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Sexisme au travail : les jeunes n’ignorent plus la réalité…

Sujet délicat et fort complexe que celui-ci. Empli de non-dits et de chausse-trappes. Mais aussi de sous-entendus. De faits troublants dont il est impératif de cacher l’existence. Pour que n’éclate jamais la vérité. Le sexisme au travail reste un thème tabou qui est à proscrire de toutes les conversations bien-pensantes par son côté nauséeux et indigeste.

Nonobstant, les étudiants du lycée hôtelier Vauban à Auxerre n’ont pas hésité à prendre sur eux, parfois avec une émotivité à fleur de peau, pour en expliquer les affres et l’inconstance, avec des exemples saugrenus à l’appui.

Oui, on peut le confirmer sans ambages : le sexisme s’insinue aussi à l’école bien plus qu’il n’y paraît. Qu’il soit vécu tapi dans l’ombre d’un établissement de l’enseignement secondaire ou strictement cantonné à la connaissance de quelques-uns dans un centre de formation.

Dans le cas présent, le pari était audacieux. Peu commun, à dire vrai. Mais, au final, il a été réussi. Car, évoquer sans fard et artifice le sexisme au travail, et par effet gigogne, dans le vase clos du système éducatif national requiert une sacrée dose de courage, de volontarisme et d’introspection.

C’est un peu comme si on balayait devant sa propre porte. En faisant montre de beaucoup de discernement  sur des faits et gestes qui pourraient survenir un jour au détour d’une alcôve discrète d’un bâtiment ou dans le recoin d’une cour de récréation.

Certes, on le savait précurseur sur bon nombre d’items et d’initiatives pédagogiques, menant à l’exercice de professions nobles dans le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, voire de la petite enfance. Mais, là, un cap supplémentaire a été franchi en cette journée du jeudi 09 mai pour le lycée hôtelier auxerrois, apporteur de réflexions pertinentes et de prise de conscience.

Théâtraliser une mise en scène avec l’appui des élèves pour narrer les déconvenues et déceptions de jeunes gens rattrapés par cette vision si particulière, mais malheureusement tangible du monde professionnel, ne peut qu’interpeller et surprendre les observateurs. Le sexisme s’est invité là où on ne l’attendait pas : dans un lycée au beau milieu d’une salle de classe.

Primo, il y eut le constat face à ce phénomène qui s’amplifie et concerne presque toutes les générations. Quelques chiffres, tout d’abord, pour apporter de l’eau au moulin de la réflexion. 84 % des femmes font l’objet de remarques désobligeantes dans leur sphère professionnelle. 59 % se sentent exclues au sein de leur entreprise. 46 % se disent sous-estimées dans leur job. Les raisons à cela: le sexisme qu’elles subissent à longueur de journée…

Les statistiques parlent d’elles-mêmes. Officielles, elles résultent d’une enquête d’opinion réalisée en 2014 par le Haut Conseil de l’Egalité en France. Cette structure nationale analyse et prévient sur les phénomènes comportementaux de la société. Il est certain, après une telle énumération, que la problématique du sexisme affecte nos entreprises et notre pays. D’autant que ces chiffres peuvent paraître aujourd’hui obsolètes : ils ont pu encore évoluer à la hausse en cinq ans.

Quand on décortique ce sondage au niveau des corporatismes, des éléments troublants apparaissent. Certaines filières professionnelles sont nettement plus friandes que d’autres à la pratique de ces actes de harcèlement.  

Ainsi, le commerce et l’artisanat, où 20 % des salariées se disent victimes de sexisme au quotidien, caracolent en tête de hit-parade de mauvais aloi. Tandis que l’industrie ne concerne que 19 % d’entre elles, devant, curieusement, un domaine plutôt discret, celui de l’univers pharmaceutique (15 %).

Revenons à nos brillants pourfendeurs de ces odieuses pratiques ! Ces étudiants des sections BTS STHR du lycée Vauban qui ont travaillé avec sérieux et minutie leur sujet. Pour illustrer leurs propos, ils ont choisi dans le cadre de leur animation un secteur bien particulier pour introduire une table ronde autour de professionnels : leur domaine de prédilection.

Car, à l’instar de la santé, de l’éducation ou encore de la communication, la filière de l’hôtellerie/restauration représente 11 % de ces témoignages qui montrent les vicissitudes douloureuses vécues par ces victimes du sexisme.

Là-aussi, le bilan est éloquent. Rabaissées au titre de faire-valoir derrière les fourneaux, les jeunes filles essuient le plus souvent les quolibets tendancieux de mâles qui s’imaginent à leur suprématie virile à grand renfort de blagues lourdes et de très mauvais goût.

D’ailleurs, l’intervention pertinente, auréolée de ce clin d’œil un tantinet ironique du jeune Maxime, devait faire réagir (c’était l’objectif) l’assistance : pourquoi les ustensiles de cuisine possèdent des appellations féminines à connotation sexiste ? Et de citer dans le plus grand silence d’un auditoire à l’écoute : le terme de « sauteuse » pour désigner une simple casserole…Sur ce même registre, devait-il renchérir, pourquoi parle-t-on de « robe » pour évoquer la couleur d’un cru contenu dans un verre ?

Le comble de ces petits désagréments sexistes, à base de sémantique, qui touche le milieu de la viticulture se décline aussi dans la contenance des boissons. On parle en effet de jéroboam pour qualifier des bouteilles d’une capacité de cinq litres. Ce qui, manifestement caractérise, cet imposant récipient.

Mais, ne parle-t-on pas à titre comparatif et peut-être discriminatoire de « demoiselle » pour une bouteille de 62 centilitres et de « fillette » dans le cas d’un contenant de 37,5 centilitres ?

Décidément : l’homme reste un éternel incorrigible dans les formules locutrices qu’il emploie pour désigner les choses. A la manière de Monsieur Jourdain qui pratiquait l’art de la prose sans même le savoir, le sexisme nous envahit dans notre ordinaire sans que cela ne gêne le moins du monde notre société bienveillante. 

Puissent les consciences se révolter enfin et dénoncer ouvertement ces différences abjectes qui n’ont plus lieu d’être dans un monde dit civilisé. En quoi, l’excellente initiative du lycée Vauban, aidé du Cercle Condorcet et de l’association FETE (Femme Egalité Emploi) était vertueuse…et ô combien nécessaire. Pour éradiquer ce fléau indicible dont sont victimes des millions de femmes…

Thierry BRET

   

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Dernière modification le samedi, 11 mai 2019 11:38

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