Le Département fait bloc contre la suppression d’un cursus pédagogique qui pénalise le lycée d’Eon à Tonnerre

« Le Conseil départemental de l’Yonne a adopté une motion de soutien en faveur du maintien de la filière « sciences de l’ingénieur » au lycée Chevalier d’Eon à Tonnerre. De manière quasi unanime, moins les abstentions des deux élus représentatifs de la majorité présidentielle, l’hémicycle a validé la proposition soutenue par Anne JERUSALEM, Maurice PIANON et André VILLIERS. Au nom de l’équité au regard des enjeux éducatifs en zone rurale défavorisée. Une décision, contraire à celle du rectorat, qui a été applaudie par une délégation d’élèves et d’enseignants présente dans la salle… ». « Le Conseil départemental de l’Yonne a adopté une motion de soutien en faveur du maintien de la filière « sciences de l’ingénieur » au lycée Chevalier d’Eon à Tonnerre. De manière quasi unanime, moins les abstentions des deux élus représentatifs de la majorité présidentielle, l’hémicycle a validé la proposition soutenue par Anne JERUSALEM, Maurice PIANON et André VILLIERS. Au nom de l’équité au regard des enjeux éducatifs en zone rurale défavorisée. Une décision, contraire à celle du rectorat, qui a été applaudie par une délégation d’élèves et d’enseignants présente dans la salle… ». Crédit Photos : Thierry BRET.

Unanime, moins deux abstentions aux couleurs de la majorité présidentielle (celles du secrétaire d’Etat Jean-Baptiste LEMOYNE et de la députée Michèle CROUZET), le soutien des élus de l’Yonne contre la suppression du cursus « sciences de l’ingénieur » au lycée Chevalier d’Eon à Tonnerre a reçu le plébiscite enthousiaste de visiteurs inattendus. Ceux d’une importante délégation d’enseignants, d’administratifs et d’élèves de l’établissement qui, accompagné de l’édile Dominique AGUILAR, ont assisté à la session départementale qui demande davantage d’équité au niveau des enjeux éducatifs en zone rurale défavorisée…

AUXERRE : « Par le biais de cette motion de soutien que nous avons adoptée, l’assemblée départementale montre son entière solidarité envers le Tonnerrois et ses habitants… ». Patrick GENDRAUD, président du Conseil départemental de l’Yonne, n’aura donc pas été insensible à la situation ubuesque vécue par le lycée de Tonnerre depuis peu.

« Face à ce type de décision, devait-il asséner devant un hémicycle attentif, la responsabilité départementale doit être engagée… ». Et ce ne sont pas les abstentions de Michèle CROUZET, députée LREM, et du secrétaire d’Etat, Jean-Baptiste LEMOYNE (absent), somme toute logiques sur la forme, qui y changeront quelque chose.

Longuement applaudie par la délégation d’enseignants et de lycéens qui constituaient une tribune impromptue à l’écoute de la moindre intervention oratoire, la décision définitive du pouvoir exécutif territorial traduisait une nette opposition au choix arbitraire du rectorat de Bourgogne Franche-Comté.

L’organe décisionnel de l’Académie régionale a en effet acté il y a peu la suppression de la filière emblématique, enseignée au lycée Chevalier d’Eon à Tonnerre.

Ce fameux cursus « sciences de l’ingénieur », fleuron de l’établissement, offrait jusque-là d’intéressantes perspectives aux élèves qui avaient choisi d’en suivre le cheminement. Le rectorat se contentera de ne maintenir in fine que sept des huit spécialités pédagogiques proposées sur le site.

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Condamner les espoirs des territoires ruraux…

Dès l’annonce de ce refus qui devait éliminer une formation qualifiante, la réaction ne manquait pas de subjuguer les enseignants, les élèves et la population dans leur désir de manifester leur mécontentement.

A l’écoute, leurs élus de proximité que sont Anne JERUSALEM, présidente de la Communauté de communes Le Tonnerrois en Bourgogne et vice-présidente du Conseil départemental de l’Yonne et Maurice PIANON, premier vice-président du Département de l’Yonne, auquel devait se greffer le député de la seconde circonscription André VILLIERS, lui-même conseiller départemental de Joux-la-Ville, décidèrent d’être les signataires de cette motion de soutien. Portée à l’attention de chacun.

Soustraire cette discipline de l’offre d’enseignement déclinée sur le Tonnerrois est un incontestable signe de paupérisation intellectuelle. Le maintien des huit cursus, en l’état, renforce précisément l’attractivité de l’établissement tonnerrois. Lui couper une branche amoindrirait sa fonctionnalité.

Zone rurale de l’Yonne parmi les plus précaires au plan économique et sociétal, le bassin du Tonnerrois ne méritait pas ce nouveau coup de boutoir sur la tête. Le lycée accueille 44,3 % de jeunes gens dont les parents sont issus de catégories socio-professionnelles défavorisées en section générale et 66,7 % en section professionnelle.

Mais, nonobstant la fragilité de la situation sociale actuelle, les taux de réussite au baccalauréat demeurent exceptionnellement bons. Cette année, 94 % des candidats au bac général ont obtenu leur diplôme. Que dire des résultats inhérents au bac professionnel : les lycéens ont réalisé en juin 2018 le carton plein avec 100 % de reçus parmi les récipiendaires du fameux sésame !

Comme le stipula le président GENDRAUD, « cette réussite est à mettre au crédit des équipes enseignantes de l’établissement… ».

Il était dans la nature des choses que le Conseil départemental de l’Yonne apporta son soutien inéluctable à ce bassin de vie locale, en défendant les intérêts de l’enseignement secondaire. Ce qui n’est que justice.

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