Claude VAUCOULOUX (UIMM) : « Les jeunes générations doivent être accompagnées vers les nombreuses potentialités industrielles…»

« De retour des « Universités d’été du MEDEF », vingtièmes du nom tenues à Paris ces jours-ci, le secrétaire général de l’UIMM et du MEDEF de l’Yonne Claude VAUCOULOUX brosse un état des lieux détaillé des perspectives économiques offertes par la filière industrielle à l’aune de ce nouvel exercice…riche en création de postes mais en cruel manque de prétendants ». « De retour des « Universités d’été du MEDEF », vingtièmes du nom tenues à Paris ces jours-ci, le secrétaire général de l’UIMM et du MEDEF de l’Yonne Claude VAUCOULOUX brosse un état des lieux détaillé des perspectives économiques offertes par la filière industrielle à l’aune de ce nouvel exercice…riche en création de postes mais en cruel manque de prétendants ». Crédit Photos : Thierry BRET.

Cruel dilemme à vivre pour les chefs d’entreprises en ce début de rentrée 2018. Alors que leurs carnets de commandes regorgent d’heureuses opportunités de pouvoir faire fructifier le chiffre d’affaires de leur société industrielle, le besoin en recrutement de collaborateurs qualifiés ne peut être honoré de manière convenable, et ce dans les meilleurs délais : faute de candidats sérieux et motivés ! Inéluctable, cette problématique récurrente mine jour après jour le moral de ces décideurs économiques, pourtant créateurs de richesses et de solutions en matière d’emploi. Néanmoins, dans l’Yonne, et comme le confirme le secrétaire général de l’UIMM (Union des industries et des métiers de la métallurgie) et du MEDEF, Claude VAUCOULOUX, tout est mis en œuvre à l’échelon du Pôle Formation 58/89 et de ses partenaires pour trouver les solutions optimales en cette période qui se présente sous ses meilleurs auspices économiques…

AUXERRE : Calme, parfaitement détendu derrière son bureau, Claude VAUCOULOUX s’accorde le temps de l’analyse pour évoquer la situation présente. Celle qui se rapporte à cette période d’ordinaire si délicate de septembre, synonyme de redémarrage des activités professionnelles. Que l’on ne se méprenne pas : dans l’Yonne, la rentrée 2018 possède un dénominateur commun avec les vendanges vécues par les viticulteurs ! Elle se présente tout comme la récolte de raisins sous de très bons auspices. Chose qui ne fut pas le cas au cours de ces dernières années. Cette fois-ci, la donne change : les carnets de commandes en hausse confirment une excellente orientation.

« Les projets culminent sur certains secteurs de l’activité industrielle, explique le secrétaire général de l’UIMM et du MEDEF départemental, à titre d’exemples, je citerai les domaines du transport, du ferroviaire, de l’aéronautique ou de l’automobile. Pour ce dernier point, les ventes optimales réalisées par les constructeurs nationaux ces derniers mois boostent la majorité de sous-traitants et d’équipementiers de la filière… ».

Accompagner les entreprises dans leur démarche de recrutement

Un effet gigogne profitable aux entreprises qui se convertit positivement auprès des services de maintenance, des bureaux d’étude et du besoin en automatisation. Oui, mais toutefois, y aurait-il un hiatus dans ce tableau un peu trop idyllique ?

« Les entrepreneurs éprouvent la plus grande difficulté à trouver du personnel ! Pourtant, ils sont en quête d’ingénieurs, de techniciens de bureau d’étude, d’électromécaniciens, d’électriciens. Le Pôle Formation des industries de haute technologie forme ces personnes dans ses centres de la Nièvre et de l’Yonne. Seule ombre au tableau, cela requiert du temps. Nous pouvons affirmer aujourd’hui que l’industrie fournit de très belles capacités en termes de progression de carrière. De notre côté, nous essayons de préconiser des solutions qui permettent à l’entreprise de bénéficier de nouveaux savoir-faire » ?

Servir de repérage en amont des besoins…

Faisant feu de tout bois avec les services de l’Etat (en particulier ceux de Pôle Emploi via la signature d’une charte spécifique signée chez l’industriel NOGUES au printemps), la Maison de l’Entreprise avec le concours de son Pôle de formation 58/89 propose des actions concrètes auprès des demandeurs d’emploi déjà qualifiés d’un bon niveau.

« En utilisant l’outil « Job Evolution », nous effectuons un vrai travail en amont qui sert de repérage approprié pour les entreprises ayant des besoins de recrutement. Nous guidons ce public vers la qualification. Le cycle se termine par l’obtention d’un référent, le CQPM métallurgie ».

La démarche s’avère pertinente. Une réflexion prospective sur les métiers d’avenir y est entreprise. Sachant que la filière industrielle vivra une grande période de mutation à brève échéance et que 50 % des jobs qui seront opérationnels d’ici une trentaine d’années ne fonctionnent pas encore. Voire, ils ne sont pas clairement identifiés.

