Point besoin d'un hectare de terre (10 000 m2) ou plus modestement d'un are (100 m2) pour planter quelques pieds de tomates chez soi. D'autant que c'est la période idoine de les cultiver même sur un balcon !

 

AUXERRE : Petit retour en arrière ! La tomate, ce beau légume-fruit, nous vient tout droit d’Amérique du Sud, plus précisément du Mexique et du Pérou. C'est Hernan CORTES, conquistador parti d'Espagne au XVIème siècle, qui contribua à sa rougeoyante découverte. Il la rapporta à la cour à son retour. Elle arriva peu après en Italie. En France, ce fut au début du siècle suivant.

D'abord considérée comme une plante d'ornement, il faudra attendre le milieu du XVIIIème siècle (avec peu à peu la naissance, puis l'essor des restaurants, caractéristique de l'époque) pour qu'elle gagne initialement les cuisines provençales,  par le biais des Italiens, puis peu à peu, celles d'autres régions.

Depuis lors, la tomate a été adoptée par les Français, au premier rang desquels les jardiniers des potagers, qui contribuèrent amplement à la faire connaître,  et savourer.

 

 

Des recettes goûteuses mettant en valeur la tomate…

 

Voici quelques exemples de plats, non exhaustifs comme de bien entendu, juste histoire de rendre hommage à ses centaines de variétés.

Une bonne salade de tomates, c’est excellent ! Il n'y a encore pas si longtemps,  elle n'avait pas forcément besoin d'être acoquinée avec miss Mozzarella !

On peut également citer des œufs brouillés à la tomate, des tomates à la provençale, une bonne tarte à la tomate, la sauce tomate…histoire d'accompagner quelques pâtes, le rougaïl-tomate (clin d'œil à l'hémisphère Sud), en gratin avec courgettes et pommes de terre,  en ratatouille...

Sans oublier, LE plat représentatif de notre belle de l’été : j'ai nommé les tomates farcies, un mets savoureux aux moult recettes.

 

 

Eviter de la manger hors saison : ce n’est plus de la tomate !

 

Ce légume-fruit correspond à une saison, de juillet à septembre environ. Sauf que, sans vergogne aucune, la grande distribution en commercialise toute l'année. Ce sont des trucs sans goût, sans odeur, venus d'on ne sait trop où (les Pays-Bas notamment). Mais, ne nous y trompons pas : la vraie tomate n'est pas celle-ci ! Elle n'a de tomate que le nom, ce qui est déjà  beaucoup trop d'ailleurs.

Nos marchés Icaunais comptent nombre de pépiniéristes ou de maraîchers les vendant par pieds. « Rose de Berne », « Cœur de bœuf », noire de Crimée, olivettes, Marmande, Marianne ou autres sauront ravir votre palais. Car rien de tel qu'une tomate de pleine terre, gorgée de soleil estival (enfin normalement !) pour en savourer le goût. Ces quelques plants de tomates embellissent toute surface potagère. Et quel sain régal ! Bon appétit et allez l'AJA !

 

 

En savoir plus :

 

La tomate a forcément droit de citation dans ce site culinaire, simple, précis et bien fait. Des recettes cuisinées de mère de famille, à l'intention de  tous, tout simplement. On y voyage aussi. Certes, nous y sommes  loin de « Top Chef » ! Cela n'a rien de très bobo non plus !  Point de photos artistiques, ni de 3D ! Se nourrir, juste, bien et bon.  Son nom : « Les Recettes de cuisine de Pascale » (au féminin). Via le net. Un site qui corrobore la maxime suivante : « On ne peut pas faire de cuisine, si l'on n'aime pas les gens ».

 

Gauthier PAJONA

 

 

 

Les yeux sont brillants de malice. Cela pétille, intérieurement. On le sent bien ! Très à l’aise dans l’exercice impromptu de l’interview, le jeune homme a de la suite dans les idées, comme l’assène la célèbre formule. A 16 ans, tout pile, Romain KAPP peut déjà s’enorgueillir d’avoir pu décrocher la Lune. Côté, jardin, bien sûr ! Avec de l’or et de l’argent autour du cou !

