Il n’y a pas que le volet sécuritaire qui préoccupe au plus haut point le président du groupe Rassemblement National à la Région. De passage à l’abbaye cistercienne de Pontigny, le 13 juin dernier, Julien ODOUL a réaffirmé sans fioritures sa ferme opposition à la privatisation du domaine de ce bâtiment séculaire, érigé au XIIème siècle. Protéger et valoriser le patrimoine intègrent ses prérogatives pour faire du territoire régional une contrée attractive au plan du tourisme et de l’économie…

 

PONTIGNY : Le joyau cistercien a reçu la visite dominicale de l’un des sept prétendants à la présidence de la Région. Julien ODOUL, chef de file du Rassemblement National en Bourgogne Franche-Comté, a pris soin de découvrir en prenant son temps ce site patrimonial d’exception qui a vu passer quelques figures emblématiques de l’Histoire : de Thomas BECKETT à André GIDE, de Jean-Paul SARTRE à André MALRAUX. Voire encore l’archevêque de Canterbury.

Le candidat profita de cette promenade champêtre en tenue décontractée (le jean plutôt que le costume cravate) pour évoquer ses propositions concernant la protection du patrimoine régional et la culture en règle générale.

S’insurgeant contre la politique à la découpe (« funeste » à ses yeux) subie par le domaine de l’abbaye, l’élu de Sens entend faire de la protection et de la valorisation du patrimoine un étendard favorisant à la fois la relance économique et l’attractivité de notre territoire.

N’ayant toujours pas digéré la privatisation du domaine de la plus grande abbatiale cistercienne du monde, opération adoubée par la présidente Marie-Guite DUFAY en faveur de la Fondation SCHNEIDER, le porte-parole du parti bleu marine rappelle que « le RN a été le seul à se lever contre cette sombre opération de déstockage d’un patrimoine culturel, religieux et historique majeur afin d’y implanter un vaste complexe hôtelier et un centre d’art contemporain ». Et de pointer du doigt les élus des Républicains et leur « abstention coupable ».

 

 

S’il est élu au perchoir de l’hémicycle régional, il refusera cette privatisation visant à transformer le site chargé d’histoire en un établissement hôtelier haut de gamme.

Mais, l’élu de l’opposition de Sens pousse ses pions un peu plus en avant en proposant de doubler le budget dédié à la préservation du patrimoine régional, à promouvoir le patrimoine industriel, à financer les fêtes de villages et les traditions locales. Sans omettre de protéger le patrimoine immatériel en soutenant les artisans qui font vivre des savoir-faire parfois multiséculaires.

A contrario, Julien ODOUL qui a aussi dans le collimateur les parcs éoliens proposera un moratoire visant les nouveaux projets d’implantation de ces appareils qui défigurent les trésors architecturaux et le patrimoine visuel.

En résumé, pour le candidat RN, « l’exemple de Pontigny témoigne de l’échec cuisant de la politique culturelle de la gauche régionale… ».Dont acte.

 

Thierry BRET

 

Le siège des « Estivales de Puisaye » à Champignelles était en effervescence il y a peu. Cette belle équipe de bénévoles s’y est retrouvée pour trier, ranger, préparer accessoires et matériels en vue de la dix-neuvième saison. Vice-président de la structure associative, Gilles PETITOT a répondu à nos questions. La semaine a été dure. La tension s’entendait au téléphone lors de la prise de rendez-vous. Il avait d’ailleurs été différé. D’où ce mot de l’intéressé : « pardon, c’est un peu cavalier… ».

 

CHAMPIGNELLES : Maintenant, assis derrière un bureau que les dossiers encombrent, Gilles PETITOT sourit. Détendu, il explique les tenants et aboutissants de la convention qui a été signée hier. « Nous allons pouvoir héberger tout le monde… ».

Depuis des années, l’internat du lycée agricole est mis à disposition. Choristes, musiciens et bénévoles y séjournent. « Héberger de 80 à 120 personnes simultanément, ce n’est pas si aisé » glisse notre hôte.

Le lycée agricole a quitté Champignelles pour Venoy. Le Conseil régional est vendeur des murs. La communauté de communes est acheteuse, mais pas au même prix. Est-il possible de s’entendre à quelques semaines d’un scrutin ? Personne ne voulant être responsable d’un désastre, un accord a été trouvé pour cet été 2021, pour ne pas mettre en péril « les Estivales de Puisaye ».

 

HAENDEL et les Frères JACQUES : entre diversité et qualité…

 

Président et directeur artistique, Philippe BROCARD a élaboré le programme. Par prudence, il a renoncé à créer une opérette cette année. Par prudence aussi, Gilles PETITOT a tout mesuré au moindre centimètre près dans tous les lieux de concerts.

« Nous ignorons les jauges qui pourraient nous être imposées. Nous avons travaillé trois hypothèses. Nous avons calculé le nombre de places pour chacune. Nous n’ouvrirons la billetterie qu’en ayant l’assurance de pouvoir recevoir chaque spectateur » précise le vice-président avec la tranquille assurance de celui qui n’en est pas à son premier marathon.

