L’acte 1 des travaux de restauration de l’Abbaye Saint-Germain est achevé : le cloître retrouve sa magnificence…
La première phase de restauration de l’abbaye Saint-Germain est désormais achevée. Outre la réfection de son sol, le cloître a vu son ancienne toiture en piteux état, remplacée par une couverture de 750 dalles calcaire non gélives, lui assurant enfin une étanchéité salvatrice. L’inauguration en présence notamment du préfet Pascal JAN, de la présidente de la Région Marie-Guite DUFAY, du maire d’Auxerre Crescent MARAULT et du représentant régional de la DRAC Laurent BARRENECHEA, aura été l’occasion de dévoiler une plaque à l’entrée du site multiséculaire, authentifiant son appartenance au cercle très fermé des sites clunisiens. Un pas de plus sur la route des grands itinéraires culturels européens…
AUXERRE: « Les pierres murmurent plus qu’elles ne clament mais elles ont des choses à dire, à raconter. Le cloître murmure, l’abbatiale chante… ». Les propos du maire d’Auxerre Crescent MARAULT se sont teintés d’un certain lyrisme samedi matin, à la mesure sans doute de la magnificence des lieux et des travaux accomplis… Il y avait urgence !
Désertée par les moines après la Révolution, l’abbaye Saint-Germain connut depuis, des fortunes diverses, hébergeant au fil des années, tantôt des écuries, tantôt un hospice, avant de se transformer en hôpital militaire, puis civil jusqu’au début des années 80. On y vit même une salle de radiologie et des espaces de consultation construits au-dessus du cloître !
Une couverture en pierre inhabituelle pour ce genre d’édifice
La phase 1 des travaux entrepris pour sa renaissance, d’un montant de 2,8 millions d’euros pour une enveloppe globale de 22 millions, a permis entre autres, de remplacer la toiture du cloître, outragée et fissurée par le temps du fait de pierres gélives devenues perméables à l’eau et menaçant grandement l’édifice.
Exit les bâches existantes, qui ont laissé place à plus de 750 pierres taillées pour la circonstance, en provenance du Châtillonnais, lui assurant désormais une couverture appropriée ! Le paradoxe étant que compte tenu du manque de pente, les visiteurs n’auront pas le loisir de découvrir à leur juste valeur les travaux accomplis dans les espaces qui leur sont ouverts !
Une couverture en pierre qui, de l’aveu même de l’architecte François PEYRE, n’a pas d’équivalent dans tout l’Hexagone : « à mon avis, ce type de couverture et sur une telle surface, n’existe pas en France. Ailleurs, comme dans le Midi, on utilise plus du plomb ou du cuivre, mais ici, on est resté sur de la pierre, dans un dispositif qui a nécessité de la part des entreprises des compétences assez particulières… ».
Un projet de rénovation en écho avec d’autres abbayes de l’Hexagone
La phase 2 des travaux devrait débuter avant la fin de l’année, avec pour pierre angulaire, la réfection de la toiture de l’abbatiale, beaucoup plus visible cette fois, dont les tôlages actuels, vieux d’une trentaine d’années, montrent aujourd’hui une piètre image du site aux yeux des visiteurs.
Au programme également : la réfection de l’aile nord, la création d’un appartement pour les artistes en résidence et d’un studio d’enregistrement, l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite, ainsi que le doublement de la surface muséale dédiée aux expositions.
Prenant pour cela, modèle sur sa lointaine et prestigieuse cousine angevine, l’Abbaye royale de Fontevraud, dont le domaine monastique est depuis longtemps ouvert sur le monde. Un projet de rénovation en phase également avec celui de l’abbaye de Pontigny, dont le premier chapitre a été inauguré en parallèle ce week-end et de bonne augure pour le développement de la mission que s’est donnée Saint-Germain : devenir la Cité de référence de la « Parole et du Son », en écho à la « Cité de la Voix » trônant en majesté sur la « Colline Eternelle » de Vézelay !
Dominique BERNERD