La France aurait-elle atteint un point de non-retour en matière de sécurité et de liberté profanée ? C’est ce que pense sans ambiguïté le leader du Rassemblement National qui, profitant de la présentation de ses partenaires icaunais engagés à ses côtés pour les échéances régionales, a pointé du doigt l’état de non-droit actuel. Bénéficiant du soutien inconditionnel des militants de l’Avenir Français, transfuges de Debout La France, le membre du bureau national de la formation bleu marine a placé sur le curseur des priorités les arguments sécuritaires en pôle-position…

 

AUXERRE : La France est-elle en état de déliquescence absolue en matière de sécurité ? Sans fioritures, la réponse formulée par le très médiatique porte-parole du Rassemblement National est plus que positive ! D’ailleurs, l’essentiel de ses propos, tenus lors de la présentation de ses colistiers icaunais lors d’une récente conférence de presse, ne laisse nullement la place aux doutes. L’Hexagone traverse une situation de crise aigüe et qui risque de perdurer longtemps si des mesures drastiques ne sont pas appliquées avec force et immédiateté.

Déplorant la perte de deux fonctionnaires dans l’exercice de leurs métiers, Julien ODOUL a eu une pensée et un temps de recueillement en mémoire du gardien de la paix Eric MASSON, abattu froidement dans une rue en Avignon.

Une tragique interpellation d’un dealer qui a viré au drame, provoquant l’ire du porte-étendard du RN en Bourgogne Franche-Comté : « La France doit mener un combat impitoyable contre ces trafiquants… ». Une véritable déclaration de guerre pour le conseiller municipal d’opposition de Sens qui s’insurge contre les perpétuelles incantations d’un gouvernement, laxiste à ses yeux parce que ne prenant pas les bonnes mesures coercitives.

 

Deux leitmotivs prioritaires : la sécurité et la protection des citoyens…

 

Au-delà de ces mots introductifs sans ambages, on l’aura compris : la tête de liste du Rassemblement National qui brigue un nouveau mandat d’élu à la Région tout en convoitant le fauteuil suprême de président de l’institution, place la sécurité et la protection de ses concitoyens parmi ses leitmotivs prioritaires.

Un choix stratégique dont il ne dérogera pas jusqu’au terme de son intervention puisque pour lui, « aucun organisme ne peut se dédouaner de cette mission ». Balayant d’un revers de la main ses nombreux détracteurs qui préfèrent être obnubilés sur d’autres thèmes de campagne que sont la santé ou l’éducation. Toutefois, le volet de la sécurité n’entre pas dans le domaine de compétence de l’organe régional. Il n’est de ce fait l’apanage que de l’Etat et de lui seul.

Qu’à cela ne tienne en vérité pour le communicant Julien ODOUL qui égrène ensuite une panoplie de mesures visant à renforcer la sécurité dans le territoire. Depuis le recrutement de compétences armées devant officier dans les gares routières et ferroviaires, y compris dans les moyens de transport, mais aussi d’agents assermentés qui viendraient grossir les rangs des effectifs de la police municipale.

Certes, elle n’est pas la panacée absolue mais la vidéo-protection gagnerait également les entreprises, soumises à de nombreux cambriolages depuis plusieurs mois. Les « bandes des pays de l’Est », visées par l’orateur du jour, n’auront plus qu’à pointer à Pôle Emploi !

Mais, au-delà de ces dispositifs anti-empêcheurs de tourner en rond, le chef de file de la formation bleu marine n’en oublie pas les victimes de ces actes d’incivisme et de non-respect d’autrui.

Ainsi, une enveloppe de 5 millions d’euros serait attribuée aux personnes ayant subi des violences conjugales et autres méfaits du même acabit qui paraissent à la une des pages faits divers des médias.

 

 

Des flèches acerbes adressées à ses adversaires…

 

Soucieux d’apporter du concret et du réalisme dans les réponses que souhaitent entendre son électorat, Julien ODOUL, s’il est aux commandes de la région, coupera les vivres à celles des structures et autres organisations associatives qui alimentent la délinquance. Un vivons ensemble à reconstruire qui passerait immanquablement par le haro sur le gaspillage public dont il dénonce avec véhémence la pratique quotidienne depuis des lustres.

