L’agriculture biologique poursuit sa croissance sur le territoire septentrional de Bourgogne Franche-Comté. Au dernier recensement, le nombre de fermes et domaines qualifiés de bio s’élève à 269 établissements dont une quarantaine en renouvellements notifiés. A l’échelle du territoire, cette typicité de l’agriculture de plus en plus tendance représente 4,6 % de la SAU, soit 8,1 % des exploitations agricoles…

AUXERRE : Plus de 20 380 hectares de terres agricoles du département de l’Yonne sont aujourd’hui exploités de manière biologique selon les ultimes statistiques dévoilées par la Chambre d’agriculture. En partenariat avec le GABY (Groupement des agriculteurs biologiques de l’Yonne), l’organisme consulaire présentait au début de l’été un état des lieux précis de la situation lors d’une conférence ouverte aux professionnels sur ce thème.

Filière économique en développement, l’agriculture biologique représente à l’heure actuelle près de 4 000 conversions. C’est-à-dire une forte propension pour les agriculteurs traditionnels à basculer vers ce domaine d’activité beaucoup plus dans l’air du temps au niveau des consommateurs et permettant la diversité des professionnels.

Des moyens humains déployés par la chambre consulaire

Selon Claude BOURSIER, vice-président de la Chambre d’agriculture de l’Yonne, la tendance ne devrait pas s’infléchir au cours de ces prochains mois. Surtout que la chambre consulaire assure un accompagnement des professionnels désireux franchir le pas.

«  Celles et ceux qui optent en faveur d’un changement de système, celles et ceux qui se convertissent ainsi que celles et ceux qui éprouvent le besoin de suivis technico-économiques peuvent bénéficier de l’intervention de la cellule spéciale dédiée à cet effet…».

Stratégiquement, la Chambre de l’Yonne a même déployé des moyens humains importants et adaptés aux attentes des agriculteurs, tant au niveau de l’élevage que des grandes cultures céréalières. Depuis quelques saisons, l’agriculture biologique a connu un net regain d’intérêt sur notre territoire avec le soutien de BIOBOURGOGNE, partenaire inconditionnel de cette mutation progressive.

Président du Groupement des agriculteurs biologiques de l’Yonne, Philippe CAMBURET apporte lui aussi ses explications sur cet engouement qui n’a rien d’un épiphénomène : «  nous soutenons depuis toujours les projets de conversion d'exploitations dites conventionnelles vers l'agriculture biologique. Les chefs d'exploitation qui décident de faire ce choix sont souvent installés depuis une bonne partie de leur carrière et ils ont acquis une certaine expérience… ».

Réussir l’adéquation entre la production et la demande

Aujourd'hui lorsqu'un agriculteur s'installe, il peut avoir la chance de le faire sur une exploitation biologique, et de bénéficier des conseils et des savoir-faire du cédant. Ce sera ainsi dans le cas d'une transmission d’une exploitation cédée dans le cadre familial par exemple. En outre, nombreux sont celles et ceux qui choisissent une formule dépendant moins du foncier et du capital des exploitations classiques, comme le maraîchage débouchant sur de la vente directe.

L'adéquation entre production et demande de la clientèle se fait plus naturellement que pour des ateliers plus spécialisés comme l'élevage de bovins allaitant. Là, ce fragile équilibre repose sur la solidité d'une filière. Certes, elle est souvent remise en question à ses débuts, mais elle montre toutes ses qualités lorsqu'elle sait s'affranchir des difficultés d'organisation inhérentes aux exigences de l'agriculture biologique. Plusieurs témoignages sur les dispositifs à l’installation et l’élevage biologique devaient conclure cette rencontre professionnelle.

Les membres de cet organe représentatif des trois chambres consulaires du territoire icaunais ont désigné l’actuel président de la Chambre d’agriculture de l’Yonne pour occuper le fauteuil présidentiel. A la tête de cet organisme, il aura en charge de dynamiser cette structure ces deux prochaines années...

 

AUXERRE : Dans le cadre d’un processus alternatif, le président de la Chambre d’agriculture Etienne HENRIOT (il occupe aussi d’importantes fonctions au sein de la nouvelle coopérative agricole YNOVAE) succédera pour deux ans à Jean-François LEMAITRE. Le président de la délégation icaunaise de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat était dans l’obligation de céder sa place conformément aux statuts en vigueur. Lui-même avait pris la suite d’Alain PEREZ, président de de la Chambre de Commerce et d’Industrie de l’Yonne en 2015.

Le nouveau bureau de cet organisme inter-consulaire se compose du président Etienne HENRIOT, du vice-président et trésorier, Alain PEREZ et du vice-président, Jean-François LEMAITRE.  

La Chambre Economique de l’Yonne a pour objectif de coordonner des actions communes menées par les compagnies consulaires du département bourguignon. Il se veut être également un espace de réflexion sur la mise en œuvre d’initiatives destinées à dynamiser l’économie du département.