Comment parler du programme de cette 19ème édition sans évoquer chaque spectacle ?

Le compositeur Rémi GOUSSEAU, fondateur des Estivales, apporte un concerto pour clarinette. Il sera créé le premier soir, en l’église de Saint-Privé. Antonio Vivaldi et Gabriel Fauré figurent également au programme. Ce sera le 13 août.

Le 14, à Aillant-sur-Milleron, Sara CHENAL, au violon, et Olivier PELMOINE, à la guitare, transporteront le public. Ils lui feront franchir l’océan, évoquant tour à tour l’Argentine et l’Italie. Unir cordes et âmes, tout un programme d’une harmonieuse élégance.
La soirée au château de Saint-Fargeau débutera par la musique lors des feux d’artifice royaux, de G.F Haendel. Qui dit mieux pour un 15 août ?

A Charny, le 17, cinq voix masculines et puissantes rendront un hommage vibrant aux célèbres Frères JACQUES.

 

 

Des bénévoles qui vibrent de leur passion…

 

Le concert symphonique du 18 sera donné à Saint-Sauveur-en-Puisaye. Le concerto pour piano n°3 de Rachmaninov clôturera la soirée. Avec Aurélien PONTIER au piano !

La musique traditionnelle sera à l’honneur, le 19 à Sommecaise. Les répertoires roumain, serbe, bulgare et moldave sont à l’ordre du jour. Carte blanche a été donnée à la Maîtrise Saint-Louis de Gonzague de Paris pour le vendredi 20 à Champignelles.

Bléneau ouvre sa salle des fêtes, le 21, pour un spectacle musical. Que peuvent quatre clarinettistes virtuoses face à un percussionniste déjanté ? A voir pour le croire !

Enfin, le grand concert de clôture est programmé deux fois : à Nogent-sur-Vernisson le 21, puis à la cathédrale d’Auxerre le dimanche 22.

Un dernier mot : toute l’organisation des « Estivales de Puisaye » repose sur le bénévolat. L’association ne salarie personne. Les bénévoles sont tous des passionnés. Ils sont amoureux de la Puisaye. Ils ont la musique au cœur et l’envie de partager. Ils ne demandent qu’à partager leur passion avec le public…

 

En savoir plus :

 

www.estivales-puisaye.com

 

Thierry CARABIN

 

Exit la Slovénie qu’il laisse avec regrets derrière lui tant la chaleur de l’accueil fut à la hauteur de ses espérances, place à la Croatie dont il vient de franchir la frontière depuis quelques heures à peine, ce samedi 29 mai. Mais de part et d’autre de la ligne qui sépare ces deux pays de l’ancienne Yougoslavie, il y a toujours cette solitude inexorable qui l’accompagne tout au long de ce périple, dur pour le moral…

 

CROATIE : La mine fatiguée, les muscles endoloris, le regard perdu dans le flou et le vague à l’âme de savoir qu’il s’éloigne chaque jour un peu plus de celles et ceux qui l’aiment, le sportif de l’extrême Abderrazzack EL BADAOUI avance à son rythme. Il s’accroche à sa monture de métal, lourdement équipé, son cycle qui le conduit vers sa destination finale. Cap vers Dubaï et la péninsule arabique, le berceau des contes et légendes des mille-et-une nuits !

Après quatre pays traversés et treize jours de progression constante sur les routes peu contrôlées de l’Europe centrale, le champion auxerrois se rapproche davantage de son but.

 

 

 

 

Sans avoir connu la moindre anicroche, et accompagné par le salvateur soleil qui lui réchauffe le cœur. Au détour de belles rencontres, « Abder » chemine en prenant le temps de discuter au détour de ces contacts si riches qu’il affectionne et aussi de se reposer.

Qu’il est déjà très loin ce temps de la ferveur vécue au départ de ce raid où ils étaient nombreux à lui prodiguer des encouragements mérités qu’ils soient officiels ou émanant de ce public admiratif et ayant bravé des conditions météorologiques quasi hivernales pour le voir quitter son port d’attache…

 

Thierry BRET

 

 

Prélevés courant mars en forêt de Conches, dans le département de l'Eure, sept chênes majestueux ont été offerts par l’assureur mutualiste à la reconstruction à l’identique de la flèche de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris. Une contribution réalisée au nom de la préservation du patrimoine hexagonal et de l’intérêt collectif porté par l’enjeu…

 

PARIS : Ils sont au nombre de sept (tout un symbole au niveau du chiffre) qui seront utilisés in fine par les artisans charpentiers à l’édification de la nouvelle flèche ornementale, placée sur le point culminant du célèbre emblème parisien. Détruite lors du terrible incendie de 2019, la charpente en bois de Notre-Dame-de-Paris ainsi que sa flèche fruit de l’imaginaire de l’architecte VIOLLET-LE-DUC devrait retrouver son lustre d’antan dans le cadre du gigantesque chantier décidé par l’Etat.

Un total d’un millier de chênes sera nécessaire à la reconstruction à l’identique de cette charpente, trop vite consumée dans les volutes de fumée.

