Exit le thermique en 2035 : la filière auto va dans le décor !

« Le virage du « tout » électrique en 2035 pris par le Parlement européen s’avère très dangereux pour les emplois en France de la filière automobile. Selon « PFA », 100 000 postes seraient menacés avec peu d’espoirs de pouvoir rebondir. Comme chez l’un des sous-traitants de l’Yonne, BENTELER à Migennes affecté par la crise industrielle… ». « Le virage du « tout » électrique en 2035 pris par le Parlement européen s’avère très dangereux pour les emplois en France de la filière automobile. Selon « PFA », 100 000 postes seraient menacés avec peu d’espoirs de pouvoir rebondir. Comme chez l’un des sous-traitants de l’Yonne, BENTELER à Migennes affecté par la crise industrielle… ». Crédit Photos : Thierry BRET et D.R.

On n’a pas fini d’additionner le nombre de chômeurs, issus de la filière de l’automobile, sur le Vieux continent. Surtout après le virage catégorique qui a été pris il y a quelques jours par le Parlement européen. Une décision nette et sans bavure, et sans l’ombre d’une consultation citoyenne bien entendu, qui si elle contente les férus du tout électrique à outrance – en général celles et ceux qui ne mettent jamais les pieds dans un habitacle automobile de leur existence -, ne satisfait nullement les utilisateurs journaliers de la motorisation thermique.

Les faits sont très simples. Dès 2035, la vente de véhicules neufs équipés d’un moteur thermique sera à jamais proscrite de l’Union européenne.

Une décision arbitraire de la part d’élus et technocrates européens zélés, plus habitués à se mouvoir en avions et en trains pour se rendre à Bruxelles et à Strasbourg, qui engendre des conséquences sans doute très mal maîtrisées par leurs auteurs à l’avenir.

La première d’entre elles est naturellement d’ordre économique, vu sous le prisme social de l’emploi. Plus de 2,6 millions de salariés européens exercent leurs activités professionnelles quotidiennes dans ce secteur, qui fut hier encore l’un des fleurons industriels du savoir-faire de notre continent en termes d’exportations et de chiffre d’affaires.

La pléthore d’enseignes, connues et reconnues aux quatre coins de la planète, l’atteste : l’Europe de l’automobile, c’est de la valeur ajoutée pour ses constructeurs, de la visibilité internationale, de l’innovation, de la performance et du business. Mais, voilà, le « c’est » va inexorablement se transformer en « c’était » !

 

 

Des centaines de milliers d’emplois sur la sellette : quid de ces salariés ?

 

La réalisation des véhicules électriques nécessite des chaînes de montage allégées par rapport à celles existantes pour fabriquer des modèles thermiques. Question liminaire que tout à chacun est en droit de se poser : comment va s’effectuer cette reconversion dans les années à venir ? Avec le corollaire inéluctable que, sans doute les élus et technocrates européens ont dû volontairement occulter de leurs votes au Parlement, quid de l’employabilité de ces salariés, condamnés aux licenciements massifs et devant pointer au chômage en croisant les doigts pour espérer rebondir ? Quid de la sous-traitance industrielle de l’automobile, tellement malmenée après la crise de la COVID, qu’elle en est déjà obligée de fermer les portes de certaines usines. Et sur ce registre, l’Yonne en sait quelque chose !  

Sachant que celles et ceux qui ont dépassé la ligne rouge de la cinquantaine dans leurs entreprises respectives seront justes bons à « aller aux plotes » et survivre comme ils le pourront !

PFA, la Plateforme de l’automobile, - celle-ci rassemble tous les acteurs de la filière en France - estime de son côté que « cent mille emplois sur les quatre cent mille que compte le secteur » seraient proprement menacés de disparaître à cause de cette révolution technologique qui privilégie nettement plus le matériel que l’humain.

 

 

L’Europe de l’exemplarité « électrique » mais à quels prix en termes d’emplois ?

 

Avec en toile de fond, et il ne faudrait pas l’omettre la protection environnementale, certes. Une sauvegarde de la nature – prioritaire pour le devenir de la Terre, c’est sûr  – mais qui a bon dos pour liquider sans crier gare des milliers d’emplois et jetés des salariés vers la précarité ; une préservation qui est plutôt malmenée dans le contexte international actuel dont se moquent éperdument comme de leur première chemise la plupart des états de cette planète ! Notamment les pays émergents mais aussi les Etats-Unis, la Chine, l’Inde ou la Russie qui avec ses 60 000 obus journaliers s’abattant sur le Donbass se « contrefout » de polluer l’atmosphère que nous respirons !

A contrario, l’Europe de la « moralisation » et des « valeurs » va devenir, une fois que le Conseil européen se sera aligné – ce qui est une évidence – sur les décisions prononcées par le Parlement, le seul et unique continent du globe à éradiquer la présence sur son sol de toute automobile alimentée par un moteur thermique. La belle affaire au plan de l’exemplarité. Mais à quels prix sur le volet strictement humain ?

En outre, on le sait déjà : la fabrication de ces véhicules électriques et de ses principaux composants dont les batteries se fera…hors d’Europe dans l’attente de créer les unités de production dans nos pays. Notre industrie ne peut y pourvoir à l’heure actuelle. On ne rattrape pas des années de déshérence industrielle en claquant des doigts !

 

 

Des véhicules électriques loin d’être « vert » à fabriquer !

 

Quant aux composants nécessaires à la conception de ces véhicules, parlons-en ! Selon Michel KOZEL, ancien responsable d’ECTI 89 – une association de cadres seniors qui interviennent dans les entreprises et les conseillent - : « Si une automobile électrique n’émet pas de gaz à effet de serre lors de son utilisation, il faut en revanche évaluer tout le processus jusqu’à son élimination. S’ils ont été améliorés, les moteurs thermiques peuvent l’être encore en termes de consommation et d’émission de particules fines, grâce notamment aux pots catalytiques… ». 

Quant aux véhicules électriques, tout n’est pas aussi « vert » qu’on nous le présente à grand renfort de publicités, non plus ! Il faut noter que des particules fines sont produites par l’usure des pneumatiques, des plaquettes de freins, et l’abrasion du bitume des chaussées. Du fait du poids des batteries – elles sont conçues en Asie et supposent un bilan carbone important afin de les acheminer vers l’Europe -, la voiture électrique use davantage les pneus ce qui engendre une augmentation de particules de carbone !

Pour être tout à fait complet sur le sujet, sachez que du cuivre est aussi utilisé dans un véhicule électrique. Avec une extraction minière qui exige beaucoup d’électricité et qui est le fait, le plus souvent dans les pays producteurs à l’instar de la Colombie, d’une centrale thermique alimentée par du charbon ! Or, ce même minerai arrivant tout droit d’un pays « voisin » de l’état andin : la Nouvelle-Zélande !

Enfin, le cobalt, autre élément indispensable à l’électrique, est extrait en République Démocratique du Congo par des enfants – ils seraient plus de 25 000 ! – à trimer sang et eau dans des conditions inhumaines et impitoyables. Mais, de cela, tout le monde s’en moque, y compris les « bobos écolo citadins » qui se gargarisent d’améliorer chaque jour leur environnement immédiat via l’électrique ! Et encore, pour celles et ceux qui possèdent une voiture, ce qui est rare à Paris !   

Ce dernier élément, sur l’exploitation des enfants dans les mines, aurait-il également ému les élus et technocrates européens lors de leur choix pour imposer le tout électrique en 2035 ?!

 

Thierry BRET

 

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