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La mise à nu picturale de Silvana VUCIC : une introspection joliment éphémère… à corps perdu

« Jusqu’au 21 mars inclus, la galerie MOUV’ART à Auxerre accueille le travail sensoriel et original de la plasticienne/photographe Silvana VUCIC qui a travaillé le body painting durant la période de confinement. Une mise à nu de l’artiste en douze facettes, façon kaléidoscope émotionnel de l’âme… ». « Jusqu’au 21 mars inclus, la galerie MOUV’ART à Auxerre accueille le travail sensoriel et original de la plasticienne/photographe Silvana VUCIC qui a travaillé le body painting durant la période de confinement. Une mise à nu de l’artiste en douze facettes, façon kaléidoscope émotionnel de l’âme… ». Crédit Photos : Thierry BRET.

De l’audace en matière de créativité et le sens aigu de l’esthétisme poussé à son paroxysme ! S’enduire une partie du corps de coloris chatoyants pour mieux attiser le regard des autres afin qu’ils y décèlent vos vérités intérieures n’est pas un concept artistique ordinaire. Pourtant, le body painting ne date pas d’hier. C’est même l’une des premières formes artistiques pratiquées par l’humanité au temps de l’âge de pierre ! Les réminiscences visuelles que nous transmet l’artiste auxerroise à travers sa galerie de personnages seraient-elles le fruit de ses vies antérieures ?

 

AUXERRE : Une sirène. Un pirate. Une femme au derme léopard. Mais aussi, un être zébré de couleurs. Une ondine à la peau dorée qui clôt délicatement les paupières en prenant une pose à la Rodin. Est-elle penseuse, simplement endormie ou totalement assujettie à son cheminement onirique ?

Les visiteurs, un brin étonnés, ne peuvent être que conquis, voire admiratifs, en contemplant les multiples interprétations pouvant être envisageables face à de tels encadrements.

Ce sont des autoportraits, en fait. Avec autant de facettes émotionnelles et malicieuses qui révèlent la profonde intériorité de l’artiste. Mieux qu’un rayon X qui émane d’un laser et qui lit à travers vous : c’est une vraie tranche de poésie et de lyrisme à l’état brut qui nous est proposé là !

Il n’est pas certain que par le passé les Auxerrois aient déjà eu à admirer un travail pictural aussi abouti et réaliste exécuté sur le corps d’un être de chair et de sang. Et de vie, aussi !

 

 

La chrysalide se mue en papillon devenant une femme « fatale »…

 

Qui d’autre que l’artiste icaunaise aux origines serbes Silvana VUCIC aurait pu se lancer dans une telle aventure, totalement débridée qui respire le mystère de la sensualité, la recherche de l’authentique, la mise à nu des sentiments ?

Par le passé, la photographe/plasticienne nous avait déjà habitués à des rendez-vous culturels n’empruntant pas les sentiers de la banalité insipide ou de la vulgarité sordide pour faire parler d’elle.

L’ex-Sylvie VUCIC (elle revendique depuis son véritable prénom fleurant bon les pays des Balkans !), l’ex-London Eye (un pseudo qu’elle utilisait alors quand elle jouait de la focale photographique à outrance en faisant référence à la prude Albion qu’elle n’est pas dans ses œuvres) s’est métamorphosée de chrysalide en papillon.

Prenant un nouvel envol : celui de la femme « fatale » qui ose faire miroiter devant son public une large palette chromatique sur son anatomie, un corps, le sien, qu’elle livre à la culture pour en extraire des pièces uniques et personnelles d’une rare intensité. Le souffle de la vie d’un genre plutôt détonnant !

De quatre à cinq heures de maquillage furent parfois nécessaires pour que l’artiste incarne l’un de ces douze personnages devant tenir ensuite la vedette de la galerie MOUV’ART jusqu’au 21 mars.

C’est in fine celui du clown qui lui aura procuré le plus de plaisir et de sensations. Un auguste au regard mélancolique qui est mâtiné en « Pierrot lunaire » et stylisé avec ses mosaïques rouge et vert rappelant Arlequin.

 

 

Des représentations éphémères de l’artiste qui lui survivront…

 

Drôle de clown, en vérité, qui ne prête ni à sourire ni à rire, tant ce regard énigmatique et profond vous scrute de ses deux yeux ronds avec un zeste de nostalgie dans la pupille. Voire de détresse infime, peut-être…

Neuf mois auront été nécessaires à l’artiste bourguignonne pour concevoir le fruit de sa future exposition. Des pièces qu’elle a travaillées pendant la trop longue période de confinement. Cela ne l’aura privé nullement de ses envies, de ses sens et de cette liberté chevillée dans sa tête.

Un seul regret a habité la créatrice durant ce parcours initiatique original avec elle-même en quête de ses racines identitaires : l’aspect éphémère de ses personnages.

La peinture dont elle s’enduisait le corps s’effaçait comme par enchantement après un simple lavage de la peau avec de l’eau.

Anéantissant l’une après l’autre ces douze incarnations qui lui permettaient de mieux vivre ces figurations le temps de les immortaliser par simples clichés.

Heureusement, il demeurera toujours ces autoportraits photographiques dont on ne se lasse pas, à  apprécier à la galerie auxerroise. Et sans doute ailleurs une fois que l’artiste favorisera l’itinérance de ses créations. Quand l’éternité s’en mêle…

 

En savoir plus 

Exposition  Silvana VUCIC 

Galerie MOUV'ART AUXERRE

2 Rue de l'Yonne 

Jusqu'au 21 mars 2021

 

Thierry BRET

 

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