Voulant un moratoire sur la politique des villes et les cinq quartiers réputés les plus dangereux de ces mêmes agglomérations qui paradoxalement sont les plus riches du territoire, le candidat trentenaire veut mettre le paquet en termes de subventions pour aider les secteurs ruraux.

Dans le viseur, on s’en doutait : le département de l’Yonne, qui à l’instar de la Nièvre ou de la Haute-Saône, demeure l’un des parents pauvres côtés retombées financières avantageuses.

Se fendant d’une formule toute faite (« Rien n’est possible sans la sécurité que ce soit l’économie, le développement des transports et la protection environnementale…), le trublion de l’hémicycle régional fustige les « magouilles de tout poil » qui se vivent chez ses adversaires durant cette campagne, précisant, quant à lui, avancer sans masque.

Maniant le verbe et la gestuelle à son habitude, l’élu de l’Yonne n’épargne personne dans cette succession de reproches et de petites piques acérées qu’il adresse à ses opposants.

La première de ces cibles n’est autre que la présidente de l’exécutif. Une Marie-Guite DUFAY qui « aurait pu avoir d’autres ambitions compte tenu de son cursus que de ne faire barrage qu’au RN ». « C’est la candidate du passé et du passif, inodore et incolore… ».

Traité de « Tartuffe », le patron des Républicains Gilles PLATRET se voit qualifier de spécialiste des « tambouilles politiques » avec à la clé le débauchage d’anciens frontistes convertis entre-temps à la cause de Debout La France. Sans omettre des écologistes issus d’un « nébuleux mouvement » dont le « gourou » n’est autre qu’Antoine WAECHTER !

Bref : pour Julien ODOUL, cette cuisine politicienne a le goût au palais d’un « mauvais bœuf bourguignon indigeste ! ».

 

 

Quant au troisième personnage marquant de ces régionales, le maire de Nevers Didier THURIOT, à l’estampille de la République en Marche, il ne serait « qu’un adepte du recyclage de grumeaux comprenant un assemblage hétéroclite qui est la marque de fabrique de LREM, avec tout et le contraire de tout ! ». La messe des critiques est dite !

Désireux réduire la fracture sociale et économique observée entre les grandes villes du territoire et les zones rurales, Julien ODOUL a trouvé avec les représentants de l’Avenir Français des alliés de circonstance. Unis pour la même idéologie, en tentant de remporter le gain de la victoire.

« Nous possédons les mêmes valeurs, a rappelé le responsable politique RN, la commission d’investiture nationale a validé cette liste, la plus représentative de nos convictions… ».

A noter parmi celle-ci, les patronymes de Pascal BLAISE, ancien responsable de Debout La France dans l’Yonne et aujourd’hui membre fondateur de l’Avenir Français qui occupe la troisième position ou encore Annick VILBOIS, de la même mouvance politique à la quatorzième place ; mais également Audrey LOPEZ, conseillère municipale de Villeneuve-sur-Yonne, Xavier ROSALIE, premier adjoint de la commune de Piffonds ou encore Alexandre BROCHIER, ancienne figure du mouvement des « Gilets Jaunes ».

Avec ce groupe, Julien ODOUL entend bien jouer un rôle plus que de favori au soir du 27 juin, adoubé par Marine LE PEN qui est venue lui apporter son soutien lors d’un déplacement ce mardi à Chalon-sur-Saône. Dans le fief de Gilles PLATRET, comme c’est étrange !

