Ils ont des comptes à rendre à leurs électeurs : les politiques doivent faire montre d’exemplarité !

« Pourquoi les élus de la République constituent-ils une caste à part de notre société ? En faisant preuve de davantage d’exemplarité et de probité, cela permettrait de revaloriser l’image du politique qui est de plus en plus ternie dans l’opinion publique… ». « Pourquoi les élus de la République constituent-ils une caste à part de notre société ? En faisant preuve de davantage d’exemplarité et de probité, cela permettrait de revaloriser l’image du politique qui est de plus en plus ternie dans l’opinion publique… ». Crédit Photo : D.R.

Comme Martin Luther KING, ai-je fait un rêve ? Avez-vous déjà vu ces images choquantes, tournées lors de certaines sessions de l’Assemblée nationale au moment de votes sur des sujets qui captent l’attention de l’opinion publique. C’est-à-dire des citoyens. C’est-à-dire de nous. Nous autres qui sommes à la fois les électeurs et les contribuables. L’hémicycle et ses travées sont vides et souffrent de l’absence de nos représentants. Eux, les élus du peuple qui s’expriment en notre nom ! Je rappelle que les contribuables paient l’impôt. Et que celui-ci sert à payer la gent politique à accomplir leurs tâches. Au service des citoyens que nous sommes ! La classe politique a donc des devoirs et des comptes à rendre à son électorat…

TRIBUNE : Cela ressemble à une photo prise sur le cirque de Gavarnie en hiver ! Il n’y a pas grand monde à visualiser sur le cliché. Lors d’un vote récent qui se rapportait à l’intégration des enfants handicapés dans l’enseignement, on a pu constater l’absence éloquente de la plupart des député(e)s. La République En Marche venait pourtant d’obtenir la majorité à l’Assemblée nationale. Mais, ses propres député(e)s n’avaient pas daigné aller voter ! J’avais déjà observé le même vide désolant lors d’un échange sur la formation professionnelle.

Il y avait toujours aussi peu de monde interpellé par ce thème sociétal important dans l’hémicycle que précédemment. Pourtant, dans le chômage de masse, que notre pays enregistre depuis des lustres, tout le monde sait que la formation constitue le socle de base pour sa résorption. Celles et ceux qui ne sont pas assez qualifiés ou doivent se reconvertir en optant pour une nouvelle carrière ont un immense besoin de formation pour s’extraire des limbes inextricables du chômage.

Qu’il s’agisse d’enfants handicapés ou de demandeurs d’emploi, et au vu de ces états de fait, nous pouvons dire que la majorité de ces honorables parlementaires s’en moquent. Triste constat en vérité ! Une question s’impose derechef : pourquoi, à l’instar de 26 millions de Français, ces élus du peuple portés par nos voix ne nous représentent-ils pas et ne vont pas à leur lieu de travail lors de ces sessions si importantes ?

Les élus devraient s’inspirer de ce que vivent les collaborateurs en entreprise…

Que dire du Sénat ? Selon une enquête analytique sur l’assiduité des sénateurs aux séances de cette noble institution, il apparaît ceci : près d’un quart des sénateurs ne sont pratiquement jamais présents au Palais du Luxembourg. Un autre quart effectue des apparitions erratiques lors de certaines séances. Toutefois, la moitié de ces élus intègre la catégorie des assidus. Ce qui est un moindre mal, convenez-en !

Nous savons tous que ces séances proposées dans cet hémicycle feutré et de belle facture (les ors de la République !) ne se réalisent pas à une cadence de stakhanoviste. Franchement, nos sénateurs ne risquent pas d’être victimes de « burn-out » en cette période de canicule !

Maintenant, que se passe-t-il si un ouvrier, un employé ou un cadre de n’importe quelle entreprise ne se rend pas  à son travail ? Il doit justifier obligatoirement son absence.

Si cette dernière est motivée par une raison médicale, cela entraîne automatiquement une réduction de son salaire pendant la période de carence. Puis, si la maladie se prolonge et s’il n’a pas la chance d’être dans une entreprise qui complète le montant versé par la Sécurité sociale, son revenu est fortement amputé. Grevant de facto son budget.

Supposons maintenant que cet ouvrier, cet employé ou ce cadre ne vienne pas à son travail et ne justifie pas son absence. Que se passe-t-il ? Eh bien, il est tout simplement viré !

Le songe évanescent d’une nuit d’été…

Alors, je m’interroge une fois de plus : pourquoi les parlementaires qui bénéficient de revenus très élevés, sans omettre des compléments de salaire divers et variés non soumis à l’impôt, constituent-ils une caste à part entière dans notre société ?  

Procédons à un petit détour via le Parlement européen. A Strasbourg où bon nombre de politiques se sont empressés d’y avoir un siège après les récentes échéances. En langage populaire, on appelle cela « une bonne gâche » ! La sémantique militaire qualifie cet état de fait de « bonne planque » ! Je vous laisse juge !

Là encore, dans l’hémicycle européen, force est de constater que l’assiduité n’est pas de mise parmi les élites. Une chaîne de télévision allemande a diffusé une séance qui vaut son pesant d’or ! Une scène indécente et qui prête à réflexion en nos âmes et consciences.

Des parlementaires européens, munis de leur esthétique petite valise à roulettes défilaient un vendredi matin près de la pointeuse pour être enregistrés comme étant présents à l’Assemblée européenne. Les journalistes nous en ont donné la raison : « les élus perçoivent une allocation de l’ordre de 350 euros par jour de présence ».

Et puis, hop, comme par enchantement, une fois qu’ils étaient répertoriés et sûrs de toucher « leurs émoluments », sous la forme de jeton de présence, ces derniers repartaient immédiatement dans l’autre sens afin de profiter d’un agréable week-end prolongé chez eux à nos frais !

Comme le regretté Martin Luther KING, « j’ai fait un rêve ». Celui que tôt ou tard, les élus de la République devenaient tous des modèles de vertu en étant l’exemplarité incarnée de ces valeurs sociétales que nous chérissons tous ! A commencer par la probité...

Oui mais voilà, après avoir visionné ces images déconcertantes de la chaîne allemande, je me suis réveillé et la réalité m’a rattrapée. Ce n’était qu’un songe. Ephémère comme l’insouciance de nos jeunes années à jamais disparue…

Emmanuel RACINE

 

 

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