 

Créée en octobre 2016, La Brasserie de Chablis a réalisé ses premières ventes dès le mois de janvier suivant. La structure artisanale propose déjà trois variétés de bière, élaborées à partir de recettes novatrices (une blonde, une blanche et une ambrée) avec réussite. La société des cousins Alexis et Vianney MADELIN devait très vite prendre ses marques dans le paysage de la brasserie de terroir…

CHABLIS : Curieuse initiative que celle-ci en pays du vin ! Depuis plusieurs mois, Chablis peut s’enorgueillir de posséder sa brasserie artisanale avec des appellations, Moulin des Fées, la Porte Romane et le Jardin du Prieuré, qui évoquent la typicité géographique de la ville qui accueille cette jeune SARL.

Issue d’une production biologique locale (la malterie SOUFFLET installée à Nogent sur Seine procure la matière première), et inféodée à la présence partenariale de fournisseurs du cru, cette gamme de produits se positionne sur le naturel et l’authenticité. La marque se veut résolument référencée sur le haut de gamme.

Originaire de Chablis, les deux associés possèdent cette fibre commune de la conception de produits novateurs issus des circuits courts. Designer, ancien ébéniste avec dans sa besace un diplôme obtenu à l’école Boulle de Paris, Vianney MADELIN a également travaillé durant trois ans pour de grands comptes (L’OREAL ou LVMH) en signant la création d’objets. A 28 ans, il se lance de nouveaux défis en optimisant ce concept qui le ramène vers l’artisanat.

Quant à Alexis, il a poursuivi un cycle d’études viticoles à Beaune dès l’âge de 14 ans. Avant d’obtenir un BTS de technologie végétale (la défense des cultures jusqu’à leur récolte), une licence de commerce international et de marketing du vin de terroir à l’ESA Angers. Il travaillera même dans un domaine viticole de Châteauneuf du Pape avant de s’expatrier durant un temps en Australie. Agé de 27 ans, il veut vivre une expérience unique avec l’ouverture de cette brasserie artisanale, dont les produits sont distribués sous la marque MADDAM (la judicieuse association des deux patronymes MADELIN inversés).

Depuis leur lancement, les deux cousins caracolent vers le succès. Ils sont désormais distribués chez FESTINS de Bourgogne mais aussi quelques belles références de l’alimentaire dans la capitale :

Leur modèle économique repose sur une forte potentialité de développement. S’inspirant des vertus des circuits courts, ils avaient envie de se retrouver dans la conception de produits locaux. « Alors, pourquoi ne pas produire une bière artisanale en y apposant sa griffe ? commentent-ils. Ce pari audacieux devait aboutir quelques mois plus tard. Commercialisées sous l’enseigne (MADDAM), les appellations de ces bières aromatiques, non filtrées et non pasteurisées, évoquent avec succulence la typicité géographique de Chablis : Moulin des Fées, la Porte Romane, le Jardin du Prieuré et le Chemin de Garde.

Formés dans le nord de la France au contact d’un maître brasseur, les deux entrepreneurs n’ont qu’une unique ambition : obtenir le meilleur de la bière et la quintessence de leurs produits. Si la capacité de production s’apprécie à hauteur de 600 hectolitres à l’heure actuelle, sa croissance devrait être exponentielle dans les mois à venir avec un volume de 50 000 bouteilles au terme du premier exercice. Quant à la distribution de ces bières insolites, elle s’effectue parmi les cavistes et épiceries fines, mais aussi les bars à vin, l’hôtellerie et la restauration. La Brasserie de CHABLIS dispose déjà d’un maillage intéressant qui dépasse les frontières de l’Yonne à Paris (XI, XII, XVI et XIXème arrondissements), le sud de la France (Perpignan, la Corse…) et même la Belgique, la Grande-Bretagne et le Japon.

La SARL de Chablis devrait très vite s’agrémenter d’une boutique proposant la vente des produits et accueillir des animations découverte à destination des groupes.

Aujourd’hui, la Brasserie de CHABLIS décline ses différentes gammes sous un seul format de contenant, de 50 centilitres. Mais, la création d’un magnum cet été aura permis de toucher d’autres consommateurs. Ceux-ci bénéficient de cette offre spéciale pour les cadeaux d’entreprise ou les fêtes de fin d’année. Des coffrets de quatre bouteilles devraient également compléter ce merchandising. Enfin, et pour être totalement complet sur les orientations stratégiques de l’entreprise, la bière MADDAM se propose à la vente en fûts de 24 litres destinés aux débits de boisson ou sur les manifestations événementielles. Des sources de distribution supplémentaire que ne négligeront pas les deux cousins de Chablis…

