L’œuvre d’Alberto GIACOMETTI se contemple à Auxerre à Saint-Germain : une « Femme Debout » déifiée contre la barbarie ?

 « C’est l’une des pièces maitresses de l’œuvre du peintre et sculpteur suisse Alberto GIACOMETTI. La « Femme debout », version II, représente plus qu’une icône de l’art moderne : elle est le symbole de la résistance et du déterminisme contre toutes les persécutions faites à l’homme par l’homme… ». « C’est l’une des pièces maitresses de l’œuvre du peintre et sculpteur suisse Alberto GIACOMETTI. La « Femme debout », version II, représente plus qu’une icône de l’art moderne : elle est le symbole de la résistance et du déterminisme contre toutes les persécutions faites à l’homme par l’homme… ». Crédits Photos : Thierry BRET.

Est-ce une déesse ? Une divinité ayant existé jadis qui symbolise un univers hors de notre dimension ? Filiforme, étirée sur près de 2,75 mètres, la « Femme Debout », version II, reste l’un de ces chefs d’œuvre emblématiques qui résume le travail créatif d’un artiste. Et pas des moindres : il s’agit du sculpteur suisse Alberto GIACOMETTI ! Présente à l’Abbaye Saint-Germain à Auxerre, cette figure iconique de l’art contemporain, pièce devant laquelle s’émerveillait l’écrivain Jean GENET, pourra s’admirer à satiété jusqu’au 31 décembre !

 

AUXERRE : Qu’on se le dise : la venue de cette œuvre universellement reconnue des férus d’art contemporain en terre de l’Yonne est le fruit d’un travail collaboratif inédit, finement ciselé entre la Ville d’Auxerre et le Centre Pompidou. Un long labeur, fait de tractations abouties de près de douze mois qui concerne l’ensemble des œuvres exposées jusqu’au terme de cette année. Jamais, le centre national d’art moderne et de culture parisien, familièrement baptisé « Beaubourg », n’avait délocalisé ses pièces vers la capitale de la Bourgogne septentrionale. C’est désormais chose faite !

Alors, se retrouver seul, en face à face dans un silence parfait, à contempler ce bronze qui représente une femme se tenant debout, immobile dans l’espace à vous fixer de ses yeux éternels, donne des frissons dans le dos.

 

Affronter le monde environnant sans ciller de toute sa hauteur…

 

L’image de la singulière sculpture a fait le tour de la planète. L’admirer devant soi, en tentant d’en pénétrer le moindre de ses secrets contemplatifs lorsqu’elle nous regarde de toute sa hauteur interroge. Qui est-elle vraiment ?

Entre onirisme et poésie, mystère et symbolique : la « Femme debout », immobile dans sa rigidité quasi mortifère, affronte le monde environnant. Sans ciller, contre vents et marées ?

La conception de la pièce remonte à la fin des années 50. 1959, plus précisément. Du surréalisme, Alberto GIACOMETTI plonge dans la réalisation de sculptures géométrisées. A partir de 1947, l’artiste helvète allonge ses pièces, étend ses bronzes, les amincissant à l’extrême. En s’inspirant de ces images sinistres et bouleversantes qu’ont pu renvoyer à la face du monde les horreurs des camps de concentration.

Loin d’être l’incarnation d’une antique divinité dont auraient pu vénérer les ancêtres des Maoris polynésiens ou les habitants de l’envoûtante île de Pâques, ne serait-ce point l’extrême vulnérabilité du corps humain soumis aux pires des sacrifices provoqués par l’homme qui est ainsi « magnifié » par l’artiste ? Une manière d’exorciser le mal qui revient avec chaque génération inlassablement ?

Une représentation que se faisait l’artiste suisse de l’humanité dans son ensemble, faite de violence et de barbarie ?

 

Une œuvre magnifiée dans un complexe monastique…

 

Initialement prévue pour trôner dans l’un des nombreux musées de New York, l’œuvre a été acquise en fin de compte par la France en 1970.

Pendant féminin du célébrissime « Homme qui marche », cette seconde mouture de la « Femme Debout » sera donc visible jusqu’à la fin de l’année à Auxerre. Sublimée par le cadre exceptionnel du complexe monastique datant du VIème siècle.

L’entrée de l’Abbaye Saint-Germain étant gratuite : la Ville d’Auxerre ne peut donc qu’inciter l’ensemble de ses habitants mais aussi les touristes de passage de profiter pleinement de l’aubaine afin d’apprécier l’un des chefs d’œuvre du peintre et sculpteur Alberto GIACOMETTI !

 

 

 

En savoir plus :

Abbaye Saint-Germain à Auxerre :

Horaires d’ouverture

Juillet et août : tous les jours de 10h à 12h30 et 13h30 à 18 heures.

Septembre et octobre : tous les jours sauf le mardi de 10h à 12h et de 14h à 18h.

Novembre et décembre : tous les jours sauf le mardi de 10h à 12h et de 14 à 17h.

 

Thierry BRET

 

 

 

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