Un bilan en trompe l’œil du fait de la COVID : la Sécurité Routière ne peut se satisfaire de ce recul des accidents…

« Cause de 34 % des accidents : l’alcool reste cet ennemi euphorisant et invisible qui explique la mortalité sur les routes de l’Yonne. L’année 2020 présente des chiffres à la baisse dont l’explication se trouve dans les périodes successives de confinements et de couvre-feu…Un leurre… ». « Cause de 34 % des accidents : l’alcool reste cet ennemi euphorisant et invisible qui explique la mortalité sur les routes de l’Yonne. L’année 2020 présente des chiffres à la baisse dont l’explication se trouve dans les périodes successives de confinements et de couvre-feu…Un leurre… ». Crédit Photos : Préfecture de l’Yonne Service Communication.

La COVID-19 aura eu au moins un effet positif cette année sur le réseau routier de notre territoire. Les restrictions en matière de circulation imputables aux périodes de confinements et de couvre-feu ont engendré fort logiquement une baisse très nette du nombre d’accidents. Toutefois, il ne faut pas se leurrer sur ce miroir aux alouettes trompeur. Mais, l’alcool demeure lui le prédateur numéro un de l’automobiliste au même titre que la vitesse et le non-respect du Code de la Route.

AUXERRE: Le bilan de l’Observatoire départemental de la Sécurité Routière offre une physionomie pour le moins cocasse cette année. A la limite de l’incrédibilité. Le baromètre annuel 2020 affiche un recul de 27,10 % du nombre d’accidents corporels par rapport à l’exercice antérieur. Une situation en trompe l’œil qui est naturellement faussée par le contexte sanitaire exceptionnel que l’Yonne, à l’instar de l’Hexagone, traverse depuis bientôt douze mois.

La fréquentation des automobilistes sur les routes de notre département s’est réduite comme peau de chagrin lors des périodes de confinements et de couvre-feu. Mais, l’Observatoire prévient : le taux de gravité des accidents qui sont venus grossir les statistiques officielles de ce service préfectoral s’est accentué de manière très significative dans l’Yonne. Soit trois fois plus que le taux national, 18 tués pour cent accidents.

Autre constat navrant qui démontre que les Icaunais n’ont pas changé d’un iota leur dérive comportementale lorsqu’ils s’installent au volant : c’est au cours du quatrième trimestre que le nombre de décès a progressé le plus fortement avec un bond de 66,7 % par rapport à la même période observée en 2019. Chasser le naturel, il revient au galop comme le précise l’adage.

Nonobstant, les messages préventifs et la présence des forces de l’ordre aux abords des routes n’inversent pas la tendance.

 

 

 

 

Les principales causes de cette hécatombe (encore 29 disparus cette année sur nos routes) proviennent invariablement du non-respect des règles routières (stop et feux de signalisation grillés de manière outrecuidante, priorités ignorées…), de la vitesse excessive alors que le réseau routier offre de larges portions limitées à 80 km/h et surtout l’omniprésence de l’alcool.

C’est d’ailleurs celui-ci qui est responsable de 34 % des accidents mortels sur l’ensemble de l’année et de 64 % sur le seul mois de décembre, sans doute plus euphorisant avec la période des fêtes.

Comme à son habitude, c’est une nouvelle fois la tranche d’âge des 18/39 ans qui est la plus représentée dans ce palmarès du sordide. Quant aux créneaux les plus meurtriers, ils s’observent entre 15 et 18 heures, et ce, à partir du jeudi. Prélude à un sinistre week-end.

Enfin, 46 % de ces accidents ont été répertoriés sur le réseau des routes départementales secondaires.

Quant aux infractions, elles sont à la hausse de 28 % en 2020, soit 955 cas contre 746 l’année dernière. Des infractions qui ont engendré la suspension du permis de conduire.

D’ores et déjà, la préfecture annonce de nouvelles campagnes de sensibilisation à venir et la poursuite des contrôles par les forces de sécurité.

 

Thierry BRET

 

 

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