 

 

Soucieux de préserver le patrimoine de l’Hexagone, et investi dans de nombreuses opérations de réhabilitation des monuments historiques, à l’instar de plusieurs pièces du Château de Saint-Fargeau dans l’Yonne par sa caisse régionale Paris-Val-de-Loire, GROUPAMA a décidé de prélever sept de ces arbres centenaires dans l’un de ses domaines forestiers privés dont il a la gestion. Soit un équivalent de près de vingt-deux mille hectares en France.

Grâce à ce patrimoine végétal d’importance, l’assureur mutualiste peut ainsi apporter sa contribution pour faire face à la catastrophe qui a frappé le pays il y a déjà deux ans. Un geste utile pour une cause noble…

 

Thierry BRET

 

 

On ne se lasse jamais d’admirer des toiles et de belles couleurs. Celles qui transportent l’âme des visiteurs de la galerie Hors Cadre au plus près de ses créateurs. Des peintures qui semblent si simples au premier abord mais qui sont en réalité le fruit d’une expression artistique finement ciselée. Comme celles de l’artiste Annie Paule THOREL.

 

AUXERRE : C’est le retour en grâce, pour  les lieux de culture, fermés depuis plusieurs mois à cause de la crise sanitaire. Certes, les musées et leurs expositions n’ont pas réussi à se hisser hors des griffes du virus. Cependant, depuis le 19 mai, ces endroits discrets mais pas secrets où fleurent bon des odeurs d’encaustique et d’essence de térébenthine qui bercent les plus passionnés d’entre nous peuvent de nouveau rouvrir afin d’y dévoiler leurs œuvres.

La nouvelle présentation de l’artiste picturale Annie Paule THOREL, baptisée de la locution transalpine « Allegro ma non troppo », invite les curieux à contempler le fruit de son travail.

Conçues en collaboration avec l’association Hors Cadre qui a pour but de promouvoir et de diffuser l’art contemporain, les œuvres de cette dernière sont exposées au centre-ville d’Auxerre, au 49 de la rue Joubert.

Dans une ambiance des plus claires, la couleur vive des œuvres règne au sein de la pièce qui accueille l’exposition. Annie Paule THOREL est une artiste âgée de 67 ans. Jusqu’alors, elle jouait avec les formes organiques qui semblaient flotter continuellement dans l’espace. Aujourd’hui, elle se consacre aux lignes et aux couleurs qui sont devenues, selon la directrice artistique de l’association Hors Cadre, Nathalie AMIOT, « les éléments principaux de son vocabulaire ».

Avec un titre d’exposition qui se positionne en point de référence par rapport aux œuvres réalisées, la peinture permet aux visiteurs d’avoir un moment de répit propice à l’évasion. Dès le premier regard, cela paraît tellement facile. Mais, que l’on ne s’y méprenne pas : cette addition d’intervalles colorés n’est pas le fait du simple hasard. Toutes ces toiles ont été longuement réfléchies par son auteure à la couleur près.

 

Une méthode où se constitue sa propre gamme chromatique…

 

Côté technique, la peinture n’est pas appliquée directement sur la toile mais sur des modules qui permettent à l’artiste de choisir une taille spécifique à ce qu’elle souhaite faire ressentir comme émotions aux spectateurs.

L’emploi de ces modules lui offre la possibilité d’utiliser des pigments purs à la cire sans avoir peur que l’altération de celle-ci s’invite sur l’œuvre. Ainsi, grâce à ce procédé, la couleur demeure intacte et contracte à la fois une qualité supérieure mais aussi une certaine texture assemblée à la profondeur. En adoptant cette méthodologie, Anne Paule THOREL crée ainsi sa propre gamme chromatique en s’éloignant des standards initiaux. De ce fait, les œuvres présentent des mariages de coloris qui n’auraient pas été pensés de façon primaire.

 

 

Un effet de superposition de couches colorées très surprenant…

 

En cheminant dans la galerie, on s’aperçoit que certaines œuvres possèdent un travail de superposition de couches picturales grâce à la méthode de ces fameux modules. Les couleurs que perçoivent les visiteurs en surface sont alors liées aux couleurs qui se trouvent en dessous de ces dernières.

L’œuvre étant faite avec une première couche de couleur, en y ajoutant d’autres intensités, elle créée alors sa propre musicalité.

De ce fait, la peinture à l’encaustique sur bois, « Etretat », intègre ce processus créatif avec ses lignes de couleurs aussi opposées les unes que les autres. Les lignes faisant penser à un piano, chacune d’entre elles joue alors une note de musique différente.

D’autre part, le titre de l’exposition « Allegro ma non troppo » qui signifie « vite mais pas trop » fait lui-même référence à la musique, un univers dont l’artiste connaît particulièrement bien les rouages, ayant travaillé longtemps à la radio.

Les œuvres d’Annie Paule THOREL offrent cette touche de musicalité originale tout en cherchant la profondeur rythmée des espaces.

 

En savoir plus :

Exposition Annie Paule THOREL

Chez Hors Cadre

Jusqu’au 17 juillet

Entrée libre

Du mercredi au samedi de 14 à 18 heures

49, rue Joubert à Auxerre

 

Jordane DESCHAMPS

 

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