Législatives : la grande tambouille des alliances est servie

«  « Premier à dégainer au soir du 24 avril, le leader charismatique de La France Insoumise Jean-Luc MELENCHON se voit déjà dans les habits du Premier ministre, favorable à une cohabitation pour barrer la route au nouvel élu. Ouvrant grandes les tractations afin d’entériner des alliances de circonstance avec le PS, le PC et les Verts. Au détriment de leurs propres idées et malgré leurs divergences ? ». « « Premier à dégainer au soir du 24 avril, le leader charismatique de La France Insoumise Jean-Luc MELENCHON se voit déjà dans les habits du Premier ministre, favorable à une cohabitation pour barrer la route au nouvel élu. Ouvrant grandes les tractations afin d’entériner des alliances de circonstance avec le PS, le PC et les Verts. Au détriment de leurs propres idées et malgré leurs divergences ? ». Crédit Photos : D.R.

On s’invective, on s’insulte, on se fait la gueule, on se boude, on se déteste mais au final, on tente par tous les moyens possibles et inimaginables de recoller les morceaux ! Et de faire croire à des électeurs qui ne sont pas dupes que le puzzle, après tant de circonvolutions idéologiques aussi disparates et de désaccords sur le fond, est enfin reconstitué pour le bien-fondé de la nation. Mais de qui se moque-t-on à la fin ?

La victoire, sans aucune contestation possible d’Emmanuel MACRON puisque les suffrages des Français s’étaient exprimés au terme de cette présidentielle en ce sens, était à peine annoncée à vingt heures tapantes au soir du second tour, que déjà, les uns haranguaient leurs partisans en spécifiant que « ce président était le plus mal élu de toute la Vème République » – ce qui est faux dans la réalité – et que les autres lançaient les grandes manœuvres stratégiques pour faire barrage à la politique du nouveau nominé en pactisant avec ceux qui leur sont opposés !

 

 

Les législatives sont vécues comme le troisième tour de la présidentielle…

 

Comme l’aurait écrit le sarcastique dialoguiste Michel AUDIARD pour l’un de ses scénarios dont il avait le secret, « le cadavre était à peine refroidi que déjà la horde de vautours se précipitait sur les restes encore chauds de la dépouille » !

Certes, l’enjeu de ces futures échéances électorales proposées les 12 et 19 juin s’avère capital. Non seulement pour donner une majorité au locataire de l’Elysée, après le succès que l’on sait, mais aussi pour enclencher la nouvelle feuille de route de la prochaine mandature qui pourrait aussi basculer dans la cohabitation.

On comprend alors que les états-majors des différentes formations politiques en lice pour ce troisième tour de la présidentielle cherchent à rebondir dès que possible, surtout pour certaines qui ont bu le calice jusqu’à la lie à l’annonce de leurs résultats plus que piteux. Des contre-performances inévitables ou des vérités qui se sont confirmées au grand jour dont certains parangons de la chose publique devront en tirer les leçons quant à leur propre avenir pour gouverner l’Hexagone.

 

 

Du monde sur la piste de danse au bal des hypocrites !

 

Là, où les choses se gâtent et perturbent le sens profond des observateurs que nous sommes, c’est cette précipitation à vouloir recoller vainement les morceaux d’un vase de Soisson qui s’est irrémédiablement brisé au fil de ces dernières années chez certains de ces thuriféraires.

L’art et la manière de dire tout et son contraire, de le propager à grands renforts de campagnes de communication et de faire volte-face ensuite, voire machine arrière toute, uniquement pour préserver la portion congrue restante de son gâteau et son semblant d’influence territoriale au cœur d’une circonscription.

Et à ce jeu-là, le bal des « faux-culs » et des hypocrites accueillait beaucoup de danseurs sur la piste dès le soir du 24 avril et pas uniquement sur le Champ-de-Mars !

Comment peut-on réconcilier en si peu de temps ce qui apparaît franchement irréconciliable et hostile depuis tant de décennies entre certaines formes de pensées et courants politiques ?

