Lirait-il dans une boule de cristal, le fameux économiste Philippe DESSERTINE, un habitué des plateaux TV et des conférences face à la sphère entrepreneuriale ? Se poser la question à la une de son dernier opus, publié à l’automne 2021 – « Le Grand Basculement : quel sera le monde d’après ? » - alors que la planète n’a jamais aussi proche du troisième conflit mondial ne manque pas de lucidité. Ni d’un état d’esprit visionnaire ! D’autant qu’à la période de la publication de son ouvrage, la Russie n’avait pas encore envahi son voisin ukrainien…

 

AUXERRE : On le dit, on le fait ! L’adage fait foi de certitude pour les responsables de la Maison de l’Entreprise de l’Yonne qui, échaudés par un report de dernière minute de sa conférence en janvier du fait de la crise sanitaire, avaient promis de reprogrammer la venue de Philippe DESSERTINE juste avant l’été. Cette fois-ci devrait être la bonne !

Oyez, oyez, braves gens du monde de l’industrie et de l’entrepreneuriat, notez sur votre agenda la date du jeudi 02 juin et réservez sans plus tarder votre place afin de suivre les explications de texte de l’un des plus fins économistes du moment !

Un Philippe DESSERTINE qui est coutumier de ces exercices de face-à-face scénique devant un aéropage de professionnels aguerris à l’économie et à ses produits dérivés. Comme, entre autres, la géopolitique, puisqu’il en sera fait mention dans la thématique proposée le jour J, s’appuyant abondamment sur les théories explorées dans la dernière livraison livresque de ce maître de conférences hors pair.

« Le Grand Basculement, quel sera le monde d’après ? » ne manquera pas de livrer des clés de compréhension pour tenter d’y voir clair – est-ce n’est pas un doux euphémisme ! – sur l’état de notre planète qui, après deux années de crise pandémique mondiale se retrouve dans la foulée de ces soubresauts à l’aune d’un conflit qui pourrait nous réduire en cendres si le nucléaire était employé.

 

 

A la différence près, que Philippe DESSERTINE n’abordait pas ce dernier point lors de la publication de son bouquin même si celui-ci faisait déjà allusion à la dérégulation de nos systèmes économiques, à la démographie galopante et au dérèglement climatique, véritable enjeu de ce XXIème siècle, déjà en piteux état.

Rassurons, quand même, tous les angoissés et autres persécutés par les « bad news », l’auteur apportait à cet essai une note résolument optimiste en mettant en juxtaposition l’écologie et le développement durable à la croissance.

Rendez-vous est donc pris avec Claude VAUCOULOUX qui en parfait « Monsieur Loyal » introduira le sujet et son intervenant au soir du 02 juin au nom des organisateurs, UIMM et MEDEF, dans cet amphithéâtre auxerrois qui devrait être plein comme un œuf.

 

En savoir plus :

Philippe DESSERTINE en conférence à la Maison de l’Entreprise à Auxerre ;

A partir de 18 heures, sur réservation uniquement.

 

Thierry BRET

 

 

C’est un véritable « psycho drame » qui se joue à l’heure actuelle au sein de la famille LE PEN. Digne des plus antiques tragédies grecques où les traîtrises n’ont d’égales que les coups de poignard assénés furieusement dans le dos ! L’ambiance doit être sulfureuse lors des réveillons de fin d’année. La propre nièce de la candidate à l’Elysée a choisi de rallier le camp de son adversaire numéro un en matière de souverainisme, un comble ! Déjà que la fille n’était plus en odeur de sainteté auprès du paternel !   

 

BILLET :

 

Lundi  

 

Un formidable élan de solidarité se met en place dans notre pays et un peu partout en Europe pour venir en aide aux réfugiés ukrainiens. Les propositions d’accueil se multiplient, émanant aussi bien de municipalités que de simples citoyens. Les actions de collecte sont nombreuses. On ne peut que sans réjouir, même s’il est permis de s’interroger sur le fait que d’autres réfugiés par le passé n’aient pas connu pareille hospitalité...Est-ce parce que nous partageons le même type caucasien et qu’il est plus facile de lire sur leur visage le reflet de nos propres peurs que dans ceux d’un Afghan, d’un Syrien ou d’un Irakien… ?

