Réinventer le commerce de proximité, une obligation…

« Vivre ou survivre », chantait Daniel BALAVOINE en son temps. Le seuil critique, vécu par les commerçants de centre-ville, est tel qu’il n’y a pas d’autres alternatives aujourd’hui que celle-ci. Les professionnels du commerce, dit de proximité, doivent repenser leur mode opératoire face aux croquemitaines que sont les poids lourds du e-commerce mondial.

Le phénomène ne date pas d’hier, malheureusement. Mais, qu’ont-ils fait réellement pour valoriser leurs boutiques, les rendre plus accueillantes et disponibles en accessibilité horaire, afin d’impulser une attractivité qui leur soit favorable ?

C’est aujourd’hui la cause que défend la structure associative « Centre-Ville en Mouvement ». Composée d’élus locaux, cette dernière veut réinventer le cœur de certaines agglomérations, en déliquescence avec la pratique effective du commerce. En leur suggérant une forme de résistance active face à l’envahisseur numérique, identifié par le e-commerce. Lui qui ne cesse de gagner en parts de marché depuis des années.

Prenons l’exemple de ces villes moyennes de province. Celles qui accueillent de 30 à 50 000 habitants. Combien sont-elles à disposer d’un commerce florissant en leurs murs ? Ou d’une offre éclectique qui puisse répondre aux véritables attentes des consommateurs avides de curiosité ?

Très peu, en vérité. Coincés entre les franchises au format aseptisé et convenu, ou aux ténors de la grande distribution qui dévorent tout sur leur passage, les indépendants éprouvent une extrême difficulté à subsister de manière honorable. Quand ils ne sont pas condamnés à baisser la grille de leurs vitrines définitivement. Car, ils ne peuvent plus supporter le poids des charges et de la fiscalité.

Pourquoi en sommes-nous arrivés à cette pitoyable situation dans l’Hexagone ? La réponse nous est fournie par le président de « Centre-Ville en Mouvement », le député de la neuvième circonscription de l’Hérault Patrick VIGNAL.

« C’est un vrai paradoxe puisque 95 % des Français aiment leur cœur de ville, explique-t-il, mais nous payons là les inepties de quarante ans d’erreurs politiques dans l’aménagement des centres urbains… ».

Et de facto, d’un laissé aller manifeste envers le devenir des petits commerces. Le candidat à la prochaine municipale de Montpellier, dont il est un des conseillers, entend inverser la physionomie des choses. Avec le concours de ses cent-vingt coreligionnaires. Des élus locaux qui comme lui ont adhéré à l’association. De fait, le dirigeant politique se donne une décade pour gommer les errances de moult gouvernements. Un défi plutôt délicat mais pas inaccessible…

Dès lors, il prêche la bonne parole parmi les élus et les commerçants qui souhaiteraient donner un autre avenir à leur carrière. Il multiplie les conférences et les contacts sous la forme de réunions publiques. Afin d’y distiller un certain nombre de préconisations. Mais, aussi y accueillir de précieux témoignages sur la véracité de ce qu’endure cette filière économique livrée à elle-même et, parfois à l’abandon pour certains.

Repenser le commerce de proximité passe par l’adoption d’une autre vision de l’aménagement de l’hyper centre. Où on y engloberait divers paramètres que Patrick VIGNAL égrène au fil de ses interventions.

La sécurité représente l’un des axes prioritaires. Au même titre que l’accessibilité pour tous, seniors et personnes en situation de mobilité réduite. Mais aussi, la réhabilitation des logements. On l’aura compris : le commerce de proximité ne peut renaître de ses cendres que si et seulement si s’amorce une appétence totale de la population à vouloir se réapproprier le cœur de ville. Non pas en le fréquentant de manière erratique si le besoin consumériste s’en fait ressentir, mais bel et bien en s’y installant de nouveau dans des appartements salubres, fonctionnels et conformes à l’idée que l’on se fait de l’habitat moderne.

Il existe aujourd’hui en France plus de quatre millions de logements inaptes à accueillir des occupants. Ils sont désertés de potentiels candidats à la location. Trois cent mille de ces appartements insalubres se situent précisément juste au-dessus d’un commerce ! Une corrélation négative qui impacte nécessairement toute velléité de vouloir s’y installer.

Stratège, Patrick VIGNAL offre parmi son panel de propositions un inventaire clair et détaillé de ce qu’il serait nécessaire de réaliser pour que toutes les conditions favorables à la renaissance du commerce de proximité soient enfin réunies.

Pêle-mêle, il cite l’arrêt des autorisations d’ouverture faites aux centres commerciaux, le retour des services publics au centre-ville, la chasse menée contre les marchands de sommeil, la volonté d’aménager le territoire et de le rendre attractif, l’allègement des normes de construction, moins de rigidité de la part des Bâtiments de France dans leurs décisions.

Quant à l’adoption d’une fiscalité incitative et adaptée à la dynamique du centre-ville, il serait souhaitable qu’elle soit enfin promulguée. A l’instar d’une politique environnementale qui insisterait aussi sur les vertus de la propreté dans les villes.

Bref, autant d’éléments de réponse et de préconisations judicieuses qui pourraient s’ils étaient appliqués remettre le commerce de proximité dans le sens du vent. Un zéphyr du renouveau soufflant fortement sur ce pan de l’économie qu’il faut soutenir…

Thierry BRET

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