L’initiative est judicieuse. Elle offre l’opportunité de s’immiscer au plus près de la réalité de la filière agricole. Histoire de rétablir certaines bonnes vérités en cette période d’agri-bashing sur ce qui se passe réellement dans le quotidien d’une exploitation ou chez un viticulteur. Une dizaine de professionnels ont accepté de jouer le jeu et de décliner cette opération organisée par la FDSEA de l’Yonne…

AUXERRE : Cette année, à l’occasion de ce nouveau rendez-vous, les professionnels investis dans cette animation pédagogique seront au nombre de neuf, précisément. Avec la présence de quelques belles références du côté des viticulteurs du cru, à l’instar du domaine Louis MOREAU à Beines ou de celui géré par Jean-Louis et Jean-Christophe BERSAN à Saint-Bris-le-Vineux.

Porté par la Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles de l’Yonne (FDSEA), l’évènementiel, soutenu par d’incontournables partenaires (Crédit Agricole, GROUPAMA, Chambre d’Agriculture ou Conseil départemental), n’a d’autres objectifs que de dévoiler les multiples facettes de celles et de ceux qui créent de la valeur ajoutée à leur production. Qu’elle soit viticole ou agricole.

Au-delà de cette vitrine, éminemment sympathique parmi les chais ou les basse-cours, le concept a le mérite de proposer une communication palpable à destination du grand public peu inféodé aux habitudes techniques de la filière. Donc, un rendez-vous imparable au niveau de la stratégie mise en exergue pour tordre le cou aux empêcheurs de tourner en rond, adeptes de l’agri-bashing dès que le moindre projet agricole pointe le bout de son nez !

Depuis que la FDSEA organise cette animation, le succès est au rendez-vous. Au-delà de la gratuité, les visiteurs ont la possibilité de goûter les produits fabriqués sur place. Mais, surtout de pouvoir discuter de visu avec les exploitants.

En savoir plus :

FDSEA 89 au 03.86.49.48.10.

 

Mise en ligne le 20 mai dernier, à la sortie du confinement, la plateforme « J’veux du local » n’a d’autres vocations que de soutenir les initiatives issues de notre terroir. Même si aujourd’hui, ce dispositif numérique s’étend à la quasi-totalité des départements de Bourgogne Franche-Comté. Le site accueille déjà 170 producteurs dûment référencés. Il répertorie également une quarantaine de marchés et lieux de vente. D’autres impétrants frappent à la porte…

AUXERRE : Apparu initialement en Saône-et-Loire, le site interactif départemental assurant la promotion des producteurs du terroir s’est petit à petit installé dans le paysage consumériste régional.

Avec brio, si l’on s’en réfère aux commentaires élogieux du président de la Chambre d’Agriculture de l’Yonne Arnaud DELESTRE.

Lors de la plénière de ce jeudi 10 septembre, le responsable de la chambre consulaire icaunaise a fait un état des lieux du concept soutenu par le Département.

A ce jour, l’outil accueille 170 professionnels. Ils y sont répertoriés par une nomenclature alphabétique ou par typologie de filières. Une quarantaine de marchés et lieux de vente complètent cet inventaire astucieux qui a pour objectif de guider le consommateur vers les producteurs du cru.

Des chiffres qui devraient augmenter au fil des prochaines semaines tant le potentiel est important. Environ 160 autres producteurs, hors secteur viticole, devraient enrichir la base de données. Bientôt, artisans, commerçants mais aussi restaurateurs qui s’approvisionnent en produits de proximité figureront en bonne position sur ce portail informatique.

 

Les drive-fermiers voient leurs chiffres s’envoler…

 

De son côté, le Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté a favorisé la reconnaissance de ce support en inondant le territoire d’une vaste campagne de communication. A grand renfort d’affichage 4X3, d’encarts publicitaires dans les médias papier et numériques ou de slogans publicitaires sur les ondes.

Seul voile au tableau sur la portée exacte de ce site : la fréquence réelle des internautes qui le visitent. Aucun chiffre n’a été divulgué sur ce point au cours de cette présentation.

A contrario, Arnaud DELESTRE a été plus prolixe sur le regain d’activité enregistré par les trois drive-fermiers de l’Yonne. Ceux-ci ont connu une multiplication par trois ou quatre du nombre hebdomadaire de paniers achetés durant la période de confinement. C’est dire le succès de la formule qui sied très bien à l’état d’esprit des consommateurs icaunais.

