s’associe au souvenir. En cette veille de Toussaint, chapeau bas pour cette personne inhumée au cimetière Saint-Amâtre à Auxerre, qui par-delà la mort, nous remercie d’être venu lui rendre visite… Ce fût un plaisir Monsieur, de vous saluer en passant !

 

Dominique BERNERD

 

Le remboursement des consultations de psychologue sera mis en vigueur à partir de janvier 2022. Le 28 septembre, Emmanuel MACRON a annoncé ces changements à la suite de la clôture des assises de la santé mentale et de la psychiatrie. Un plan qui semble pourtant bon en surface mais qui s’avère poser de réels problèmes en profondeur.   

 

TRIBUNE: Le 27 et 28 septembre dernier se sont tenues les Assises de la santé mentale et de la psychiatrie afin de trouver plusieurs solutions aux soucis psychologiques engendrés par la crise sanitaire de la COVID-19 et de permettre un meilleur accès aux soins.

Pour donner suite à celles-ci, de nombreuses décisions ont été prises. Des décisions qui ne font pas l’unanimité auprès des psychologues.

« Avant de décider quoique ce soit, il aurait peut-être été judicieux de se rapprocher des psychologues ou des syndicats qui nous représentent... Je ne connais aucun psy qui est d'accord avec ce qui a été proposé ! » déclare sans ambages Chloé TOUTAIN, psychologue en libéral à Dieppe.           

Emmanuel MACRON a annoncé que l’Assurance maladie remboursera toute la population dès l’âge de trois ans, après une consultation de psychologie libérale si celle-ci souffre de dépression ou d’anxiété.

En revanche, pour obtenir le remboursement de ces séances, le patient doit obtenir, au préalable, un adressage médical de son médecin généraliste. À la suite de cet accord, il est redirigé vers un spécialiste pour un forfait de huit séances de trente minutes renouvelables.

La première consultation sera facturée 40 euros. Puis, les suivantes seront de l’ordre de 30 euros sans dépassement d’honoraires.

Chloé TOUTAIN s’interroge : « Que fait-on des autres patients ? Et c’est aussi limité à partir de trois ans. Est-ce que cela signifie que je ne peux pas proposer de prise en charge avant cet âge ? ».

Emmanuel MACRON a, en revanche, précisé que les psychologues ne souhaitant pas participer à ce parcours de soins pourront continuer d’exercer comme ils le faisaient avant. Mais alors qu’en est-il réellement pour ceux qui adhéreront à ce projet ?

 

L’accès aux soins compromis ?

 

Suites à ces annonces pour le moins contestées, de nombreux hashtags tel que #Remboursementpsy ou #Psyencolère sont apparus sur les réseaux sociaux comme Twitter ou Instagram, afin de faire entendre leurs mécontentements.

Les psychologues ont également fait grève dès le mardi 28 septembre, jour où se tenaient les Assises. Cette grève avait pour objectif de témoigner la détermination des psychologues et ne pas céder à leur identité professionnelle. Ce qui devient problématique n’est pas tant le remboursement mais la dureté des conditions pour avoir accès à un psychologue.

 

 

Selon Chloé TOUTAIN : « normalement, le patient est libre du choix de son psy, ce qui n'est plus le cas. Une fois que le psy a vu le patient, il doit rédiger un compte-rendu au médecin pour affirmer qu'une prise en charge est nécessaire. Quid de la confidentialité ? ».

 

 

Des séances de soins ramenées à une petite demi-heure…

 

Élisabeth a relaté les faits et exposé son avis sur Instagram en tant que psychologue clinicienne et diplômée d’un master de psychologie clinique et psychopathologie.

Selon elle, « aller voir d’autres professionnels vient infantiliser et ne légitime pas les  patients dans leurs demandes et leurs besoins. »

Selon les besoins, une séance dure en moyenne entre quarante-cinq minutes et une heure trente. Avec les nouvelles conditions édictées par Emmanuel MACRON, celles-ci seront réduites à seulement trente minutes.

C’est l’un des points qui déplaît le plus aux citoyens. En effet selon, Calista MARQUET, étudiante en deuxième année de licence de psychologie à l’université de Bourgogne : « On veut limiter les séances à un certain temps sans même savoir le besoin du patient. ».  

Inconcevable ! Or, en réduisant le temps de rendez-vous, le psychologue sera contraint de proposer davantage de créneaux horaires afin de pouvoir être rentable à la fin de sa journée.

De plus, selon Élisabeth, « le temps proposé ici vient accélérer, voire supprimer les temps que comportent une séance (entrée, reprise de confiance afin de se livrer, échanges, silences, séparation) ».

