Commerce : Donald TRUMP en fait tout un fromage…

Rétorsion. C’est le premier mot qui vient à l’esprit pour qualifier la nouvelle trouvaille éminemment sympathique voulue par le pensionnaire de la Maison Blanche en matière de commerce international.

D’ailleurs, Donald TRUMP aurait tort de s’en priver : il a reçu la bénédiction urbi et orbi, non pas agrémentée d’une bulle papale, mais de la lettre faisant office de sésame béni des dieux de l’OMC. Soit l’organisme planétaire qui régente les échanges internationaux pour pouvoir le faire !

En matière d’hypocrisie et d’ingérence, on ne fait pas mieux visiblement pour brouiller les cartes et pour que les choses s’améliorent entre les nations !

Pratiquer la règle de la surtaxe à grands coups de surenchères vindicatives n’est pas très élégant. Une qualité que l’élu Républicain ne possède guère en pareilles circonstances ; celles qui se rapportent à la guerre économique à laquelle il aime se livrer tel un adolescent belliqueux privé de son jouet préféré contre la Terre entière.

Au-delà de cette déclaration tonique, largement relayée par Twitter et les réseaux sociaux, plusieurs choses vont assombrir une fois de plus le paysage économique, déjà en totale capilotade, qui pouvait se passer de cela.

Ces mesures de rétorsion, car il faut les nommer ainsi, s’appliqueront à des produits français de qualité mondiale, ceux qui nous ont permis de bâtir notre solide notoriété du bien-vivre et du bien-manger aux quatre coins du globe. Evidemment, les Américains veulent nous titiller là où cela fait le plus mal ; à savoir sur nos référents culinaires, le vin et le fromage.

Ajouter des taxes aux taxes n’y changera peut-être rien. Mais, ce nouveau combat des chefs risquent comme à l’accoutumée de faire des victimes auprès des viticulteurs et des éleveurs français. Or, le contexte peu enclin aux réjouissances n’est guère favorable pour supporter les sautes d’humeur d’une diva contradictoire qui ne prend fait et cause que pour les intérêts de son pays.

 

Un protectionnisme qui comporte de vraies dérives…

  

Le protectionnisme à tout crin a bon dos : à trop le pratiquer, on commet parfois l’irréversible. Prenons un exemple tout simple.

Depuis la libération de l’Europe du joug des nazis et l’application du fameux plan de redressement de nos économies, le Plan Marshall, le Vieux monde à l’instar de 90 % de la planète ne consomme, ne raisonne, ne pense, ne vit que sur la droite ligne imposée par les Etats-Unis d’Amérique.

On a fait mieux en termes de liberté et de respect des autres peuples, convenez-en ! On le constate de jour en jour dans des dossiers cruciaux où la pression américaine est telle qu’elle est en train de mettre à mal tous les accords multilatéraux existants, les relations internationales qui se délitent, voire les dangers d’un interventionnisme débridé flirtant avec les limites de la décence et potentiellement dangereuses pour la paix.

L’Iran en est l’un des exemples les plus aboutis même si le pays des Mollahs est loin d’être un modèle de vertu. Mais, on pourrait y ajouter aussi les privations vécues par les Russes, certains pays d’Amérique du sud et des Caraïbes, puisque même Cuba se repositionne de nouveau dans l’œil du cyclone. Et celui-ci a des effets beaucoup plus néfastes que le triste Dorian qui a ravagé les Bahamas le mois dernier…

 

Et l’Europe dans tout cela ?

 

Le Vieux continent ne représente pas tripette aux yeux embués de dollars du président américain. Lui, en véritable chef de guerre économique qu’il a toujours été (bien avant même d’avoir prêté serment sur la Bible et au nom de Dieu sur le perron de la Maison Blanche), n’a qu’une seule et unique idée en tête dans ce conflit de l’ère moderne : contrecarrer les plans de la Chine, l’éternelle rivale. Et surtout, l’abattre.

A ce propos, ce conflit latent qui ne cesse de croître avec Pékin commence à faire bouger l’ex-Empire du Milieu qui somnolait depuis la perte de Mao Tsé Dong. La récente parade militaire, place Tien An Men, commémorant les soixante-dix printemps de la céleste nation, en dit long sur les frémissements de Xi JIPING à vouloir montrer les crocs. 15 000 militaires, des centaines de chars d’assaut et même des ogives nucléaires ont été livrés en spectacle aux yeux de tous, dans ce grand Barnum qu’est le cirque étatique.

Nous autres, Européens et Français, sommes bien loin de ces considérations. On nous attaque à un autre échelon sur ces produits phares de notre rayonnement international. Même si les fromages visés par ces futures taxes concernent uniquement les pâtes cuites !

Peut-être, pourrions-nous, riposter ! Comment ? Très simple, en surtaxant à notre tour tout ce qui provient des Etats-Unis d’Amérique, et qui fait les choux gras des entreprises made in USA si envahissantes et expansionnistes à travers le monde…Lequel des deux pays, entre les Etats-Unis et la France, y perdraient le plus ?

Thierry BRET

 

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