Et même si depuis le 11 mai (terme du confinement) l’activité s’est quelque peu étiolée ; la part de fréquentation de ces moyens de commercialisation reste environ deux fois supérieur à celle qu’elle était auparavant. Encourageant !

 

 

Attendue depuis dix ans par les professionnels de la filière, la décision était suspendue au verdict de l’INAO. Celui-ci est tombé le 03 septembre. Saluant une décennie d’engagement et de labeur en faveur de la reconnaissance de l’appellation. Grâce à cette mention « premier cru », le rayonnement touristique et économique de ce vignoble situé au sud de la Bourgogne va s’en trouver renforcée…

MACON (Saône-et-Loire) : C’est fait : la mention « premier cru » de l’AOP Pouilly-Fuissé est enfin reconnue ! Le Comité national des appellations d’origine relatives aux vins et aux boissons alcoolisées (ainsi qu’aux spiritueux) a approuvé la reconnaissance des vingt-deux climats accompagnés de cette fameuse mention à ce vignoble implanté au sud-ouest de Mâcon.

Une belle récompense pour l’Organisme de défense et de gestion de l’AOP qui a travaillé d’arrache-pied avec les services de l’INAO en étudiant la notoriété, les usages et les caractéristiques naturelles des parcelles.

Résultat de ces interventions : ce sont 22 climats classés en premier cru, soit 194 hectares répartis sur les quatre communes de Chaintré, Fuissé, Solutré-Pouilly et Vergisson, qui sont ainsi répertoriés.

Jusqu’ici, les appellations communales du Mâconnais ne bénéficiaient pas de climats en « premier cru ». Par ce terme, on désigne les spécificités de certains lieux-dits selon la terminologie bourguignonne.

 

 

L’AOP Pouilly-Fuissé ne concerne que des vins blancs. Ils sont produits au sein d’une aire délimitée de 800 hectares. Trois cent cinquante vignerons y disposent en moyenne de trois hectares de superficie pour exploiter ce vignoble. L’an passé, 40 000 hectolitres de ce nectar avaient été produits.

Cette reconnaissance est très prometteuse pour l’avenir de la région en termes de développement économique.

Une distinction dont s’est fait écho la présidente du Conseil régional Bourgogne Franche-Comté Marie-Guite DUFAY par un communiqué de presse où elle se félicite de la décision de l’INAO.

 

 

Il faut sauver les chèvres et chevrettes du soldat Claire GENET ! Un sinistre a ravagé la nuit dernière un hangar agricole à Escolives : il contenait en partie leur pitance. Une nourriture saine, du foin de premier choix et de la luzerne bio dont sont si friandes les soixante-six protégées de la ferme ULTERIA. Ce projet novateur, sorti de terre il y a quelques mois, est soutenu par les réseaux économiques. Au commande : une jeune fille ambitieuse qui aujourd’hui appelle à l’aide…

SAINT-BRIS-LE-VINEUX : Tout est parti en fumée en l’espace de quelques minutes. Il ne reste rien ! Un monceau de végétaux calciné. Un incendie à l’origine plus que douteuse, sans doute criminelle précise-t-on déjà dans le landerneau, ayant détruit le fruit de récoltes précieuses. Ce sinistre a de très lourdes conséquences pour la jeune chef d’entreprise, Claire GENET.

La trentenaire a été impactée en première ligne par ce feu si troublant. Logique, une grande partie du foin et de la luzerne bio qui y était entreposée servait de nourriture de choix pour son cheptel.

Des chèvres et chevrettes élevées avec amour dans sa ferme opérationnelle depuis un semestre qui a été érigée entre Saint-Bris-le-Vineux et Champs-sur-Yonne. Il suffit de goûter ses succulents fromages pour s’en rendre compte. L’ingénieure Claire GENET n’a pas manqué sa reconversion depuis qu’elle s’est lancée dans cette aventure un peu folle lui procurant néanmoins tant de satisfaction.

 

 

Une bouteille jetée à la mer…

 

Au lendemain de ce fait divers, circonscrit dans la nuit par les sapeurs-pompiers du SDIS 89, la jeune femme auréolée du titre symbolique de lauréat du réseau Entreprendre Bourgogne a fait les comptes. Au niveau du stock de ces précieuses matières nourricières devant alimenter son petit troupeau de chèvres et de chevrettes. L’inquiétude l’a guette, dorénavant.

Surtout que les réserves alimentaires dont elle dispose encore dans sa ferme n’excèdent pas une quinzaine de jours de battement. Or, soixante-dix tonnes de foin de luzerne bio seront très vite nécessaires pour nourrir ses chèvres. A cela, il faudra ajouter du foin de pré aux origines bio pour sustenter ses chevrettes.