 

 

Liste des candidats :

 

Julien ODOUL, président du groupe RN à la Région BFC,

Audrey LOPEZ, conseillère municipale à Villeneuve-sur-Yonne,

Pascal BLAISE, Avenir Français, membre fondateur,

Anissa BEERRAHO,

Alexandre BROCHIER,

Patricia GRASSET,

Romain LUBOUE, conseiller municipal de Pont-sur-Yonne,  

Elodie REBILLON,

Daniel GRENON,

Vanessa HERNANDEZ,

Léandre CROENNE,

Karine CHICANNE,

Xavier ROSALIE, premier adjoint à Piffonds,

Annick VILBOIS, Avenir Français.

 

Thierry BRET

 

Elus en 2015 à l’issue d’une triangulaire au Conseil départemental, Isabelle JOAQUINA et Christophe BONNEFOND remettent leur fauteuil en jeu. Ils se présenteront aux électeurs les 20 et 27 juin sur le canton d’Auxerre 3. Une candidature sous l’étiquette de la majorité départementale qui s’appuie sur le travail réalisé lors de la précédente mandature. L’ambition du tandem est double : renforcer l’attractivité et faire avancer les grands dossiers qui marqueront la vie du territoire pour les six ans à venir. 

 

AUXERRE : Les prétendants aux élections départementales ne sont pas si nombreux à se présenter aux électeurs sous la forme du même binôme qu’il y a six ans. Candidats à leur succession, Isabelle JOAQUINA et Christophe BONNEFOND sont de ceux-là. Ils espèrent gagner une fois encore la confiance du plus grand nombre, avec l’ambition affichée de « pouvoir enfin mener nos projets et non uniquement ceux de nos prédécesseurs, tout en allant au bout des choses avec des finances plus saines », explique le maire de Venoy.

Les 50 millions d’économie dégagés lors du mandat précédent représentent autant de marges de manœuvre inscrites à leur programme pour de futurs investissements de rénovation, à destination notamment des collèges, des EHPAD et du réseau routier icaunais. Mais le contexte est difficile. Avec un département qui vieillit et des besoins en matière de solidarité qui n’en finissent pas d’augmenter : ils pèsent aujourd’hui pour 62 % du budget global.

 

 

L’inéluctable serpent de mer du contournement sud d’Auxerre inscrit au programme…

 

Longtemps considéré comme un serpent de mer, le projet de déviation sud d’Auxerre prend forme et fera partie des chantiers majeurs de la prochaine mandature. Le canton d’Auxerre 3 est d’autant plus concerné que le sujet touche aussi bien les communes rurales de la zone que le centre-ville d’Auxerre rive droite, pénalisé chaque jour un peu plus, par un trafic de poids lourds exponentiel.

Christophe BONNEFOND se veut confiant : « Le démarrage des travaux est prévu en 2023 pour une livraison en 2026. Les discussions autour du financement pour la part émanant de l’Etat et de la Région devraient se régler au second semestre, avant les présidentielles, mais il faut rester vigilants… ».

 

 

 

L’enveloppe du département avoisine pour sa part les 30 millions d’euros. Un chiffre à rapprocher des 130 millions d’euros d’investissement qui seront consacrés au réseau routier icaunais dans le futur budget départemental.

 

 

Surfer sur la vague de l’olympisme pour renforcer l’attractivité du territoire…

 

Les ambitions marquées des deux candidats passent aussi par une plus grande attractivité du territoire. Que ce soit en y faisant venir plus de jeunes médecins ou en terme de promotion, explique pour sa part Isabelle JOAQUINA : « On a beaucoup travaillé sur le sujet, comme ces panneaux installés en bordure d’autoroute, pour faire connaître le département et rappeler notamment que Chablis était bien dans l’Yonne ».

L’adjointe au maire d’Auxerre, espérant bien pour cela, surfer sur la vague olympique au travers de l’opération « Yonne 2024 » : « l’on a repéré sept sites  susceptibles d’ici les Jeux d’accueillir des bases arrière pour l’entraînement des délégations, avec en retour des répercussions touristiques, sportives ou autres ».

Privilégiant au poids des étiquettes politiques, la proximité du terrain et le contact avec les habitants, le binôme en campagne mise sur la dizaine de rencontres publiques programmées d’ici le premier tour à travers tout le canton pour en convaincre les électeurs.

