L’EXELMANS (futur « Bourgogne ») largue les amarres au profit des industriels partenaires de la SAS LOGIYONNE

« 215 ans plus tard, l’Yonne retrouve enfin une structure entrepreneuriale qui se positionne sur le segment très spécifique de l’armement fluvial. Filiale de la SAS LOGIYONNE, l’entité va pouvoir répondre aux besoins des industriels du secteur soucieux de transporter de lourdes charges vers le port maritime du Havre… ». « 215 ans plus tard, l’Yonne retrouve enfin une structure entrepreneuriale qui se positionne sur le segment très spécifique de l’armement fluvial. Filiale de la SAS LOGIYONNE, l’entité va pouvoir répondre aux besoins des industriels du secteur soucieux de transporter de lourdes charges vers le port maritime du Havre… ». Crédit Photos : Thierry BRET.

L’objet flottant, clairement identifié qui navigue à vitesse très réduite sur l’Yonne ne se nomme pas une péniche ! Il n’y a que les marins d’eau douce qui peuvent encore le croire ! Cet automoteur à l’appellation flamande (EXELMANS) changera bientôt de patronyme pour se nommer « Le Bourgogne ». Logique, puisque ce bâtiment destiné au transport de colis lourds entre Seine et Yonne est depuis peu l’appartenance du spécialiste logistique, LOGI YONNE !

 

GRON : L’imposant bateau qui battra bientôt pavillon icaunais possède des caractéristiques très particulières. Il impressionne d’ailleurs au premier regard par sa longueur interminable. On dirait presque un jour sans fin lorsque l’on se place à hauteur d’homme sur son flanc.

D’un poids de 1 760 tonnes (une paille !), et gourmand d’une consommation énergétique de près de 4 000 litres de fioul pour effectuer un aller-retour entre Le Havre et le port de GRON, le bâtiment excède presque les cents mètres de longueur.

On s’y perdrait presque lorsque l’on monte à bord. Ce qui arrivera forcément à quelques adeptes de navigation fluviale, conviés à vivre au rythme nonchalant de ce navire lors de ces fréquents voyages vers le port de la Seine-Maritime. Une ou deux cabines y pourvoiront. Qui sait, aurons-nous peut-être l’opportunité de vous relater cette aventure au fil de l’eau dans les prochains mois ?

 

 

Un nouveau profil à ajouter sur la carte de visite de Didier MERCEY : armateur !

 

Toujours est-il que cet « EXELMANS » de grande taille devrait perdre d’ici peu son nom originel à connotation flamande. Nouvelle appellation plus en phase avec notre territoire puisque désormais son port d’attache n’est autre que la base logistique de GRON : « Le Bourgogne » !

Une base permettant la liaison régulière de fret en empruntant l’Yonne et la Seine afin de rejoindre l’embouchure vers la mer, dans l’important complexe fluvio-maritime du Havre. L’un des premiers de France.

En vieux loup de mer à qui on ne l’a fait pas, Didier MERCEY, en précurseur et visionnaire qu’il est depuis longtemps, abat ainsi un nouveau joker dans son jeu déjà bien garni de carrés d’as.

Malgré un environnement logistique, portuaire et maritime tourneboulé par la rupture des chaînes logistiques mondiales, imputable à la crise sanitaire sans précédent de l’ère moderne. Le président de la SAS LOGIYONNE s’invente un nouveau profil à ajouter sur Facebook et LinkedIn : armateur !

Pour ce faire, ce personnage emblématique de la logistique fluviale en Bourgogne Franche-Comté s’est doté d’un nouvel outil, qu’il a également peaufiné avec l’aide de Guillaume BLANCHARD, directeur général du groupe SOGENA, la structure LOGISHIP. Une nouvelle SAS dont la raison d’être sera d’assurer le rôle d’opérateur fluvial pour garantir la fréquence de transport de ce bateau entre Yonne et Seine. Une indéniable plus-value à mettre à l’actif de l’attractivité de ce territoire qui se désenclave par l’eau.

 

 

La première structure qualifiée d’armateur depuis 1806 !

 

Le nouveau deal, incarné par le président de la SAS LOGIYONNE (une entité protéiforme qui englobe structurellement le groupe LOGI CONTENEUR, LOGI VIETFRANCE – la filiale internationale crée du côté de Da Nang au Vietnam afin de rayonner sur l’Asie du Sud-Est-, le port de GRON et par essence, LOGIYONNE) et le patron de SOGENA, spécialiste de transports maritimes dont les antécédents datent de…1828 ( !), se veut en soi très original.

