Pascal HENRIAT ne souhaite pas jouer les faire-valoir à Auxerre : le leader du MODEM se retire du jeu municipal…

« Le chef de file du mouvement des démocrates (MoDem) de l’Yonne, adjoint en charge des finances et du budget à la Ville d’Auxerre, ne suivra pas le maire sortant, Guy FEREZ, dans sa quête d’un quatrième mandat consécutif. Fustigeant l’absence de concertation de la part de l’édile, Pascal HENRIAT considère qu’il n’aura pu mener à bien sa mission en vue des tractations sur la ligne politique et le choix des personnes dans le cadre de la future liste aux municipales présentée par le candidat soutenu par la majorité présidentielle…Son retrait du jeu est irrévocable… ». « Le chef de file du mouvement des démocrates (MoDem) de l’Yonne, adjoint en charge des finances et du budget à la Ville d’Auxerre, ne suivra pas le maire sortant, Guy FEREZ, dans sa quête d’un quatrième mandat consécutif. Fustigeant l’absence de concertation de la part de l’édile, Pascal HENRIAT considère qu’il n’aura pu mener à bien sa mission en vue des tractations sur la ligne politique et le choix des personnes dans le cadre de la future liste aux municipales présentée par le candidat soutenu par la majorité présidentielle…Son retrait du jeu est irrévocable… ». Crédit Photos : Thierry BRET.

La discussion visant à travailler sur le projet électoral et l’équilibre de la future liste municipale aura tourné court. Une vingtaine de minutes, à peine, entre le chef de file du mouvement des démocrates, investi par la majorité présidentielle, et l’édile d’Auxerre, Guy FEREZ, candidat à sa succession, soutenu par La République en Marche. Une entrevue suffisamment longue, néanmoins, pour que le divorce entre ces deux ténors de la politique auxerroise ne soit consommé. De manière irrévocable ?

AUXERRE : Le torchon brûle entre Guy FEREZ, maire de la capitale de l’Yonne, et son adjoint chargé des finances et du budget, Pascal HENRIAT. Et ce n’est pas la rencontre, brève mais supposée tendue, entre les deux hommes il y a peu qui aura changé quelque chose à la situation.

Au terme de ces vingt minutes de faux dialogue, il n’y aura eu ni propositions sérieuses ni réel consensus sur la ligne à adopter et le choix des hommes dans le cadre stratégique des prochaines municipales.

Provoquant une conférence de presse ce vendredi 08 novembre, le chef de file du MoDem de l’Yonne, ayant reçu au préalable l’investiture de la majorité présidentielle pour entamer des discussions avec Guy FEREZ, a fait part de sa profonde amertume et de sa réelle déception. Avant de se prononcer sur ses choix.

« Devant le refus de dialoguer de Guy FEREZ, j’ai compris que ce dernier ne souhaitait plus que l’on travaille ensemble… ».

Un camouflet auquel Pascal HENRIAT a désiré faire face. La réaction de l’intéressé ne s’est donc pas fait attendre. Le responsable du mouvement des démocrates de l’Yonne a annoncé son retrait sine die de la course aux municipales 2020. Lui qui occupait jusque-là un poste névralgique au sein de l’organigramme auxerrois depuis 2014. Les finances et le budget.

« Je ne ferai aucunement parti de la prochaine liste des municipales aux côtés du maire sortant, devait-il déclarer avec véhémence, Guy FEREZ est venu me chercher il y a six ans pour barrer la route à Guillaume LARRIVE ; je lui donne aujourd’hui mon bon de sortie en assumant le travail mené avec lui. Mais, en revendiquant désormais mon statut d’homme libre… ».

 

Un contexte kafkaïen difficilement compréhensible…

 

Nonobstant, le représentant du centrisme dans l’Yonne qui siège au Département conserve sa fonction au sein de l’équipe municipale actuelle jusqu’au terme de son mandat. Soit en mars 2020.

Toutefois, Pascal HENRIAT assume pleinement le travail qu’il a mené auprès du maire actuel. « Je ne suis pas en désaccord avec le bilan de Guy FEREZ, concède-t-il, ce que je n’admets pas résulte de l’absence de concertation qu’il y a eu pour bâtir le projet de la nouvelle mandature… ».