Un dossier kafkaïen à suivre de près !

 

Jordane DESCHAMPS

 

Loin d’être anodin, l’argument circule depuis fort longtemps parmi les milieux autorisés avec une réelle persistance. Ce n’est donc pas la première fois qu’au détour d’une simple conversation captée au contact d’un représentant de la classe politique ou lors d’une intervention publique à une tribune, que l’on en entend parler.

Si cela s’avérait exact, ce serait un étrange paradoxe que celui-ci ! Alors que les instances régionales ouvrent grands les robinets financiers à chaque séance de la commission permanente pour arroser d’aides bénéfiques de multiples projets dont ceux de l’Yonne, il semblerait, selon les propos qui se répandent çà et là telle une trainée de poudre que le département le plus septentrional de la Bourgogne Franche-Comté serait une fois de plus le laissé pour compte. Il ne récolterait in fine que les miettes du plan de relance !

Ce faisant, ce territoire occuperait derechef la dernière position des départements bénéficiaires de ce plan à grande échelle sur l’échiquier régional (sic) !

 

L’Yonne n’a pas à rougir de sa dotation…

 

Réunis ce vendredi 29 octobre à Besançon, les élus régionaux ont pourtant accordé après scrutin une enveloppe de plus de 185 millions d’euros d’aides.

Des subsides concernant en partie le Plan d’accélération de l’Investissement régional (PAIR) mis en place par l’organisme de la tutelle territoriale afin d’annihiler les conséquences néfastes imputables à la crise sociale et économique provoquée par l’épidémie de la COVID-19. Et naturellement, parmi ces aides, l’Yonne qui y figure bel et bien en récupère de manière très légitime les fruits sur certains dossiers.

En outre, à la lecture attentive du dernier compte-rendu d’une dizaine de pages détaillant avec moult précisions la répartition de ces aides régionales décidées ce vendredi, l’Yonne n’a pas à rougir de sa dotation.

Qu’il s’agisse de la formation professionnelle autour de l’attractivité de la filière des métiers du grand âge et du handicap, des structures positionnées dans l’univers de l’ESS (Economie Sociale et Solidaire), des segments agricoles et industriels, du soutien à la commercialisation en vente directe des productions agro-alimentaires locales : la Région confirme sa présence dans l’obtention de cette manne budgétaire au nord de sa zone géographique de prédilection.

 

 

Des enveloppes conséquentes destinées à l’aménagement du territoire…

  

Que dire aussi de l’engagement de l’institution régionale dans des domaines aussi disparates mais complémentaires au niveau des retombées économiques que peuvent l’être le tourisme avec l’aménagement des berges de l’Yonne à la lisière de la Nièvre, les projets péri-pédagogiques en milieu scolaire (les lycées et leur gestion qui restent l’apanage du Conseil régional) ou encore le coup de pouce accordé aux clubs sportifs amateurs ou de haut niveau, très impactés depuis près de vingt mois par une crise sanitaire sans précédent à l’ère moderne.

L’aménagement du territoire, enfin, demeure l’un des chevaux de bataille de l’exécutif territorial. Ainsi, 400 000 euros aideront à la finalisation de la vélo-route reliant le Canal du Nivernais à Avallon et la vallée du Serein. Une autre voie verte, pédestre celle-là, permettant de rejoindre le site touristique de Rogny-les-Sept-Ecluses à l’étang de Moutiers, a reçu l’imprimatur de la Région avec ses 300 000 euros d’aides à la clé afin d’en accélérer son aménagement.

Voilà une décision qui ne peut que satisfaire le président de la Communauté de communes de Puisaye-Forterre, le conseiller régional Jean-Philippe SAULNIER-ARRIGHI !

Le transport et les enjeux liés à la mobilité verte représentent la figure de proue de ce territoire régional qui n’avance pas masqué quant à ses appétences à soutenir toutes les initiatives favorisant l’accueil et l’essor du développement des énergies renouvelables.

La récente inauguration de la station hydrogène à Auxerre et la promotion de son écosystème en témoigne.

Quant aux travaux d’accessibilité des gares ferroviaires dont celle de Sens (de loin la plus fréquentée de l’Yonne avec environ 5 000 passagers effectuant au quotidien la navette vers Paris), leurs études sont en cours en étant financées par l’exécutif régional.

 

 

Les élus de l’Yonne peu réactifs pour présenter les dossiers à la Région ?

 

Alors, si elle existe, où se situe vraiment la faille dans le système qui entretient cette information si persistante ? La réponse, on la subodore déjà.

