Une grève en cache toujours une autre !

Pauvre de nous ! Même dans la période dite de trêve estivale, le mot « grève » flirte encore avec les gros titres de l’actualité. Et nous ne sommes peut-être pas au bout de nos surprises. Tant le climat social est devenu délétère. Le grand rush de l’été s’amorce à peine dans l’Hexagone : que déjà, il pourrait être entaché comme d’habitude de nouvelles revendications sociales décidées en dernière minute. Ce qui aurait pour conséquence immédiate d’immobiliser un peu plus les transports ferroviaires et aériens au moment des départs. Franchement, ils n’ont pas besoin de cela. Tant la cohue va être insupportable et exponentielle dans les gares et aéroports ces prochains jours…

Curieusement, aucun préavis de grève ne se profile du côté des pilotes et du personnel d’Air France. Pourtant, adeptes attitrés de cette coutume estivale qui fleure bon avec notre savoir-faire et le respect que nous accordons aux millions de touristes étrangers qui choisissent cette période charnière de l’année pour fréquenter la première destination mondiale.

Toutefois, ne nous réjouissons pas trop vite ! Une subite poussée d’adrénaline est si vite arrivée dans nos contrées impulsives. Certains y ont perdu leur calme au cours des années précédentes en voulant voyager de manière intelligente sans trop connaître les affres de ces conflits à connotation répétitive.

Il est vrai que la saison qui s’achève n’aura pas été de tout repos pour celles et ceux qui aiment emprunter les chemins de traverse en quête d’une oasis salvatrice. Et qui privilégient, dans un souci éco-citoyen, les transports collectifs pour y parvenir.

SNCF, RATP, compagnies d’autocaristes, avions, lignes maritimes…rares sont les instants féconds de bonheur où l’un de ces modes de transport en commun ne laisse sur la brèche des passagers déboussolés. 

Quant aux automobilistes, ils n’ont qu’à bien se tenir. La saison écoulée ne leur aura pas été très favorable. Bon nombre de ronds-points et autres intersections furent occupés par une vindicte populaire aux couleurs revendicatrices qui rappelaient l’éclosion des boutons d’or au milieu des prés !

Mais, le mouvement des « Gilets jaunes » n’a rien de bucolique comme chacun aura pu le constater au fil de ces pérégrinations récurrentes qui, aujourd’hui, n’intéressent guère de monde. Y compris chez les manifestants de la première heure qui s’en sont retournés sagement dans leurs pénates. Vaquant à d’autres occupations plus constructives.

La grève surprise de cette fin de saison, déjà parsemée d’embûches, nous est venue, une fois n’est pas coutume, des enseignants. D’ordinaire, cette caste très atypique du modèle professionnel français se manifeste plutôt aux premiers jours de la rentrée. Il est vrai que leurs représentants peinent parfois à avaler les couleuvres de nouvelles directives pondues à la hâte durant l’été dans les bureaux climatisés d’un ministère qui veut se poser en fin stratège de la réforme.

Mais, dans le cas présent, les grévistes de l’Education nationale, une petite poignée d’irréductibles « Gaulois », ont fait très fort ! Ils ont bloqué tout un système de notation à l’instant crucial où des milliers de jeunes gens jouent leur va-tout scolaire, voire leur future orientation, suspendus à l’obtention du baccalauréat. Ce sésame obligatoire leur permettant d’envisager la suite de leur cursus et de leur ouvrir certaines portes.

Ces farouches contradicteurs de la réforme pédagogique mise en place par Jean-Michel BLANQUER prennent-ils, en revanche, réellement conscience de la portée de leurs actes en agissant de la sorte ?

Comme bon nombre d’examens, le baccalauréat reste la pierre angulaire de la construction éducative de notre jeunesse. Même si son importance est galvaudée depuis tant d’années.

Néanmoins, devant un tel enjeu, on imagine aisément les tensions vécues par les élèves, sans compter le stress subi par la sphère familiale, qui ne méritaient pas cela.

Ce 1 % contestataire du corps enseignant a peut-être d’autres moyens pour faire pression sur le ministère afin de faire entendre sa voix. Sans prendre, une fois de plus, élèves, parents et enseignants (une très large majorité d’entre eux) en perpétuels otages. Une pratique dont on aime user et abuser à satiété dans le pays des Droits de l’homme et de la liberté d’expression !

D’ailleurs, un peu d’exemplarité ferait le plus grand bien dans cette société qui se perd dans les conjectures du refus à tout va. Y compris de la part de ces professionnels qui enseignent la pédagogie à plus jeunes qu’eux…

Enfin, ultime pirouette pour clore le nouveau feuilleton social de cet été qui se présente à nous : évoquons le personnel des services sanitaires des gares ferroviaires de Paris. Celui-ci vient de se mettre en grève de façon intempestive. Comme de bien entendu,  en choisissant encore une fois les dates les plus névralgiques du calendrier !

Alors qu’il est nécessaire pour acheter simplement un titre de transport ferroviaire de patienter plusieurs heures debout et dans l’inconfort des files d’attente qui rappellent les jours sombres du rationnement alimentaire de certains pays.

Est-ce bien raisonnable de ne pas avoir accès aux toilettes dans ces moments déjà si délicats à appréhender ? Ayons donc une pensée solidaire pour toutes ces personnes (enfants, seniors, mamans…) qui éprouveront de sérieuses difficultés à satisfaire leurs besoins en pareilles circonstances…   

Moyennant quoi, avant de voyager en France par le biais des transports collectifs, il est donc urgent de prendre ses précautions !

Thierry BRET

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