 

 

Mardi 

 

Quelques fissures apparaissent toutefois, comme avec ces 250 Ukrainiens bloqués à Calais, faute de visa pour débarquer en Angleterre. Depuis le début de la guerre en Ukraine, Londres a brillé pour son manque de générosité à l’égard de ceux qui fuient les bombes et les combats. Mais fallait-il s’attendre à autre chose de la part de l’ineffable Boris JOHNSON ? Le clown est triste et ne fait même plus rire…

 

 

 

 

Mercredi

 

 

Comme chaque premier mercredi du mois, la sirène a retenti à midi pile. Un exercice mensuel d’une minute et 41 secondes sous l’égide du Système d’Alerte et d’Informations aux Populations (SIAP), visant à vérifier le bon fonctionnement des équipements. Une sirène qui résonnait différemment et douloureusement à Auxerre comme partout en France, en ce 02 mars, septième jour de guerre en Ukraine. Le silence a suivi : il n’en a paru plus assourdissant, avec le sentiment coupable de ne pas savourer le bonheur à son juste prix. Bonheur tout simple de marcher au soleil sous un ciel bleu vide d’avions meurtriers. On ne choisit pas les trottoirs de Manille chantait Maxime LE FORESTIER, on ne choisit pas non plus ceux de Kiev et d’ailleurs… A la loterie de la vie, on naît toujours quelque part, on y meurt aussi.

 

Jeudi   

 

Toujours prêt à dénoncer la complaisance réelle ou supposée de certains candidats avec le potentat du Kremlin, Jean-Luc MELENCHON est resté fort discret sur le soutien indéfectible apporté à Vladimir POUTINE par son grand ami Nicolas MADURO, président en titre du Venezuela, qui s’est ému des « plans pervers qui cherchent à encercler militairement et stratégiquement la Russie. » Il a refusé de participer hier à l’ONU, au vote de la résolution exigeant le retrait des forces russes d’Ukraine. L’américanophobie et le tropisme sud-américain bien connus du candidat de La France Insoumise l’auraient-ils rendu muet sur la question ?

 

 

 

Vendredi

 

Son entourage a beau répéter à l’envie que rien n’est acquis et que tout se jouera dans les urnes, Emmanuel MACRON n’est-t-il pas déjà assuré de rendosser pour cinq ans le costume présidentiel ? A la fois chef des armées et en première ligne dans les tentatives de médiation avec la Russie, le candidat président est au cœur du conflit ukrainien. Un engagement qui renforce sa stature internationale et le gratifie après seulement une semaine, de cinq points supplémentaires de satisfaction dans les sondages. Face à la crise secouant la planète, la campagne électorale est-elle encore audible ? Avec pour seul enjeu, l’éclatement du parti LR en cas de défaite de Valérie PECRESSE, la possible disparition des socialistes du paysage politique ou la désignation de celle ou celui qui incarnera la droite extrême ces prochaines années ? Reste qu’une élection nationale sans débat ni confrontation d’idées risque de renforcer un peu plus le clan des abstentionnistes. Avec le risque d’un troisième tour qui se jouerait dans la rue ou sur les ronds-points. Et puis, comme aurait pu dire le grand Pierre CORNEILLE, « A vaincre sans mérite, on triomphe sans gloire »…

 

 

Samedi

  

A l’horreur de la guerre se conjugue depuis quelques jours le sordide. Selon les chiffres officiels, plus de 20 % des 80 000 étudiants étrangers présents en Ukraine, sont issus du continent africain. Des étudiants pris au piège, confrontés au racisme et à la discrimination, empêchés de monter dans les trains ou les bus évacuant le pays par la police ukrainienne ou refoulés à la frontière par des fonctionnaires polonais. Racisme ordinaire ou otages malgré eux de l’ambiguïté d’une grande partie du continent africain à l’égard de ce qui se passe depuis plus d’une semaine en Ukraine, une vingtaine de pays ayant préféré s’abstenir dans le cadre de la résolution adoptée mercredi dernier à l’ONU, exigeant que la Russie « cesse immédiatement de recourir à la force ».

 

Dimanche

 

Marion MARECHAL, me voilà ! « Et pas tata, et pas tata… ». La nièce de Marine LE PEN a donc aujourd’hui sans surprise, officialisé à Toulon son ralliement à Éric ZEMMOUR. Un rapprochement qui, en cas de nouvel échec de sa tante aux prochaines présidentielles, vise à la mettre en orbite pour 2027, dans le cadre d’une grande recomposition de la droite et de ses composantes les plus extrêmes. Celle que Philippe de VILLIERS présentait hier comme une «blonde sirène belle et conquérante » (amis misogynes et phallocrates bonjour !), a les dents longues à rayer les parquets. De quoi donner envie à Marine LE PEN de relire André GIDE et méditer sur son fameux « Familles, je vous hais », tiré des « Nourritures terrestres ». Nourritures… ? Cela tombe bien, Marion MARECHAL a aussi un féroce appétit !

