Afghanistan : l’inévitable débâcle avant le chaos ?

 « Le sort des civils afghans, femmes et enfants en particulier, ne semble guère émouvoir les Américains à la suite de leur départ précipité (et surtout mal préparé) de ce pays stratégique de l’Orient, aujourd’hui à la solde des Talibans. « Ne croyez pas à leurs promesses » titrent les médias des Etats-Unis. Joe BIDEN serait-il le seul à y accorder un crédit d’honnêteté ? ». « Le sort des civils afghans, femmes et enfants en particulier, ne semble guère émouvoir les Américains à la suite de leur départ précipité (et surtout mal préparé) de ce pays stratégique de l’Orient, aujourd’hui à la solde des Talibans. « Ne croyez pas à leurs promesses » titrent les médias des Etats-Unis. Joe BIDEN serait-il le seul à y accorder un crédit d’honnêteté ? ». Crédit Photos : D.R.

Images terrifiantes, voire surnaturelles, que celles retransmises par les télévisions du monde entier depuis le tarmac de l’aéroport de Kaboul en début de semaine. A croire que le retour pourtant planifié des Talibans sur le devant de la scène politique de l’Afghanistan n’aura convaincu personne quant à leurs intentions pacifistes et à leur probité de vouloir les appliquer !

Des grappes humaines n’ont pas hésité au péril de leur existence à s’accrocher tant bien que mal au flan lisse comme un miroir des Airbus et autres Boeing, acheminant des ressortissants étrangers vers des cieux meilleurs alors que ces aéroplanes se préparaient au décollage en gagnant de la puissance.

Se sauver coûte que coûte au prix d’y laisser sa peau ! Tel aura été le misérable lot de consolation offert à ces pauvres hères dont certains seront retrouvés broyés, déchiquetés une fois l’avion posé à bon port, par le train d’atterrissage de ces bolides technologiques de l’aéronautique. Sept personnes auront en outre perdu la vie sur les pistes de l’aéroport, devenu le seul refuge de ces Afghans effrayés, victimes du zèle et de l’intransigeance absurde de la police militaire américaine qui aura fait usage du feu sans véritable modération.

Des scènes de chaos et d’apocalypse dans toute leur splendeur. Alors que d’autres, de par le monde, et nous en sommes tous, nous autres Européens, se prélassent avec langueur dans la quiétude superfétatoire des vacances ! Il n’y a qu’à admirer les plages au sable blond surchargés de la Côte d’Azur où le respect des gestes barrières et la promiscuité sanitaire ne font pas bon ménage.

 

 

La mémoire courte des Américains trop pressés de quitter le navire…

 

L’Afghanistan, pourtant riche dans ses sols de minerais et de ressources très convoités par beaucoup (Chine, Iran, Turquie…), n’intéresse manifestement personne dans le camp des Occidentaux.

Encore moins leurs habitants tout droit sortis d’une autre époque avec « leur profil enturbanné » qui subissent le joug perpétuel de mouvements islamistes radicaux depuis bientôt quatre décennies, engendrant successivement son lot de conflits, d’attentats et de guerres ouvertes.

Les Russes, les premiers, y ont perdu pied. Les Américains, après vingt ans de présence, voire d’occupation, ont dû renoncer. Les Européens y ont aussi laissé des plumes. Les Français, tête de pont d’une Union européenne peu mobilisatrice lorsqu’il s’agit de s’engager, ont sacrifié inutilement 86 existences…

Tout çà pour en arriver à cet épisode sinistre au goût amer, mal ficelé, et négocié à l’emporte-pièce par la nouvelle administration de Joe BIDEN, trop heureuse de fuir ses responsabilités. Sans avoir pris soin de consulter en l’occurrence et en aparté leurs alliés européens. Les Américains auraient-ils donc la mémoire si courte en rejetant tout de go les évènements de 2001 et l’avènement du terrorisme planétaire ?

 

 

Il y a danger à confondre vitesse et précipitation !

 

« Ne croyez pas aux promesses des Talibans » titrent aujourd’hui la plupart des médias d’Amérique du Nord s’offusquant de l’amateurisme de leurs dirigeants après cette opération « courage fuyons », digne d’un âne qui recule !

Traumatisé par les évènements lointains du Vietnam, le nouveau locataire de la Maison Blanche n’avait qu’une seule et unique obsession à l’esprit avant de s’installer dans le bureau ovale : accélérer le processus de rapatriement des troupes, projet que ses deux prédécesseurs avaient déjà fomenté.

Une opération, certes légitime à bien des égards puisqu’une présence militaire d’intervention ou de soutien à l’instauration de la vie démocratique dans un pays qui en serait dépourvu n’a pas pour vocation de durer ad vitam aeternam.

Mais, de là à confondre vitesse et précipitation dans son mode opératoire et de faire n’importe quoi qui soit préjudiciable à la sécurité d’autrui, il y a danger !

A ce petit-jeu, force est de constater que Joe BIDEN s’est lamentablement planté sur son premier vrai dossier à l’international.

Non seulement, les accords passés en amont avec les chefs talibans se sont vite soldés par un échec d’appréciation : « les islamistes radicaux ne devaient pas pénétrer dans Kaboul tant que les ressortissants étrangers y étaient présents ! ». On a vu le résultat de cette gabegie sans nom en l’espace de vingt-quatre heures !

Mais, en outre, plutôt que de contenir avec retenue, voire force, les ardeurs véhémentes des nouveaux maîtres du pays dans leur propension à gagner du terrain, ce qui a déjà engendré moult témoignages d’exactions sur les populations et les femmes, les soldats de l’US Army se sont contentés de tirer dans le tas, les civils cherchant à fuir, pour protéger leurs arrières. Drôle de conception de la liberté et de la démocratie, en vérité !

Le peu glorieux souvenir de la pagaille engendrée par le départ précipité des Américains de Saigon en 1975 revient tel un serpent de mer à la surface de l’actualité, noircissant dans les futures pages des livres d’histoire l’initiative maladroite et peu réfléchie du récent vainqueur de la présidentielle américaine.

Quel que soit l’issue de cette fuite en avant non maîtrisée et de ses conséquences à venir pour le monde occidental (la résurrection du terrorisme), c’est tout ce qui restera désormais à la postérité…

 

Thierry BRET

 

 

 

 

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