Réfugiés : l’Yonne est-elle prête à les accueillir ?

 « Un appel aux élus du département de l’Yonne vient d’être lancé par un collectif de huit organisations de soutien aux exilés. Objectif : qu’ils se prononcent et s’engagent en solidarité avec le peuple afghan. Au nom des principes humanistes et républicains. Seul, à date, Nicolas SORET, maire de Joigny, s’est déclaré prêt à accueillir des réfugiés afghans dans sa commune… ». « Un appel aux élus du département de l’Yonne vient d’être lancé par un collectif de huit organisations de soutien aux exilés. Objectif : qu’ils se prononcent et s’engagent en solidarité avec le peuple afghan. Au nom des principes humanistes et républicains. Seul, à date, Nicolas SORET, maire de Joigny, s’est déclaré prêt à accueillir des réfugiés afghans dans sa commune… ». Crédit Photos : D.R.

L’urgence pour faire face à la situation dramatique. Un état de fait qui ne peut malheureusement qu’empirer après la prise de pouvoir des talibans, réalisée au forceps à la vitesse de l’éclair mais sans avoir tiré un seul coup de fusil. Etrange renversement de situation et de gouvernement dans ce pays fort de ses 38 millions d’habitants dont l’avenir paraît désormais incertain, à défaut d’être compromis.

Plus de 6 millions d’Afghans sont enregistrés aujourd’hui par les instances internationales dépendant de l’ONU en qualité de réfugiés. 2,2 millions d’entre eux ont fui vers l’Iran et le Pakistan. 3,5 millions se déplacent régulièrement à travers leur territoire pour ne pas subir les foudres des nouveaux maîtres du pays. Les mêmes qui procédaient à des exactions innommables il y a plus de vingt ans.

Avec l’aide américaine, la France a assuré un pont aérien depuis Kaboul permettant à trois mille d’entre eux de s’exfiltrer de ce bourbier sans réelle issue. Mais, des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants tentent encore aujourd’hui au péril de leur existence de quitter les lieux pour échapper à la violence aveugle et à l’obscurantisme.

Or, une question se pose à l’échelle de notre territoire. Comme partout dans l’Hexagone qui voit affluer cette population démunie. Sommes-nous prêts à accueillir ces réfugiés sur notre sol ?

 

 

Des exilés qui ont étroitement collaborés avec les Occidentaux…

 

Le département de Charente a pris publiquement position en faveur d’une ouverture des foyers et autres lieux d’hébergement. D’autres secteurs géographiques en ont fait de même. Timidement, presque du bout des lèvres.

Plusieurs maires, à la tête de villes importantes à l’instar de Strasbourg, Lille ou Tours, ont rallié ce mouvement altruiste qui ne s’étend pas sur l’Hexagone comme une trainée de poudre. Il faut en convenir : la nation tricolore ne peut pas accueillir toute la misère du monde. C’est une évidence.

Pourtant, le cas afghan trouble les esprits, même les plus retors. La plupart de ces exilés de fortune le sont parce qu’ils ont cru en la providence occidentale d’un monde meilleur et aidé à l’intégration des forces étrangères, venues ramener le calme et la sécurité dans un pays ravagé par quarante années de guerre, en étant interprètes, personnels administratifs, chauffeurs, gouvernants, femmes et hommes d’entretien, comptables, enseignants, journalistes, jardiniers, etc.

Les abandonner à leur triste sort dans les mains ensanglantées des talibans qui pratiquent la charia, précepte religieux d’une autre époque, équivaut à signer leur acte de reddition absolue vis-à-vis de leur liberté. Voire pire encore.

 

 

Joigny dégaine la première pour accueillir des réfugiés…

 

Et l’Yonne, dans tout ça, face à ce maelström complexe qui nous entoure ? A date, le seul élu à avoir publiquement déclaré qu’il était prêt à accueillir des réfugiés afghans dans sa commune n’est autre que le maire de Joigny, Nicolas SORET.

Bien sûr, beaucoup d’observateurs se feront l’écho de la parfaite logique de ce choix au vu du pédigrée idéologique du troisième vice-président de la Région ! Nicolas SORET n’est-il pas un digne représentant du parti socialiste, une formation politique ayant toujours eu recours aux valeurs de l’humanisme et à la tolérance pour justifier ses orientations et stratégies. Parfois à la limite du laxisme, affirmeront ses détracteurs.  

Mais, au-delà de ces considérations politiciennes, qui n’ont pas lieu d’être alors que se joue le devenir de milliers d’êtres humains, il est regrettable que la déclaration de Nicolas SORET n’ait pas fait d’autres émules, voire engendrer davantage de réactions à chaud dans notre landerneau. Qui a certainement des choses à dire sur le sujet.

Un collectif, comprenant huit organisations de soutien aux exilés de l’Yonne, vient de lancer précisément un appel aux élu(e)s de notre département, les invitant à se mobiliser en solidarité avec le peuple afghan.

Un appel qui a fait l’objet d’une missive officielle. Que n’auront pas manqué de relayer, en la plaçant sous le feu des projecteurs médiatiques, deux des conseillers d’opposition de la ville d’Auxerre, les écologistes Florence LOURY et Denis ROYCOURT.

 

Le cas d’un réfugié vivant à Auxerre inquiet pour ses proches menacés de mort…

 

En corollaire, les deux élus sollicitent le président de l’Agglomération de l’Auxerrois et maire d’Auxerre Crescent MARAULT, d’engager la ville dans une démarche d’accueil digne et solidaire.

« Nous faisons écho à la forte inquiétude de citoyens auxerrois qui accompagnent au quotidien des migrants dont des Afghans déjà présents sur notre sol… précisent-ils en parfaite symbiose.

Les représentants d’Auxerre Ecologie ont accompagné leur lettre, adressée le 30 août, au premier élu d’Auxerre d’un courrier rédigé par un réfugié afghan, Wasiq NOORI. Ce dernier s’était rapproché de la cellule de crise du ministère des Affaires étrangères six jours auparavant. Aîné d’une fratrie de sept enfants, l’auteur de la lettre fait part de ses craintes sur le sort de sa famille restée à Kaboul. Militantes des droits de l’homme, ses sœurs courent un réel danger. Blessé à l’épaule il y a un mois, l’un de ses frères est recherché par les talibans et risque la mort.

Réclamant que l’Yonne soit au rendez-vous de l’Histoire, les signataires de cet appel du 30 août en appellent à la responsabilité des élu(e)s de toutes obédiences pour que ce mouvement solidaire puisse voir le jour.

En proposant d’accueillir une ou plusieurs familles. En scolarisant les enfants. En apportant une aide matérielle ou alimentaire. Au nom des valeurs de nos institutions républicaines et des principes humanistes qui ont fait le ciment de notre nation, terre de liberté et patrie du bien-vivre…Seront-ils entendus ?

 

Thierry BRET

 

 

 

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