 

 

Dominique BERNERD

 

La guerre entre la Russie et l’Ukraine révèle non seulement la faiblesse de l’Occident face aux conflits et aux atteintes à la liberté mais aussi la fin des institutions traditionnelles. L’OTAN, l’une des sources de cette crise, n’impressionne plus personne. L’ONU est incapable d’intervenir pour imposer la paix et la négociation. Quant aux G8 et G20, au dire de l’ancien Président Nicolas SARKOZY, ils ne fonctionnent plus.

 

TRIBUNE : L’exemple de l’impossibilité des Etats-Unis et de l’Europe d’intervenir efficacement risque de faire tâche d’huile et de montrer au monde que la raison militaire, aujourd’hui, l’emportera toujours. Vladimir POUTINE semble certain de cette réalité. Cette guerre devient un triste exemple pour le reste du monde.

L’état des lieux montre que la Chine représente la puissance militaire la plus importante et la Russie, la force nucléaire la plus représentative, en termes de sophistication et de quantités d’ogives. La force nucléaire européenne ressemble plutôt à un lance-pierre face à la Russie.

La Chine garde ses vues sur Taïwan. Depuis des années sous la menace militaire de la République populaire de Chine, Taipeh a condamné l’invasion russe de l’Ukraine et met ses troupes en vigilance extrême. La Chine revendique ce territoire qu’elle veut réintégrer par la force. Mais les États-Unis, liés par de nombreux accords, interviendront-ils militairement contre la Chine en cas d’attaque ? Washington redoute une action du côté de la Chine. Depuis octobre 2021, canadiens et américains envoient des navires en mer de Chine. Pour la deuxième fois cette année, un navire militaire américain a franchi le samedi 26 février le détroit de Taïwan, qui sépare l'île de la Chine continentale. Si la marine américaine assure effectuer un passage de « routine » dans les eaux internationales ; la Chine considère cette visite comme une atteinte à sa souveraineté. Encore des risques évidents de conflit armé. Si les Chinois ont la certitude que l’Occident ne pourra pas bouger, alors tout est hélas possible.

 

 

Israël investit beaucoup pour revenir sur ce terrain : celui de l’action…

 

L’Iran n’est pas en reste. Les négociations sur le nucléaire iranien ont repris le lundi 27 février à Vienne, dans un contexte de montée en puissance des capacités de Téhéran. Si l'Iran a pu accélérer sa marche vers la bombe atomique, c'est en partie à cause d'erreurs stratégiques de TRUMP et de NETANYAHU, juge un expert israélien. Précisément, Israël multiplie les déclarations martiales et les mises en garde. Ce ne sont que des mots ou bien Israël veut-il vraiment frapper l'Iran ? Et si c'est le cas, de quelle manière ? Nous savons tous qu'Israël a déjà investi beaucoup d'argent dans des actions opérationnelles. Comme les responsables israéliens l'ont déclaré au cours de ces derniers mois, Israël est en train de se réengager sur ce terrain.

 

 

Deux questions principales demeurent : premièrement, Israël sera-t-il prêt à utiliser l'option militaire en cas d'objection des États-Unis ? La deuxième question porte sur les lignes rouges israéliennes qui fixeront le moment où Israël jugera appropriée l'option militaire. Pour les uns, l’Iran possède déjà la bombe atomique, pour certains experts, ce sera le cas d’ici deux ans. Le risque d’embrasement semble encore évident.

 

 

La guerre se rapproche dangereusement de l’Europe…

 

Nous sommes à un tournant dans l’histoire de notre civilisation : « Occident » contre « Orient ». Ce ne sont pas les représailles économiques, y compris la plus récente, avec l’interdiction pour les Russes d’utiliser le réseau Swift (Système de facilitation de transfert de monnaie) qui vont faire reculer POUTINE. Si nous voulons la paix, une option.

Soit l’Ukraine plie bagage au Donbass, soit on se met autour de la table pour négocier. Que chacun ravale son orgueil et son ego, et puisse s’exprimer sans mépris ni contrainte. La négociation, c’est ce qui aurait dû être réalisé depuis le début, c'est-à-dire depuis quinze ans !

La France, pays des Droits de l’Homme, peut et doit être l’artisan d’une paix équitable pour chacun : si nous ne voulons pas la guerre, il n’y aura pas d’autre issue, que se soit pour l’Europe ou pour le reste du monde !

