Emploi : les seniors ne sont plus des Kleenex à jeter !

 « Pas de sectarisme ni de discrimination à l’âge des candidatures chez GROUPAMA Paris Val-de-Loire ! Une nouvelle expérience, menée avec les services de Pôle Emploi Auxerre, sous la forme d’un job dating, a réuni une cinquantaine de demandeurs d’emploi dont des seniors ayant proposé leurs concours… La vie professionnelle peut ainsi se poursuivre à la cinquantaine ! ». « Pas de sectarisme ni de discrimination à l’âge des candidatures chez GROUPAMA Paris Val-de-Loire ! Une nouvelle expérience, menée avec les services de Pôle Emploi Auxerre, sous la forme d’un job dating, a réuni une cinquantaine de demandeurs d’emploi dont des seniors ayant proposé leurs concours… La vie professionnelle peut ainsi se poursuivre à la cinquantaine ! ». Crédit Photos : Thierry BRET.

Passer la cinquantaine, c’est la croix et la bannière pour celles et ceux de nos concitoyens qui connaissent le goût âpre et amer du chômage de se refaire la cerise. Du moins, avec dignité.

Avant la trentaine, le prétendant à l’emploi est le plus souvent considéré comme un freluquet de la pire espèce, du fait de son inexpérience notoire et de son cursus aussi mince que du papier à cigarette côté professionnel, malgré parfois une avalanche de diplômes conséquents.

Bref : on l’aura compris, la fenêtre de tir pour réussir à se placer en orbite sur l’ellipse idéale de la vie active se situe entre trente et cinquante ans !

Une fenêtre de tir qu’il est déjà de bon ton de corriger à la baisse. Car, selon les sacro-saints codes référentiels de l’INSEE, dès le pallier canonique de 45 ans atteint, vous intégrez l’inéluctable et délicate catégorie des seniors. Mot maintes fois galvaudés mais qui vous place tout droit en bordure du précipice avant de sombrer vers les abysses !

Moyennant quoi, votre image, statut et position au sein de l’entreprise n’est plus tout à fait le même que celui que vous possédiez à l’âge de 44 ans. C’est-à-dire la veille de votre anniversaire qui vous conduit vers les limbes.

Immanquablement, vous devenez une cible, sinon LA cible préférentielle à abattre au sein de l’organigramme géré par une direction des ressources humaines qui ne manquera pas de vous avoir à l’œil. Et le bon !

C’est comme sur un terrain de football : à la moindre incartade, dès le plus infime dérapage à peine contrôlé, la sanction vous tombera dessus sans avoir eu le temps de crier gare. Du carton jaune, synonyme d’avertissement ou de blâme, vous n’aurez aucune difficulté à obtenir le rouge fatidique, synonyme d’ouverture du sas vous expédiant vers la sortie. Un aller simple dans le vide sidéral sans retour en arrière pour récupérer votre emploi. Avouez, que passé la cinquantaine endosser le rôle de Thomas PESQUET ne vous sied guère !

 

Entre allongement de l’âge du départ à la retraite et maintien de l’activité : une dichotomie…

 

On aura beau se dire que c’est comme ça, que c’est la faute à pas de chance, que la dure mais inexorable fatalité vous rattrape à cause de votre âge : ça fait très mal au fond de soi, mettant à bas votre ego et vos prétentions sur l’existence.

Pointer chez Pôle Emploi à 55 ans n’a rien de paradisiaque en matière de perspectives d’avenir. D’autant, que du haut de sa tour d’ivoire élyséenne, le chef de l’Etat dans sa quête absolue de réforme des retraites envisage très sérieusement d’allonger la durée du temps travail, histoire de maintenir en apnée un système social en profond déséquilibre et surtout en réel déficit.

Paradoxe : vous n’êtes plus bon à rien, à partir de 50 ans dans les boîtes. Ce n’est pas grave, on va vous proposer des départs à la retraite…un peu plus tard dès 64 ans, pour commencer, puis à 65 ans, avant in fine d’arriver au terme de ce voyage professionnel qui vous pèse de tout son poids, à 67 ans ! Comme dans une large majorité de pays de l’Union européenne, voire d’ailleurs.

