BREXIT : le syndrome de BRUTUS menace Boris JOHNSON…

 « Toi aussi, mon fils… ». Expirant son ultime souffle sur le parvis du Sénat romain, Jules CESAR, à l’agonie, aurait proféré ces célèbres mots à l’attention de sa progéniture, le fils prodigue, Brutus. Ce dernier venait de commettre un acte odieux incrusté dans le marbre : un parricide en lardant de multiples coups de poignard son tribun et empereur de père aux yeux de tous.

La métaphore est quasi comparable à cet incroyable capharnaüm dans lequel est englué depuis trois ans déjà le Royaume-Uni. Un pays qui n’en finit pas de s’écrouler sur lui-même au niveau de ses institutions.

Le BREXIT, par ses conséquences inéluctables, est d’ailleurs bien pire que les coups de couteaux mortels assénés par le fils de l’empereur de Rome à l’auguste patriarche. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’une ligne anecdotique dans les livres d’histoire.

A contrario, ce long et difficile divorce avec l’Europe laissera des traces indélébiles et pour longtemps parmi toutes les strates de société britannique qui éprouvera de réelles difficultés à le digérer.

 

Le château de cartes s’écroule…

 

D’autant que cette semaine aura été grandiloquente de l’autre côté du Channel. Un mélodrame que le poète-écrivain SHAKESPEARE n’aurait pas rogné côté inspiration.

La trahison du propre frère du Premier ministre, Boris JOHNSON, mâtinée de son imprévisible revers à la chambre des communes pour faire passer en force le principe d’élections législatives anticipées ont accentué le démantèlement de cet édifice politique, devenu un branlant château de cartes.

Perdant sa courte majorité sans crier gare, avant de subir le camouflet de son frère, Jo, qui a quitté sine die le gouvernement où il officiait en bonne place, Boris JOHNSON se retrouve gros Jean comme devant. C’est-à-dire plus seul que jamais avec une opposition qui se renforce au gré des minutes qui s’égrènent. Et un discrédit qui le plonge vers les limbes de sombres terrains mouvants.

La reine Elisabeth II, dans sa tour d’ivoire de Buckingham, avait pourtant soutenu du bout de ses royales lèvres, l’initiative frondeuse du turbulent premier ministre. Celle de proclamer à la vitesse éclair la suspension du Parlement jusqu’au 14 octobre. Afin de clouer aux piloris toutes initiatives qui auraient pu être interprétées comme une quelconque forme d’opposition à ses désirs.

Oui mais voilà, c’était sans compter sur les adversaires pugnaces du bouillonnant ancien maire de Londres. Voire celles et ceux de son camp de prédilection qui lui ont fait volte-face, façon virage à 360°, à la surprise quasi générale.

 

Une gabegie à tous les étages des institutions…

 

La Perfide Albion porte-t-elle bien sa cocasse appellation ? En tous les cas, le Premier ministre qui n’est pas apparenté dans la caste des perdreaux de l’année, en a fait l’amer constat. Il doit désormais se sortir seul de cette mer des Sargasse qui incontestablement lui a fait prendre conscience des travers habituels du jeu politique. Avant qu’ils ne l’engloutissent. Amours et trahisons : c’est ce qu’écrivait en d’autres temps immémoriaux et avec brillance le célèbre William S.  

Le coup de grâce dans ce foutras aujourd’hui fatal au pensionnaire du 10 Downing Street pourrait être définitivement porté par la « vengeresse » Ecosse. Cette dernière a ouvertement menacé par la voix de son premier ministre Nicola STURGEON, de proclamer l’indépendance de son territoire, en cas de sortie de l’Europe ! La dirigeante, à la tête de l’état à l’emblématique armoirie (le chardon) ne s’en laisse pas compter des vicissitudes répétitives de Londres.

Quant au cas de l’Irlande du Nord, il est très loin d’être réglé : les affres de la reprise de la lutte armée commencent déjà à poindre le bout de leur nez. Créant déjà des suspicions perceptibles à Belfast.

L’Europe, de son côté, n’a guère réagi aux derniers épisodes tragi-comiques de cette saga digne de la famille EWING dans l’insupportable feuilleton américain « Dallas ».

Une chose s’avère exacte malgré cet épais brouillard dont ne s’accommodent plus nos voisins britanniques. Depuis désormais trois ans, la Grande-Bretagne vit une véritable gabegie à tous les niveaux de ses rouages politiques.

La dépréciation monétaire s’accentue de jour en jour tandis que les investisseurs fuient la terre insulaire pour se réfugier vers des contrées plus sereines et moins incertaines dans leur mode opératoire. Un cas d’école qui est devenu profitable à Paris et aux autres capitales du continent. Le malheur des uns…on connaît la sempiternelle formule.

Mais, vu de Londres, le BREXIT et tout ce qui en découle depuis ces dernières années, ressemblent à s’y méprendre à un « Waterloo morne plaine » insondable. Comme dans l’excellent film : « une Histoire sans fin ».

Thierry BRET

 

   

 

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