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La rhétorique présidentielle : inflexibilité et pédagogie…

Convaincre. En faisant montre d’explications affinées et pragmatiques. Pour que le plus grand nombre des écoutants comprennent. Mais, sans lâcher de lest. Le cap se présente devant nous : indubitablement, il faudra le tenir, vaille que vaille et sans atermoiements. Mardi en fin de matinée, au Palais de l’Elysée, le président de la République s’est contorsionné à ne pas enfreindre la règle stricte qu’il s’est imposée à lui-même.

Ce fut un exercice de communication à grand renfort de pédagogie, encore et encore. Il a martelé avec sa vision fataliste des choses, statistiques à l’appui, de ce qu’il adviendra de notre planète. De cela, tout le monde en convient aujourd’hui parmi les strates hétéroclites de notre société.

Néanmoins, durant plus de soixante minutes, la logorrhée présidentielle s’est bornée à ne considérer la seule transition écologique comme un unique champ d’intervention prioritaire à son discours. Ignorant ou presque les véritables questions sociétales qui sont posées depuis bientôt un mois par les réfractaires à cette écologie punitive et résolument fiscale.

Or, à l’issue de ce long plaidoyer à la juste cause environnementale, une interrogation, lourde de conséquence, subsistait dans les esprits. Les propos élyséens arriveraient-ils à désamorcer la fronde populaire qui perdure sournoisement au fil des semaines à travers le pays ?

A peine la prestation du président de la République terminée, la réponse abondait déjà sur toutes les lèvres des observateurs. C’était un « non » catégorique.

Pire encore, alors que la légitimité des « Gilets jaunes » s’était quelque peu émoussée quant à leur crédit de sérieux après les ardeurs trop véhémentes d’une poignée d’entre eux, agrégés aux sempiternelles manœuvres des casseurs sur les Champs-Elysées, le taux de sympathie envers ce mouvement contestataire repartait de plus belle à la hausse. En recueillant les faveurs de 84 % de nos compatriotes dès le lendemain de l’explication de texte, pourtant attendue du chef de l’Etat.

Pratiquant la docte professorale avec gourmandise, Emmanuel MACRON a, en revanche, parfaitement maîtrisé son sujet. Sans doute avec trop d’arguties technocratiques et marketing lorsqu’il devait évoquer les complexités de l’équilibre stratégique entre le « mix » des énergies fossiles et celui des énergies renouvelables. Du pain béni pour les opérateurs historiques et les industriels de ces filières où se créeront demain, il est vrai, des milliers d’emplois qualifiés et compétitifs favorables à notre essor de productivité. D’ailleurs, ceci n’est pas discutable devant la positivité de l’information.

Ainsi, le nucléaire dont les chances d’être pérennisées étaient en sursis depuis plusieurs mois figure plus que jamais comme la solution idoine. Et ce malgré la fermeture annoncée de quatorze sites devenus progressivement passéistes du fait de leur obsolescence  programmée…

Non seulement, les délais opératoires ont été rallongés dans le temps. Ce qui, en soi, n’est pas une si mauvaise affaire pour le pays, grâce au poids économique induit et surtout au développement de nouvelles compétences en termes d’employabilité et d’exportation d’un savoir-faire technologique reconnu par tous.

A contrario, la conviction de la gouvernance semble s’amoindrir dès que l’on aborde le renouvellement du parc automobile en optimisant vers le seul segment des véhicules électriques. Et celui du choix de la mobilité écologique !

La loi d’orientation des mobilités devrait bientôt en affiner les contours pratiques. L’arithmétique présidentielle est plutôt liminaire à ce propos. Désormais, les Français sont invités à consommer moins d’énergie (jusque-là, quoi de plus naturel et sociétal), tout en se déplaçant en parfaite liberté.

Le cap de cette transition, puisque la terminologie demeure centrale dans la feuille de route du leader de LREM, est posé. Il suffit de s’y conformer. Du moins sur cet aspect réducteur d’un dossier qui est nettement plus global dans la réalité.

Au-delà des hausses constantes appliquées au coût des carburants et de ses taxes connexes, qui ne bénéficieront pas d’ailleurs d’une baisse rétroactive au moment des fêtes de Noël, que vont retenir finalement ces fameux « Gilets jaunes » du discours présidentiel ? Mais aussi par ricochet, l’ensemble de l’opinion publique de ces explications professorales ?

En matière de mobilité énergétique, les seules solutions préconisées reposent sur le développement du covoiturage à outrance, l’utilisation massive des transports en commun ou l’avènement des deux roues, via le réseau de pistes cyclables !

Facile à dire, en vérité, lorsque l’on est un habitant d’une grande métropole ou d’une zone urbaine bien pourvue en équipements et en service public. Mais, la formule n’a rien de magique et demeure quasi impossible à vivre quand on est installé au cœur des territoires ruraux !

Enfin, parmi les autres mesures prégnantes : il y a la présence d’un Haut Conseil pour l’action climatique qui regroupe des sommités de l’environnement. Ses comités territoriaux tâteront le pouls des citoyens pendant une période probatoire de trois mois afin de leur apporter, dixit Emmanuel MACRON, « de vraies informations sur la transformation énergétique de notre société ». Un émiettement supplémentaire avec l’existence de nouvelles structures formelles qui risque une fois de plus de complexifier le dossier.

Satisfait de ses effets d’annonce, le président de la République ne change pas d’un iota et demeure inflexible à toute variation de son programme.

Même s’il met à l’encan la « colère légitime » du peuple français parmi ses priorités. Il n’aura cessé de répéter qu’il comprend les doléances revendicatives de ses concitoyens. Mais, une chose est sûre : il ne les entend pas…

Thierry BRET

        

        

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Dernière modification le samedi, 01 décembre 2018 16:34

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