 

VENOY: Parler de lui à un représentant de la presse ? Il adore ça, le garçon ! A croire qu’il a pratiqué l’art de la litote et de la maîtrise de soi, toute sa vie ! Et, cela n’est peut-être pas fini. Puisque d’autres échéances, pas électorales celles-là, mais bel et bien dans la confrontation avec soi-même l’attendent d’ici peu, du fait de ces derniers accessits.

Glaner une médaille du plus beau des métaux (l’or), à l’occasion d’une épreuve de l’emblématique concours « Un des Meilleurs Apprentis de France » à l’âge où de l’adolescence insouciante on glisse de plain-pied dans la peau d’un adulte, certes encore un peu juvénile, fait vraiment chaud à l’âme.

Romain KAPP vient de vivre l’expérience, à laquelle il s’était pourtant préalablement préparé. Un succès remporté dans la catégorie, « Jardins et espaces verts ». L’or pour le titre de MAF de l’Yonne, ça claque sur la carte de visite. Mais, si vous y ajoutez aussi, en simultanée, l’argent obtenu pour le même challenge au niveau régional, alors là, c’est l’extase !

 

Une voie verte toute tracée dans le monde du végétal…

 

Du deux en un qui fait sourire le visage radieux de la directrice du CFA agricole La Brosse, Hélène DECULTOT. Trop heureuse de la réussite de l’un de ses élèves. Quelle subtile idée que d’avoir pu organiser au sein de l’établissement, proposant une kyrielle de formations « vertes » autour de l’environnement et de l’équestre, ce concours. Toujours chapeauté par le maître de cérémonie en la matière, l’inamovible Marc LABARDE, Meilleur Ouvrier de France, et président de l’instance régionale.

Romain, lui, conserve stoïque son calme. Avec ce petit sourire en coin qui en dit long sur ses potentialités.

Quand il se projette dans l’avenir, il se voit exercer son réel savoir-faire au sein d’une entreprise de paysagiste pendant quelques années, histoire de se faire les dents sur le labeur, avant de voler de ses propres ailes. Mais, pas avant trente ans, affirme-t-il péremptoire et empli de sagesse ! Un gamin facétieux mais déjà mâture quand il raisonne en pensant à ses perspectives futures.  

Pratiquant l’alternance pour son bac pro paysager – il est encore en première année – au sein des établissements de Philippe LIPERI, le jeune Romain envisage de poursuivre son cursus devant le conduire à son projet entrepreneurial par un BTS, option espace vert.

Hélène DECULTOT, quant à elle, rêve d’un nouveau titre pour son jeune protégé, lors des finales hexagonales. De la graine d’artiste horticole, ce jeune garçon qui aime s’adonner aux joies du VTT, de l’histoire et, c’est moins commun à cet âge-là, à celles de l’archéologie !

 

Thierry BRET

 

 

Le secteur de la vigne et du vin propose chaque année des milliers d’emplois mais les candidats se font rares. Dans l’Yonne, 250 postes resteraient ainsi à pourvoir. Une pénurie de main d’œuvre liée en partie à une méconnaissance des métiers proposés. Un déficit de notoriété qu’ont souhaité relever Pôle Emploi et l’ANEFA, en organisant conjointement et pour la première fois, deux visites du Clos de la Chainette sous l’égide du responsable du vignoble, Thierry MILLIERE, à l’attention de personnes en recherche d’emploi.

 

