On ne parle plus que de cela ou presque. Et visiblement, cela suscite bon nombre d’interrogations – en sus de réelles  inquiétudes – chez les élus territoriaux qui ne savent plus à quelle sauce ils vont être avalés. Le projet de loi « Climat » dont est issu cette composante de « zéro artificialisation nette » (ZAN) préoccupe dans les alcôves institutionnelles. Au point que le sujet a été largement évoqué lors des « Entretiens de Champignelles », réunissant les élus de Puisaye-Forterre, qui ont suivi attentifs l’intervention de la sénatrice UDI d’Ille-et-Vilaine, Françoise GATEL…

 

CHAMPIGNELLES : La sobriété énergétique s’est invitée tout naturellement parmi les échanges au demeurant toujours très instructifs de la trente-deuxième édition de ces fameux « Entretiens », un forum de discussion ouvert aux élus de la Puisaye-Forterre mais aussi des contrées environnantes, des représentants de collectivités qui souhaitent se nourrir de choses concrètes via des interventions de belle facture.

Et en l’occurrence, celles et ceux qui assistaient aux propos liminaires de la première journée de ce rendez-vous annuel qui nous revient avec plaisir à l’automne n’auront pas été déçus de la prise de parole de la sénatrice d’Ille-et-Vilaine, Françoise GATEL, une parlementaire proche de la sénatrice UDI de l’Yonne, Dominique VERIEN.

La pensionnaire du Palais du Luxembourg, en marge de son intervention sur la loi dite « 3 DS » - à savoir décentralisation, différenciation et déconcentration – aura eu le temps de donner son sentiment sur le « ZAN » - rien à voir avec la réglisse ! – une thématique qui lui permet de disserter aux quatre coins de l’Hexagone, actuellement.

Il y a peu, Françoise GATEL qui revendique avec allégresse ses origines bretonnes devait aller à la rencontre des élus du Scot du Pays de Vitré pour échanger avec les élus du terroir sur ce sujet qui perturbe de plus en plus les collectivités.

 

 

Le cap fatidique du non-aménagement de terres agricoles prévu en 2050…

 

Le « ZAN », nouvel acronyme qualifié de « barbare » par la parlementaire elle-même avec une pointe d’humour, signifie « zéro artificialisation nette ». Voté dans le cadre de la transition écologique, le dispositif concerne les enjeux de la sobriété foncière. En terme clair, en 2050, il ne sera plus possible dans l’Hexagone de pouvoir aménager le moindre hectare de terre agricole.

Derrière le pupitre des « Entretiens » face à des élus à l’écoute, Françoise GATEL lâche quelques données chiffrées : « on consomme beaucoup trop de terres agricoles dans le pays, autant qu’en trois cents ans depuis ces cinquante dernières années, concède-t-elle, or, à l’avenir, il faut que le rythme de l’artificialisation des sols sur la décennie à venir soit inférieure à la consommation totale observée depuis la décennie écoulée… ». Avant d’atteindre 2050 où cela ne sera plus un sujet d’actualité.

Naturellement, le « ZAN » provoque de sérieux grincements de dents chez la plupart des élus ruraux. Du fait du manque de clarté évidente autour de cet acronyme, où l’on ne sait pas trop à quoi correspond le terme « artificialisation ».

D’ailleurs, un décret tombé durant les législatives atténuant les principes du ZAN est venu obscurcir les éléments de compréhension de ce dispositif.

« Ce décret semblait avoir été écrit par des gens brillants, plaisante avec malice Françoise GATEL, mais pas forcément par les parlementaires qui en avaient défini l’orientation initiale ».

Le ministre de la Transition écologique, Christophe BECHU, a été interpellé à ce propos par le Sénat pour qu’il s’explique sur le sens réel donné au texte législatif par rapport à ce décret. Acceptant, en substance, de retravailler les choses pour les rendre pour compréhensibles et applicables sur les territoires.