La guerre nous paraîtra sans doute inutile : peut-être que la progression des virus et le dérèglement climatique mettront tout le monde d’accord…

 

Jean-Paul ALLOU

 

 

Parmi les conséquences de la guerre russo-ukrainienne, la plus forte à long terme sera surtout la flambée des prix du baril de Brent. Les pays producteurs de pétrole ne pourront pas pallier l’arrêt des importations venant de Russie, face à une demande croissante. De plus, les réserves de l’Europe ne sont pas au plus haut et la France assure trois mois d’autonomie. Un impact certain sur l’automobile…

 

TRIBUNE : Si la Russie ne peut plus exporter son pétrole, c’est tout de même le troisième producteur mondial, le Brent pourrait rapidement atteindre 120 dollars le baril ! On peut difficilement compter sur d’autres pays qui sont déjà au taquet. L’Iran peut cependant augmenter sa production de un million de barils/jour et les Etats-Unis peuvent dépasser les 11,5 millions de barils/jour. Pour cela, il faut réaliser des investissements qui ne produiront leurs effets qu’en fin d’année 2022. De plus, il y a fort à parier que l’Iran en profitera pour exiger des assouplissements concernant sa production d’uranium enrichi…

A 120 dollars le baril, nous serons à plus de deux euros le litre d’essence. Contrairement à ce que dit le patron du MEDEF, les taxes à elles seules n'expliquent pas tout. Il y a une autre raison : c'est la valeur de l'euro face au dollar, plus faible aujourd'hui qu'il y a une dizaine d'années. L'euro a perdu environ 15 % de sa valeur face à la monnaie américaine. Cela pèse fortement sur la facture pétrolière de la France puisque nous payons toujours l'or noir en dollars. Peut-on jouer sur les taxes de l’Etat ?

La composition du prix du carburant est la suivante : pétrole brut (37,6 %), raffinage (6,1 %), transport et distribution (7,2 %), fiscalité (49,1 %). L’Etat prélève ainsi près de la moitié du prix de l’essence. Peut-il diminuer les taxes ? Oui en théorie car il l’a fait dans le passé, alors pourquoi pas de prévision de diminution substantielle ?

 

Comparatif véhicule à essence / voiture électrique…

 

Parlons du prix : toutes aides confondues (Etat, région), une Renault ZOE tout électrique de 110 CV peut passer de 32 000 euros à 18 000 euros. En comparaison,  une CLIO essence de 65 CV est facturée 17 500 euros. Avec une voiture électrique, le prix d'un plein électrique est en moyenne de deux euros pour cent kilomètres en profitant d'un système de charge à domicile. Soit environ 400 euros pour 20 000 kilomètres, c'est à dire 2 100 euros de moins que le véhicule thermique. Si vous rechargez votre voiture à la maison, vous pouvez également opter pour des contrats d'électricité adaptés à la recharge de voitures électriques, sous le mode d'alternance heures pleines-heures creuses, qui vous permettront de recharger au meilleur moment pour votre budget.

Il est recommandé de réaliser un entretien du véhicule électrique tous les 30 000 km, contre 15 à 20 000 pour les voitures thermiques. Selon l’étude de « Consumer Reports », sur la durée de vie totale d’un véhicule électrique, les économies moyennes s’élèveraient à un montant presque égal à 4 000 euros.

 

 

La durée de vie d'un moteur de voiture électrique moderne est estimée à plusieurs millions de kilomètres. Pour un usage dans la moyenne (soit 30 à 40 km par jour, ou 20 000 km par an), le moteur pourrait donc fonctionner parfaitement pendant plus de cinquante ans !

On le voit bien, non seulement l’acquisition d’une voiture électrique est rentable à court terme mais également à long terme.

On peut ajouter que RENAULT vend à la Russie presque autant qu’en France. La crise ukrainienne peut aussi déboucher sur une crise dans le secteur automobile.

 

 

L’Etat travaille-t-il à une stratégie consumériste ?

 

On peut se poser la question. Existe-t-il, du côté de l’Etat, une stratégie concernant un prix de l’essence le plus haut possible afin de booster les véhicules électriques? Pourquoi pas et ce serait non seulement bénéfique pour tout le monde et y compris pour l’écologie !

Les constructeurs automobiles pourraient de leur côté réaliser une étude approfondie : quelle zone de prix acceptable par le plus grand nombre de consommateurs, pour le prix d’une voiture électrique, en tenant compte de deux facteurs. Les aides possibles de l’Etat et le seuil de rentabilité d’une telle configuration ? Plus simplement, il faudrait vendre combien de voitures au minimum  et à quel prix maximum ?

