Une fois n’est pas coutume, c’est sur le parvis du parc des expositions d’Auxerre que s’est déroulée la traditionnelle cérémonie inaugurale de la Foire commerciale. Sous un agréable soleil de fin de saison estivale et sans que la pluie ne vienne perturber les prises de parole officielles. L’occasion pour la secrétaire générale de la préfecture de l’Yonne Pauline GIRARDOT de découvrir cet évènementiel qui lance la saison économique sur l’Auxerrois. Un rendez-vous qui a été suivi aussi par le sénateur Jean-Baptiste LEMOYNE…

 

AUXERRE : Si les observateurs en quête de nouveautés significatives les recherchaient avant même que ne démarre la 92ème édition de cette foire exposition automnale, Plaines de l’Yonne, c’est bien dans l’approche cérémoniale qu’ils devaient déjà les trouver !

En effet, contrairement aux années antérieures, la traditionnelle phase inaugurale devant ouvrir la manifestation de façon officielle ne s’est pas tenue à l’intérieur du parc AUXERREXPO mais bel et bien sur son parvis. Une initiative qui aura permis de faire converger le parterre de personnalités près des portes d’entrée de la vaste enceinte, implantée près de l’Yonne. En profitant jusqu’au bout des salvateurs rayons de l’astre diurne en ce milieu de matinée.

 

 

Trois officiels pour donner le coup d’envoi de la manifestation…

 

Pour se faire, une estrade équipée de sa sonorisation avait été installée pour y recevoir les trois orateurs devant s’exprimer sur le bien-fondé de cet évènementiel, l’un des premiers rendez-vous devant lancer la nouvelle saison tant au plan de l’activité économique que de la découverte ludique mise en avant par ses instigateurs.

Face à eux, c’est-à-dire la nouvelle secrétaire générale de la préfecture Pauline GIRARDOT, Isabelle JOAQUINA, conseillère départementale et élue communautaire de l’Auxerrois en charge du commerce et de l’artisanat, et Sébastien FUENTES, directeur du parc géré par Centre France Evènements, se dressaient les représentants de la vie institutionnelle, entrepreneuriale et politique du bassin de l’Auxerrois, invités à déambuler ensuite parmi les travées et à écouter les explications fournies par l’animateur de la foire, qui micro à la main, débitait son flux de commentaires détaillés.

 

 

Le savoir-faire des artisans mis à l’honneur en direct…

 

Léger bémol, toutefois, le cortège de VIP était un peu moins nombreux que d’ordinaire selon les habitués. Pourtant, la centaine d’exposants à très large majorité originaire du département, méritaient amplement le détour au vu pour certains de la qualité et l’originalité de leurs stands de démonstration.

On pense ainsi à l’incontournable atelier tenu par les toques de l’Amicale des Cuisiniers de l’Yonne, devant faire le plein de gourmands désireux goûter de savoureux canapés dont ils ont le secret côté conception culinaire ! Mais, aussi ceux des artisans qui réalisaient des prouesses à exercer leur savoir-faire sous les regards admiratifs de ce public de premier choix !

En revanche, le pôle proposant une immersion dans la réalité virtuelle munie du matériel adéquat – un casque devant les yeux afin de mieux vivre les sensations vertigineuses d’un grand huit – fut observé avec grand intérêt par la délégation officielle sans que pour autant l’une de ces personnalités ne tente l’aventure ! Sauf, l’intrépide conseillère régionale Céline BAHR qui se serait bien risquée à vivre quelques émotions numériques enivrantes si elle avait pu trouver un coéquipier pour l’accompagner dans l’un de ces appareils accueillant quatre personnes ! Un autre jour, peut-être !

Thierry BRET

 

 

Ils ont le moral dans les chaussettes.  Et des souliers de plomb à porter lourdement dans leur quotidien. D’ailleurs, ce ne sont pas les derniers atermoiements de la classe politique se rapportant à la probable crise énergétique qui va tout balayer sur son passage qui va leur redonner le sourire.

Les chefs d’entreprises sont dans la tourmente en cette période de rentrée des classes. C’est inéluctable au vu des très mauvaises nouvelles qui ne cessent de s’amonceler autour d’eux. A commencer par les hausses imprévisibles des coûts de l’énergie qui remettent à mal bon nombre d’ambitions et de désirs de conquêtes de parts de marché.

A la peine pour assurer leurs recrutements dans de saines conditions, fautes de combattants sérieux et motivés, les patrons ont la gueule de bois d’un lendemain de cuite qui aurait duré beaucoup plus longtemps que prévu.

Une soupe à la grimace qui, certes, ne date pas d’hier puisque les effets sournois de la crise sanitaire se sont fait ressentir sur leurs potentialités économiques depuis le début des années 2020. Mais, c’est un fait : cela perdure avec une ténacité constante.

 

Quatre dépôts de bilan toutes les heures en France…

 

Quand on pense que quatre entrepreneurs mettent la clé sous le paillasson toutes les heures dans l’Hexagone pour ne plus jamais rouvrir leur unité de production, on se pince fortement le bras pour se dire que l’on ne rêve pas.

