Le Pôle environnemental dort d'un sommeil profond en attendant le prince charmant qui le réveillera ?

« Le Pôle environnemental communautaire brille par son inactivité chronique depuis des mois. En attendant que l’Agglomération de l’Auxerrois tranche sur son devenir, sous sa forme actuelle, ou en affectant l’infrastructure à l’accueil de nouvelles potentialités de développement. Pour l’élu écologiste et défenseur du concept, Denis ROYCOURT, cette inertie s’assimile à un vrai gâchis… ». « Le Pôle environnemental communautaire brille par son inactivité chronique depuis des mois. En attendant que l’Agglomération de l’Auxerrois tranche sur son devenir, sous sa forme actuelle, ou en affectant l’infrastructure à l’accueil de nouvelles potentialités de développement. Pour l’élu écologiste et défenseur du concept, Denis ROYCOURT, cette inertie s’assimile à un vrai gâchis… ». Crédit Photos : Thierry BRET.

Quel avenir sera réservé au fameux Pôle environnemental ? Alors que le bâtiment dont les travaux se sont achevés début 2020 était à l’aune de son inauguration au printemps, le doute sur la finalité exacte de ce concept persiste depuis le changement de gouvernance à la municipalité d’Auxerre, et par effet gigogne à la Communauté d’Agglomération de l’Auxerrois. Pour l’un de ses instigateurs, l’écologiste Denis ROYCOURT, l’abandon du projet en l’état représente un réel gâchis. Explications…

AUXERRE: Les supputations les plus insolites s’accélèrent dans le microcosme institutionnel-politique de l’Auxerrois sur l’affectation du fameux Pôle environnemental et de son édifice aux formes si caractéristiques. A quoi ce bâtiment va-t-il être destiné en définitive ?

Ce projet dont les origines datent déjà de 2008, aura pris son temps avant de se matérialiser à nos yeux, douze années plus tard.

Prêt à être inauguré au printemps, ce bâtiment de huit cents mètres carrés flambant neuf brille aujourd’hui par son inactivité chronique. Ce ne fut pas forcément le cas à l’achèvement des travaux à l’hiver dernier.  

Une exposition y avait été installée avec une thématique de choix portant sur le délicat dossier de l’eau potable. Mais, celle-ci s’est très vite évaporée dans les limbes de l’oubli en se conjuguant avec les temps du passé ! Version décomposée !

Jamais inauguré de manière protocolaire, l’édifice à l’abandon ressemble désormais à une spacieuse coquille vide venue s’échouer sur les rives de l’Yonne, laisser là en plan à quelques encablures du parc des expositions dont il devait être un corollaire d’attractivité.

Pourtant, trois entreprises du cru, sélectionnées pour leur appétence au développement durable et à l’économie verte auraient dû s’installer dès que possible dans ce cadre agréable où le bois reste ce matériau noble et prédominant à sa construction. Or, elles n’y sont toujours pas. Et ne le seront jamais, sans doute…

Autre signe de vie tangible qui était prévu pour agrémenter le site : l’accueil de l’équipe ad hoc, garante de sa bonne fonctionnalité. Celle-ci  a été déplacée dans un bâtiment bien trop exigu, accueillant déjà le service développement durable de l’Agglo.

Plusieurs raisons expliquent ce singulier tableau qui n’a rien d’idyllique dans les faits aujourd’hui : la persistance du confinement imputable au coronavirus qui aura paralysé toutes les velléités opérationnelles liées à l’emménagement des trois entreprises dans ces locaux et surtout le changement de gouvernance, survenu au lendemain des échéances municipales, aussi bien à la ville d’Auxerre qu’un peu plus tard à l’Agglo de l’Auxerrois.

 

 

 

Une infrastructure trop coûteuse dans la conjoncture actuelle…

 

Lors d’un récent conseil communautaire, la question du devenir de cette infrastructure fut d’ailleurs abordée par l’un des instigateurs du projet, l’écologiste Denis ROYCOURT. Il interpella le nouveau président de l’Agglo Crescent MARAULT sur cet épineux sujet. En pointant de l’index un hypothétique abandon du projet.