Elle a été suggérée cette semaine, où s’exprimant face aux élus de Puisaye-Forterre dans le cadre des « Entretiens de CHAMPIGNELLES », le troisième vice-président de la Région Nicolas SORET, en charge du développement économique, n’a pas manqué de faire part de ses observations lucides. Et d’un constat au goût quelque peu amer.

Pour lui, « les élus de l’Yonne ne font pas la course en tête pour l’attribution des fonds du plan de relance… ». Pourquoi ? Par manque d'informations ? A cause de la lourdeur des contraintes administratives ?  Où de liens avec les acteurs de l'économie ?

En terme clair, ce sont à eux (et à leurs équipes) de monter et de présenter des dossiers administratifs qui tiennent la route, au vu de leur proximité et de leurs liens directs avec les entreprises locales, afin de les adresser à la Région pour qu’ils entrent ainsi dans la boucle aux financements.

Un sérieux bémol, toutefois : il ne faudra pas trop tarder pour le faire. En effet, la date du 31 décembre est proche. Dès 2022, il sera trop tard. D’autant que compte tenu du contexte électoraliste et des perspectives conjoncturelles incertaines, il est même possible que les subventions soient réduites à peau de chagrin pendant un certain laps de temps.

Il ne resterait alors plus qu’aux élus retardataires que leurs yeux pour pleurer et dire adieu aux aides de la Région…

 

Thierry BRET

 

 

Chantre du libéralisme, l’économiste et essayiste Nicolas BOUZOU était l’invité de l’assemblée territoriale de CERFRANCE BFC qui s’est tenue à Auxerre. Habitué des plateaux de télévision et des conférences-débat, il a pendant près de deux heures, captivé le public en délivrant sa vision sur le contexte économique actuel et les grands défis qui se présentent à nous… 

 

AUXERRE : Que l’on partage ou non les propos de l’orateur, il est une chose établie : l’homme ne manie pas la langue de bois. Quitte à appuyer parfois là où cela fait mal ou à faire fi de certains discours entendus : pénurie de matières premières (« on peut imaginer une surabondance de l’offre dans quelques années… »),  les problèmes des entreprises (« nombre de secteurs où les salaires sont trop bas et le management pas bon … » ; le chômage (« il faut aller plus loin en matière de réforme et rendre les indemnités dégressives au bout de douze mois… » ; le problème du pouvoir d’achat (« c’est en fait un problème de salaires… »).
A l’instar de tous les observateurs économiques, Nicolas BOUZOU pensait que l’on sortirait exsangue de la crise sanitaire. La réalité est toute autre, avec une croissance si forte que les facteurs de production ne peuvent plus suivre : « il y a un an, on aurait signé des deux mains pour un tel scénario ! ».

 

Toutes les problématiques vont finir par se résoudre…

 

Le résultat à ses yeux, d’une réelle protection de l’économie, particulièrement en France avec le « quoiqu’il en coûte » : « bien pensée et bien exécutée ». Avec à la clé un nombre d’emplois salariés en équivalent temps plein, supérieur à ce qu’il était avant la crise, mais           avec pour revers de la médaille, « une économie qui a redémarré trop rapidement, aujourd’hui en surchauffe et sur le point de s’arrêter faute de matières premières, de porte-containers et de gens dans les ports. On manque de tout ! ».

La conséquence aussi d’une pandémie qui a laissé des traces en matière d’organisation, mais pas question de s’alarmer pour autant : « cela va tellement bien se résoudre que l’on peut imaginer une surabondance de l’offre dans quelques années, notamment sur le marché des semi-conducteurs car on construit des usines partout… ».

Citant pour exemple les quarante usines de vaccins bâties en un an en Europe, signe de « la puissance économique de notre civilisation ».

 

 

S’ajuster au niveau des pays socio-démocrates scandinaves…

 

A contrario, Nicolas BOUZOU juge plus inquiétants les 3 à 5 % de personnes ayant quitté le monde du travail pendant la crise pour tenter de subvenir à leurs besoins par le chômage ou la solidarité : « on peut tourner le problème comme on veut, être aussi bien-pensant, aussi démago que l’on veut, il y a un réel souci ! ». Appelant à ce que chacun prenne sa part de responsabilité là où il a failli, que ce soit au niveau des entreprises, « il est des secteurs où les salaires sont trop bas et les managements pas bons » ou des pouvoirs publics, « en incitant les gens à suivre des formations correspondant aux besoins de l’économie et des entreprises ». Mais se déclarant partisan d’aller plus loin en matière de réforme de l’assurance chômage et de rendre dégressives les indemnités au bout de douze mois : « ce qui en termes de violence sociale, nous mettrait au niveau des pays sociaux-démocrates scandinaves. Ce qui n’est pas me semble-t-il, insoutenable, au regard de ce qui se fait dans le monde… »  

