Terrorisme : l’Occident ne doit pas être naïf…

Il ne suffit pas de couper une branche à un arbre pour qu’il meure. Il serait illusoire de croire que le suicide explosif du chef historique de l’Etat islamique signifie le moins du monde le terme de ce combat des forces obscurantistes contre le reste de la planète.

L’Occident serait-il devenu si crédule de croire que la mort de l’une des éminences grises du mouvement terroriste international tire un trait définitif sur les luttes menées depuis plus d’une décennie par cette conspiration de l’impossible ?

On peut espérer le contraire ! Sinon, il en va à coup sûr de notre survivance, de la défense de nos libertés, de nos désirs de vivre dans un univers libre et non soumis au diktat d’une poignée de fanatiques.

Il est très surprenant d’observer combien sont naïves les multiples interrogations des journalistes de la presse nationale, à forte connotation parisianiste, envers les spécialistes, exégètes sur le sujet.

Comment ces fins limiers de l’observation sociologique et de l’actualité qui nous ont habitué à mieux peuvent-ils oser espérer même dans leurs vœux les plus chers que le décès brutal du « calife » Al-BAGHDADI puisse mettre à bas un terreau d’idéologies obscures qui a eu le temps de se ramifier aux quatre coins du globe ?

C’est mal connaître la question, visiblement. Oui, cela suppose faire preuve d’un cruel manque de connaissances et de discernement. Il est vrai qu’il est de bon ton désormais dans les talk-shows de cette presse en continue de proposer la contradiction à tout moment là où il n’y aurait besoin in fine que d’un simple éclaircissement informatif, au lieu de surfer de surcroît sur le prisme du buzz à outrance.

On est très loin de l’information mûrement travaillée, réfléchie et vérifiée que nos glorieux aînés de la parole et de la plume ont su développer avec maestria au fil du temps où journalisme et splendeur allaient de pair…

Pour autant, la plupart des orateurs réunis sur les plateaux médiatiques ont eu des réponses convergentes et non dénuées d’intérêt sur cette question sans fondement qui brûlait les lèvres. Non, la fin de vie de la tête pensante originelle du réseau terroriste ne change pas la donne. En aucun.

 

L’extrême prudence des chefs de l’Etat occidentaux…

 

De même, la plupart des hommes politiques s’étant exprimés à propos de cette nouvelle se sont confortés dans cette position. Même si de facto, le suicide du leader terroriste frappe les esprits après des années de traque inéluctable entre Syrie et Irak de la part des forces spéciales américaines.

Les Russes ont eu beau ironisé sur la véracité des informations – elles ont été confirmées depuis par les responsables de l’Etat islamique eux-mêmes ce vendredi -, ce sont une fois de plus les Américains qui se sont coltinés le sale travail pour aller débusquer le fuyard tapi avec ses enfants au fond de sa tanière.

Avec, ironie du sort en pareille circonstance, la précieuse aide des forces Kurdes, abandonnées à leur triste sort par ces mêmes Américains et Occidentaux il y a quelques jours à peine, à la suite de l’invasion des Turcs sur leur territoire.

Complexité tragi-comique de la géopolitique moderne où les alliances et les renversements de complaisance se monnaient au jour le jour, selon les appétences du moment et la versatilité des uns et des autres !

Le président de la République Emmanuel MACRON s’est contenté de commenter avec sobriété la connaissance de cette information. Sans triomphalisme vengeur au vu de ce que les guerriers du califat nous ont déjà fait subir dans un passé récent. D’ailleurs, le chef de l’Etat ne devait-il pas exhorter ses concitoyens à faire montre d’extrême prudence en les sollicitant à prévenir tout risque d’attentats sous le sceau inexpugnable de la vigilance ?

 

La vigilance, comme règle d’or pour les années qui viennent…

 

Côté commentaires, il n’en aura pas été de même de son homologue d’Outre-Atlantique qui s’est permis, comme à l’accoutumée, quelques écarts de style et de langage dans la manière de présenter les faits.

On ne change pas la formule qui a fait la popularité confortable du président des Etats-Unis dans son propre pays ! Ce dernier a vécu l’ultime assaut des forces spéciales américaines comme une grande production hollywoodienne à laquelle il aurait assisté en direct avec son état-major.

Seul, on le sait, ne compte que le résultat, pourrait-on dire en résumé de cette nouvelle péripétie contre le terrorisme.

Dès lors, une interrogation cruciale se pose, au-delà de ce fait d’armes. Doit-on craindre de réelles représailles en Occident en signe de vengeance ?

Quel sera l’attitude des nouveaux chefs de cette guerre vivant avec des mentalités quasi séculaires qui opposent deux pensées diamétralement en divergence sur la planète ?

Personne, pas même les experts de ce dossier touffu et tentaculaire n’osent envisager de quelconques pistes de réflexion.

La période de vigilance devrait prendre racine un long moment encore dans les nations dites civilisées afin de contrecarrer par tous les moyens les initiatives belliqueuses de ces terroristes…

Thierry BRET

 

      

Bannière droite accueil
Bannière footer