AUXERRE : Elles sont au total une douzaine de personnes à avoir répondu à l’invitation, réparties en deux groupes. Certaines en quête d’un premier emploi, d’autres en reconversion professionnelle. Mais, pour la plupart, sans connaissance aucune des multiples métiers proposés par le monde de la vigne et du vin, si ce n’est une expérience éphémère de vendangeur. Le secteur peine à recruter comme le rappelle Marjorie LEFEBVRE, conseillère dédiée aux entreprises à Pôle Emploi : « Dans un contexte de taux de chômage très faible par rapport à une époque, beaucoup de demandeurs d’emploi se positionnent essentiellement sur le tertiaire au détriment des autres secteurs… ». La situation est telle que la profession fait depuis plusieurs années appel à une main d’œuvre étrangère pour répondre à ses besoins. Longtemps contingentée aux pays de l’Est, l’offre s’est étendue aux nations du continent africain et il n’est pas rare aujourd’hui de voir arriver des CV en provenance du Maroc, du Sénégal ou de Tunisie. D’autant, souligne France LAHUTTE, animatrice ANEFA, que « nombre de viticulteurs et prestataires de service ont fait beaucoup d’effort en termes de recrutement, avec la mise en place de navettes venant chercher ces personnes souvent peu mobiles, au pied de leur logement, à l’image de ce qui se fait aujourd’hui avec l’association COALLIA et la société PSAV, spécialisée dans le secteur des activités de soutien aux cultures. ».

 

 

Etre vite opérationnel sans besoin d’une longue formation…

 

Le travail bat son plein dans les vignes multiséculaires du Clos de la Chainette, plus ancien domaine viticole attesté de France. Après la taille, est arrivé le temps du « baissage », une opération manuelle visant à empêcher la plante de croître de façon anarchique. Travaux en vert, relevage, rognage, effeuillage… Passé l’hiver, les activités sont multiples, accessibles pour certaines très rapidement explique Thierry MILLIERE : « Pour certaines tâches saisonnières, l’on peut vite être opérationnel sans besoin d’une longue formation, quelques jours suffisent… ». A contrario, certains choisissent un cursus plus long, enchaînant les formations pour plus de polyvalence, à l’image de Justine (*) actuellement en stage au domaine, dont le témoignage spontané et passionné aura peut-être fait naître quelques vocations parmi les visiteurs du jour. En quête d’un métier de secrétaire, mais faute de trouver un stage adapté, elle a fait le choix l’an dernier de se réorienter vers la viticulture.

 

 

Une grande diversité de la filière en matière de contrats…

 

Premières armes en pleine période de vendanges avant d’intégrer dans la foulée une formation BPA Travaux de la vigne et du vin au CFPPA du lycée la Brosse qu’elle a déjà prévu d’enchaîner avec un BPREA pour devenir chef d’exploitation. Elle sait qu’elle ne s’arrêtera pas en chemin, avec en ligne de mire, la volonté d’intégrer le lycée viticole de Beaune pour y décrocher un BTSA viticulture œnologie. Pas mal pour une personne qui se destinait à un métier dans le tertiaire !
Si l’offre de formation est très large, la filière a aussi pour atout une grande diversité en matière de contrats de travail, qu’ils soient saisonniers, CDI, à la tâche, ou contrats courts de type TESA. Permettant pour certains, de conjuguer le cas échéant avec une autre activité de plein air comme le maraîchage ou en espaces verts. On sait depuis le film d’Etienne CHATILLIEZ que « le bonheur est dans le pré ». Reste à faire savoir aujourd’hui au plus grand nombre qu’il a désormais aussi élu domicile dans les vignes et les caves !

 

(*) Le prénom a été modifié

 

 

En savoir plus :

ANEFA (Association Nationale paritaire pour l'Emploi et la Formation en Agriculture)
Antenne de l’Yonne : France LAHUTTE au 03 86 49 48 10 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

CFPPA (Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole)
Lycée Agricole d’Auxerre La Brosse 89290 VENOY
Tél 03 86 94 60 00 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

BPA (Brevet Professionnel Agricole Travaux de la vigne et du vin)
Formation diplômante de niveau 3 pour travailler en qualité d’ouvrier qualifié dans le domaine viticole, à la production ou à la transformation.

BPREA (Brevet Professionnel Responsable d'Entreprise Agricole). Formation diplômante de niveau 4 pour conduire une activité de production viticole ou piloter une exploitation.

BTSA (Brevet Technicien Supérieur Agricole)
Formation diplômante de niveau 5 ayant pour objectif de préparer aux postes à responsabilité de la filière viti-vinicole (chef de culture ou maître de chai).