Chargée du développement Pôle agricole de la Maison Familiale Rurale, Christelle ADAM, monitrice, initie de multiples opérations auprès des jeunes pensionnaires de VILLEVALLIER. En faveur de la mobilité. Dès la classe de seconde, les apprenants mettent le cap hors du territoire vers le Jura. Ils y découvrent une agriculture différente avec la filière lait, depuis la production à la transformation menant à l’AOC Comté…

 

VILLEVALLIER : Accueillis par des maîtres de stage soucieux de partager leurs connaissances et savoir-faire, ces jeunes gens bénéficient d’un partenariat d’excellence avec la Maison familiale d’AMANGE. Seize adolescents ont profité cette année de ce séjour autour des valeurs du travail et de la convivialité…

Dans le cadre du programme européen ERASMUS, près d’une vingtaine d’élèves ont pu poser leurs valises en Espagne lors de trois semaines d’immersion dans une école familiale agricole. La GALICE est une région favorable à cette initiative. Au cœur de la péninsule ibérique, les Icaunais et leurs moniteurs ont découvert la pratique de l’agriculture intensive en vivant au rythme local. L’enseignement devait porter sur les effets de la PAC (politique agricole commune) et les investissements en exploitations.

« C’est une approche réelle des mécanismes économiques…précise Christelle ADAM, les retours sont très positifs car l’accueil sur place se veut chaleureux et humain ».

Les résidents de la MFR de VILLEVALLIER vivent un projet exceptionnel, parsemé de visites culturelles et de connaissances professionnelles. Le tout servi avec une ouverture d’esprit favorable à l’Europe. Mieux : des cours en espagnol devraient se développer très prochainement. Il y a peu, la MFR de l’Yonne a reçu une quinzaine de jeunes élèves ibériques dans ses murs. Une vraie réciprocité dans ces échanges nourris d’amitié et de civisme. Les maîtres de stage espagnols, eux, viendront en France au mois d’août.

« D’ailleurs, remarque Yannick VILLAIN, responsable de l’établissement, certains jeunes retournent sur le lieu de leur stage en villégiature dès qu’ils le peuvent. Ils en profitent même pour prendre part aux travaux agricoles ! ».

Ce cycle pédagogique étendu au monde s’étendra dès 2018 aux classes de terminale. Un concept similaire avec l’Allemagne est en phase d’analyse avec ce même état d’esprit participatif. Des contacts se sont développés auprès de l’office franco-allemand de la jeunesse. Différents appels à projets permettront de déterminer la destination précise de cette future collaboration. Mais, on évoque la région de la Hesse.

Quant aux thématiques abordées, elles concerneraient les revenus agricoles, la rentabilité des exploitations, les marges brutes et surtout les circuits de distribution. Un axiome important pour la MFR de VILLEVALLIER qui a initiée en 2015 le développement d’une antenne de « la Ruche qui dit oui ». L’évaluation et la notation des élèves par rapport à cette nouvelle dimension à l’international seraient possibles à terme…L’inscription de nouveaux élèves est toujours possible !

 

AUXERRE : Le coût des sinistres imputables aux événements météorologiques de 2016 s’est élevé à 38 millions d’euros sur le seul territoire de l’Yonne (153 millions d’euros sur l’ensemble du groupe régional). Ce chiffre avait été révélé lors des Rencontres départementales déclinées par l’assureur mutualiste sur notre territoire.

Grâce à la pratique de la réassurance, l’établissement a ainsi pu indemniser dans les meilleurs délais les 1 100 dossiers de déclaration de sinistres, soit l’équivalent de cinq années de cotisation. A l’échelle du groupe Paris Val de Loire, ce nombre passe à 5 400 demandes instruites de manière officielle.

Pour autant, cela n’affecte pas les résultats de l’entreprise qui enregistre 17 millions d’euros d’excédents au terme de cette année aux multiples catastrophes naturelles. Alors que 74 % des grandes cultures céréalières sont assurées chez GROUPAMA sur la totalité des 300 000 hectares cultivables dans l’Yonne, les épisodes printaniers de gel sont venus perturber les indicateurs. 390 dossiers, suite à ces dégâts, ont été déposés auprès des agences de l’assureur mutualiste dont 40 concernent les professionnels de la vigne ; le reliquat étant réservé aux grandes cultures.

Une enveloppe d’1,8 million d’euros a été provisionnée pour cette seule activité viticole tandis que la Caisse régionale a déjà bloqué 8 millions d’euros pour couvrir les dégâts du gel sur l’ensemble des quatorze départements, la Touraine ayant été particulièrement frappée par ces nuisances de la météo.

D’année en année, signe des temps et de la mutation amorcée avec les changements climatiques, les enveloppes financières liées aux indemnisations des professionnels du monde agricole progressent de 6 %…

Ce qui ne rassure en rien les responsables régionaux de l’assureur mutualiste français.

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