Le tsunami contestataire qui secoue de plus en plus ce petit bout d’occident aux confins de l’Empire du Milieu était à prévoir. Dès le début de la rétrocession par la Grande-Bretagne de cette enclave européanisée au premier juillet 1997 à la Chine, beaucoup de spécialistes des relations internationales prédisaient ce qui allait survenir tôt ou tard dans cette partie du monde.

Ce n’était en somme qu’une simple question de temps et de patience. Voire de volonté farouche pour l’un des dirigeants de la première puissance mondiale, Xi JINPING. Si ce n’est encore au plan économique, juste au niveau démographique en comptabilisant le nombre d’habitants chinois qui peuple la planète…

La Chine n’a donc jamais caché ses réelles intentions vis-à-vis de l’ancien territoire occupé jadis par la couronne Britannique. Certes, selon les accords de la loi fondamentale qui régit ce morceau de terre ô combien névralgique sur le globe, le système capitaliste qui sied très bien aux Hongkongais est maintenu en l’état durant les cinquante années qui suivent cette rétrocession territoriale. Soit une période qui trouvera son terme définitif au 01er janvier 2047. C’est-à-dire presque demain…

Un alinéa essentiel est également stipulé dans cette convention : le système socialiste de la République populaire de Chine ne devra pas y être appliqué. Au vu des récents développements de l’actualité, on peut résolument en douter.

Le premier port mondial et la troisième place financière du monde voient désormais leur économie se déliter au fil des jours sans fin qui se succèdent. Sans l’ombre d’une véritable éclaircie.

Pis, la situation ne cesse de se dégrader entre le pouvoir en place, incarné par la « dame de fer » gouvernementale à la solde de Pékin, Carrie LAM, et les manifestants issus de classes estudiantines et populaires qui espèrent conserver un vent de liberté au-dessus de leurs têtes.

Or, depuis le début de la semaine, la donne de ce jeu de dupe façon poker menteur semble évoluer en faveur de la puissance chinoise. Celle-ci vient de déployer un important contingent de soldats et de matériels militaires à la frontière du territoire. Dans l’une des villes vitrines qui traduit sa prégnance économique sur la planète : Shenzhen, une métropole de près de treize millions d’habitants bénéficiant d’une certaine aura dans les milieux des affaires à l’instar de Shanghai ou de Canton.

Positionnées aux abords de terrains de sport (la belle image !), les troupes de l’armée à l’étoile rouge sont suspendues aux ordres du comité exécutif du pouvoir central.

On n’ose imaginer ce qu’il adviendrait en cas d’intervention brutale de ces militaires, puissamment équipés, sur des manifestants qui n’ont que leurs voix et leurs pancartes pour faire entendre leurs revendications à la face du monde.  

Hormis le président américain Donald TRUMP qui s’est fait l’écho de vives protestations auprès de son homologue de Pékin depuis le début de cette crise, l’Europe a une fois de plus eu beaucoup de mal à faire part de ses critiques et réactions d’un seul tenant. Seul le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves le DRIAN, a rappelé les parties en présence à faire preuve de retenue dans leurs actes…

Le risque d’affrontements généralisés est important. Celui de revoir un sinistre remake des évènements de la Place Tien’anmen aussi. C’était en juin 1989. Un triste anniversaire qui est naturellement passé sous silence à Pékin comme dans l’ensemble du pays où l’opposition au régime socialiste n’a pas voix au chapitre. Alors qu’elle désire s’imposer comme le leader mondial de l’économie internationale, depuis le sérieux bras de fer qui l’oppose à l’ogre américain, la Chine de Xi JINPING n’a toutefois pas le droit de commettre un impair diplomatique malgré la « verrue démocratique », symbolisée par la ville lumière.

Donc, pour l’heure, les exactions ne sont pas encore prévues au programme des réjouissances locales. Mais, la marge de manœuvre des contestataires ne tient néanmoins qu’à un fil.

Pour l’heure, Hong Kong vit une situation pour le moins inhabituelle et paradoxale de son existence. Elle qui rayonne d’ordinaire au firmament des ambitions économiques mondiales. Aujourd’hui, le tourisme en berne ne fait plus recette ; le commerce broie du noir quant aux marchés, ils frissonnent en croisant les doigts en souhaitant ne pas subir les affres d’une fièvre jaune irrépressible…L’attentisme est de rigueur. Mais pour combien de temps ?

Thierry BRET

    

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