 

Dominique BERNERD

 

Voulez-vous une preuve de l’attractivité prégnante qu’exerce le territoire de l’Yonne sur l’Ile-de-France voisine et la capitale de l’Hexagone, Paris ? En voici une, toute faite et qui se construit patiemment depuis la signature d’un accord de réciprocité, survenue en juin 2021, entre les PETR Grand Auxerrois et Nord de l’Yonne et la mégalopole nationale. Un partenariat, inédit et astucieux qui permettra de valoriser les circuits courts de la distribution alimentaire en favorisant les productions agricoles de notre terroir…

 

JOIGNY : Qui a dit que le territoire de l’Yonne n’était pas suffisamment attractif au niveau économique à l’échelle de l’Hexagone ? Tout le monde, en vérité ! Eh bien, pour faire taire les pessimistes de tout poil qui ne voient pas plus loin que le bout de leurs bésicles embuées, voilà une information 100 % positive à faire circuler auprès de tous !

Elle concerne une judicieuse initiative prise au printemps 2021 dont les prolongements factuels commencent à se faire ressentir quant à ses potentialités et perspectives envisageables. L’Yonne, terre nourricière de Paris ? Non, ce n’est pas une énième blague de potache qui aurait pu être publiée dans les colonnes médiatiques au petit jour du 01er avril dernier. Cela pourrait devenir très vite une réalité tangible après la récente visite de plusieurs élus de la capitale, dont l’ex-star du PAF (Paysage Audiovisuel Français), la journaliste Audrey PULVAR, reconvertie aujourd’hui en une défenseuse de la chose publique, en qualité d’adjointe à l’édile de Paris, Anne HIDALGO.

 

Audrey PULVAR vient prendre le pouls sur le terrain de l’Yonne…

 

La candidate socialiste à la présidentielle avait effectué le déplacement en terre icaunaise l’an passé pour parapher cet accord qui devrait offrir des opportunités intéressantes pour les filières agricoles de l’Yonne. A la grande satisfaction de la Chambre départementale d’Agriculture et des représentants syndicaux.

Nourrir Paris et ses 2,1 millions d’habitants n’est pas du domaine du raisonnable, sur le papier. Même si l’eau qui coule dans la capitale aurait dû se nommer l’Yonne et non la Seine comme certains géographes (bourguignons !) le pensent encore !

A contrario, favoriser l’alimentation de certains arrondissements en victuailles et produits made in Yonne semble déjà plus réalisable à brève échéance du fait de la proximité de ce département, situé au sud de la métropole. Selon les termes précisés par l’accord de coopération qui a été établi entre les deux partenaires, les PETR Grand Auxerrois et Nord de l’Yonne, et Ville de Paris, l’an passé.

Lors de cette journée immersive dans le Jovinien, Audrey PULVAR, accompagnée des maires du XIIème (Emmanuelle PIERRE-MARIE) et du XIVème arrondissement (Carine PETIT), ont pu disserter longuement avec des professionnels du monde agricole. Testant sans doute au passage quelques succulents produits !

 

 

Le XIIème arrondissement de Paris : un tiers des habitants de l’Yonne...

 

140 000 habitants, c’est le nombre de Parisiens qui résident dans le douzième arrondissement de la capitale. Soit un tiers des habitants de l’Yonne. On imagine aisément le potentiel en matière de débouchés pour les denrées alimentaires en provenance de notre territoire qui pourraient s’écouler via les marchés et les structures collectives pour sustenter la population. Une aubaine pour Nicolas SORET, président de la CC et maire de Joigny, qui avait flairé l’opportunité depuis bien longtemps.

« Là où je me réjouis, précise-t-il, c’est que les choses deviennent concrètes. On rentre dans le dur de l’opérationnel et ça, c’est chouette ! ».

Surtout que la Ville de Paris va organiser fin juin le Festival de l’Alimentation durable. Un évènement auquel participera une délégation icaunaise conduite par le numéro trois de la Région Bourgogne Franche-Comté. Au four et au moulin, Nicolas SORET ?

« Oui, car notre objectif sera d’y rencontrer les vingt-et-une personnes gestionnaires de l’alimentation de la capitale ! ».

