Il arborait le plus souvent un large sourire avant d’entamer une réunion. Possédant le sens de la relation à l’autre, toujours à l’écoute et prenant des notes afin de conserver la trace de toutes les doléances et avis dont il recevait les échos – on se remémore les séances plénières parfois animées de la chambre d’agriculture -, le directeur départemental des Territoires de l’Yonne tire donc sa révérence après sept années de bons et loyaux services dans l’intérêt général de ce département.

 

AUXERRE : Son visage nous était familier. Sa courtoisie, tout autant. Personnage clé du département icaunais, Didier ROUSSEL a donc fait valoir ses droits à la retraite, mettant ainsi un terme à une fonction qu’il occupait depuis sept années dans notre contrée. La fonction de directeur départemental des territoires de l’Yonne (DDT).

Un poste où il s’était impliqué avec beaucoup de volontarisme et d’enthousiasme, intervenant sur des axes stratégiques importants issus des politiques publiques dont le logement, l’urbanisme, les transports, l’agriculture et la prévention des risques naturels.

 

 

Mercredi en fin d’après-midi, le préfet de l’Yonne Pascal JAN a tenu à saluer le professionnalisme de l’intéressé, en présence des agents des services de l’Etat, des représentants du corps préfectoral et de plusieurs élus du territoire.  

Manuella INES, jusqu’alors directrice adjointe de la DDT, succède à Didier ROUSSEL. Elle a été nommée officiellement le 19 septembre.

 

Thierry BRET

 

Il promet d’être plus bavard à l’avenir. A ce titre, on peut lui faire confiance ! Car, en règle générale, Laurent BISSON ne pratique pas la langue de bois et ne la possède pas encore dans sa poche ! Ce serait mal le connaître ! Pourtant, le nouveau président de la Fédération départementale de la boulangerie et de la pâtisserie de l’Yonne se dit ravi de la prolifération de concours qui permettent aux jeunes de s’illustrer à travers les métiers de l’artisanat. Une réelle opportunité pour les apprentis…

 

AUXERRE : On ne le dira jamais assez : les jeunes apprenants des nombreux métiers de la filière artisanale doivent se confronter à la multitude de concours existants, ceux qui valorisent l’apprentissage.

La remarque émane de l’un de ces artisans, reconnus par l’ensemble de la profession. L’un de ces professionnels qui vient d’ajouter de nouvelles responsabilités à sa panoplie, Laurent BISSON, nouveau président de la Fédération départementale  des boulangers et des boulangers-pâtissiers de l’Yonne.

Parrain de l’une des compétitions concoctées au CIFA de l’Yonne – le « temple de l’excellence » - il y a peu, l’artisan de Chevannes saluait le travail fourni par les maîtres d’apprentissage, des maillons très importants dans cette chaîne de la transmission de savoir, et les formateurs du centre interprofessionnel de formation de l’Yonne.

 

 

« Des formateurs qui sont toujours à nos côtés, nous autres, les artisans, pour préparer nos jeunes à mieux exercer leur futur métier… ».

Ne souhaitant pas s’étendre davantage dans les commentaires, et se promettant d’être beaucoup plus bavard à l’avenir (!), Laurent BISSON félicita aussi l’ensemble des partenaires professionnels de la minoterie qui permettent la bonne tenue de ces épreuves, toujours très prisées par ces jeunes gens courageux et non dénués d’ambitions.

 

Thierry BRET

 

 

 

Pendant longtemps, les économistes de tout bord ont cru que chômage et inflation étaient une situation impossible. Ils ont dû créer un mot pour caractériser cette situation : la stagflation. Cependant, la stagflation reste heureusement, un moment exceptionnel. Alors, le choix est simple : soit on opte pour une diminution de l’inflation aux prix du chômage, soit on jugule le chômage au détriment de l’inflation. Les dirigeants occidentaux redoutent l’inflation (guerre oblige) bien plus que le chômage…

 

TRIBUNE : La BCE relève ses taux directeurs de 0,75 %. De l’inédit depuis onze ans ! Tous les spécialistes s’attendaient à cette décision même si beaucoup la conteste. Nous sommes loin d’une augmentation de 20 % des taux de la Réserve Fédérale Américaine, lors du premier crack pétrolier des années 1970. Les conséquences du relèvement des taux sont nombreuses et peuvent être douloureuses pour les états, les entreprises et les citoyens lambda. Jusqu’ici, les taux de la BCE (Banque Centrale Européenne) étaient inférieurs à 1 %, voire même négatifs. Ces taux passent désormais à 1,25 % et 1,50 %.