« La priorité des entreprises industrielles s’assimile à l’obtention d’avancées technologiques permettant de réduire la pénibilité sur le lieu de travail tout en améliorant la qualité. C’est, en quelque sorte, le transfert d’un niveau de compétences acquises hier vers celles de demain en intégrant des données informatives très éloignées de celles d’aujourd’hui. Dans un laps de temps très court, la cobotique pénètrera davantage le monde des PME. Les industriels exprimeront alors le besoin de responsabiliser des personnes hautement qualifiées dans le cadre de la fabrication et la conception de produits, parfois uniques…Face aux exigences accrues du monde professionnel, il est indispensable de préparer l’école et les centres de formation à cette réalité afin de donner des caps vers les compétences ».

250 000 emplois créés chaque année d’ici 2025…

Depuis bien longtemps, le phénomène n’était pas arrivé en France. Une séquence favorable à la création de nouveaux emplois plutôt qu’à se résoudre à les détruire. Cet apport de nouveaux postes sera massif, prévient-on. Environ 250 000 emplois chaque année d’ici 2025.

« Exit les années galères, renchérit Claude VAUCOULOUX stoïque, conséquence directe de la crise américaine de 2008. Les choses ne devraient pas s’écrouler de but en blanc. A l’heure actuelle, nous observons une phase de pallier intéressante où les entreprises connaissent une recrudescence du nombre de commandes même si elles ne peuvent pas produire plus qu’elles ne peuvent. Certes, les Cassandre profèrent toujours le pire en matière d’évolution. Il est vrai que le contexte international s’agite beaucoup depuis quelque temps et enregistre de nombreux soubresauts. Cependant, notre industrie tient le cap. Elle possède ainsi les ingrédients nécessaires. Cela lui permet de faire face et de s’adapter à ces différentes situations… ».

Le Pôle Formation 58/89, de son côté, a fait le choix stratégique de miser sur l’avenir. D’une part, en investissant une enveloppe de 4 millions d’euros dans l’acquisition de nouvelles technologies et des outils performants. Une base solide servant à la transmission des savoirs auprès des nombreux apprenants qui fréquentent les sites répartis dans la Nièvre et dans l’Yonne.

« L’un de nos objectifs est d’encourager l’émergence de l’innovation auprès des PME, ajoute le porte-parole de l’UIMM et du MEDEF, un programme précis existe et offre la possibilité aux entrepreneurs de ces petites et moyennes structures de pouvoir accéder et de partager des connaissances avec une école d’ingénieur mais aussi des doctorants. La mise en relation avec des laboratoires s’inscrit dans une suite logique de ce processus. C’est le moyen idoine de répondre aux besoins de ces métiers qualifiés du tissu industriel. Nous nous situons sur des métiers à pré requis importants. Sachant qu’une partie de la population est également éloignée de l’emploi. Dans tous les secteurs de l’économie, on entend parler de difficulté de recrutement. En toile de fond, le principal argument qui est avancé, c’est le problème de l’attractivité. Mais, je m’interroge sur ce point : qu’est-ce qui est attractif de nos jours ? Pour aller plus loin dans cette réflexion, quels sont les critères qui prennent en ligne de compte cette attractivité des métiers ? Tout cela est très subjectif, en vérité… ».

Les nouveaux paradigmes de la jeune génération

De retour de Paris des vingtièmes « Universités d’été du MEDEF » auxquelles il participait il y a quelques jours, notre interlocuteur s’est nourri de ces sessions pédagogiques et informatives pour faire le plein d’enthousiasme et de dynamisme par rapport à ses nombreuses missions.

« Nous devons être confiant dans la jeunesse, lâche-t-il sans l’once d’une hésitation, et l’accompagner vers le monde de l’entreprise. Les choses évoluent. Nous assistons à des modifications comportementales et sociologiques majeures autour de nous. Le rapport de force s’est inversé. Une large frange de la population choisit sa destination dans le cadre d’une carrière. L’offreur, a contrario, ne choisit plus les demandeurs. Les jeunes d’aujourd’hui ont adopté de nouveaux paramètres qui ne sont pas comparables avec les nôtres, ceux que l’on a connus par le passé… ».

Rappelant que le nombre de jeunes désireux d’endosser l’habit de patron d’entreprise était significativement supérieur à l’heure actuelle que par le passé. Et que la question basique de la rémunération ne possédait plus la même dimension revendicative qu’autrefois.

« Désormais, les jeunes de la génération Y parlent de réalisation de soi et d’un choix de vie assumé… ».

Une réalité qui a tout naturellement rattrapé le terrain des entreprises industrielles y compris dans le landerneau régional.

 

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