Des contacts ô combien indispensables en vue de finaliser le dossier : ce sont celles et ceux qui appuient sur le bouton de la commande.

 

 

D’un approvisionnement mondial aux circuits de proximité…

 

En proie à une véritable révolution de palais, en ce qui concerne ses circuits de distributions alimentaires, Paris change donc de paradigme sur cet item. D’un approvisionnement mondial, les élus de la première ville de France veulent désormais privilégier des ressources alimentaires produites dans un rayon maximal de 250 kilomètres. Au moins pour la moitié de ces denrées.

Conséquence : l’Yonne ne peut qu’être impliquée dans cette profonde mutation de la transition alimentaire que mène Paris pour le bien-être de ses habitants.

Quant aux attentes en termes de productions, elles se sont avérées concrètes. Ainsi, l’élue du XIVème désire un approvisionnement de noix et de noisettes. Des besoins qui peuvent résolus grâce à la filière locale ad hoc qui en découle.

Pour autant, Nicolas SORET se veut rassurant. Balayant d’un revers de la main, « toute mauvaise interprétation » pouvant être faite autour de cette initiative, il rappelle que l’enjeu de cette démarche collaborative n’est pas d’appauvrir notre territoire. Estimant que la relation Yonne/Paris n’est pas une fin en soi, mais un moyen. Celui de rééquilibrer les relations entre la capitale et notre département afin d’y créer un ruissellement – le vrai, s’en amusera-t-il ! -, qui permettra de faire venir vers le territoire le plus septentrional de la Bourgogne la richesse qui est concentrée dans la métropole francilienne. Un ruissellement dont les agriculteurs et les producteurs seraient les premiers bénéficiaires.

En outre, parce que ces commandes seront importantes en volume, elles permettront de favoriser la création d’outils de transformation et de proposer de la valeur ajoutée. Concrètement, la commande publique parisienne servira de levier à la valeur ajoutée qui s’appliquera sur le territoire de l’Yonne.

Aujourd’hui, tous les partenaires du milieu agricole sont interpellés positivement par ce rapprochement prometteur entre Paris et les deux PETR de l’Yonne, notamment la Chambre d’Agriculture mais aussi Manger Bio, Bio Bourgogne et le GABY, le groupe d’agriculture biologique de l’Yonne.

Des acteurs de la filière agricole qui ne manqueront pour rien au monde le rendez-vous de la fin juin dans la capitale avec les fameux vingt-et-un gestionnaires qui sont décisionnaires de l’alimentation à Paris. Une métropole qui sert 30 millions de repas dans les 1 300 établissements collectifs sous leur coupe. Cela parle, non ?

 

Thierry BRET

 

 

Lorsque mercredi, la partie ludique de la foire fut inaugurée en compagnie de la « Reine des forains » - une belle tradition s’il en est -, on aurait presque pu imaginer, qu'après quelques 1 100 jours, sortant comme pétrifiée ou de cire digne du musée Grévin (encore un icaunais !), la scène sénonaise, par un coup de baguette magique, revenait à elle. Madame la maire, Marie-Louise FORT, son sémillant premier adjoint Paul-Antoine de CARVILLE, Chris LAMOUREUX, sympathique patron des forains, Clarisse QUENTIN, adjointe au commerce et les autres se retrouvaient tous là. Comme trois ans auparavant !

 

SENS : Si l'on peut parfois regretter qu'en France les arts et traditions populaires ne se soient pas maintenus dans leurs rites immémoriaux, ici à Sens, cela perdure. Et, c'est heureux ! Après deux années sans, bienvenue le long des promenades bordant la Foire de Sens, 93ème du nom, existante, sous sa forme actuelle, et après quelques évolutions, depuis 1922, excusez du peu !
Il suffit d'y flâner, d'y humer l'air de ces imposantes promenades, pour comprendre, combien ce moment – « LE » moment de Sens devrait-on dire... - est attendu par chacune et chacun, de 7 à 77 ans d'ailleurs !
C'est le moment des retrouvailles annuelles, de celles et ceux que l'on ne croise qu'une fois l'an sur ces fameuses promenades, de rencontres inattendues et appréciées, aussi. Sans faire de l'inutile sociologie à deux balles, la Foire de Sens, c'est un peu de tout cela, un cocktail de rencontres, de produits appréciés, du plaisir de s'attabler aussi (mention spéciale pour le très novateur pôle gastronomique et ses tables conviviales, autour de voisinage parfois inconnu, entre escargots d'Armeau et burgers de Saligny, le palais balance !).