Un canton où se côtoient la campagne viticole et l’histoire au travers du vieil Auxerre souligne d’un sourire Christophe BONNEFOND : « trait d’union entre Auxerre et Chablis, c’est le plus beau canton du monde ! ». Ite missa est !

 

Dominique BERNERD

 

 

D’ordinaire, le soporifique concours de l’Eurovision, 65ème du nom accueilli cette année à Rotterdam (Pays-Bas), n’aurait mérité que quelques lignes de couverture dans notre média. On y aurait mentionné en tout et pour tout la seule identité du vainqueur. Voire le classement du représentant tricolore en manque de résultats probants depuis quarante-quatre ans, après la victoire nostalgique de Marie MYRIAM avec « L’Oiseau et l’Enfant » en 1977.

Il faut croire que les choses ont évolué sciemment pour que nous y accordions l’intégralité d’un éditorial ! Non pas que cette énième diffusion ait été moins ennuyeuse et plus qualitative au plan artistique (au secours !) que les précédentes mais surtout parce qu’elle aura été marquée par des aspects surréalistes à la limite du sulfureux, voire du grotesque.

Tant au niveau des notations obtenues par certains candidats que de la contemplation d’images étranges, sujettes aujourd’hui à une multitude de commentaires vindicatifs sur les réseaux sociaux.

D’ailleurs, des polémiques, il y en a eu à foison,  après le succès pour le moins surprenant de la formation italienne, le groupe de métal « MANESKIN » qui ne devrait rester dans les annales musicologiques que pour les doutes qui ont été semés dans les esprits des téléspectateurs les moins endormis durant cette retransmission, fade comme un jour de pluie sans fin sur le littoral breton !

 

 

Une polémique pour le moins sulfureuse autour des vainqueurs…

 

De quoi s’agit-il, en vérité ? Certes, de pas grand-chose à l’échelle de la planète et d’une actualité quotidienne qui vire le plus souvent à la tragédie, pour ne pas dire plus.

Mais, il aura suffi d’un simple visionnage d’images, et constater que le chanteur de ce combo inspiré de heavy métal se penche délibérément vers une table de salon en train de renifler, voire peut-être de sniffer on ne sait quelle substance illicite, pour changer la donne de ce rendez-vous pourtant gravé dans le marbre de la culture européenne.

Les plus médisants des observateurs et les mauvais perdants parleront immédiatement de prise de cocaïne, rien que cela ! Il est vrai que le leader du groupe, Damiano DAVID, aux yeux quelque peu hagard et embués d’incertitudes (un effet du maquillage ?), n’avait pas l’air de suivre avec grand intérêt la longue litanie de notes attribuées parfois de manière farfelue et comique par les représentants cathodiques des 42 nations composant le jury.

Ses trois comparses ne semblaient d’ailleurs pas plus frais que lui à l’issue de leur prestation scénique, en décalage profond avec la kyrielle de chanteuses blondes platine, body buldées au look de « bimbos » affriolantes, venues s’égarer dans ce traditionnel concours de la chanson. Sans doute, se sont-elles trompées de jour et d’épreuve en confondant l’Eurovision avec le concours de Miss Univers !

Interrogé par une noria de journalistes à l’issue de la soirée, le leader du groupe, se sentant rattrapé par la patrouille, expliqua aux médias s’être abaissé à cette table pour y ramasser des débris de verre contenant une boisson qui n’avait pas l’air franchement de ressembler à du lait fraise.

 

 

Jeu de complaisances entre pays amis...

 

Au-delà de ces turpitudes anodines ayant saupoudré de leur piment aigrelet une soirée d’où sorti du lot quelques artistes digne de cette appellation (la Suisse, la Belgique, le Portugal, l’Allemagne, la Bulgarie, la Suède ou l’Islande), cet « Eurovision 2021 » aura démontré dans les grandes largeurs qu’il existait un océan abyssal d’incompréhensions entre un jury composé de professionnels jugeant sur de réelles capacités techniques et vocales, et un jury populaire dont on s’étonne encore de la médiocrité musicale dont il a fait preuve au niveau de l’appréciation de ces « œuvres » .

