Des élections réussies ? Abstentionnistes s’abstenir !

« Quels que soient les résultats de ces deux tours électoraux, les grands vainqueurs de ces échéances départementales et régionales 2021 seront incontestablement les partisans de l’abstention ! Démontrant une fois de plus l’extrême fragilité de la démocratie dont pourtant beaucoup de peuples opprimés nous envient… ». « Quels que soient les résultats de ces deux tours électoraux, les grands vainqueurs de ces échéances départementales et régionales 2021 seront incontestablement les partisans de l’abstention ! Démontrant une fois de plus l’extrême fragilité de la démocratie dont pourtant beaucoup de peuples opprimés nous envient… ». Crédit Photo : Thierry BRET (Archives).

Nul n’est besoin d’être devin pour anticiper ce que seront les résultats réels de cette double échéance électorale, proposée aux 47 millions de nos compatriotes en âge de voter ces 20 et 27 juin. Les véritables vainqueurs de ces retrouvailles citoyennes avec les bureaux de vote devraient être vraisemblablement ceux qui ne s’y rendront pas : les partisans de l’abstention.

A un an de l’élection présidentielle, et devant l’ampleur de pronostics qui placent la jauge de cet absentéisme électoral à plus de 60 %, il existe de bonnes raisons de s’inquiéter sur les principes fondamentaux de notre démocratie.

Non pas que celle-ci soit mise à mal ou en danger immédiat par cette avalanche de bulletins qui ne tomberont pas au fond de l’urne. Mais, plutôt, par ce désintérêt croissant à la chose publique d’une frange de la population qui va en s’élargissant. Toutes composantes citoyennes confondues, et ce de scrutin en scrutin…

Si par le passé, seuls les plus jeunes d’entre nous, les plus à la marge de la société, vivant à la limite de l’utopie ne se prononçaient guère sur les orientations politiques de notre pays, il n’en est plus de même aujourd’hui.

Les abstentionnistes sont issus de toutes les castes sociales. Ils se revendiquent désormais parmi les déçus de tout poil, de toutes obédiences politiciennes, endossant la vêture des réfractaires ou de chevaliers blancs à tout changement ou celles des ultra progressistes qui ont déjà pris plusieurs longueurs d’avance sur les représentants de la sphère politique, parfois dépassés à leurs yeux au niveau de certaines idéologies et contraintes.

 

Communiquer plus sur les compétences régaliennes de ces institutions

 

Bien sûr, il ne s’agit que d’élections départementales et régionales. Evidemment, le contexte sanitaire imputable à une interminable succession de confinements et de périodes de doutes n’aura guère facilité les choses, supprimant derechef la moindre de ces réunions de campagne, ô combien importantes et stratégiques pour renouer le fil d’Ariane avec le peuple.

Ecouter, observer, rencontrer, discuter, échanger, proposer, suggérer, entendre…autant de termes qui ne sont pas de vains mots en temps normal et qui n’auront eu que peu de voix au chapitre lors de ce scrutin en double version proposé en cette période printanière.

Ensuite, il y a ce manque de connaissances flagrant de la part de nos concitoyens sur le poids et le rôle de ces institutions que sont les Départements et les Régions.

Un comble, tout de même, lorsque l’on se positionne sur le pragmatisme territorial, son attractivité et la proximité à tout crin !

Il est vrai que des efforts en matière de communication, de sensibilisation, voire de vulgarisation, de transparence sont à réaliser sans cesse par ces organismes représentatifs, experts de la décentralisation au plus de près de l’intérêt de chacun.

Qui connaît réellement autour de nous les compétences régaliennes de ces structures, leurs budgets, leurs modes opératoires, leurs projets, leurs actions, voire tout bonnement leurs représentants sur le territoire sans y être quelque peu initiés ?!

Qu’il s’agisse de l’habitant lambda vivant éloigné dans une localité champêtre, d’un responsable associatif pratiquant l’art du bénévolat auprès de jeunes, d’une mère de famille élevant seule ses enfants dans les méandres isolationnistes d’une ville et de façon encore plus significative, attestant de ce profond décalage existant parfois entre les porte-paroles d’un pouvoir exécutif et leurs administrés, de ces acteurs de l’économie qui en ignorent même jusqu’aux substantielles aides dont ils pourraient profiter pour le développement de leurs entreprises !

 

Le prix de la liberté passe par l’isoloir…

 

Communiquer, informer et consulter davantage la population ne permettront pas de combler et de résoudre le net handicap pour réduire le fossé qui sépare désormais le nombre de votants de celui qui n’accomplit plus son devoir de citoyen.

En déposant simplement son bulletin dans une urne de plexiglas. Mais, ce serait peut-être déjà un premier pas.

Car, si le taux d’abstention, au soir de ces deux tours de scrutin, dépasse effectivement les 60 %, ce sera un nouveau coup dur pour une démocratie déjà vacillante. Malmenant toutes les valeurs de liberté qui vont de pair.

Regardons autour de nous, celles et ceux de ces citoyens de pays tiers-mondistes, de démocraties tartuffes, de dictatures établies où la liberté d’expression est bafouée à n’en plus finir, jour après jour.

Combien de ces personnes qui donneraient parfois de leur sang et de leur vie pour accomplir ce geste devenu si anodin à nos yeux, celui de déposer un bulletin de vote dans une urne, ne voudraient l’effectuer en leur âme et conscience pour croire en un avenir meilleur… A méditer avant d’aller voter !

 

Thierry BRET

 

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