Et, cadeau supplémentaire de ce retour, à l'heure où nous mettons sous presse - selon l'antique formule consacrée - quel plaisir de faire mentir l'adage sempiternel : « beau temps à la foire de Montereau, mauvais temps à Sens ! ». Il y a du soleil sur la France, chantaient STONE et CHARDEN dans les années soixante-dix. Il y en a aussi pour la foire de Sens !

 

 

Les odeurs des étals et le plaisir des retrouvailles…


Il y a moins d'exposants cette année. Comment pourrait-il en être autrement après ces deux dernières saisons ? Mais, toujours pour ces derniers, le plaisir de retrouver leur secteur, les tentes blanches de la maison CHOUBARD, sise à Lainsecq, et surtout leur public ! Les allées sont encombrées. Les effluves d'oignons grillés ou de curcuma envahissent l’esplanade : cela ne se raconte pas, mais plutôt se vit !
Ah ! Tiens Marie et Raphaël, quelle bonne surprise de se croiser ! Attablons-nous, l'espace d'un instant, dans l'hémisphère sud, chez « Coco Run », entre rhum arrangé mangue, accompagné de quelques bouchons et samossas. Et attention à la doucereuse dénomination de bonbon : délicieux, mais un rien pimenté !

La magie de cette foire gratuite en site propre vient encore de frapper !

 



   

Vingt-cinq foires au compteur pour Dominique, le speaker officiel…

 

Direction les quais ! Ils sont magnifiquement embellis, depuis de récents travaux. L'exposition sur les foires d'antan est des plus émouvantes, et révélatrice aussi de l'évolution de nos sociétés. Un chiffre indique qu’en 1939, il y avait 600.000 visiteurs. Ils sont encore quelques cent mille aujourd'hui ! Ce joli point de départ ne mériterait-il pas de faire partie intégrante du parcours « foire » ?

Au hasard de notre montée - ou de notre descente, c'est selon ! - l'on croise les
vignerons du Domaine du Mas des Tynes, Mireille et Jérémie GILOUX, sympathiques représentants de la Bourgogne dite du soleil. Une goutte de leur Pouilly-Fuissé redonnerait le moral ardent au plus triste des visiteurs !
Tiens voilà Dominique, l'animateur à la blanche crinière, et reconnaissable de loin, avec sa veste bleue flashy. Vingt-cinq foires au compteur, toujours le sourire, une petite interview d'une nouvelle exposante - Vanessa est savonneuse puisqu'elle en fabrique ! - un mot d'encouragement pour terminer et c'est reparti pour cette belle voix de radio-foire !

 

 

Mais pourquoi avoir supprimé le « Brennus », concours des vins si valorisant ?

 

Bientôt, ce sera la saison des cerises pour l'ami LEMOULE, vigneron à Coulanges-la-Vineuse. « La ora na Steeve ! ». Ses origines polynésiennes lui permettront de répondre. L’un de ses vins a encore été récemment primé lors du prestigieux « Tastevinage » au château du Clos-Vougeot, et sur son accueillant comptoir, encore apposés tels des vestiges d'un proche passé, ces récompenses du Brennus 2019, ancien concours des vins de nos exposants  dont on comprend mal la suppression.

Certes « du passé faisons table rase » se chante dans l’Internationale, mais pas forcément chez ces honnêtes servants de la vigne et du vin qui exercent un délicat métier s’il en est, que cette petite manifestation vineuse était heureuse de mettre à l'honneur ici, tout simplement.
La Foire de Sens : c’est un plaisir retrouvé. « A l'année prochaine, on se r'voit d'accord ?! ».

 

Gauthier PAJONA

 

 

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