A l’énoncé des résultats définitifs devant forger le classement de cette édition controversée, le public a même étrillé par des sifflets appuyés les candidats de l’Ukraine et de la Finlande qui passés de vie à trépas après le verdict catégorique du jury professionnel se sont retrouvés en pôle-position pour l’emporter après les voix du jury populaire, ressuscités des limbes malgré des chansons ineptes, voire inaudibles à nos oreilles !

Notons également, et c’est une première, le double zéro (jury officiel et populaire) à porter au crédit du malheureux représentant britannique que beaucoup vinrent consoler afin de lui éviter son « suicide » devant les caméras !

Il est vrai que la musique en provenance de la Perfide Albion n’a jamais été populaire aux quatre coins du globe et qu’elle n’a produit que de piteux musiciens de bas étage ! John LENNON et David BOWIE ont du se retourner à maintes reprises dans leurs tombes à l’issue de ce camouflet ridicule imputable, et cela a été évoqué par l’animateur Stéphane BERN lui-même, à la sortie de la Grande-Bretagne de l’Europe !

Bref, le BREXIT s’est donc invité à la première loge de cette confrontation artistique qui souffre déjà depuis plusieurs années des complaisances politiques à peine voilées entre pays participants. Ainsi, d’année en année, on sait que les douze points attribués par les Grecs tombent irrémédiablement dans l’escarcelle de Chypre et réciproquement ; que ceux distribués par la Russie abreuvent les candidats des ex-états du bloc soviétique, pays Baltes compris, que les Autrichiens ne veulent pas déplaire à leurs amis allemands, etc.

Drôle de principes préférentiels qui n’ont plus rien à voir avec la qualité d’une chanson, futur tube de l’été qui suivra.

 

 

La France loupe la victoire d’un cheveu…

 

Reste la prestation de la représentante de l’Hexagone, la talentueuse Barbara PRAVI et sa gestuelle qui devaient raviver les souvenirs envoyés par la « môme » Piaf ! Depuis trois décennies, la France n’avait pas connu meilleur classement,  en échouant d’un cheveu à la seconde place sur le podium. Sobre dans l’interprétation, brillante dans la tessiture : une voix qui connaîtra certainement une belle carrière par la suite.   

Aux dernières nouvelles, le comité d’organisation de l’Eurovision ne semble pas vouloir disqualifier le groupe italien malgré les lourds soupçons de prise de drogue dont il fait l’objet. La France a fait savoir par ailleurs qu’elle ne déposerait aucune réclamation en ce sens.

Moralité de l’histoire : pour remporter ce tremplin de la chanson européenne, mieux vaut être décadent, supposé être camé et dévoiler lascivement ses charmes que de posséder un réel talent d’interprète et de musicien ! Rideau !

 

Thierry BRET

 

Et si la majorité départementale actuelle réalisait son meilleur score au soir du 27 juin ? Ce serait certes du jamais vu, dans le landerneau icaunais. Même si le territoire est solidement ancré à droite et au centre droit depuis des lustres. Toutefois avec le bénéfice de 36 élus qui l’ont soutenu durant la mandature qui s’achève sur les 42 composants l’exécutif départemental, Patrick GENDRAUD dispose d’un confortable matelas de sécurité, pouvant l’emmener vers sa réélection au sommet du perchoir. Mais, cela ne reste que de la pure théorie !

 

AUXERRE : L’adage le précise à sa juste valeur : « il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué ! ». Pourtant à bien y regarder de près même en soupesant le tout, l’effet naturel de la prime au sortant pourrait avoir, s’il était encore appliqué en ces temps troublés du « dégagisme », bien des conséquences heureuses pour l’actuelle majorité départementale.