N’accordant plus sa confiance à l’ancien maire socialiste d’Auxerre, Pascal HENRIAT se dit ne plus être en sérénité avec lui-même pour poursuivre l’aventure. 

Vu de l’extérieur, le contexte semble très kafkaïen. Démontrant ainsi toute la complexité de l’appareil politique qui auréole l’univers de La République en Marche depuis plusieurs mois. D’un côté, Guy FEREZ, qui a officiellement quitté sa formation originelle le Parti socialiste en juin 2019, a reçu le soutien des instances suprêmes du parti présidentiel pour mener à son terme la bataille auxerroise. L’entrevue avec le délégué national de LREM au printemps, Stanislas GUERINI, nous le remémore.

Dans le même temps, le leader du MoDem, Pascal HENRIAT, était désigné par le bureau exécutif de ce même organe politique pour mener à bien des tractations orales avec le maire sortant. Tout en veillant à ce que la représentation des idées dans le projet, devant être en cohérence avec les dix engagements éthiques de l’élu local progressiste, permette une représentation juste et équilibrée des équipes au sein de la future liste municipale et de l’agglomération. La lettre de mission à l’estampille de LREM sera datée du 26 septembre.

On connaît la suite : les attaches prises par le destinataire de cette missive, Pascal HENRIAT, avec Guy FEREZ afin d’engager des discussions sérieuses devant aboutir à un consensus n’ont pas eu les résultats escomptés pour le représentant du MoDem.

 

 

Des appels du pied qui resteront lettres mortes…

 

Pour autant, une question demeure : cette fin de non-recevoir exclut-elle définitivement du jeu des municipales le responsable centriste de l’Yonne ?

Les appels du pied d’autres candidats pourraient peut-être infléchir la position de Pascal HENRIAT. Pour l’heure, lui, affirme le contraire.

« C’est vrai que sur de nombreux points, Crescent MARAULT présente des idées qui ne sont guère éloignées des miennes. Comme moi, il a soutenu Alain JUPPE et Emmanuel MACRON aux dernières présidentielles. Comme moi, il est centriste. Mais, je n’oublie que c’est le représentant de la droite dure, Guillaume LARRIVE, des Républicains, qu’il l’a adoubé pour cette campagne électorale. Donc, je ne le suivrais pas. Quant aux Verts, on les a poussés à bout dans le mandat actuel alors qu’il n’y a jamais eu en six ans la moindre critique au sein de l’équipe municipale. J’approuve leur candidature ; ils ont eu raison de s’émanciper de la tutelle actuelle… ».

Quant à l’évocation de sa propre candidature en 2020, Pascal HENRIAT balaie la suggestion d’un revers de la main.

« Beaucoup me l’ont demandé, ajoute-t-il, j’y ai moi-même pensé. Mais, j’ai une vie professionnelle et je ne souhaite pas la mettre en difficulté. En outre, je ne voulais pas rajouter de candidats supplémentaires à cette élection qui en est déjà bien fournie… ».

Préférant se retirer de la vie politique auxerroise, Pascal HENRIAT qui est aussi l’un des acteurs clés de l’opposition au Conseil départemental, n’en demeurera pas moins attentif aux programmes des uns et des autres. Histoire de donner à un moment précis ses consignes de vote pour tel ou tel candidat.

Mais, attention, prévient-il solennel : « je ne suis pas à vendre ni moi ni les représentants du MoDem même s’il y aura des tentatives de l’équipe actuelle de débauchage… ».

Se disant au service de la politique au sens noble du terme plutôt qu’au service d’un politique qui en incarnerait le rôle, Pascal HENRIAT ne met pas un genou à terre, en acceptant n’importe quelle compromission.  

A 58 ans, mature et aguerri à la chose politique, le leader du MoDem ne veut prêter allégeance à qui que ce soit. Se contentant d’exercer un droit de retrait, en homme libre, qui lui permettra peut-être de mieux rebondir ultérieurement ?

 

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