Or, comme le pointera du doigt la sénatrice d’Ille-et-Vilaine, trouver des terrains dans les campagnes afin d’y accueillir de nouvelles zones de logements, un espace propice au développement artisanal et économique – sous le sceau de la réindustrialisation – demeure une véritable priorité pour les secteurs ruraux en recherche d’attractivité de leur territoire.

 

 

« Le ZAN ne devrait être un dogme mais un moyen de développement… »…

 

Quid également de la construction de pistes cyclables nécessaires à l’essor de la transition écologique/énergétique en France alors que leur simple aménagement intègre la notion d’artificialisation des sols ! Donc, cela revêt de l’interdiction à horizon 2050 alors qu’il est urgent de préconiser des solutions modulables favorisant les déplacements des citoyens !

« Le ZAN ne devrait pas être un dogme idéologique mais un moyen de développement durable avec une dimension économique pour produire des richesses, en préservant l’environnement tout en prenant en compte les besoins des individus, résume Françoise GATEL en dénonçant les incohérences du système, si l’on ne peut plus construire de nouveaux logements en zones rurales, on va favoriser la spéculation foncière et on ne pourra plus réhabiliter des logements de style « passoire thermique ». Sans compter, les obligations de logements sociaux que doivent respecter les collectivités…L’accès au logement va devenir un vrai dilemme à la campagne à l’avenir ! ».

Ce qui est déjà le cas de certaines communes qui ne peuvent plus rien envisager en matière de construction. A ce titre, la sénatrice est formelle : « il faut que les EPCI viennent en aide aux communes défaillantes et accompagnent les territoires qui ne possèdent pas d’ingénierie… ».

Réaffirmant lors de sa conclusion que le Sénat fera tout pour essayer d’assouplir ce texte se rapportant au « ZAN », Françoise GATEL souhaite réinventer le droit à l’espérance, mettant en garde contre l’application stricto sensu de ce dispositif qui « si on ne fait pas attention pourrait éteindre la lumière dans les villages… ».

 

Thierry BRET

 

 

 

Elle porte bien ses 74 printemps et sait distribuer du bonheur à ses visiteurs. Ils étaient nombreux à déambuler dans les rues de Chablis ce dimanche, verre en main, venus faire la fête et honorer de belle manière les trésors de l’appellation. 

 

CHABLIS : Flambée des prix, guerre en Ukraine, réchauffement climatique, avenir incertain…l’actualité anxiogène de ces derniers mois pèse lourd dans les esprits et les occasions de faire la fête sont, suffisamment rares, pour ne pas en manquer une. Tous les éléments étaient réunis ce week-end à Chablis pour qu’elle soit belle et elle le fut !

Températures printanières, soleil radieux, vins d’excellence et bonne humeur généralisée ont marqué cette 74ème Fête des vins, d’autant que le millésime 2022 s’annonce déjà des plus prometteurs, tant en quantité qu’en qualité, conjuguant un bel équilibre entre richesse en sucre et acidité. De quoi redonner le sourire aux vignerons échaudés par les multiples aléas climatiques de ces dernières années.

 

 

De nouvelles perspectives avec la Cité des Climats des Vins de Bourgogne et le domaine de Pontigny…

 

Après le traditionnel défilé dominical dans les rues sous les cuivres de l'harmonie des « Enfants de Chablis » s’est tenue la non moins traditionnelle cérémonie d’intronisation de nouveaux impétrants au sein de la confrérie des « Piliers Chablisiens » en ce lieu d’exception que sont les jardins du Domaine Long-Depaquit.

L’occasion pour le président de l’Office de Chablis Patrice VOCORET de dévoiler d’autres bonnes nouvelles, en dépit de difficultés d’approvisionnement et de hausse des prix des matières premières : « le vignoble exporte les deux tiers de sa production et grâce à ce millésime 2022, nous allons pouvoir repartir sur les marchés, avec un chiffre d’affaires toujours en augmentation… ».

D’autres raisons d’espérer, avec un retour des touristes tant attendu et la mise en place de nouvelles structures : « le rachat récent du Domaine de Pontigny ainsi que l’ouverture prochaine de la Cité des Climats des Vins de Bourgogne nous ouvrent de nouvelles perspectives… ».