Celle composée de représentants de la droite, du centre droit et des indépendants –mais avec une inclinaison préférentielle dans la balance tout de même ! – qui sont rassemblés sous la bannière de « Unis pour l’Yonne », au service de la candidature sur la plus haute marche du podium électif de Patrick GENDRAUD.

Il y a quelques jours, c’était donc branle-bas de combat à Migennes, fief de l’un des leurs, le conseiller sortant et édile de la ville François BOUCHER, pour accueillir cette équipe renouvelée à 30 % à la conquête du Graal suprême : celui de l’exécutif départemental.

D’entrée de jeu, et au-delà des sourires qui s’affichaient de circonstance sur les visages radieux des binômes en séance photo officielle, ceux qui partent en ordre de marche pour tenter de se qualifier au second tour de ces échéances départementales (20 et 27 juin), un mot d’ordre était lâché par l’ancien maire de Chablis, lors de son explication de texte face aux journalistes, « unité » !

Alors, fi des querelles de quartier qui peuvent parfois exister y compris entre élus du même bord ou des ego surdimensionnés qu’il est nécessaire de contenir dans sa poche, rien ne doit transpirer désormais dans cette volonté unioniste devant impérativement placée sur orbite céleste le vaisseau amiral de l’Yonne : celui que pilote la majorité départementale.

 

Trois cantons sans soutien de la majorité départementale…

 

Au plan comptable, l’équation se révèle très simple même pour un mathématicien en herbe. Quatre-vingt binômes soit 160 candidats vont se disputer les 42 sièges à pourvoir permettant d’assurer la gouvernance de cet hémicycle dont les prérogatives ont été rognées avec la loi Notre et qui aura bien du mal à pencher autrement qu’à droite et au centre droit in fine.

70 % des conseillers sortants issus de la majorité actuelle repartent à l’assaut d’un nouveau mandat. Quand on sait que nos concitoyens sont réfractaires au changement et à ses impacts parfois imprévisibles, nul n’est besoin d’être prophète en son pays pour envisager la suite.

Serein, peu avare en détails, prenant le temps de l’analyse et de l’explicatif, Patrick GENDRAUD évoque donc les caractéristiques essentielles de cette liste qui lui est foncièrement acquise.

Ici, pas de logique partisane et politicienne entre représentants des Républicains et l’UDI qui la constituent, ces candidats sont « des élus de terrain, de proximité, qui travaillent pour servir les intérêts de leur territoire et de leurs habitants avant toute autre chose… ».

 

 

Une curiosité fait tilt toutefois dans les esprits avisés des représentants de la presse : le soutien de la majorité départementale aux candidats de 18 cantons sur 21. Cas d’école intéressant : le ticket Pascal HENRIAT et Delphine BILLON (Auxerre 4) n’est en fait soutenu que par le président en exercice de la vénérable assemblée mais pas par le collectif majoritaire ! En outre, deux autres cantons ne reçoivent pas la bénédiction de la majorité, ceux de Joigny et de Vincelles.

Le credo de la liste est le suivant : un bilan, des ambitions. L’exécutif considère qu’au terme de la mandature écoulée, il n’a pas à rougir de ce qui a été entrepris, bien au contraire !

Dans les faits, la dette s’est réduit considérablement ce qui a permis de dégager un excédent de cinquante millions d’euros. D’où la sérénité dans l’appréciation de ces données de la part de l’élu de l’Yonne.

« Les investissements étaient au rendez-vous durant le mandat effectué : cent millions d’euros accordés à la réfection des réseaux routiers, 66 millions dédiés au SDIS (Service départemental d’incendie et de secours), 210 millions priorisés vers le dossier de l’éducation ou encore 44 millions d’euros pour soutenir les milieux associatifs et les communes… ».

 

Le numérique, la mère des batailles pour rendre attractif le territoire…

 

Mais, invariablement, le cheval de bataille, la mère de tous les combats que mène Patrick GENDRAUD depuis sa prise de fonction tout en haut de l’échelle institutionnelle, c’est la lutte contre la fracture numérique.