Plutôt que de parler de progrès social, de croissance et de perspectives heureuses, la plupart des dirigeants de société rasent désormais les murs de leurs bureaux, en croisant les doigts et en espérant que l’avis de tempête qui souffle au-dessus de leurs têtes ne va s’abattre sur eux. Un avis de tempête de type vigilance orange vif, qui vire petit à petit vers le rouge vermillon aux dires de certains.

C’est simple : tous les indicateurs économiques de référence, tous les voyants servant de révélateur permettant d’évaluer l’état de santé des secteurs d’activité de notre pays clignotent dangereusement vers le rouge. Tels que l’avaient prédit bon nombre d’observateurs au début de l’année 2022.

Du fait de l’impact et des conséquences par effet ricochet de la crise sanitaire. Mais, c’était sans compter sur les retombées catastrophiques de la crise engendrée par le conflit se jouant à l’est de l’Europe, entre la Russie et l’Ukraine. Une guerre d’un autre âge entraînant son lot de répercussions inflationnistes (et très spéculatives), sans omettre les risques de pénuries des matières premières, y compris énergétiques.

 

 

Déjà près de 20 000 entreprises dans la case des pertes…

 

Le bilan observé à l’issue du premier semestre 2022 n’est pas bon. En l’espace de six mois, les faillites d’entreprises ont été évaluées à près de 20 000, plus exactement à 18 519 entités passées dans la case des pertes plutôt que des profits.

Attention : ceci n’est pas un épiphénomène. Car, les perspectives du dernier trimestre 2022 ne s’annoncent pas bonnes du tout.

Les premiers touchés sont les dirigeants de PME/PMI. Certains se disent au fond du trou. Obligés de revendre leurs biens immobiliers, afin de tenter de sauver les meubles s’ils en sont encore capables. D’autres essaient en vain de renégocier leurs crédits. Pas si simple quand le robinet financier s’assèche au niveau des recettes et que plus rien ne rentre en trésorerie. A cela, le remboursement des prêts garantis par l’Etat, les fameux PGE dont il faudra bien honorer les traites tombe au plus mauvais moment. Tout comme l’URSAFF qui réclame son dû ! Sans oublier les impôts !  

La situation vire donc au cauchemar. Y compris pour les représentants des chambres consulaires – c’est le cas typiquement en Bourgogne Franche-Comté – qui craignent le pire dans les semaines à venir, tout secteur confondu. Les organismes sont à l’écoute du moindre soubresaut, qui soit précurseur d’un tsunami pouvant emporter des pans entiers de l’économie de proximité avec lui.

 

 

Le recrutement : une gabegie innommable pour les DRH !

 

Que faire avec une inflation qui avoisine les 10 % ? Comment agir lorsqu’il y a pénurie sur les matières premières ; ce qui engendre des délais d’approvisionnement incompressibles ? Comment répercuter les coûts des tarifs de l’énergie qui risquent de s’envoler littéralement dans les semaines à venir ? On parle en effet de plus 15 à 20 % de hausse pour le gaz, d’autant sur la partie électricité…

Pendant ce temps-là, quatre salariés démissionnent de leurs postes toutes les minutes en France, apportant certes de la flexibilité et de la facilité d’embauche à celles et ceux en recherche de jobs depuis longtemps – le seul revers de la médaille positif de cette conjoncture incroyable ! – mais sans aucune garantie de résultats pour les chefs d’entreprise qui peinent à les remplacer, faute de candidats motivés de la part des futurs prétendants à l’emploi !

 

 

Quatre jeunes entreprises sur dix échouent avant le cap des cinq ans…

 

Que dire, enfin, des néophytes de l’entrepreneuriat. Celles et ceux qui ont eu le courage, le mental et cette volonté de faire face au contexte difficile en créant leur propre unité de production après parfois un parcours erratique, ponctué de licenciements secs et de chômage long. Ils ne surfent pas sur la béatitude ni l’aisance pour accomplir leurs missions : apporter de la valeur ajoutée à leur territoire en y développant de l’emploi.

Aujourd’hui, le couperet tombe dans la continuité de ce qui a été écrit auparavant : quatre jeunes entreprises sur dix ne dépassent pas le delta temporel des cinq ans. Entraînant, au-delà de ces échecs, de la frustration, de la fragilité, de l’incompréhension, de l’isolement, de la déprime. Voire plus grave encore…

Au plan catégoriel, ils et elles qui représentent injustement les maillons faibles de notre économie parce que finalement peu soutenus par les pouvoirs publics sont issus de l’artisanat, de l’hôtellerie-restauration, du commerce, des services, de la logistique…

Quant au positionnement géographique où cet état de fait se vit à plein régime, on le retrouve dans les Hauts-de-France, la Bretagne, la Normandie et…une fois encore en Bourgogne Franche-Comté, une région devenue très sensible pour le développement économique ayant connu une nette régression au cours de ces dernières années ainsi qu’une baisse de sa démographie.

Il est de bon ton aujourd’hui de vouloir parler d’attractivité à tout crin sur notre territoire, et cela est fort louable que de vouloir accueillir de nouvelles entreprises sur notre sol. Gageons simplement à ne pas oublier celles qui existent déjà et dont l’avenir est menacé définitivement de disparition…

 

Thierry BRET

 

 

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