Un salutaire « pas de côté » pour penser la vie différemment : l’œuvre renversante de Philippe RAMETTE...

« L’artiste à la notoriété internationale Philippe RAMETTE propose une réflexion critique sur l’histoire de la sculpture et en particulier la notion de socle. Comme dans sa dernière création, « Eloge du pas de côté », où il invite le spectateur à appréhender le monde en lui faisant perdre ses repères…et à réfléchir autrement sur le sens de l’existence ». « L’artiste à la notoriété internationale Philippe RAMETTE propose une réflexion critique sur l’histoire de la sculpture et en particulier la notion de socle. Comme dans sa dernière création, « Eloge du pas de côté », où il invite le spectateur à appréhender le monde en lui faisant perdre ses repères…et à réfléchir autrement sur le sens de l’existence ». Crédit Photo : Marc DOMAGE/Philippe RAMETTE.

C’est un véritable retour à la genèse familiale pour l’artiste auxerrois. Un créatif qui vit pleinement sa passion à l’international et évolue dans la sphère culturelle parisienne. Il expose son travail aux quatre coins de la planète (Uruguay, Inde, Roumanie, Suisse…) depuis presque une décennie. Un heureux concours de circonstance, mais peut-on croire réellement aux subtilités du hasard, veut que son retour en terre de l’Yonne se fasse à l’endroit même où vécut son grand-père, au 49 rue Joubert…

AUXERRE : Le jour du vernissage, soit en fin d’après-midi du 11 septembre, on peut supposer que Philippe RAMETTE a eu un peu de vague à l’âme dans son for intérieur. Qui n’aurait pas éprouvé par ailleurs ce même sentiment, teinté de nostalgie et de souvenirs familiaux, à l’idée de présenter ses œuvres là où vécut jadis son grand-père ?

Accueilli par l’association Hors ( ) Cadre, le créateur de l’ « Eloge du pas de côté », l’une de ses dernières réalisations photographiques, a dû ressentir cette présence bienveillante à ses côtés. Dans cet antre de la vie culturelle qu’est devenue cette galerie auxerroise sise au 49 rue Joubert…

Symboliquement, l’œuvre citée qui n’est pas sans rappeler la toile peinte par Caspar David FRIEDRICH en 1818 (« Le Voyageur contemplant une mer de nuages »). Elle représente un personnage placé sur un promontoire avec le pied gauche prenant appui dans le vide (cela ne lui empêche nullement une vraie stabilité) qui évoque la prise de risque et le saut vers l’inconnu. Serait-ce une allusion à peine voilée à contempler différemment le monde dans lequel l’on vit ? Très certainement.

Protéiforme dans sa quête de l’interrogation permanente sur le sens de la vie qu’il décline via ses œuvres peintes, dessinées et photographiées, Philippe RAMETTE s’est ainsi créé au fil de ses pérégrinations artistiques un personnage, vêtu d’un costume sombre agrémenté d’une cravate.

Une vision de l’homme moderne et affairé qui se doit de perdre ses repères s’il veut évoluer dans l’existence en s’ouvrant davantage à d’autres connaissances et à des points de vue constructifs.

 

Des oeuvres déroutantes pour désorienter le spectateur…

 

Les images sont inversées. Voire renversées ! A l’aide de dessins au graphisme épuré (« Monument en l’honneur de ceux qui se sont toujours trompés de direction », une encre sur papier produite en 2015), et de légendes non dénuées d’humour, le natif d’Auxerre propose des visions mentales et des situations irrationnelles. Un jeu étrange et déroutant qu’il établit avec les contemplateurs de ses œuvres.

Se définissant en tout premier lieu comme un sculpteur, Philippe RAMETTE s’exécute dans l’immensité de l’espace ; un espace qu’il éprouve avec son corps et dont il cherche sans cesse à repousser les limites, quitte parfois à défier les lois de la pesanteur.

Cette attitude n’est d’ailleurs pas sans danger. En 2001, dans la célèbre baie de Hong-Kong, l’artiste icaunais réalise une œuvre (« Le Balcon II ») dont la prise de vue nécessite plusieurs essais engendrant une très lourde logistique. L’œuvre est depuis visible au Centre Georges Pompidou à Paris.

A Auxerre, et ce jusqu’au 07 novembre, Philippe RAMETTE livre à ce public féru de découvertes culturelles une partie de son intimité créative. Des œuvres originales qui affectionnent les valeurs qui, dans notre société sont perçues comme des défauts : l’oisiveté, l’échec, le déséquilibre, l’erreur…Entre loupés, ratages et gags visuels ! De quoi nourrir la réflexion intellectuelle de ses admirateurs.

Précisons pour être tout à fait complet que l’exposition a pu être assurée par l’association Hors ( ) Cadre et sa directrice artistique Nathalie AMIOT dans la capitale de l’Yonne grâce au concours de la galerie XIPPAS, de Paris, qui représente l’artiste, pour le prêt des œuvres.

 

En savoir plus :

Exposition Philippe RAMETTE

Galerie Hors ( ) Cadre

49 Rue Joubert à Auxerre

Du mercredi au samedi de 14h à 18 h

Jusqu’au 07 novembre 2020.

Entrée libre

 

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