Tout cela est bien joli sur le papier. Mais, pendant ce même laps de temps, les entreprises n’ont qu’une idée fixe en tête : se débarrasser de leurs « encombrants ». Les vieux, considérés à tort, comme inaptes dans l’exercice de leur fonction ultra digitalisée, bien souvent trop payés pour ce qu’ils font ou qu’ils n’arrivent plus à faire et surtout pas du tout malléables en matière de management comme pourrait l’être le premier de la classe venant de postuler une fois le diplôme en poche.

A ce petit jeu-là, on ne peut parler que de dichotomie (pour ne pas dire autre chose en demeurant poli) dans la stratégie jusqu’au-boutiste du chef de l’Etat qui s’évertue à propulser des seniors usés par la pénibilité du travail et la fatigue du temps sur le devant de la scène employabilité alors que les employeurs eux-mêmes n’en veulent pas ! Incongruité du système…

 

 

 

Une initiative réussie dans l’Yonne : un job dating chez GROUPAMA…

 

Toutefois, il existe encore en ce bas monde d’infimes lueurs d’espoir ! Des expériences testées à dose homéopathique sur notre territoire qui réchauffent le cœur de ces laissés pour compte professionnels de la cinquantaine.

Si, si : nous en connaissons tous autour de nous qui traversent les affres des crises économiques successives en rejoignant le bataillon de ces chômeurs voués  à l’anonymat relationnel éternel et coupés de tout circuit d’influence (des demandeurs d’emplois en fait car c’est politiquement plus correct) de longue, voire de très longue durée. Trop longue, c’est incontestable et cela ne devrait pas être dans une société de progrès, dite civilisée et moderniste.

L’exemple est territorial. Dans l’Yonne, plus précisément. Où l’assureur mutualiste GROUPAMA Paris Val-de-Loire n’hésite pas à accueillir dans ses locaux, afin de pouvoir mieux les recruter, comme il le fait par ailleurs avec toutes les tranches d’âge d’une population ayant besoin d’un job pour mieux se nourrir, des demandeurs d’emploi, âgés de plus de cinquante ans. Cela les fait sortir des codes de la bienséance professionnelle actuelle.

Cette expérience innovante est réalisée sous la forme d’un job dating, menée en accointance avec l’agence auxerroise de Pôle Emploi. L’organisme aura au préalable retenu la série de candidats potentiels sur leurs appétences et aptitudes.

En face, pour attirer le chaland : une dizaine de postes assurés. Des CDI au profil de gestionnaire et de commercial. Avec pour les néophytes, une formation à la clé afin de s’imprégner de la culture d’entreprise et de ses méthodes.

Jeunes candidats et moins jeunes tentent leur chance. Profitant chacun d’une prise de parole individuelle, quelques cinq minutes en entretien pour assurer leur présentation.

Cela marche à merveille. Au terme de la session, la première, une vingtaine de CV et lettres de motivation sont mis de côté par les cadres de GROUPAMA ayant participé à ces entretiens constructifs. Une première étape est franchie.

Avant de poursuivre par la sélection définitive où se prêteront au jeu des trentenaires, quadra et vaillants quinquagénaires. Ils ont les yeux qui brillent de plaisir et de soulagement.

Non, les seniors ne sont pas finis et bons à être balancés après usage au fond de la corbeille comme un vulgaire Kleenex ! Certains entrepreneurs le savent bien et l’assimilent parfaitement dans leur quête de recrutement.

C’est grâce à eux, s’ils les embauchent en bout de course, que ces déshérités de l’emploi trop âgés vont pouvoir mettre à profit leur expérience et ce recul nécessaires leur permettant de mieux rebondir vers l’avant. Avec en outre de la reconnaissance…

 

Thierry BRET

 

 

Articles

Bannière droite accueil