L’investiture de « MACRON II » : l’éloge de la nouveauté ?

« Lors de la cérémonie d’investiture, Emmanuel MACRON a promis d’être un « président nouveau » pour une « mandature nouvelle ». Au-delà des mots, le besoin d’agir est immense afin de mieux structurer le pays, de le dynamiser et d’en fédérer toutes ses composantes… ». « Lors de la cérémonie d’investiture, Emmanuel MACRON a promis d’être un « président nouveau » pour une « mandature nouvelle ». Au-delà des mots, le besoin d’agir est immense afin de mieux structurer le pays, de le dynamiser et d’en fédérer toutes ses composantes… ». Crédit Photos : D.R.

A défaut d’innovation, depuis le soir du 24 avril où il a été réélu, le Président de la République s’accorde plutôt le temps de la réflexion avant de rempiler de manière officielle pour une seconde mandature. C’est vrai : la date légitime du nouveau quinquennat ne débute en fait que le 14 mai. Et, puisqu’il est le maître incontesté des horloges, pourquoi le leader charismatique de La République en Marche devrait-il forcer le pas pour accélérer le processus de gouvernance ?

Bien sûr, les Françaises et Français, pour celles et ceux qui croient encore aux vertus qualitatives de la politique, sont dans l’impatience. Il est vrai que les dossiers, très nombreux, s’accumulent sur les bureaux des ministères.

Pour l’heure, Jean CASTEX, chef du gouvernement, certes, tient toujours les rênes de la nation. Mais dans un quasi effacement elliptique depuis la réélection de son mentor. On ne le voit plus nulle part sur les antennes et ondes médiatiques, préparant sans aucun doute ses valises avant le bon de sortie définitive de Matignon.

 

 

La nomination d’une cheffe de gouvernement : la première des innovations ?

 

Qui le remplacera ? Le mystère règne dans les alcôves ! Serait-ce la première de ces nombreuses « nouveautés » dont a tant fait mention le Président de la République lors de son discours d’investiture à l’Elysée avec peut-être la désignation d’une femme à la tête du gouvernement. Une femme qui incarnerait les valeurs de l’écologie, qui serait la défenseuse des futures réformes devant s’appliquer aux retraites, qui se battrait bec et ongles pour relever le pouvoir d’achat appauvri de nos concitoyens et qui aurait in fine suffisamment de poigne pour tenir tête à tous ces « machos » de syndicalistes, dont le cégétiste Philippe MARTINEZ en priorité !

Une chose est déjà sûre : deux personnes issues du sérail entrepreneurial (et parfaitement inconnues du commun des mortels) se seraient fait porter pâle quant à leur volontarisme de participer à cette délicate aventure ! Le gâteau de Matignon, même succulent en termes de reconnaissance, d’élitisme et de fierté personnelle, n’est pas aussi simple à ingurgiter et à avaler ! Où est donc passée la cerise ?!

Compte tenu du climat social délétère et fracturé dans lequel se situe l’Hexagone, le successeur de Jean CASTEX devra se prémunir de tout, en se plaçant bien au-delà de la mêlée et composer au quotidien avec des ministres choisis au cordeau parmi une large sphère d’influence politique, constituant la majorité présidentielle. Bref, un numéro d’équilibriste, on ne peut plus stressant pour les nerfs !

Alors, côté visage féminin pour entrer à Matignon et bousculer tout ce château de cartes, serait-il raisonnable d’imaginer que Sandrine ROUSSEAU, l’égérie décalée des Verts ait la moindre chance ? Ou, plus sérieusement, Christine LAGARDE, la patronne du FMI, qui aurait l’envergure pour tenir un tel poste ?

 

 

 

Humaniser la fonction en étant davantage à l’écoute des Français…

 

Toutefois, une petite phrase a capté l’intérêt de tous les suiveurs de la chose publique. Dans ses propos, déclamés dans la salle d’honneur du palais élyséen, Emmanuel MACRON a promis d’être, « un président nouveau ». Un chef de l’Etat qui proposerait de s’investir pour « un mandat nouveau ». Beaucoup d’innovations dans son esprit, donc, jetées en pâture en si peu de phrases au public et qui prêtent aujourd’hui à commentaires et à réflexions.

D’abord, l’homme. Emmanuel MACRON, qualifié souvent de président « jupitérien » et de « monarque absolu » par son opposition, peut-il descendre dans l’arène en se prévalant de nouvelles velléités, à l’écoute des Français afin de leur tendre la main face à leurs problématiques ? Peut-il humaniser davantage sa fonction, devenant, comme d’autres l’ont été jadis, le « père de la Nation » en ces temps si complexes de crise économique aiguë (quel est le secteur entrepreneurial qui puisse prétendre aujourd’hui dire que tout va bien ?), face au nationalisme international en totale croissance qui vient de déboucher sur une guerre effroyable, digne de celle que livrèrent les nazis à la Terre entière, à seulement deux heures de vol de Paris ?

Premier élément de réponse : Emmanuel MACRON veut agir différemment pour l’économie de notre pays : il était temps au vu des états de service de ses prédécesseurs inertes sur le sujet ! Comment ? En permettant à la France d’être plus indépendante, tant au niveau de l’industrialisation et de la production manufacturière que de l’énergie.

Deux constats flagrants qui nous ont éclatés au visage à la suite des crises successives de la COVID et du retour d’un conflit sur le sol européen, aux conséquences planétaires.

 

 

« Agir » au service de la Nation et de toutes ses composantes…

 

Face à une conjonction de défis presque insurmontables sur le papier, le locataire élyséen après avoir renouvelé son bail au palais présidentiel souhaite apporter des réponses. Mais, visiblement pas dans la continuité de sa première mandature : ce qui serait appréciable aux yeux de beaucoup.

Il faudra aussi en apporter des réponses claires, nettes et précises sur les autres grands enjeux existentiels de ce quinquennat version II. Le réchauffement climatique et ses incidences sur l’avenir de la planète ; le pouvoir d’achat, problème sociétal numéro un de millions de nos compatriotes qui pour certains se privent de dîner le soir afin de pouvoir remplir le réservoir de leur véhicule de carburant ; l’antépénultième problème social de l’emploi, tant des jeunes que des seniors jetés au fossé comme des détritus passés 50 ans ; la survie de l’agriculture qui souffre en silence des contraintes mondiales, la réforme de l’Etat et ses méandres institutionnels, la santé et l’éducation, le volet sécuritaire et l’incivisme, etc.

Oui, le « nouveau » MACRON doit prendre le pas sur l’ancien afin de guider avec une vision clairement définie ce pays et l’Europe qui ne peuvent rester dans l’inertie et l’immobilisme.

Loin des palabres de circonstance, il est donc venu le temps « d’agir » comme l’aura martelé maintes fois l’orateur du jour. « Agir » en y associant tous les Français, de tout bord et de toutes obédiences, dans un unique intérêt commun. Il y va peut-être de notre survie…

 

Thierry BRET

 

 

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