Retard à l'allumage : la campagne vaccinale frise déjà le ridicule…

L’heure est à l’urgence sanitaire absolue sur l’ensemble de la planète pour contrer efficacement le coronavirus. Par le biais de la vaccination à outrance depuis que les autorités étatiques ont accordé leur confiance aux produits issus de la sphère pharmaceutique.

C’est une question de logique pour faire face à la prolifération de nouveaux cas de contamination engendrés par la deuxième vague. Face aussi à la multiplication des variantes de la maladie. Mais, fidèle à son habitude, la France, quant à elle, traîne une fois encore la savate. Curieuse tradition perpétuelle, en vérité !

L’Hexagone accuse déjà un très net retard par rapport à ses voisins européens dans cette laborieuse campagne de vaccination qui a débuté il y a quelques jours à peine au terme de 2020.

De la pire des manières, par ailleurs : c’est-à-dire dans le chaos organisationnel et logistique coutumier imputable à la sempiternelle lenteur administrative qui nous colle à la peau. Un fléau opérationnel qui apparaît dorénavant bien pire que la pathologie elle-même.

Une première photographie délivrée le 04 janvier traduit en toute clairvoyance le mauvais démarrage de cette campagne sanitaire dans l’Hexagone. Le nombre de doses administrées sur le territoire s’élevait alors à deux mille unités. Soit 0,003 % de la population !

 

Les bons résultats des grandes nations mondiales…

 

Dans le même temps, le Royaume-Uni avait dépassé le million d’individus traités ; l’Allemagne vaccinait à tour de bras 317 000 personnes ; l’Italie et l’Espagne avec respectivement plus de 178 000 et 82 000 injections complétaient ce tableau idyllique de l’efficience et de la rapidité.

Seule la France, dans le concert des grandes nations continentales, n’est pas arrivée à tirer convenablement son épingle du jeu !

Comparativement aux autres nations mondiales, notre retard à l’allumage nous enfonce un peu plus dans le ridicule. Qu’on en juge !

A date équivalente, les Etats-Unis avaient pratiqué la première des deux injections nécessaires à ce traitement préventif à 4,6 millions de ses ressortissants ; la Chine soignait 4,5 millions de ses compatriotes, la Russie plus de 800 000. Mention toute particulière à Israël !

L’Etat hébreu fort de ses neuf millions d’habitants prodiguait les soins qualifiés de dernière chance auprès d’1,2 million de ses citoyens ! Sans omettre pour autant de confiner de manière très drastique (mais d’une rare efficacité) le pays durant une période de trois semaines.

A ce jour, la France se gargarise d’avoir inoculé le précieux antidote à quatre-vingt mille de ses habitants. Au vu de notre population totale, 66,9 millions au dernier recensement datant de 1999, il n’y pas de quoi pavoiser !

 

L’inexpérience autour du vaccin justifie les retards selon le ministre…

 

Pourquoi un tel décalage dans les faits ? Dans une interview accordée ce dimanche 10 janvier sur les ondes d’Europe 1, le ministre de la Santé Olivier VERAN pointe du doigt « un manque de clarté dans l’explication de la campagne vaccinale ».

Un élément informatif qui justifierait à lui seul une telle dichotomie entre la bonne volonté des Français (ils sont 52 % à accepter le principe de la vaccination) à vouloir recevoir le précieux sésame anti-COVID et la mise en pratique de l’appareil sanitaire sur le terrain ? Est-ce réellement crédible ? Pas si sûr !

Le ministre au centre de tous les agacements exprimés par l’opposition mais aussi dans son propre camp évoque également l’inexpérience des professionnels de santé vis-à-vis de ce nouveau vaccin. En l’occurrence celui concocté par BioNTech, vendu sous la licence du géant américain PFIZER.

Comment, peut-on alors lui rétorquer, les professionnels de santé de la trentaine de pays qui administre déjà à fortes doses ce produit ont-ils faits ? Ont-ils reçu une formation adéquate ? Bénéficient-ils d’informations complémentaires qui nous auraient échappées ? Ou tout bonnement ont-ils accordé davantage de confiance à ce sérum sans se retrancher derrière le fallacieux principe de précaution qui fait que la France, quand elle avance d’un petit pas, sait aussi reculer de trois dans la même journée !

Il est vrai à sa décharge que le peu d’enthousiasme de la moitié de la population française à vouloir se faire vacciner n’aura certainement pas aidé le ministre de la Santé dans l’élaboration stratégique de son plan.

Un comble dans le pays de Louis PASTEUR qui ne doit plus tenir en place au fond de son tombeau !

Quant aux autorisations officielles accordées par l’administration autour du transport, du stockage et de la manipulation des vaccins, elles auront dû se faire attendre comme de bien entendu plusieurs semaines.

A ce rythme-là, tel que notre pays l’a entamé, il faudra nous armer de beaucoup de patience pour sortir de la crise en bénéficiant de cette vaccination salvatrice. Un rythme qui n’est pas de croisière comme on aurait pu le souhaiter dès le départ mais déjà pavé d’embûches et de nombreuses contradictions…  

 

Thierry BRET

 

Articles

Bannière droite accueil