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Hôtellerie/restauration : l’indigeste recette du recrutement

 « Des milliers d’emploi sont à pouvoir en France dans la filière de l’hôtellerie/restauration. Mais, les candidats (jeunes et seniors) ne sont pas légion pour y prétendre. Le désamour ne date pas d’hier avec ces métiers, pourtant fleurons de notre art de vivre et du tourisme. Pôle Emploi tient la clé pour certaines des solutions… ». « Des milliers d’emploi sont à pouvoir en France dans la filière de l’hôtellerie/restauration. Mais, les candidats (jeunes et seniors) ne sont pas légion pour y prétendre. Le désamour ne date pas d’hier avec ces métiers, pourtant fleurons de notre art de vivre et du tourisme. Pôle Emploi tient la clé pour certaines des solutions… ». Crédit Photo : Thierry BRET et CIFA (Archives)

Des postes à pourvoir, il y en a à la pelle ! Il suffit de traverser la rue pour tomber dessus et décrocher la timbale ! Oui mais voilà : les professionnels de la filière hôtellerie/restauration peinent aujourd’hui à trouver la perle rare.

Qu’il s’agisse de cuisiniers, de serveurs, de réceptionnistes, de barmans, de sommeliers, de personnels d’entretien… : le constat est très douloureux, voire profondément amer pour ces entrepreneurs dépités.

Tous ces potentiels candidats à l’emploi manquent désormais à l’appel en cette période estivale alors que l’amorce de la reprise frappe à leurs portes. Après de longs mois de déshérence économique et d’abstinence relationnelle avec leurs clients...Sans parler de leur chiffre d’affaires en berne, pour certains qui n’ont pas encore déposé le bilan.

 

 

La meilleure carte de visite de la France à l’étranger : l’hôtellerie/restauration…

 

Que faire pour convaincre les jeunes (voire les moins jeunes dont cette cohorte de seniors qui ne peut plus se réinsérer convenablement dans la vie active après cinquante ans puisque juste bons à jeter aux oubliettes selon certains !), qualifiés ou peu diplômés, de postuler aux milliers de propositions qui fleurissent çà et là dans les agences de Pôle Emploi à travers l’Hexagone ?

Un comble quand le nombre de demandeurs d’emploi avoisine les quatre millions d’individus dans notre pays. Et encore, il faudrait faire la somme de toutes les catégories de personnes inactives pour constater que le chiffre réel se situe bien au-delà de cette fourchette exponentielle !

Cent vingt mille salariés ont quitté avec un volontarisme accru leurs métiers qu’ils exerçaient jusqu’alors parmi la kyrielle de professions dispensées dans la filière de l’hôtellerie et de la restauration pendant la crise sanitaire.

Une filière au demeurant appréciée de tous, aux traditions séculaires établies, fleuron de nos arts de vivre à la française reconnus à travers la planète pour la qualité inégalée de sa gastronomie, du sens quasi inné de la réception, de ses services, de son professionnalisme ou de la chaleureuse ambiance créée dans ses bars, troquets, pubs et autres estaminets…

Bref : la meilleure carte de visite qu’une nation puisse s’offrir pour jouer les ambassadeurs d’un savoir-faire à l’international auprès des touristes.

Serait-ce ce satané virus qui aurait provoqué une telle débandade parmi les prétendants à ces postes dont plus personne ne veut visiblement aujourd’hui occuper la fonction ?

Il a bon dos le corona, mais on ne peut pas lui imputer tous les maux de la planète et surtout pas les incohérences ineptes d’un système dont il faut revoir la feuille de route !

D’autant que ce secteur corporatiste souffre de ce cruel manque de main d’œuvre depuis bien longtemps déjà. Ce sont les professionnels de la filière qui l’avouent eux-mêmes !

 

 

Une noria de sources explicatives pour comprendre les problèmes…

 

Alors d’où vient réellement le problème ? Ce désamour flagrant entre les nouveaux entrants sur le marché de l’emploi ou les plus anciens des collaborateurs d’entreprise qui ne souhaitent pas exercer leurs talents dans ces métiers en l’occurrence méconnus ?

La faute à l’Education nationale qui a toujours désigné la filière, jugée ingrate à l’instar de l’apprentissage, comme une voie de garage idéale et par défaut pour les non-doués du baccalauréat ?

La faute à cette frange minoritaire d’entrepreneurs ayant opté pour le tutorat et la pratique de l’alternance qui au lieu d’apprendre les véritables rudiments du métier à leurs jeunes pousses enthousiastes se contentent de les exploiter sciemment à grand renfort de vaisselles empilées à laver du soir au matin et du matin au soir, adeptes d’un « larbinage » humiliant sorti tout droit d’une autre époque ?

La faute à la pénibilité de ces professions déficientes en termes d’images et de positivisme avec ses horaires extensibles à n’en plus finir qui englobent week-ends et jours fériés réunis, sans qu’il n’y ait deux jours de repos consécutifs ?

La faute à la petitesse de la rémunération, offerte dans le cadre de certaines missions peu gratifiantes et sans réelle opportunité évolutive dans le temps ?

Mais également la faute à toutes ces personnes qui répondent à une offre d’emploi mais daignent se rendre à l’entretien d’embauche alors qu’elles ont été au préalable sélectionnées ! Les recruteurs attendront toujours leurs excuses, en vain !

La faute, aussi, à celles et ceux des candidats qui découvrent les vertus bénéfiques d’une nouvelle fonction le lundi matin à 08 heures et ne se présentent déjà plus devant leurs employeurs dès le début de l’après-midi ! Sans donner suite quant à leurs contrats !

On l’aura compris : l’équilibre est complexe entre les demandeurs d’emploi et les recruteurs dans ce jeu de dupe qui n’est sans doute pas prêt de s’estomper à l’avenir.

Jeu de dupe de l’offre et de la demande qui n’est malheureusement pas du seul domaine de la filière de l’hôtellerie et de la restauration.

 

 

Un partenaire qui apporte des solutions : Pôle Emploi…

 

Le rayon de soleil pour s’extraire de cette impasse immuable se nomme peut-être Pôle Emploi. Partout en France, via des initiatives heureuses et novatrices (webinaires, semaine consacrée aux métiers de la corporation, tests de compétences des candidats potentiels, formations qualifiantes, salons de recrutement…), se sont créés des liens étroits entre l’organisme public qui gère l’emploi et les formations en France et l’UMIH, l’Union des métiers de l’industrie hôtelière.

Pour préparer, au mieux la reprise de l’activité libérée après la sortie du confinement. Pour accompagner aussi ces chefs d’entreprise dans la durée qui ne veulent pas disparaître du paysage économique faute de collaborateurs.

Deux dimanches de suite sans personnel pour accueillir la clientèle dans un établissement peut se payer cash à la sortie avec plus de 2 000 euros de pertes sèches à la clé à titre d’exemple. Il est donc grand temps que la problématique du recrutement dans cette filière dont le monde entier nous envie fasse de nouveau recette…

 

Thierry BRET