Paralympiques : une leçon de courage et d’humilité…

  « Tous les quatre ans, les sportives et sportifs atteints d’un handicap rayonnent sous la lumière des projecteurs médiatiques en multipliant les exploits lors des Jeux Paralympiques. Mais dans cet intervalle entre deux olympiades, quid de leurs réelles considérations et intégrations parmi la société aux côtés des valides ? ». « Tous les quatre ans, les sportives et sportifs atteints d’un handicap rayonnent sous la lumière des projecteurs médiatiques en multipliant les exploits lors des Jeux Paralympiques. Mais dans cet intervalle entre deux olympiades, quid de leurs réelles considérations et intégrations parmi la société aux côtés des valides ? ». Crédit Photos : D.R.

Leurs visages ne sont pas connus du grand public. Ils ne s’afficheront jamais à la une des tabloïds. Quant à leurs patronymes, ils tutoient les sommets de l’anonymat le plus complet. Sauf, peut-être pour une petite poignée d’entre eux. Lors d’une brève période de leur existence. Celle, pour celles et ceux qui ont la chance d’y participer, en rapport avec les Jeux Paralympiques. Un corollaire des traditionnels J.O. qui nous revient tous les quatre ans. Sur la pointe des pieds de la discrétion…

Pourtant, à y regarder de plus près, que d’émerveillement, d’agréables surprises, de satisfactions émues à voir évoluer sur une piste d’athlétisme, sur un terrain de basket ou dans un bassin nautique des sportives et sportifs amputés d’une jambe ou d’un bras, déficients visuels, ne pouvant se mouvoir qu’accompagnés de leur appareil de mobilité.

Que de courage, de force intérieure et d’abnégation pour y parvenir après avoir connu les affres terribles d’un accident de la vie ou porter comme une croix rivée sur l’épaule l’héritage immuable d’une malformation constatée à la naissance.

Ces femmes et ces hommes méritent tout notre respect. Et surtout notre considération la plus sincère, au lieu de regards torves, moqueurs, parfois cruels croisés au détour de leur chemin, feignant de ne jamais les apercevoir.

Dans la souffrance de leur chair et de leur âme en conflit perpétuel contre les injustices de la vie et du sort qui s’acharne, ces femmes et ces hommes ont su relever des défis. Immenses. Incommensurables. A abattre des montagnes. Ils ont repris goût à la vie, pour certains d’entre eux, afin de surmonter ce que l’on nomme communément un handicap.

 

 

De quel droit les valides seraient-ils supérieurs aux invalides ?

 

Alors que notre société bien-pensante peine toujours à insérer de manière digne et noble ces personnes dans notre quotidien protéiforme (professionnel, familial, éducatif, politique, médiatique, culturel…), se jouent à nos côtés de véritables combats d’arrière-garde. Dont nous n’avons jamais connaissance ou si peu.

Des luttes pour exister, pour rêver, pour survivre, pour devenir quelqu’un qui ne sera plus le souffre-douleur ou la risée expiatoire d’un ensemble collectif qui refuse la différence. Les différences, selon ses propres rites et critères.

Se tenir debout sur ses deux jambes donne-t-il plus de droits et de supériorité par rapport à celui qui ne peut s’extirper de son fauteuil roulant ? Se complaire dans les codes superfétatoires de la beauté et de l’esthétisme à tout crin rend-il plus intelligent et meilleur que la personne non voyante ou infirme ?

Ecraser l’autre, tuer père et mère pour parvenir à la réussite absolue, représente-t-il une fin en soi sauf peut-être pour celles et ceux dont les neurones ont fondu comme neige au soleil en se reconnaissant dans ce processus stupide !

Il y a énormément à apprendre au contact d’une personne atteinte d’un handicap. Sa façon de s’exprimer, de raisonner, d’anticiper le sens de la vie, d’interpréter les choses.

 

 

Des moyens déployés par les médias pour la quinzaine des Jeux…

 

A observer par l’écran du téléviseur l’évènement planétaire qui réunit à Tokyo la somme de toutes ces différences multiraciales et multi-handicaps (plus de 4 000 compétiteurs représentants 182 nations dans vingt-deux disciplines) qui osent relever des défis que bien des valides ne tenteraient même pas, on est surpris par le calme, la bienveillante sérénité, cette espèce de candeur usuelle et profonde dont toutes ces personnes s’imprègnent avant de disputer la moindre épreuve.

Par bonheur, et on peut lui rendre grâce une fois n’est pas coutume, France Télévisions a déployé l’artillerie lourde côté moyens techniques et humains afin de diffuser abondamment sur l’ensemble de ses chaînes ces compétitions de grand intérêt.

A l’identique de ce que furent les relais informatifs durant la quinzaine des Jeux Olympiques qui viennent de s’achever.

 

 

Et après, les handicapés seront-ils oubliés ?

 

Mais, qu’en sera-t-il ensuite une fois la flamme de l’universalisme éteinte ?

Les sportifs handicapés retourneront ils vers les ténèbres de l’oubli et de l’indifférence quasi totales ? Les médias accorderont ils autant d’importance à leurs exploits avant la prochaine olympiade menant à Paris 2024 ? Verrons-nous davantage d’animateurs ou de journalistes victimes d’un handicap à l’antenne ?

Il est à craindre que non.

Comme la perception de ces personnes atteintes d’un handicap dans la sphère professionnelle où bon nombre d’entreprises se refusent toujours à ouvrir leurs portes pour les accueillir. Dommage !

Malgré cette grande leçon de courage et d’humilité que la quinzaine des Jeux Paralympiques nous aura offerte, il y a encore du chemin à parcourir avant que les relations entre valides et invalides se normalisent réellement…

 

Thierry BRET

 

 

Articles

Bannière droite accueil