Le plafond de verre s’est effondré dans l’Yonne : « aux larmes, citoyens ! »

« A croire que l’écran installé à la préfecture où s’affichaient les résultats tout au long de la soirée, sait s’adapter aux circonstances : vert la semaine dernière au soir du premier tour, tricolore au soir du second…Avant qu’il ne s’écroule entraînant dans sa chute toutes les désillusions des candidats battus ? ». « A croire que l’écran installé à la préfecture où s’affichaient les résultats tout au long de la soirée, sait s’adapter aux circonstances : vert la semaine dernière au soir du premier tour, tricolore au soir du second…Avant qu’il ne s’écroule entraînant dans sa chute toutes les désillusions des candidats battus ? ». Crédits Photos : Dominique BERNERD et Thierry BRET.

Il y a si longtemps qu’il était fissuré ce plafond de verre, comment s’étonner qu’il ait fini par voler en éclats... ? Ce dimanche soir, à l’issue du second tour des législatives, la vague RN est passée, permettant à Marine Le PEN de décrocher 89 sièges à l’Assemblée Nationale, discréditant un peu plus s’il en était besoin, les instituts de sondages qui une fois encore, n’avaient rien vu venir !

 

BILLET : Après avoir longtemps flirté avec lui, le département de l’Yonne a décidé ce 19 juin de convoler en justes noces avec le parti à la flamme. Ni faire part, ni fiançailles, il fallait faire vite ! Un mariage avec pour témoins les vainqueurs des deux circonscriptions remportées par le Rassemblement National. Si à Sens, la victoire de Julien ODOUL n’est pas une surprise, la circonscription d’Auxerre ne semblait pas de prime abord, dévolue à l’inattendu et peu connu Daniel GRENON. La faillite du front républicain a fait le reste, jouant les maîtres de cérémonie.

Sous les plafonds lambrissés de la préfecture, la centaine de personnes présente est comme anesthésiée. Certains, à la mine des mauvais jours, par dépit ou KO debout, après une droite extrême en pleine face ! D’autres tout à leur joie contenue, comme s’ils n’en revenaient toujours pas…L’heure des comptes a sonné pour la candidate malheureuse, Florence LOURY, qui refait le match et ne décolère pas, évoquant des soutiens qui ne sont jamais venus, des désistements restés lettre morte…

 

 

« Ensemble » mais chacun sa route, chacun son chemin…

 

S’il n’a pas donné signe de vie depuis une semaine, nul doute que les oreilles de son challenger du premier tour, Guillaume LARRIVÉ ont dû siffler ce dimanche… Dans le collimateur également, certains élus de Puisaye soupçonnés de ne pas avoir ouvertement appelés à voter pour la candidate écologiste. Est-il fallacieux d’imaginer que nombre de poyaudins n’ont pas sorti leur mouchoir pour pleurer ce soir et que dans certaines cours de fermes, l’on ait même fait « péter la roteuse » !

André VILLIERS le sait, la balle n’est pas passée loin et ce soir devant les caméras, l’élu d’Avallon a le triomphe modeste, avec seulement 867 voix de plus que sa rivale Audrey LOPEZ, sauvé par son ancrage de terrain. Il s’en est fallu d’un rien pour que le RN ne fasse le « strike » et s’assure du grand chelem en remportant les trois circonscriptions du département. Au micro, l’ancien président du Conseil départemental « défouraille » à tout va à l’encontre de son adversaire de toujours, Jean-Baptiste LEMOYNE. Et dire que ces deux-là se revendiquent de la sphère « macroniste », l’un pour s’être présenté sous les couleurs d’un parti cornaqué par l’ancien Premier ministre Edouard PHILIPPE, le second, pour avoir été cinq ans durant membre du gouvernement… « Ensemble pour la majorité présidentielle », mais chacun son chemin !

 

 

De lourds nuages noirs accompagnent les résultats…

 

Il est près de 21 h quand Daniel GRENON, accompagné de son épouse, fait son entrée, usant de la discrétion qui fut la sienne tout au long de la campagne. Quelques mots échangés avec le préfet Pascal JAN, dans la plus pure tradition républicaine et déjà tout autour, des visages qui se détournent, ou subitement attirés par l’écran de leur smartphone…

Pas facile tous les soirs de représenter le « parti du peuple » ! Dehors, la chaleur suffocante s’accompagne de lourds nuages noirs, l’orage menace, comme un certain 10 mai 1981, mais la place des Cordeliers n’est pas celle de la Bastille… Pas de déluge « fantasmagorique » sur Auxerre, juste quelques larmes de pluie, larmes de tristesse, larmes de honte, larmes de colère…

 

Dominique BERNERD

 

Articles

Bannière droite accueil