Quelles sont les conséquences pour les états ? La hausse des taux directeurs risque de creuser l’écart entre les dettes publiques des états européens. La dette sera plus chère pour les pays fortement endettés, et c’est le cas de la France avec plus de 2 900 milliards d’endettement global. La charge d’intérêts de la dette est de 38 milliards avant relèvement des taux. L’Etat devra freiner ses dépenses et ses investissements, donc moins de croissance, et plus de chômage.

Les banques se financent auprès de la BCE, c’est de l’argent plus cher avec une répercussion immédiate sur les taux des crédits accordés aux entreprises. Les entreprises vont donc limiter leurs investissements, limiter la production et voir le chômage augmenté.

Pour les particuliers, c’est la même relation de causes à effets que pour les entreprises. Les crédits sont plus chers. Donc, il y a moins de crédits immobiliers et de crédits à la consommation. Un effet supplémentaire : avec moins de demandes de biens et de services, nous aurons une baisse des prix. C’est l’aspect positif pour l’inflation.

 

 

Nous allons droit dans le mur de la stagflation…

 

La mesure phare décidée par l’Europe, pour maîtriser l’inflation, c’est bien par ricochet, le chômage ! Contrairement aux Etats-Unis, nous avons tardé pour ajuster nos taux directeurs à une inflation qui n’est plus maitrisée. La BCE prévoit une progression de l’inflation pour quelques mois encore. Avec une croissance en diminution, voire pour certains une récession prévisible, et donc une augmentation du chômage, c’est la stagflation qui se profile désormais.

Ne pas faire de choix aurait été pire, et de toute façon, n’importe quelle solution proposée, n’étant puisée que dans les archives de l’histoire économique, sans invention de l’avenir, sera inévitablement critiquée. La patience reste l’apanage des plus riches. Pour les autres, il faut craindre des crises sociales où la violence ne sera hélas pas exclue…

Dans son ouvrage « La théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie », KEYNES propose une solution avec humour mais beaucoup de cynisme : « Si la trésorerie  (la BCE pour nous) était disposée à emplir de billets de banque des vieilles bouteilles, à les enfouir à des profondeurs convenables dans des mines désaffectées qui seraient ensuite comblées avec des détritus urbains, et à autoriser l'entreprise privée à extraire de nouveau les billets, suivant les principes éprouvés du laissez-faire, le chômage pourrait disparaître et, compte tenu des répercussions, il est probable que le revenu réel de la communauté de même que sa richesse en capital seraient sensiblement plus élevés qu’ils ne le
sont réellement… ».

Attention, Monsieur KEYNES, le laissez-faire peut provoquer des émeutes et des morts…

 

Jean-Paul ALLOU

 

 

L’accord régional a été entériné le 19 septembre à Dijon. Il offre l’opportunité aux deux acteurs des ressources humaines que sont Pôle Emploi Bourgogne Franche-Comté et la direction régionale Centre-Est du groupe CRIT d’unir leurs forces en faveur du retour à l’emploi sur le territoire. Une convention qui s’articule en quatre axes de développement…

 

DIJON (Côte d’Or) : C’est un renforcement de coopération qui prend sa légitimité sur les réponses à apporter aux besoins de recrutement des entreprises. Une priorité pour le tissu professionnel, aujourd’hui.

Les deux partenaires de la sphère ressources humaines ont donc décidé d’accroître leurs relations afin d’optimiser la coordination de plusieurs initiatives applicables dans les territoires de la Bourgogne Franche-Comté.

Se déclinant en quatre axes de réflexion, ce plan stratégique, validé le 19 septembre dans la capitale des ducs de Bourgogne, comprend la consolidation des relations opérationnelles entre les agences du groupe CRIT et celles de Pôle Emploi, la mobilisation accrue des services de recrutement de Pôle Emploi, la mise en avant des offres difficiles à pourvoir à l’aide d’outils de communication spécifiques et la facilitation des possibilités de reconversion des demandeurs d’emploi.