 

Jean-Paul ALLOU

 

 

Ceux qui déclarent que la fin de l’opération Barkhane est un échec du Président Macron et une défaite pour la France, au même titre que ceux qui ont comparé Bamako avec Kaboul se trompent lourdement. Ils font de la politique de bas étage. D’abord, ne confondons pas le départ précipité des Américains de l’Afghanistan qui s’en vont « la queue entre les jambes » sous la protection de leurs ennemis avec le retrait français étalé sur six mois. Si la guerre en Afghanistan marque la défaite américaine, le retrait de la France au Mali n’est en aucun cas une défaite militaire !

 

TRIBUNE : Depuis son indépendance en 1960, le Mali a souvent été confronté à des difficultés : sécheresses et famines récurrentes, dictatures, coups d'état, irrédentisme touareg... et depuis quelques années islamisme djihadiste avec l'arrivée d'Al-Qaïda au Maghreb.

En 2013, les militaires français épaulent l’armée locale à la demande même des autorités maliennes. C’est le début de l’opération Serval. En 2013, c’est l’installation de la Mission intégrée des Nations Unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA), composée de 12 600 « Casques Bleus » chargés de stabiliser le Nord. En 2014, les Djihadistes progressent dans le pays. C’est le début d’une nouvelle opération française appelée Barkhane. Toutes ces interventions militaires n’ont rien pu empêcher : ni la progression des djihadistes ni les dérèglements politiques.

La junte militaire malienne a renversé un pouvoir adulé en son temps par le Président François HOLLANDE et surfe aujourd’hui sur un sentiment antifrançais qui se propage peu à peu. L’ancien président socialiste n’est pas très objectif et plutôt incongru quand il déclare qu’au Mali, Emmanuel MACRON aurait dû se retirer plus tôt…

 

 

La suite des opérations : un départ à six mois…

 

Le Mali était au cœur du dispositif antiterroriste français et européen au Sahel. Ce départ du pays va forcer Paris à accélérer cette réorganisation dans d'autres pays de la région, menacés par la contagion djihadiste, notamment dans le golfe de Guinée.

« Nous considérons que la lutte contre le terrorisme est quelque chose d'essentiel pour le Mali, pour le Burkina-Faso, pour le Niger et pour les pays côtiers », a assuré le président ivoirien Alassane OUATTARA.

« Les bases de Gossi, de Ménaka et de Gao vont fermer », a précisé en conférence de presse Emmanuel MACRON. Une fermeture qui prendra de quatre à six mois. D'ici là, « nous maintiendrons nos missions de soutien au profit de la MINUSMA » promet-il. Mise à part un possible renforcement de sa présence au Niger voisin, qui héberge déjà une base aérienne française et 800 militaires, Paris ambitionne de proposer ses services à d'autres pays d'Afrique de l'Ouest (Côte d'Ivoire, Sénégal, Bénin...) pour les aider à contrer la propagation des djihadistes vers le golfe de Guinée. N’oublions pas non plus que c’est à partir de ses anciennes bases du Moyen-Orient, que le terrorisme islamique s’est propagé en Europe ! Encore 2 500 à 3 000 soldats français devraient présents au Sahel, d'ici six mois, après le retrait du Mali, selon l'état-major.

 

 

La France devra sortir la tête haute…

 

Les 58 soldats français morts lors des opérations Servane et Barkhane n’ont pas donné leur vie pour rien. Le Président de la République a raison de récuser un échec français au Mali, ne serait-ce que pour leur mémoire.

De plus, si échec il y a, il n’est en aucun cas militaire. Les échecs dont on peut parler sont économiques et politiques et non spécifiquement français. La communauté internationale n’a rien vu venir : ni l’avènement d’une junte, ni l’intervention sournoise de la Russie dans le conflit. Une dimension supplémentaire vient de s’ajouter à la crise au Sahel. Avec l’arrivée ces derniers jours d’hommes en arme russes au Mali, des militaires selon Bamako, des mercenaires du groupe Wagner selon Paris et ses alliés. Le conflit dans la région, qui se nourrissait de tensions religieuses, communautaires, économiques et environnementales, devient également objet de rivalités internationales. Et les Chinois ? Bien vu l’artiste, ils sont de plus en plus présents au Mali : commerces en tout genre, coopérations économiques de toute nature, immigration chinoise rampante…

Bref, après l’ours de Sibérie, le tigre de l’Asie arrive !

 

Jean-Paul ALLOU

 

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