Celle qui prive encore, du fait de zones blanches et de lenteurs techniques habituelles, des secteurs de notre territoire des bienfaits de la digitalisation.

« En 2023, l’Yonne sera raccordé à la fibre optique. Son déploiement est fondamental pour l’attractivité de notre territoire qui en a besoin dans l’approche sanitaire et médicale, le télétravail avec l’essor des visioconférences. Grâce à une DSP (délégation de service public) accordée fin 2019 à une société privée, le département a gagné sept ans dans l’accession à la fibre optique. Ce n’est pas rien ! Puisque j’évoque le volet santé, nous souhaitons installer des médecins dans l’Yonne en mettant en place dès le mois prochain une expérimentation à l’identique de celle vécue en Saône-et-Loire où le salariat est la primauté pour se densifier en praticiens.

Du côté de la voirie, nous allons renforcer nos compétences régaliennes en prévoyant un budget de 130 millions d’euros sur six ans qui sera engagé après le scrutin ».

Non soucieux du temps qui file, Patrick GENDRAUD aborda ensuite sa vision personnelle qu’il a de l’environnement. Via la nécessaire valorisation des produits du terroir et des circuits courts, devant permettre de sustenter les 14 000 collégiens qui désirent manger autre chose, c’est-à-dire du frais, du local et du goûteux !

 

 

Le président s’épanchera aussi sur le maintien des services à la population avec ce fameux moyen mobile, auréolé d’un label France Service, un bus qui offre des fonctions de guichet unique dans les secteurs les plus reculés. « Nous allons développer le principe du « aller vers », résume-t-il.

Le volet du RSA lui tient également à cœur. Même s’il déplore que l’aide de l’Etat (28 millions d’euros annuels sur les soixante requis) demeure insuffisante. L’Yonne est le premier département rural de l’Hexagone à porter, avec le concours de Pôle Emploi, le SPI, soit le Service public de l’insertion par l’emploi afin de favoriser le retour des personnes inactives sur le marché du travail.

Les collèges, du domaine d’appétence de l’institution, sont également concernés par la baisse des dépenses de la consommation énergétique. Une maîtrise supplémentaire de 12 % fait figure de priorité dans le cadre d’un nouveau mandat.

Enfin, Patrick GENDRAUD ne pouvait conclure ce tour d’horizon exhaustif des grands dossiers devant constituer le programme de « Unis pour l’Yonne » sans évoquer le tourisme et ses enjeux, surtout après la crise.

La politique d’aménagement de véloroutes mais aussi un réel travail de partenariat conduit avec les EPCI confortera la vision globale que le candidat à la présidence du Conseil départemental à la date du 01er juillet prochain souhaite imprimer à ce territoire, cher à ses yeux, puissant dans son cœur.

 

Thierry BRET

 

 

Profonde, la tristesse se ressent dans les trémolos de sa voix. Telle une fulgurance tenace qui viendrait titiller un membre endolori à la limite du supportable. Pourtant, elle pensait mordicus que leur relation se basait sur la sincérité. Voire l’amitié. Du moins, le croyait-elle, il y a peu encore. Mais, la destinée se vit à livre ouvert : on ne sait jamais de quoi sera fait le lendemain. Le nouvel édile de Monéteau vient peut-être de l’apprendre avec la démission de son prédécesseur du conseil municipal…

 

MONETEAU : C’est la consternation dans la localité périphérique auxerroise. La stupeur, façon séisme tellurique pour la dizaine de conseillers municipaux après le départ démissionnaire de l’ancien élu, Robert BIDEAU.

Une décision irrévocable que le membre de l’hémicycle départemental a fait connaître publiquement au soir du lundi 10 mai. Via la lecture, en son absence de la session municipale, d’un écrit aux représentants d’un conseil interloqué par ce qu’il a entendu. Un courrier dont ont été également destinataires les médias, au titre de la connaissance informative. Mais, la missive a aussi circulé vers un certain nombre d’habitants de la commune, sans trop de discrétion. Suscitant moult interrogations.

