Un fléau idéologique exposé aux personnels des lycées Janot et Curie à Sens : la radicalisation gangrène les plus jeunes

 « La lutte contre la radicalisation s’est invitée à la cafétéria des lycées de Sens ce 12 octobre grâce à une initiative portée par la Communauté d’Agglomération du Grand-Sénonais. Consultant au sein de la Fondation Européenne pour la Démocratie, Toufik BOUARFA a exposé avec détails le processus menant à la radicalisation islamiste devant le personnel à l’écoute… ». « La lutte contre la radicalisation s’est invitée à la cafétéria des lycées de Sens ce 12 octobre grâce à une initiative portée par la Communauté d’Agglomération du Grand-Sénonais. Consultant au sein de la Fondation Européenne pour la Démocratie, Toufik BOUARFA a exposé avec détails le processus menant à la radicalisation islamiste devant le personnel à l’écoute… ». Crédit Photo : Floriane BOIVIN.

La Communauté d’Agglomération du Grand Sénonais (CAGS) s’est rapprochée de l’European Foundation For Democratie, spécialiste de la radicalisation en vue d’une intervention au sein des lycées de Sens. Consultant de l’organisation, Toufik BOUARFA s’est rendu dans l’établissement ce lundi 12 avril dans le cadre d’une journée consacrée à la « laïcité et prévention de la radicalisation ».

SENS : L’EFD (European Foundation for Democraty, soit la Fondation Européenne pour la Démocratie) a été créée et installée en 2005 à Bruxelles. Elle œuvre conjointement avec le CEE (Counter Extremism Project, Projet de Contre Extrémisme) qui a été fondé en 2014 et situé à New York. Objectif : lutter contre la radicalisation.

Ces deux organisations visent principalement le radicalisme islamique et celui d’extrême-droite. Ensemble, elles mènent une réflexion approfondie sur les mécanismes de la radicalisation, notamment chez les plus jeunes, et proposent aux enseignants et professionnels de terrain le guide pratique « Laïcité et prévention de la radicalisation ». 

 

Une collaboration inédite entre le lycée et des experts du radicalisme

 

D’ordinaire, l’EFD ne se déplace pas en milieu scolaire. Mais ayant pris connaissance des recherches de Toufik BOUARFA, consultant de l’organisation, le Conseil Intercommunal de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CISPD) du Grand-Sénonais l’a sollicité pour une intervention au lycée. Une démarche très à-propos puisque le consultant s’inquiète particulièrement de l’endoctrinement des jeunes.

Toufik BOUARFA avait d’abord convié le personnel des lycées Janot et Curie au visionnage du long-métrage « Jungle Jihad », réalisé par Nadir IOULAIN. Deux hommes de religion musulmane échangent leur point de vue sur leur foi et la société environnante. L’un est chauffeur de taxi. Il a perdu sa famille pendant un attentat. Son client est, quant à lui, rallié à la cause extrémiste. Le débat monte peu à peu en tension entre les deux protagonistes. Le film était suivi d’une conférence-débat pendant laquelle les participants pouvaient évoquer leur expérience sur le terrain ou interroger Toufik BOUARFA sur des questions préoccupantes.

« Une excellente initiative » selon Philippe GOUX, proviseur des lycées de Sens depuis le 01er septembre 2020. Le chef d’établissement précise que « l’action est menée dans le cadre du CESC (Comité Education Santé Citoyenneté) » et « permet à la fois d’avoir le regard d’un expert sur ces questions-là » et de tout autre professionnel de terrain concerné.

« L’idée de ce séminaire est de comprendre le phénomène pour pouvoir ensuite, au niveau de la responsabilité qui est la nôtre, d’apporter les réponses les plus appropriées ».

 

La nécessité d’être bien armé pour lutter contre la radicalisation

 

Le conférencier a rappelé que le processus de radicalisation date du milieu années 80. L’attaque terroriste la plus meurtrière évoquée par le consultant est l’attentat du RER B du 25 juillet 1995 qui avait coûté la vie à huit personnes et fait 117 blessés.

Cet acte avait été revendiqué par le GIA algérien. Parmi eux, Khaled KELKAL, franco-algérien originaire de Vaulx-en-Velin (69), avait basculé dans la délinquance pendant l’adolescence et croisé la route d’islamistes radicaux en prison.

Mais aujourd’hui, le phénomène de radicalisation ne touche pas spécifiquement des adolescents en difficulté. Il est souvent difficilement identifiable car les jeunes enrôlés proviennent de milieux socio-culturels divers.

Selon Toufik BOUARFA, les groupes extrémistes les convoitent davantage car plus fragiles et malléables, par le biais du conditionnement pour les jeunes de confession musulmane, mais surtout par une communication bien ficelée.

L’orateur admet que les langues se délient de plus en plus après une longue phase de déni. Mais il subsiste des difficultés pour aborder ces questions. « Souvent, les personnes de terrain que je rencontre me parlent de leur solitude » rapporte-t-il.

Les professionnels de terrain doivent avoir en main le plus d’outils possibles afin de réagir au mieux en fonction des situations. Le guide pratique distribué aux participants envisage de nombreux questionnements, par exemple, un intérêt soudain, excessif et exclusif pour une religion ou une idéologie précise, ainsi que les moyens existants permettant d’y répondre.

Floriane BOIVIN

 

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