 

 

Des accords de circonstance dignes des tours de passe-passe à la MAJAX !

 

A partir de quels tours de passe-passe, de magie diraient certains qui ont retrouvé en l’illusionniste de leur prime jeunesse, Gérard MAJAX, la référence explicative absolue dans ce qui tout qui a attrait à la politique d’aujourd’hui, peut-on faire avaler tellement de couleuvres, voire de bobards aussi cyniques aux électeurs, lassés de telles pratiques qui ressemblent à s’y méprendre à d’obscurs tripatouillages de chapelle ?

Défendent-ils, ces orfèvres de la politique et de la carabistouille fonctionnant dans l’entre soi mitonné aux petits oignons, vraiment les intérêts de leurs futurs administrés, de celles et ceux qui se lèvent tôt le matin pour gagner leur pitance et ne comptent plus leurs heures de labeur pour faire tourner tout le système, lors de ces négociations âpres et difficiles afin de s’unifier autour du même programme ?

Ou se contentent-ils de sauver simplement leurs têtes, à défaut leurs mandats, uniquement par atavisme afin de préserver les avantages somptuaires de leurs fonctions ?

Nécessairement, ces interrogations dont personne n’ose poser tout haut le fondement sur les plateaux audiovisuels qui alimentent pourtant en boucle le déroulé scrupuleux de ces échanges parfois infructueux – le Parti Socialiste avait annoncé un accord de principe favorisant le rapprochement avec La France Insoumise (LFI) est revenu sur cette affirmation en suspendant le processus de négociations quelques heures plus tard ! -, beaucoup de nos concitoyens les ont en tête et de manière très légitime.

De la pure logique, en somme, quand les écarts sont aussi abyssaux entre ces deux mouvements que tout oppose ou presque. L’un chantre de la sociale démocratie, l’autre virant à l’extrême de la gauche ! Le seul point commun est que jadis, avant qu’il ne choisisse de prendre la fille de l’air, le chef de file charismatique de LFI fut l’un des adhérents du PS !

 

 

Les « vapeurs du Havre » fumées de la discorde ?

 

Que dire en outre de cette main tendue par le leader de Reconquête à l’intention de l’égérie du Rassemblement National dont « le seul patronyme est synonyme de huit défaites lors d’élections majeures » selon lui !

Comment comprendre aussi le virage à 190  degrés de la future assise commune entre des écologistes, favorables à l’armement de la nation ukrainienne contre l’envahisseur russe, et LFI, diamétralement opposé à tout transfert d’armes en s’arc-boutant sur le positionnement de non-aligné ?! Quant aux communistes, ils disent oui au nucléaire !

Dans le camp d’en face, ce n’est pas mieux ! Les Républicains qui ont bu la tasse jusqu’à la dernière goutte, croient pouvoir conserver leur hégémonie territoriale en s’appuyant sur le passé. Sauf que depuis le 10 avril, l’unité en son sein n’est plus, avec celles et ceux de leurs partisans qui lorgnent ouvertement vers les souverainistes !  

On pourrait croire alors que tous ces atermoiements et ces raccommodages de dernière minute de l’opposition font le jeu des Marcheurs et de leur structure créée en version kaléidoscope ? Pas si sûr, tant les tensions sont désormais palpables entre LREM et Horizons, la formation d’Edouard PHILIPPE, qui voit arriver vers lui les opportunités présidentiables de 2027. Patience et longueur de temps ! D’ailleurs,  le Président de la République s’est interrogé à ce propos sur l’ancien Premier ministre, se demandant « s’il n’avait pas fumé les vapeurs du Havre ?! ».

Bientôt, nous n’aurons plus besoin du gaz russe pour alimenter les besoins énergétiques de nos industries, les « vapeurs » de la capitale de la Seine-Maritime suffiront tant les tensions vont s’accroître en ces deux-là !

 

Thierry BRET

 

 

 

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