Les dépotoirs sauvages salissent la nature : la honte !

" C'est le ras-le-bol généralisé pour les amoureux de la nature qui n'en peuvent plus de subir la présence de décharges sauvages dans l'Yonne..." " C'est le ras-le-bol généralisé pour les amoureux de la nature qui n'en peuvent plus de subir la présence de décharges sauvages dans l'Yonne..." Crédit : Luc DUINA.

Le visuel, éloquent, parle de lui-même. Malheureusement, il n’est qu’un pâle reflet de la recrudescence de ce phénomène qui s’est amplifié à la vitesse grand « V » avec la crise sanitaire (elle a bon dos !) et la fermeture, le plus souvent incompréhensible, des déchetteries.

Désormais, on ne peut plus se promener décemment à la campagne, à la lisière d’une forêt ou au beau milieu d’une clairière, sans tomber nez-à-nez sur l’impensable.

Des décharges sauvages qui pullulent dès que la nature reprend ses droits sur le bitume. C’est-à-dire pas très loin des agglomérations.

Ici et là, des particuliers, des entrepreneurs, dénués de tout scrupule et à l’incivisme primaire fortement prononcé, jettent leurs détritus à la va-vite comme s’ils posaient leur étron accroupis entre deux arbres, à l’abri des regards. Honte à eux !

Les zones forestières de l’Auxerrois, mais cela est valable dans bon nombre de secteurs du département de l’Yonne, à l’instar de l’Hexagone, deviennent petit à petit des poubelles à ciel ouvert.

Des sites nauséabonds et infâmes qui détériorent l’environnement. Et surtout ses habitants animaliers qui pourraient se repaître inconsciemment de ces morceaux de plastique épars, de ces déchets alimentaires à la pourriture avancée ou bien pire encore de ces produits à la toxicité avérée.

 

Des dizaines de signalements obtenus ces dernières semaines…

 

Abandonnés au bord d’un chemin, au détour d’un sentier de randonnée pédestre, au pied d’arbres séculaires et majestueux, ces immondices nous éclairent un peu plus sur le degré de respect que l’humain accorde à la nature. Autant dire, pas grand-chose !

Derrière ces décharges sauvages qui prolifèrent depuis des mois, il y a aussi des conséquences inéluctables pour l’homme.

La pollution des terres, celle de l’air et plus dramatique encore, celle de l’eau via les nappes phréatiques, engendre une succession d’effets gigognes très néfastes pour la santé de l’humain.

Est-ce que ces pollueurs à la petite semaine s’interrogent réellement sur la portée de leurs actes quand ils balancent en parfaite insouciance leurs pneumatiques usagés, leurs tôles ondulées, leurs sacs poubelle remplis à ras bord de détritus alimentaires et domestiques, leurs cartons gorgés de saloperies diverses, leurs gravats et morceaux de ferraille rouillés, voire les vieilles bicyclettes de leur progéniture à remiser aux ordures ?

Non, évidemment ! Ces citoyens à la moralité plus que douteuse n’ont que faire des problématiques de santé publique lorsqu’ils laissent en pleine nature leurs matériaux dangereux, leurs produits chimiques ou encore leurs plaques d’amiante, à titre d’exemple. Des faits bien tangibles qui ont été constatés dans l’Auxerrois ces dernières semaines. Ils ont occasionné des dizaines de signalements auprès d’organismes tels que l’association « Auxerre Ecologie ».

 

Un cas d’école bien identifié dans l’Auxerrois : le secteur de QUENNE…

 

L’un des cas d’école de ce dossier proprement révoltant se situe sur l’Auxerrois en direction de la commune de QUENNE. Plus exactement aux abords du lieu-dit « Les Folles Pensées ». Cela ne s’invente pas !

Là, un chemin s’enfonce dans la forêt. Ou du moins de ce qu’il en reste si l’on distingue encore les arbres et les fougères derrière la multitude d’ordures qui s’y entasse au fil des mètres parcourus.

Certes, la fermeture, dans un premier temps, des déchetteries ; puis leur réouverture sur rendez-vous afin d’en maîtriser les flux de fréquentation est l’une des explications plausibles de cette éclosion de dépôts sauvages.

Pour autant, celles et ceux de nos concitoyens « modèles » qui se seraient vus refusés leurs accès pour une raison x ou y devaient-ils tout bonnement balancer à la va-vite dans la nature les produits jetables de leur consommation ? Assurément, non !

Si tout le monde adoptait cette attitude incivique, on n’ose imaginer à quoi ressemblerait le pays dès demain matin !

En revanche, les suggestions émises par le mouvement « Auxerre Ecologie » méritent que l’on s’y intéresse de plus près pour tenter de juguler de manière radicale le problème. En faisant abstraction de toute idéologie politique, cela va de soi !

 

Nettoyer les forêts, c’est sûr, mais qui règle la facture ?

 

La chasse aux dépôts sauvages passe nécessairement par des actions préventives et de communication devant être adossée à la mise en œuvre de sanctions envers les contrevenants.

Certaines collectivités font appel à des agents du service déchets ou de la police municipale qui interviennent en qualité de « brigade verte ». Cela n’exclut nullement les opérations de nettoyage qui doivent être entreprises afin de remettre les sites souillés dans leur état d’origine.

Des initiatives de la sorte ont déjà vu le jour. Elles sont l’œuvre d’associations telles que la Jeune Chambre Economique (JCE) qui décline chaque année le « World Clean Up Day » à Auxerre. Certaines enseignes de la grande distribution (citons les centres E.LECLERC) y contribuent également.

Quant à la création de déchetteries réservées uniquement aux professionnels, l’idée pourrait être une bonne alternative pour gérer du mieux possible les encombrants dans les entreprises. Des pistes ont déjà été exploitées par les chambres consulaires.

Reste l’enlèvement immédiat de ces dépôts sauvages. Le coût de l’opération oscille entre 100 et 500 euros la tonne, voire parfois au-delà de 1 000 euros pour les produits dangereux comme l’amiante. Donc, très onéreux pour celui qui règlera la facture.

Mais, à ce jour vers qui l’adresser, précisément ? Sera-ce une municipalité, une communauté de communes, l’Office national de la Forêt, une structure privative comme la société d’autoroute quand les décharges sont situées non loin de leurs axes de circulation ?

Les uns renvoient la balle vers les autres et réciproquement ! Dans les faits, les dépôts sauvages sont du domaine de la propreté donc de la compétence des mairies. L’édile dispose d’un pouvoir de police général depuis la loi municipale datant de 1884. Ce que confirme le Code Général des Collectivités Territoriales. Toutefois, ce pouvoir peut être partagé ! Il est donc grand temps d’oublier les alinéas procéduriers d’autrefois et de passer enfin à l’acte pour rendre nos forêts plus belles, débarrassées de leurs scories polluantes…

 

Thierry BRET

 

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