Or, entre étonnement et stupéfaction, les élus communaux s’interrogent eux-aussi sur la nature réelle des propos tenus dans cette lettre. La qualifiant sans ambages de « diffamatoire » à l’endroit de la nouvelle responsable de la collectivité Arminda GUIBLAIN.

Un courrier à la plume « diffamante » sur les « soi-disant » propos qui auraient été tenus à l’égard de l’ancien édile, visant à accélérer son isolement, état de fait à l’origine de son départ inéluctable de la mairie.

 

De la gratitude pour ce qui a été entrepris durant 25 ans…

 

Lors de cette réunion où étaient présents maire, adjoints et délégués, il s’avère que c’est la totalité de l’équipe municipale qui se serait exprimée quant à l’inquiétude de la candidature de Robert BIDEAU aux échéances départementales. Une réaction, précise un communiqué émanant de plusieurs signataires du conseil municipal, faisant suite à un article publié par notre confrère « L’Yonne Républicaine » en date du 25 février 2021 où l’ancien maire annonçait qu’il laisserait la place à son suppléant au bout de deux ans.

La principale intéressée, quant à elle, visée par ces invectives ne comprend pas la version « quelque peu étrange » et déformée que Robert BIDEAU a voulu donner sur l’évolution de ces derniers mois en mairie.

« A chaque discours ou prise de parole de sa part, confie-t-elle, j’ai exprimé ma gratitude et mon respect pour toutes ces années qu’il a vécues au service des administrés de la commune. Je comprends que la charge émotionnelle soit lourde et légitime après vingt-cinq ans de mandat, mais j’aurai souhaité qu’il puisse venir nous exprimer de vive voix les propos tenus dans ce courrier… ».

 

 

Alors offusquée et en colère contre son prédécesseur la nouvelle mairesse ? Pas vraiment, dans le fond. C’est plutôt une indicible peine qui l’habite aujourd’hui. Une confiance aveugle qui s’est estompée le temps de lire quelques lignes apposées sur un simple feuillet de papier au détour d’une séance municipale dénaturée.

« A l’égard de cette personne que je pensais être un ami, je n’ai vu de la part de l’équipe que bienveillance et protection… ».

Des propos qui seront corroborés par les autres représentants du conseil municipal. Ces derniers réaffirment unanimement leur bienveillance, leur protection et leur compréhension envers leur ancienne tête d’affiche depuis l’élection de leur équipe en juin 2020. Jusqu’à la lecture fatidique de cette correspondance cruelle à leurs yeux qui engendre depuis amertume, atermoiements et déception.

 

De l’indulgence et de la sagesse comme porte de sortie ?

 

Toutefois, magnanime malgré ce contexte houleux qui la perturbe intérieurement, Arminda GUIBLAIN en appelle à l’indulgence auprès de ses troupes à l’égard de l’ancien édile.

« En ce qui me concerne, rappelle-t-elle, la gratitude, le respect de la parole donnée, l’engagement au service des autres restent mes principes fondamentaux… ».

Doit-on aussi ajouter à cette liste le pardon ?

La conseillère communautaire qui aurait aimé remettre une distinction à titre honoraire à son ex-ami Robert, insiste cependant sur le fait qu’il n’a jamais été demandé au premier élu historique de la localité de quitter le conseil ni sa délégation aux affaires culturelles dont il assurait avec pugnacité la mission.

Une chose est sûre : les derniers évènements auront engendré de la rancœur et de l’émotion dans le village. Palpables à différentes strates et sans doute pour un long moment dans le sérail.

Une vraie tragi-comédie à l’antique dont aurait pu s’inspirer bon nombre de dramaturges à la plume acérée. Mais, cela pourrait, et pourquoi pas ?, déboucher avec intelligence sur davantage de sagesse dans l’exercice quotidien de la politique. Ne serait-il pas logique une fois les émotions évacuées et le temps écoulé, que cette sagesse chère aux philosophes grecs ne reprenne enfin ses droits dans la vie publique au nom des citoyens ?

 

Thierry BRET

 

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