Bref, un vrai casse-tête chinois pour la fermière qui ne sait plus à quel saint se vouer pour résoudre du mieux possible cette équation comportant de nombreuses inconnues. Car, la sécheresse persistante de cet été n’arrange rien à la situation. D’autant qu’il lui faut trouver très vite des moyens de rebondir à moindre coût côté frais de transport.

Perplexe, Claire GENET tire depuis ce matin les sonnettes d’alarme. Notamment auprès de la Chambre départementale d’Agriculture de l’Yonne avec laquelle elle fera un point complet de sa situation.

On sait les agriculteurs solidaires entre eux face à l’adversité. Plus que jamais, les chèvres et chevrettes de Claire GENET ont besoin de leur soutien massif et vertueux.

Pour que puissent s’alimenter convenablement celles qui nous offrent leur lait à la source de merveilleux fromages…

 

 

On attendait avec impatience la venue du président de l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture (APCA) dans l’Yonne. Malheureusement, un ennui de santé de dernière minute aura privé la belle initiative de la FDSEA et de la Chambre d’agriculture de cette visite ô combien importante pour une filière professionnelle en souffrance économique prise en étau entre sécheresse et faibles rendements des récoltes. Qu’importe ! L’absence de Sébastien WINDSOR n’aura entaché en rien la qualité de ces débats suivis par un aéropage de premier choix : les représentants de la sphère politique départementale…

NOYERS-SUR-SEREIN : Sur le papier, le monde agricole devait effectuer le grand coup médiatique de la rentrée en accueillant le président de l’APCA Sébastien WINDSOR, destinataire d’un courrier d’invitation qui en disait long sur les attentes des professionnels de la filière avec cette visite.

Associées dans cette initiative judicieuse, la Fédération départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles et la Chambre d’Agriculture de l’Yonne n’avaient qu’un seul et unique objectif avec ce déplacement concocté sur la journée dans la région de Noyers mettre toutes les cartes sur la table pour aborder les préoccupations du moment.

 

 

Elles étaient légion eu égard à l’actualité entre la sécheresse qui sévit, le faible rendement des récoltes céréalières, la difficile construction de la Politique Agricole Commune à l’échelle de l’Europe, la perte de revenus des agriculteurs, etc.

Dommage, trois fois dommage, l’absence de Sébastien WINDSOR, patron de l’APCA, aura quelque peu refroidi les participants venus en nombre sur les deux exploitations choisies par les organisateurs pour faire office de lieux de réception. Le matin à Annoux chez Jacques PIAULT ; l’après-midi dans l’infrastructure de Franck MENARD à Noyers-sur-Serein.

 

 

Pléthore de sujets et pistes de réflexion…

 

Malgré cela, l’animation répondit à toutes ces promesses. Avec une mobilisation hors normes de la sphère politique qui prit soin d’écouter avec intérêt les doléances de la filière en proie à une récurrence d’aléas depuis pas mal de temps.

Problématique de l’eau, diversification nécessaire des cultures, handicaps naturels de la Zone intermédiaire dans laquelle se situe le territoire de l’Yonne (une zone synonyme d’oubli pour certains), réintroduction de l’élevage (ovins) malgré la présence du loup, rééquilibrage de la PAC ou inadaptation du système assurantiel des risques climatiques furent autant de points d’interrogations abordés librement par cet échantillon représentatif du monde agricole en présence des élus.

Un large temps de parole fut aussi consacré au développement du photovoltaïque au sol, une démarche novatrice « Yonne » qui doit être déclinée en charte départementale à l’avenir. Un cas précis de hausse de revenus que commenta l’exploitant Franck MENARD fort de son expérience.  

 

 

Les représentants de CER France firent une longue analyse sur l’évolution des résultats enregistrés par les exploitations icaunaises en système spécialisés grandes cultures sur la période 2012/2019. Avant de brosser les perspectives espérées en 2020.

Pour Arnaud DELESTRE, président de la chambre consulaire agricole et Damien BRAYOTEL, son homologue de la FDSEA 89, la journée devait se conclure par un débriefing général en présence de tous les acteurs de la filière. Avec en toile de fond une question devant tarauder les esprits : quelle poursuite d’action aux niveaux départemental, régional et national pour remettre la filière agricole sur de bons rails ?

Les réponses ne devraient pas tarder à se révéler dès la session de reprise de la Chambre départementale le 10 septembre prochain…

 

 

 

 

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