Que la fête continue et qu’elle dure longtemps, très longtemps !

 

 

Propos entendus…

Marie-José VAILLANT, maire de Chablis : « mon petit doigt m’a soufflé tout doucement, mais il m’a soufflé quand même, que la flamme olympique pourrait bien passer par Chablis… ».

Patrick GENDRAUD, président du Conseil départemental : « Ici à Chablis, on sait recevoir, il pleut la nuit et il fait beau le jour… ».

André VILLIERS, député de l’Yonne : « le mot Chablis à l’étranger est un sésame, comme l’est Vézelay, je ne veux pas oublier l’endroit d’où je viens et fait s’éclairer les visages, c’est dire combien il participe à l’attractivité du territoire… ».

Yvon VOCORET, grand architrave des « Piliers Chablisiens » :
« Monsieur le Préfet, on vous a dit qu’on allait vous passer sur le gril, mais comme y’a pas longtemps que vous êtes là, il nous manque du bois ! On verra ça un peu plus tard quand on vous montera en grade, si vous nous aidez bien pour nos manifestations… ».

 

 

En savoir plus :

 

Parmi la quarantaine de stands, celui de l’association « Chablis terre d’Histoire », qui pour l’occasion a présenté aux visiteurs une superbe exposition d’anciennes cartes postales chablisiennes, toutes dédiées à la vigne et au vin. Le viticulteur Jean-Paul DROUIN, y a même retrouvé sur l’une d’elles sa grand-mère et son arrière-grand-mère en vendanges…

 

Dominique BERNERD

 

« Silence, on bouche ! ». Parrains de la 74ème Fête des Vins de Chablis, la comédienne Zabou BREITMAN et son alter ego québécois, Serge DUPIRE, ont officié de belle manière à Fleys, lors du baptême du millésime 2022…Ils rejoignent la liste impressionnante des ambassadeurs du célèbre nectar...

FLEYS : Du soleil, des vendanges heureuses, de la convivialité, des vins prometteurs… Tout était réuni samedi matin pour que la traditionnelle cérémonie baptismale du nouveau millésime chablisien soit couronnée de succès. D’autant que marraine et parrain n’ont pas ménagé leurs efforts pour s’acquitter de la redoutable épreuve de bouchage d’une bouteille à l’ancienne, avant de se voir intronisés au sein de la « Confrérie des Piliers Chablisiens », devant un public conquis par la sympathie et la simplicité de ces deux grandes figures du cinéma et de la télévision.    

 

 

Comme il est de tradition, c’est dans la commune prévue recevoir la prochaine Saint-Vincent tournante du Chablisien que s’est déroulée à Fleys, le baptême du millésime des vins de l’appellation. Ce qui l’est moins, c’est que ce soit pour la seconde année consécutive, crise de la COVID oblige ! Trois ans déjà que le village attend de fêter dignement le saint patron des vignerons, après deux reports pour cause de pandémie. Autant dire que tout est prêt pour recevoir au mieux les visiteurs les 04 et 05 février prochains à moins que d’ici là… Mais les organisateurs se refusent à imaginer un troisième report, cette fois-ci sera la bonne !

 

 

Un millésime placé sous le parrainage du cinéma et de la télévision…

 

Après le sport l’an dernier, c’est sous le signe du cinéma que le millésime 2022 a été baptisé, avec pour marraine la comédienne et réalisatrice Zabou BREITMAN et pour parrain le québécois Serge DUPIRE, bien connu des aficionados de la série « Plus belle la vie », sous le personnage de Vincent CHAUMETTE. Pas facile de s’improviser apprenti vigneron et maîtriser une vénérable boucheuse du siècle dernier !

Mais sous les yeux d’un public conquis, les deux vedettes ont passé l’épreuve avec brio, avant de se voir récompensés de leurs efforts par une intronisation méritée au sein de la prestigieuse « Confrérie des Piliers Chablisiens ».

