L’hydrogène propulse Auxerre sur un petit nuage

" Le train à hydrogène va permettre à Auxerre de ne plus rester à quai..." " Le train à hydrogène va permettre à Auxerre de ne plus rester à quai..." Crédit : Thierry BRET

La « Belle Endormie » est-elle enfin sortie de son sommeil léthargique ? La capitale de l’Yonne, Auxerre, que beaucoup d’observateurs qualifient de ce sobriquet futile, à tort ou à raison depuis des lustres, du fait d’une certaine inertie en matière de développement économique et d’attractivité territoriale, est désormais placée sous le feu nourri des projecteurs.

Et pas uniquement de ceux qui sont déployés d’habitude par la sphère médiatique ! Depuis, la fin de matinée de ce vendredi 05 mars. Une date mémorable qui restera à jamais gravée dans les annales de la ville, on s’en doute. Mais, qui sera aussi par ricochet profitable à l’aura de tout le département et de la région, côté notoriété.

Auxerre a donc basculé en l’espace de quelques minutes dans une nouvelle dimension. Une ère d’espérance novatrice où l’obscurité quasi relative du manque de reconnaissance nationale au plan économique s’efface au profit de la pleine lumière, auréolée d’une gloire technologique novatrice qui en fait dorénavant « la capitale de l’hydrogène et de sa future exploitation via un écosystème dûment étudié entre partenaires privés et publics ».   

Auxerre vit donc un état de grâce. Une situation, légitime pour ce « petit joyau de province riche en patrimoine posé dans un bel écrin avant-gardiste ! ».

L’expression a été citée à maintes reprises par les intervenants qui ont constitué ce plateau exceptionnel présent ce vendredi en milieu de matinée sous le chapiteau dressé à la hâte sur le parking de la gare ferroviaire Saint-Gervais.

Un casting de rêve, une fois n’est pas coutume pour notre territoire, apprécié des suiveurs de l’actualité économique. Avec excusez du peu, la fine fleur de ces grands capitaines d’industrie qui savent porter hautes les couleurs de la France aux quatre coins de la planète en faisant rayonner nos intérêts : les numéros un d’EDF, de la SNCF et du groupe industriel ALSTOM !

 

Un concept visionnaire au service de l’intérêt commun…

 

Cette brochette de hauts responsables de l’entrepreneuriat à la française a été accueillie par un aréopage hétéroclite de représentants institutionnels et politiques, nationaux et locaux. Deux ministres, celui en charge des Transports, Jean-Baptiste DJEBBARI, et le « local de l’étape », comme il aime le préciser, le secrétaire d’Etat ayant hérité de la promotion du tourisme, l’autre Jean-Baptiste, de son patronyme bien connu de ce côté-ci de la Bourgogne, LEMOYNE.

Il y avait aussi la présidente de Région, Marie-Guite DUFAY, accompagnée de son premier vice-président Michel NEUGNOT, l’une des chevilles ouvrières ayant permis l’aboutissement de ce projet. Son nom fut souvent mentionné par les orateurs devant se succéder à la tribune pour son degré d’implication dans ce dossier.

Bien sûr, devait s’illustrer sur scène lors de la cérémonie officielle, celle de la signature du bon de commande des premiers trains à hydrogène devant desservir  les lignes régionales dès 2023, l’édile d’Auxerre et président de la Communauté d’Agglomération de l’Auxerrois Crescent MARAULT.

Il aura su poursuivre pugnace et sans équivoque ce qui avait été entamé au préalable par son prédécesseur Guy FEREZ en d’autres temps. Un concept visionnaire qui reste favorable au rayonnement de la ville et de son bassin tout en réduisant notre empreinte carbone en termes de mobilité.

Au-delà de tout clivage idéologique et au service de l’intérêt commun.

Celui des habitants de ce territoire qui bénéficieront à brève échéance de trains de nouvelle génération pour relier des axes indispensables à leur circulation. Entre Clamecy et Auxerre. Entre Dijon et Auxerre ou encore vers Laroche-Migennes.

Ce programme, on peut en être sûr, sauvera les petites lignes ferroviaires qui étaient jusque-là menacées d’une mort certaine.

Celui de ces entreprises, aussi, qui assureront le développement de ce projet à l’ambition internationale puisque exportateur d’un savoir-faire et d’une technologie éprouvée depuis Belfort. Celui, de la recherche et du développement nécessaire à l’innovation.

 

La « Belle Endormie » n’est plus à quai pour attendre le prince charmant…

 

Territoire d’expérimentation grâce à cet écosystème, l’Auxerrois sera en effet doté d’un centre de production et de stockage de ce précieux gaz obtenu par électrolyse. Sans doute avant le terme de 2021.  

Non seulement, demain et plus encore après-demain, les trains à hydrogène se déplaceront nombreux sur l’ensemble de notre contrée (comme partout à travers l’Hexagone après les régions  Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie et Grand-Est) ; mais il y aura également des formations et des emplois à la clé pour développer massivement cette technologie du futur.

Alors, c’est sûr, il y aura toujours des esprits chafouins qui se plaindront du modernisme et de l’avancée des prouesses technologiques qui révolutionnent sans cesse notre monde, mais Auxerre ne pouvait se permettre de manquer le coche sur ce nouvel enjeu de la mobilité.

La capitale de l’Yonne, par l’implication successive de ses élus de toute obédience, par le soutien accordé au schéma stratégique voulu par la Région, a su prendre le train avant même qu’il ne se mette en marche sur cet important dossier.  

Voilà ce qui vaut à la cité de Paul BERT d’être aujourd’hui plébiscitée par les patrons d’EDF, de la SNCF et d’ALSTOM. Et faire que la « Belle Endormie » ne soit plus sur une voie de garage l’obligeant à rester à quai jusqu’au retour du prince charmant…

 

Thierry BRET

 

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