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La République à portée de baffes des citoyens : triste réalité !

« Les réfractaires à la démocratie et au droit de vote s’invitent dans la danse de cette double campagne électorale ; enfarinant les uns ou distribuant les claques aux autres lors de leurs visites sur le terrain. Pourtant, le bulletin de vote à placer dans l’urne demeure le meilleur moyen d’expression pour une refuser le programme d’un candidat. Dans un pays libre et de droits… ». « Les réfractaires à la démocratie et au droit de vote s’invitent dans la danse de cette double campagne électorale ; enfarinant les uns ou distribuant les claques aux autres lors de leurs visites sur le terrain. Pourtant, le bulletin de vote à placer dans l’urne demeure le meilleur moyen d’expression pour une refuser le programme d’un candidat. Dans un pays libre et de droits… ». Crédit Photos : D.R. et PIXABAY.

Passer de la théorie à la pratique. C’est in fine ce qui vient de se produire, au cours de la semaine écoulée dans l’Hexagone, avec le magistral soufflet reçu par le président de la République Emmanuel MACRON lors de son déplacement dans la Drôme.

Sans doute, l’auteur décérébré de ce geste idiot, d’un incivisme plus que discourtois et malsain qui salit par ailleurs tous les enfants de la République que nous sommes quel que soit nos obédiences politiques, a voulu traduire dans les faits l’une de ces formules linguistiques à la résonance populaire, bien dans l’air du temps pour rester « jeune ».

De celles qui pullulent au quotidien dans nos conversations et se répandent telle une trainée de poudre sur les réseaux sociaux. A l’instar de la célébrissime expression bateau d’une rare stupidité, employée à toutes les sauces : « Il y a des trous dans la raquette ! » !

Et pourquoi pas dans le gruyère pour les plus gourmands d’entre nous, dans les tamis pour les chercheurs d’or et les passoires pour les cuisiniers, ou moins romantique mais tout aussi accommodant au niveau de la métaphore, dans les chaussettes !

Bref, parmi ces petites phrases d’apparence anodine et sorties de nulle part (des formules toutes faites que l’on imagine extraites d’un studieux brainstorming entre spécialistes du marketing et de la communication dont les bureaux cossus regorgent rue de Rivoli ou avenue Foch !), la petite dernière du moment, « les élus doivent être à portée de baffes des électeurs », fait également florès dans le microcosme politico-politicien actuel.

Peut-être que les auteurs de ces locutions frisant avec le ridicule trouveront un jour leur place dans les colonnes du Littré, du Larousse ou du Robert ! Voire du Nobel de littérature qui leur tend les bras !

 

 

Les réfractaires à tout et à son contraire prennent les mots au pied de la lettre…

 

 

Oui mais voilà, toute médaille possède son revers ! Placé dans les oreilles malintentionnées, voir mal embouchées de certains de nos compatriotes ce genre de petite formule gratuite peut précisément se traduire dans les actes.

Si « les élus doivent être à portée de baffes de leurs électeurs », ce qui signifierait en théorie que ces derniers doivent agir et assumer la prise de leurs responsabilités en mouillant leurs chemises sur les dossiers cruciaux où ils sont le plus attendus (emploi, environnement, santé, éducation, aménagement du territoire, numérique, sécurité, économie, etc.) ; cela ne veut nullement dire qu’ils sont devenus les boucs émissaires et la cause de toutes les détresses du monde qu’elles soient sociétales, économiques ou le reflet de ce mal-être constant qui auréole bon nombre de nos concitoyens même quand la France se porte bien !

 

 

Pour mémoire, rappelons selon des données statistiques émanant de la référence des instituts nationaux (INSEE) que les Français restent en ce domaine les champions du monde du pessimisme avéré à hauteur de 61 % des personnes sondées.

Bien au-delà de celles et de ceux des ressortissants afghans ou syriens qui, comme chacun le sait, coulent des jours heureux et tranquilles dans leurs pays, devenus depuis une décennie des oasis de paix !

Il ne faut donc pas s’étonner ensuite que celles et ceux qui se sentent bannis de la société, ceux qui sont de fervents adeptes volontaires de cet ostracisme idéologique et tendance,  ces réfractaires à tout et à son contraire, prennent au pied de la lettre la moindre expression qui circule.

 

Pourquoi tant de haine et de violence gratuites en démocratie ?

 

La gifle reçue par Emmanuel MACRON en est la plus simple des traductions. Même si l’Elysée s’est contenté de minimiser ce geste agressif envers le représentant de l’Etat, qui droit dans ses bottes (et c’est tant mieux pour ce que représente la fonction présidentielle) a feint l’ignorance de cette acte, visant son intégrité physique, en poursuivant comme si de rien n’était son bain de foule auprès de spectateurs consternés par ce qu’ils venaient de vivre.

Nul n’échappe, par ailleurs, à ces effets démonstratifs et médiatiques exercés par une poignée d’incorrigibles qui ne respectent plus rien. Ni les valeurs de la République, ni de leurs représentants à différentes strates, au préalable choisis par les urnes même s’ils sont contraires à nos idées. On appelle cela le choix démocratique, tout bonnement….

On conserve tous en mémoire la baffe qui rougit le visage de Manuel VALLS, alors Premier ministre lors d’une visite en province ; la gesticulation hargneuse d’un spectateur accrochant hors d’une rambarde l’épaule de Nicolas SARKOZY dont le costume, sans doute d’excellente coupe, résista fort bien ; les œufs reçus sur la tête de ce même président ; la farine qui recouvra d’une épaisse couche blanchâtre les cheveux ébène de François HOLLANDE ; voire ces tartes à la crème si onctueuse qui n’ont jamais manqué de voler en escadrille autour de ces diverses personnalités.

La dernière en date n’est autre que le leader de La France Insoumise (LFI) Jean-Luc MELENCHON qui l’a appris à ses dépens en recevant son sac de farine au visage alors qu’il déambulait aux côtés de compagnons d’infortune, tout aussi maculés de cette poudre blanche, dans un cortège.

Reste la question fondamentale à poser derrière ces actes qui, si parfois flirtent avec le risible du fait de leur comique de situation, n’en sont pas moins insultants envers la classe politique et ses représentants. Et envers celles et ceux de leurs électeurs qui les choisissent en accomplissant leurs devoirs de citoyens.

Pourquoi tant de haine et de violence gratuites en démocratie alors que le bulletin de vote à glisser dans l’urne demeure le meilleur moyen d’expression contestataire ?

N’oublions pas que c’est la France toute entière qui a reçu cette claque en pleine figure. Sonore et claquante comme dans la vidéo qui a tourné en boucle sur les réseaux sociaux. A y regarder de plus près, on y voit encore les traces de doigt sur nos visages endoloris…

 

Thierry BRET