 

 

Pour l’occasion, Zabou BREITMAN avait même préparé une ode toute personnelle au précieux breuvage, s’inspirant pour cela du nom des différents climats chablisiens : « j’ai quitté mes « Fourneaux » pour venir « Léchet » les côtes de vos belles « Grenouilles »… ». Noble programme !

Son alter égo concluant lui aussi de belle manière la cérémonie avec ce cri du cœur : « si je suis quelqu’un d’extrêmement simple, je n’aime que le meilleur…, le chablis ! ».

Nul doute qu’avec de tels ambassadeurs, l’appellation ne gagne encore un peu plus de lettres de noblesse dans le monde entier ! Plus belle la vie, plus belle la vigne, plus beau le chablis !  

 

Dominique BERNERD

 

 

 

C’est un peu comme un jeu vidéo, mais en nettement mieux ! D’autant que le simulateur de conduite d’engins agricoles – huit exemplaires conçus par la PME hexagonale ACREOS viennent d’être acquis pour une enveloppe de plus de 673 000 euros par l’EPL des Terres de l’Yonne, une première en France – offre l’opportunité de suivre la progression pédagogique du pilote néophyte, notes à l’appui. Un sérieux atout afin d’améliorer ses potentialités techniques dans le cadre de son cursus.

 

VENOY : On n’arrête ni le progrès, ni la technologie ! Surtout celle se rapportant au numérique et à l’imagerie virtuelle. Vous en voulez une preuve concrète ? Très facile ! Il suffit de visiter l’espace dédié, ouvert depuis peu, qui a été mis en place au sein de l’EPL des Terres de l’Yonne, une entité pédagogique comprenant sur le même site de La Brosse, le CFA agricole de l’Yonne, le lycée agricole La Brosse et le CFPPA 89, pour en apprécier les effets !

Là-bas, dans cet antre de l’enseignement agricole et viticole – on peut y ajouter aussi le volet de l’équestre et de l’horticole, entre autres -, se vit une expérience unique en Bourgogne Franche-Comté. L’initiation à la conduite d’engins agricoles, mais sous un format bien moins académique que d’ordinaire ! A l’aide de simulateurs électroniques, élaborés par un spécialiste dans la conception, la fabrication et la commercialisation d’outils pédagogiques, réservés à l’apprentissage de la conduite d’engins en tout genre : la structure mosellane, ACREOS.

Une PME qui prône les vertus du « made in France » - elle a réalisé plus de 3,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018 – et jongle avec aisance sur la technologie du numérique pour avancer dans le processus pédagogique qu’elle a créée.

 

Un projet de 673 000 euros financés par des fonds européens…

 

C’est avec le concours financier d’un Fonds européen de développement régional (FEDER) que l’EPL des Terres de l’Yonne a réussi le brillant tour de force de l’acquisition de huit de ces « Rolls-Royce » de la simulation digitale pour en doter son site de Venoy. Autant dire une rareté dans le microcosme de l’enseignement agri/viticole de la contrée, pour ne pas dire plus à l’échelle de l’Hexagone ! Soit pour être précis une enveloppe budgétaire s’élevant à 673 420 euros !

Quant aux possibilités offertes par ces appareils de premier cri, elles sont multiples avec les engins agricoles, les tracteurs télescopiques, les moissonneuses, les tracteurs enjambeurs à vocation viticole…Bref : un melting-pot d’opportunités didactiques qui séduisent déjà depuis leur récente installation autant les élèves que leurs enseignants ! Pourquoi ? Parce que la machine leur propose une approche plus que réaliste de la situation. Sensations garanties derrière les manettes ou le volant de ces instruments très utiles à leur formation.

 

 

Apprendre à piloter des engins agricoles sans consommer de carburant !

 

Sous l’œil attentif du proviseur adjoint du lycée La Brosse, Eric PRESTAT, plusieurs élèves ont assuré une séance de pilotage lors d’une visite démonstrative organisée avec la presse. Vertueux, le dispositif l’est à plus d’un titre. D’une part, l’initiation à la conduite s’effectue tranquillement et sans aucune prise de risque. D’autre part, la formation est on ne peut plus écologique car ne consommant aucun carburant ! Même les professionnels de la filière agri/viticole, invités à découvrir les possibilités offertes par cet appareillage newlook, se sont pris au jeu du fait de la qualité fonctionnelle de ce qui leur était proposée.