 

L’Etat français possède un gène dépensier extrêmement actif…

 

Parmi les grands défis de demain, celui visant le social, avec des salaires qui ne correspondent plus aux attentes nées de la crise et des espoirs engendrés par la relance : « les gens après un tel traumatisme, aspirent à vivre mieux. Il faut des augmentations de salaires, notamment pour les plus bas. Mais avec 1 % de croissance annuelle, ça ne passe pas, il faut au moins doubler et passer à 2 %... ». Et selon le directeur fondateur du cabinet d’analyses économiques ASTERES, outre les gains de productivité, faire que les gens travaillent plus nombreux et plus longtemps. Comme un petit air déjà entendu, de « travailler plus pour gagner plus »… 
L’ère inflationniste qui se profile, combinée à une hausse de la dette publique pourrait faire craindre le pire, mais par chance pour l’Etat, dans un contexte de taux d’intérêts très bas, voire à certains moments négatifs : « un truc de dingue ! L’explosion de l’endettement de l’Etat a amélioré sa situation financière ! Comme disait Napoléon, avoir de la chance à ce niveau-là, ça frise le génie ! ». Une dette qu’il faudra néanmoins rembourser et n’en déplaise au contexte pré-électoral, il faudra faire attention au carnet de chèques : « notre pays a un gène dépensier relativement actif ».



Le chèque inflation : une fausse bonne idée qui crée de l’inflation !

 

Si Nicolas BOUZOU préfère à une baisse des taxes sur le carburant, l’octroi d’un chèque de 100 € à une partie de la population, comme l’a annoncé la semaine dernière Jean CASTEX, « politiquement c’est astucieux, économiquement ça se défend… ». Gare aux effets pervers du système en cas de hausse inflationniste pérenne : « l‘Etat peut continuer chaque année à distribuer ainsi un bout de revenu pour compenser l’inflation, mais ce chèque est financé comment ? Par la dette, elle-même financée par les achats de la Banque Centrale. Avec pour impact de générer de l’inflation… ». C’est le serpent qui se mord la queue : « il ne faut surtout pas le dire aux Français pour ne pas les déprimer, mais avec un tel scénario, le chèque-inflation sera totalement absorbé par l’inflation qu’il aura lui-même créé ! ».

Autre enjeu à venir, celui de la décarbonation de l’économie, basée aujourd’hui encore, essentiellement sur les ressources fossiles. Avec pour objectif à l’échelle mondiale, de passer de 50 milliards de tonnes de CO2 émis annuellement, à zéro à l’horizon 2050. Misant pour cela plus sur un effort d’investissement que sur les seules économies d’énergie : « bien sûr qu’il faut de l’éolien, du photovoltaïque, de l’hydrolien, mais il faut avant tout garder le nucléaire, le développer et ne surtout pas le fermer. Vous ne pouvez pas imaginer plus absurde comme idée d’arrêter quelque chose qui marche, surtout si en plus vous pouvez le vendre à l’international ! ». Refusant toute idée de transition écologique qui passerait par une décroissance généralisée, source de baisse du PIB et des revenus : « mon sentiment est que les populations préféreraient le réchauffement politique aux conséquences sociales d’une telle politique… ».

 

 

 

Nouvelles technologies : la France est encore à la traîne…

 

La troisième révolution industrielle est en marche et s’est même vue accélérée par la crise que nous venons de traverser : biotechnologies, numérique, intelligence artificielle, robots font désormais partie de notre lot quotidien. Pour preuve l’usage renforcé du télétravail dans les entreprises depuis dix-huit mois. Mais la France reste à la traîne en matière de production de ces nouvelles technologies : « nous ne sommes pas bons ! Apple, Amazon, Google, Tesla, Spacex sont toutes des entreprises américaines même si ça nous agace ! ». Une défaillance d’autant plus regrettable selon Nicolas BOUZOU, dans ce contexte de nouvelle guerre froide entre Américains et Chinois, tirant plus sa substance sur la conquête technologique que sur le terrain militaire. Face à cela, deux stratégies pour l’Europe : « se laisser dériver et devenir un sous-traitant de ces deux pays ou tenter des « trucs » même si on a du retard, avec des secteurs comme l’hydrogène vert. Peut-être une idée d’avenir grâce au nucléaire, là où les Chinois en fabriquent encore avec du charbon… ». L’économiste et essayiste a sans nul doute déjà fait son choix !

           

Dominique BERNERD

 

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