Bref, une addition d’expertises et de ressources devant permettre in fine la réduction des pénuries de compétences auxquelles sont confrontées la plupart des entreprises. Un partenariat utile qui s’inscrit dans l’air du temps…

 

Thierry BRET

 

La Cour des comptes dresse un bilan positif de ce dispositif mis en place par l'Etat. Il a permis de soutenir l'offre de crédit par les banques et d'éviter ainsi des faillites massives. « A quelques exceptions près, les entreprises ont commencé comme prévu à rembourser », confirme-t-on à Bercy, où est piloté le comité de sortie de crise créé mi-2021. Selon la Banque de France, sur les 700 000 entreprises ayant souscrit un PGE pour plus de 148 milliards d'euros au total, le taux de défaut pourrait atteindre à peine 3 %. Une vision trop optimiste des choses ?

 

TRIBUNE : Parmi les secteurs qui ont le plus sollicité ce dispositif pendant la crise : des entreprises relevant de l'hôtellerie-restauration (plus de 50 %), des entreprises de services (40 %) et des commerces (35 %). Retenons encore que 90 % des entreprises bénéficiaires sont des TPE (Très Petites Entreprises).

Néanmoins, si ces statistiques et ces appréciations sont plutôt rassurantes, elles ne doivent pas cacher les difficultés réelles de certaines entreprises. Dans l'hôtellerie-restauration, par exemple, où beaucoup d'entreprises ont souscrit des PGE, une entreprise sur quatre affirmait fin juin ne pas être en capacité d'honorer ses remboursements, dans un contexte où l'inflation freine les dépenses des consommateurs. La situation est aussi tendue dans le tourisme où  beaucoup d'entreprises, frappées de plein fouet par la pandémie, ont demandé le maximum autorisé de PGE (25 % du chiffre d'affaires). Le rembourser sur quatre ans devient impossible pour certains. En outre, la dégradation économique aggrave la situation. Si les contentieux s’élèvent à 3 % en montant, ils représentent 19 % des bénéficiaires.

 

Que faire quand on ne peut pas rembourser son PGE ?

 

Pour les petites entreprises en croissance, le remboursement du PGE est un véritable frein à la reprise. Un prêt de 200 000 euros génère des mensualités de 4 200 euros remboursables depuis mai 2022. L’argent est pris sur la trésorerie et vulnérabilise les entreprises qui, de plus, ne peuvent plus investir.

En cas de difficulté pour rembourser et si la banque refuse tout aménagement : il faut solliciter immédiatement le médiateur du crédit ou le conciliateur désigné par le tribunal de commerce.

Il est prévu de prolonger la durée de remboursement de quatre ans : on passe de six ans à dix ans pour l’amortissement du PGE. Il est également possible de décaler à nouveau le remboursement des premières échéances, de six mois.  

 

 

Lorsque tout a échoué, la saisine d’un conciliateur est nécessaire et avantageuse : elle est confidentielle, rapide et efficace car souvent couronnée de succès par l’homologation d’un accord validé par le tribunal.

Le banquier et l’expert-comptable peuvent être de bons conseils. Pour les situations de faillites, de cessation de paiement, de difficultés personnelles, juridiques, financières… il s’avère nécessaire de prendre un avocat.

 

 

2022, une année difficile pour les entreprises…

 

On enregistre près de 10 000 faillites au cours du deuxième trimestre, soit 50 % d’augmentation par rapport à 2021. Certains spécialistes annoncent 40 000 faillites pour 2021 : bien plus qu’en 2020 (28 400), mais moins qu’en 2019 (52 000). Rappelons que 2008 dépassait les 64 000 faillites !

Récession possible (même si Bercy soutient mordicus que ça n’arrivera pas en France…), inflation galopante, approvisionnements de plus en plus aléatoires, la crise sanitaire et la guerre en Ukraine montrent deux choses : la Chine a pris conscience de la dépendance du monde à sa production industrielle, et la Russie crée un nouvel ordre monétaire avec l’or et le rouble !

Les plus grosses difficultés sont à venir. Pour les solutions, « l’auberge espagnole » sera ouverte : on ne trouvera que ce que l’on apportera !

 

Jean-Paul ALLOU

 

 

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