 

Thierry BRET

 

 

Il possède incontestablement l’art et la maîtrise de l’oralité, le responsable de la fondation qui porte aujourd’hui son patronyme. Voire de la répartie, non dénuée d’un zeste d’humour, lorsqu’il est prié de donner sa définition de l’art contemporain, répondant à une question décalée du public ! Mais, il ne faut pas se fier aux apparences. Même s’il affirme tout de go avoir achevé sa mission, le projet polyvalent qui s’esquisse avec davantage de certitudes au domaine de l’Abbaye de Pontigny portera durablement sa griffe…

 

PONTIGNY : Il sait manier le verbe et la parole, François SCHNEIDER ! Et surtout donner un sens profond aux arguments qu’il égrène face à un public qui écoute attentif le moindre des mots édictés. Portant beau, scrutant avec intérêt ses interlocuteurs qui lui posent des questions directes au terme d’une conférence de presse qui n’en est pas véritablement une, au vu de l’aéropage conséquent de personnalités politiques et institutionnelles présentes (!), le personnage originaire de Joigny veut faire toute la lumière sur un dossier qui aura suscité bon nombre de polémiques dans le microcosme de l’Yonne : la cession du domaine de l’Abbaye de Pontigny.

Un feuilleton, digne des séries à suspense – mais en moins horrifique fort heureusement ! – que propose les plateformes numériques actuelles, ayant tenu en haleine depuis plus de deux ans les suiveurs de l’actualité du landerneau septentrional de la Bourgogne. Avec en toile de fond un édifice cistercien, fleuron du patrimoine régional de plus de neuf cents ans comme vedette !

Vendu ? Plus vendu ? A quelles conditions ? Sans occulter les prises de position régulières d’une congrégation religieuse qui avait elle-aussi des visées sur ce complexe séculaire universel. Bref, un dossier qui ne ressemblait nullement à la « vie est un long fleuve tranquille » dans son traitement usuel. Rattrapé comme tant d’autre par les vicissitudes de la crise sanitaire, ce qui augurait de sombres perspectives quant à l’issue définitive de ce projet…

 

 

Un projet polymorphe à dix ans, vecteur de rayonnement…

 

Le projet, parlons-en ! Il est polymorphe, tentaculaire, multiple. Rien d’étonnant qu’il surprenne en vérité par sa physionomie et son ambition car des concepts similaires, il n’en existe pas légion à l’heure actuelle dans l’Hexagone. Pays qui connaît la crise économique et sociale profonde – un peu mieux maîtrisé que dans le reste de l’Union européenne -, mais qui est parfois en déliquescence intellectuelle complète au niveau de l’imaginaire et de la créativité…

Alors, vu de l’Yonne, c’est sûr : un tel concept entrepreneurial gargantuesque qui mélange astucieusement l’ouverture d’une infrastructure hôtelière de niveau quatre étoiles, assorti à un restaurant supposé gastronomique, la présence physique d’une boutique où s’écouleraient les produits à l’estampille du domaine (miel, pain, biscuits, liqueurs…) et la culture de produits du terroir en concertation avec des spécialistes des filières agricoles et bio, cela peut faire peur dans les chaumières !

Surtout avec à sa tête une fondation originaire d’Alsace, apparue dans le paysage de l’initiative et la prise de risque en décembre 2000 – elle est depuis 2005 reconnue d’utilité publique – et qui possède déjà à son actif un certain nombre de réussites, à commencer par le Centre d’Art Contemporain, accueilli dans la jolie bourgade alsacienne de Wattwiller.

Un site qui propose plus de 2 500 mètres carrés d’espaces d’exposition consacrés au thème de l’eau. Un outil structurel altruiste, ayant aussi la volonté d’aider les lycéens défavorisés soucieux de suivre un parcours pédagogique dans l’enseignement supérieur avec des bourses.