D’autant, que depuis la disparition corps et âme de la compagnie FOUET-CHAUDOT, ultime armateur ayant sévi dans l’Yonne en 1806, nulle autre entreprise locale ne s’était positionnée à ce jour sur ce créneau d’activité au cours de ces trois derniers siècles. D’où l’importance de l’évènement.

Quant à l’appellation de ce bateau, elle coule de source pour ses propriétaires. Outre un évident clin d’œil à son port d’origine, le choix de ce mot « Bourgogne » fait également référence à une page historique de l’indépendance des Etats-Unis. En effet, en 1781, un navire de la marine royale, financé par les instances institutionnelles de notre contrée de l’époque, avait livré bataille pour le succès de la liberté.   

 

Signalons pour l’anecdote que les futures plaques identifiant ce bateau seront conçues par les apprentis du Pôle Formation 58/89, accueillis à la Maison de l’Entreprise de l’Yonne. Un soutien symbolique de Claude VAUCOULOUX, délégué général de l’UIMM et du MEDEF départemental, qui soutient l’initiative.

Mise en service le 25 novembre, la nouvelle ligne de fret de colis lourd (à titre d’exemple les cinq énormes tourets de 72 tonnes à l’unité acheminés vers Le Havre au bénéfice de l’industriel PRYSMIAN sur nos visuels) respectera une fréquence de transport profitable aux clients/partenaires de la structure logistique.

   

Un investissement d’un million d’euros pour acquérir le bateau…

 

Sur un plan pratico-pratique, et suite au rabaissement inattendu de la fameuse infrastructure qui pose problème à Pont-sur-Yonne, le franchissement de cet obstacle est désormais possible avec ce bateau automoteur. Plusieurs essais fructueux ont été réalisés en amont de l’ouverture de la ligne avec des charges de près de 6,5 mètres de haut (6,47 mètres précisément).

De quoi rassurer le directeur général des SAS LOGIYONNE et LOGISHIP, David BUQUET : « Nous allons garantir à nos clients industriels la sécurité et la disponibilité d’une cale idéale à l’approche de tous leurs marchés à l’export. En cela, ce navire est le plus adapté pour y parvenir, compte tenu des contraintes techniques… ».

Nonobstant, il aura fallu débourser la modique somme ( !) d’un million d’euros. Ce qui ne fut pas forcément une mince affaire pour la société logistique.

Quant à l’équipage, il se compose d’un capitaine à l’expérience affirmée et d’un matelot, sorti tout droit du centre de formation d’apprentis de la navigation intérieure, localisé dans les Yvelines à Tremblay.  

 

 

La construction d’une plateforme tri modale avec le ferroviaire dans les cartons…

 

L’avenir s’avère donc radieux pour l’armateur Didier MERCEY. Le carnet de commande regorge de contrats. Les perspectives économiques s’annoncent très intéressantes à horizon 2030. Voire, même avant.

Commentaires du dirigeant : « Nous allons sur les cinq années à venir représenter plus de 50 % du trafic de colis lourds de l’axe Seine/Yonne… ».

Une évidence, à plus d’un titre quand on sait que la Bourgogne Franche-Comté reste l’un des territoires régionaux les plus industrialisés de l’Hexagone. D’ailleurs, la SAS LOGIYONNE ne compte pas s’endormir sur ses lauriers après ce premier coup de maître. Prochainement, une logistique fluviale similaire devrait être opérationnelle entre le port du Sénonais et les principales places portuaires de Belgique et des Pays-Bas, via la liaison que représente le Canal du Nord.

De quoi faire exploser le chiffre d’affaires de la structure qui s’élevait à neuf millions d’euros l’année dernière.

Quant à la finalisation d’une plateforme « tri modale » où serait développée la connexion légitime avec le ferroviaire, érigée à proximité du site, elle a été dévoilée récemment aux collectivités de Bourgogne Franche-Comté, y compris l’Etat, qui ne peuvent qu’y souscrire.   

Le Port de GRON devenant la pierre angulaire des connexions du corridor Nord/Sud européen : ce n’est plus un vœu pieu, mais une réalité tangible qui chaque jour se consolide davantage au profit des acteurs de l’économie territoriale.

 

Thierry BRET

 

 

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