La réponse du maire ne se fit pas prier pour dénoncer le coût prohibitif de ce complexe (rappelons que le bâtiment aura coûté la coquette somme de trois millions d’euros à la communauté) et ses frais de fonctionnement nécessaires pour en assurer le maintien, soit une enveloppe annuelle de 500 000 euros.

 

 

Disant stop de manière ferme à ces coûts budgétaires qui ne sont plus supportables pour la collectivité, surtout en cette période de crise exceptionnelle, Crescent MARAULT renvoya la balle dans le camp de son interlocuteur en précisant, en outre, que les trois start-ups initialement choisies pour s’installer dans les murs du Pôle environnemental ne correspondaient pas à la finalité première du projet : à savoir celui de capter des entreprises extra territoriales.

Dubitatif et insatisfait par les réponses obtenues, Denis ROYCOURT s’interroge aujourd’hui sur les perspectives de ce qu’il qualifie de véritable gâchis.

« Le personnel compétent est totalement démotivé, précise-t-il, y-a-t-il encore un pilote à la direction de la Communauté ? ».

 

Un plan d’occupation mis en place dès le mois de mai 2019…

 

« Avant même de lancer un appel à projets en direction des entreprises vertes pour rejoindre ce pôle, ajoute l’un des chefs de file d’Auxerre Ecologie, ce dernier avait reçu et accepté les candidatures de plusieurs start-ups, soucieuses de s’y installer. C’était le cas d’AK TEAM (bureau d’études en écologie), de PHENIX (entreprise gérant la seconde vie des produits et luttant contre le gaspillage alimentaire), de DIVINE (avec sa filiale de recyclage des collants usagés), d’INGENT (bureau d’études et recherche & développement en géosciences). D’autres frappaient également à la porte, à l’instar de BIO Bourgogne qui souhaitait y ouvrir un espace de huit personnes travaillant sur le développement des circuits courts. Quant à l’association AUX’OLEIL (toits solaires), elle avait fait part de sa volonté de rejoindre le pôle… ».

Et Denis ROYCOURT de rappeler les trois missions fondamentales qui avaient été retenues par le conseil communautaire à l’origine du concept. La première d’entre elles consistait à devenir grâce à cet outil le « haut-parleur » de la politique environnementale de l’Agglo. Notamment dans le domaine de l’eau, de l’air, de l’énergie, des déchets et des mobilités.

Le Pôle s’inscrivait comme un lieu d’accueil privilégié d’exposition et d’expérimentations présentant des campagnes d’informations et de sensibilisation destinés aux scolaires mais aussi aux citoyens, aux collectivités et aux acteurs de l’économie.

 

 

 

La seconde mission du Pôle reposait sur la constitution d’un réseau fédérant les acteurs de l’Auxerrois positionnés sur le développement durable et l’économie verte. Un comité de suivi avait déjà été créé pour en assurer les aspects opérationnels.

La troisième orientation du site se rapportait à l’innovation et à l’aide apportée au développement de l’économie verte.

L’accueil d’un incubateur de projets verts visait à faciliter l’émergence d’activités novatrices en provoquant l’installation d’entreprises qui auraient par la suite rejoint la zone d’activités Aux-R-Parc.

Parmi les secteurs qu’il convenait de retenir : l’alimentation durable, les énergies renouvelables, la gestion des déchets, les transports, le bâtiment ou encore l’écologie industrielle.

Le Pôle environnemental qui sommeille dorénavant dans une profonde léthargie avait acquis une véritable notoriété au plan de l’Hexagone. En obtenant trois distinctions : le TEPC (Territoire à énergie positive pour la croissance verte), le GPATIC (Grand prix d’aménagement en territoire inondable constructible) et le Prix de la sélection FIMBACTE.

Autant de reconnaissances qui n’avaient rien d’honorifiques puisqu’elles avaient permis d’apporter de précieuses subventions à sa réalisation !

De précieux subsides dont il faudra peut-être un jour rembourser au centime près à ses donateurs si le projet initial devient définitivement obsolète ?

Thierry BRET

 

 

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