 

 

La fibre touristique pour permettre à Pontigny de retrouver son universalisme…

 

Au-delà de l’encouragement artistique et du prosélytisme éducatif, la Fondation SCHNEIDER vise encore plus grand avec l’acquisition du domaine de l’abbaye cistercienne icaunaise. Pour la rondelette somme d’1,8 million d’euros à remettre via virement à la Région Bourgogne Franche-Comté, jusque-là propriétaire de l’endroit.

Cela a été confirmé officiellement lors de ce rendez-vous avec les médias (et surtout les nombreuses personnalités !) dans la salle des convers in situ par le maître de cérémonie, François SCHNEIDER lui-même.

L’entité ajoute dans son escarcelle un autre item à sa panoplie déjà éclectique : le développement du tourisme patrimonial. Grâce à ses six mille mètres carrés de bâtiments dont certains seront à réhabiliter et à agencer sur les neuf hectares que compte le domaine, verdoyant et boisé.

L’objectif est simple : rendre son universalisme et sa magnificence à ce joyau de l’art roman. Comment ? Une fois les études préliminaires et les sondages archéologiques réalisés – un delta temporel d’une année, voire peut-être d’un peu plus sera néanmoins nécessaire pour analyser la topographie des lieux -, la Fondation se plongera alors la tête la première dans l’avenir, en aménagement les bâtiments selon le schéma initial requis. Certes, les aficionados du lieu devront s’armer de patience avant de découvrir la configuration définitive, une vertu cardinale de la spiritualité !

Si tout se présente bien, c’est durant la saison 2026/2027 que devraient être opérationnels le Centre d’Art contemporain, accueillant les artistes se reconnaissant pour tels, ainsi que la partie inhérente liée à la production agricole locale. Parallèlement, les visiteurs – des touristes cosmopolites en quête de retraites patrimoniales et spirituelles mais pas que – profiteront du cadre confortable du complexe hôtelier grand standing, tout en se sustentant de recettes sympathiques élaborées dans le restaurant haut de gamme.

 

 

Un budget estimé à 20 millions d’euros et une centaine d’emplois…

 

Sur le plan comptable, la Fondation SCHNEIDER injectera l’équivalent estimatif de vingt millions d’euros à la réalisation de ce concept. Un projet gradué qui s’échelonnera sur une décennie, selon les prévisions fournies par son porte-parole éponyme.

Une dizaine de millions d’euros seront affectés à la rénovation des bâtiments devant trouver une nouvelle existence dans le projet. Le complexe hôtelier comprenant une cinquantaine de chambres englobera à lui seul huit millions d’euros. Deux autres millions serviront à l’agencement de la partie restauration.

Se voulant rassurant à une interrogation posée par le président départemental de la Fédération Française du Bâtiment Didier MICHEL – les entreprises de ce secteur artisanal de l’Yonne seront-elles sollicitées pour la réalisation de ces travaux -, François SCHNEIDER a répondu catégorique que « les entreprises de l’Yonne seraient retenues lors de l’appel d’offres, à condition qu’elles soient compétentes selon le cahier des charges requis à respecter et qu’elles ne pratiquent pas des tarifications exagérées… ».

Un clin d’œil, pour le moins amusant, de l’homme d’affaires qui fut naguère industriel et propriétaire de la source d’eau minérale Wattwiller.

Quant aux perspectives d’emploi, générées par ce projet, elles furent également évoquées en conclusion de ce rendez-vous très intéressant : une centaine de postes seront créés dans un intervalle de huit à dix ans sur le site.

De quoi réjouir la classe politique, présente aux premières loges de cette conférence. Y compris la présidente de la Région Marie-Guite DUFAY suiveuse de l’évènement en visioconférence. Et de lever ainsi les doutes et les craintes sur les réelles intentions de la Fondation SCHNEIDER qui s’engage à redonner vie à ce site séculaire hors du temps…

 

Thierry BRET

 

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